La financiarisation des économies domestiques : une approche interdisciplinaire et comparative

Projet « La financiarisation des économies domestiques : une approche interdisciplinaire et comparative » (FINED) co-piloté par Jeanne Lazarus (juin 2015- mai 2018)

Pour l’appel à projets "Recherche 2014-2015", l’USPC (Université Sorbonne Paris Cité) a sélectionné le projet "La financiarisation des économies domestiques : une approche interdisciplinaire et comparative" (FINED) co-piloté par Jeanne Lazarus et Isabelle Guérin (CESSMA, Paris 7) et pour partenaires brésilien et indien, Genauto Carvalho de França Filho et G. Venkatasubramanian.

Ce projet est financé pour 3 ans (juin 2015- mai 2018).

Résumé

Les économies domestiques sont partout de plus en plus financiarisées, au sens où les ménages recourent de façon croissante à des outils financiers de nature diverse, y compris dans des zones encore peu bancarisées. Face aux risques suscités par cette financiarisation, des initiatives d’accompagnement, d’encadrement et de protection des populations se multiplient (éducation financière, crédits sociaux, banques communautaires, etc.), dont les registres de justification oscillent entre inclusion, normalisation et encadrement de populations dites à risque et création de solidarités locales visant à limiter ou contrer les effets de la globalisation financière.

Ce projet se propose d’analyser ces différentes facettes de la financiarisation en les considérant comme révélatrices de mécanismes structurels plus larges, notamment la transformation des Etat-providence et de la répartition des risques entre la collectivité (y compris la société civile) et les individus, mais aussi la nature même des rapports interpersonnels

La méthode est interdisciplinaire (économie et sociologie) et comparative (France, Brésil, Inde) et vise à dépasser les cloisonnements habituels entre aires géographiques et culturelles.

D’un point de vue théorique, ce projet a l’ambition de renouveler la socioéconomie et la sociologie économique de la monnaie et de la finance, en liant les analyses sur les pratiques monétaires et celles sur la financiarisation qui sont le plus souvent traitées séparément, la première avec des outils de micro-analyse, et la seconde à une échelle macro, d’économie politique ou de sociologie politique.

Dans un contexte de pensée intellectuelle dominé par l’économie comportementale, qui légitime très largement le fait que la finance des particuliers soit appréhendée comme un risque individualisé, ce renouvellement théorique a des enjeux majeurs, à la fois sur le plan scientifique et politique.

Jeanne Lazarus est sociologue et ses travaux portent sur la construction du rapport des citoyens aux institutions monétaires des pays développés dans le contexte de la financiarisation de l’économie et de la vie quotidienne. En 2012, elle a publié L'épreuve de l'argent. Banques, banquiers, clients, aux éditions Calmann-Lévy.

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