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1 avril 2026

Quel bilan pour le Rassemblement national aux municipales de 2026 ?

Dans la cinquième note de la collection Municipales 2026 du CEVIPOF, Gilles Ivaldi (CNRS/CEVIPOF) propose une analyse approfondie des performances du Rassemblement national lors du scrutin municipal de mars 2026.

Alors que le parti apparaissait en forte dynamique après ses résultats aux élections européennes et législatives de 2024, les municipales constituaient un test décisif de sa capacité d’implantation territoriale.

Les enjeux du scrutin pour le RN

Après l’échec relatif de 2020, les municipales de 2026 représentaient un moment clé pour confirmer la dynamique du RN. L’objectif était autant électoral qu’organisationnel : renforcer l’implantation locale, développer un réseau d’élus et préparer les échéances futures, notamment les sénatoriales et la présidentielle.

Le scrutin devait aussi permettre d’accentuer la pression sur la droite, dans une perspective de recomposition politique.

Les faiblesses du RN

Malgré sa progression, le RN reste marqué par un faible enracinement local. Le manque de candidats, la difficulté à constituer des listes dans certaines zones et le recours à des parachutages limitent son efficacité.

Des fragilités internes et des controverses récurrentes autour de certains profils de candidats continuent également de peser sur son image.

Quelle stratégie pour les municipales ?

Le RN a adopté une stratégie ciblée, concentrant ses efforts sur des communes jugées accessibles, souvent de taille moyenne.

La campagne a aussi reposé sur une ouverture à droite, avec des tentatives d’alliances ou de soutien à des listes non étiquetées, afin d’élargir sa base électorale et contourner les résistances locales.

Sécurité et fiscalité au cœur de la campagne du RN

La campagne s’est articulée autour de la sécurité et de la fiscalité. Le parti a mis en avant le renforcement de l’ordre public et la lutte contre la délinquance, tout en promettant de ne pas augmenter les impôts locaux.

Ces thématiques ont structuré l’ensemble des discours, dans une logique à la fois nationale et locale.

Une présence encore très limitée sur l’ensemble du territoire

Malgré une progression du nombre de listes, le RN reste inégalement implanté. Sa présence demeure concentrée dans le sud méditerranéen et le nord-est, révélant une difficulté persistante à couvrir l’ensemble du territoire.

Un premier tour en demi-teinte pour le RN

Le RN progresse en voix et en nombre de communes, sans toutefois reproduire ses performances des scrutins nationaux.

Il confirme sa force dans les petites et moyennes communes, mais continue de peiner dans les grandes villes, où les dynamiques locales restent déterminantes.

La quantité plutôt que la qualité

Au second tour, le RN augmente significativement le nombre de municipalités remportées, atteignant environ soixante villes.

Ce succès quantitatif masque toutefois des limites qualitatives : peu de grandes villes conquises et une implantation toujours concentrée dans ses zones de force.

Un enjeu stratégique à l’approche de 2027

À un an de l’élection présidentielle, le RN se trouve confronté à un défi central : transformer sa force électorale nationale en un véritable réseau d’élus locaux et d’équipes municipales.

Gilles Ivaldi souligne ainsi un paradoxe structurant : malgré une progression électorale indéniable, le parti reste encore inégalement enraciné dans les territoires, ce qui pourrait constituer un frein à ses ambitions nationales.

Légende de l'image de couverture : Le politicien français et président du parti Rassemblement National (RN) Jordan Bardella fait un selfie avec ses fans. Marignane, France, 12 mai 2023. (crédits : Obatala-photography / Shutterstock)

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