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21 mars 2025
Mobiliser les forêts françaises face au réchauffement climatique : une sociologie politique du travail écologique
À propos de cet événement
Le 21 mars 2025 de 14:00 à 18:00
Campus de Paris
27 rue Saint-Guillaume, 75007, ParisL’événement est accessible aux personnes à mobilité réduite.
Organisé par
Centre de sociologie des organisationsCharlotte Glinel soutient une thèse de sociologie sous la direction de Sylvain Brunier et Jean-Noël Jouzel.
Sujet : Mobiliser les forêts françaises face au réchauffement climatique : une sociologie politique du travail écologique.
Jury : Alexandra BIDET, Magalie BOURBLANC, Sylvain BRUNIER (Directeur de recherche), Diana DAVIS, Nicolas DODIER, Jean-Noël JOUZEL (Directeur de recherche), Emanuele LEONARDI
La soutenance publique aura lieu le 21/03/2025 à 14h dans les salons scientifiques, 1er étage, IEP de Paris, 1 place Saint-Thomas d'Aquin, Paris 7e
Résumé de la thèse
Cette thèse prend pour objet l’enrôlement controversé des forêts dans les politiques climatiques. Elle montre comment, au-delà d’un simple cadrage discursif, la climatisation de l’action publique forestière transforme l’organisation du travail de gestion et d’exploitation, et partant, les écosystèmes forestiers. Pour étudier les transformations des écosystèmes par l’action publique et ceux qui la mettent en œuvre, la thèse se situe à l’intersection de la sociologie de l’action publique environnementale, de l'écologie politique, de la sociologie du travail et de la sociologie des techniques. Elle propose ainsi une sociologie politique du travail écologique. L’enquête repose sur une ethnographie multi-située menée auprès de professionnels forestiers publics et privés, de personnels administratifs et de collectifs militants et syndicaux, à différentes échelles (européenne, nationale, régionale et de la parcelle forestière). La thèse se déploie en deux mouvements. Dans la première partie, elle montre comment le cadrage climatique des politiques forestières a, au cours des trente dernières années, nourri une politique productiviste, malgré la reconnaissance croissante de la vulnérabilité des forêts françaises au réchauffement climatique. Fondée sur l’augmentation de la récolte de bois – par le développement du bois-énergie et la mécanisation de l’exploitation – et l’accélération de la reproduction des forêts, cette politique nécessite la contribution d’acteurs intermédiaires de la climatisation forestière issus d’organisations parapubliques. Or, cette politique d’intensification de l’exploitation forestière est contestée par une coalition d’ampleur inédite de collectifs écologistes, de syndicats de forestiers publics et d’associations professionnelles privées qui dénoncent une « malforestation » et défendent un contre-modèle productif. La thèse analyse alors dans une seconde partie comment ces conflits autour de l’action publique et les controverses techniques qui en découlent se conjuguent avec une transformation matérielle des techniques de travail (aménagement, sélection des arbres, chantiers d’exploitation). Il en résulte une segmentation professionnelle des gestionnaires forestiers fondée davantage sur les socialisations sylvicoles que sur les statuts des travailleurs, ainsi qu’une nouvelle rationalisation qui marque de son empreinte les espaces forestiers.
À propos de cet événement
Le 21 mars 2025 de 14:00 à 18:00
Campus de Paris
27 rue Saint-Guillaume, 75007, ParisL’événement est accessible aux personnes à mobilité réduite.
Organisé par
Centre de sociologie des organisations