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5 juin 2026

Municipales 2026 à Paris : les leçons d’une victoire annoncée ?

"La nouvelle bataille de Paris", onzième note de recherche de la collection “Municipales 2026”, signée Daniel Boy, directeur de recherche émérite CEVIPOF, et Jean Chiche, chercheur émérite au CNRS/CEVIPOF, analyse les ressorts profonds du scrutin municipal parisien de mars 2026. 

Au-delà de la victoire d’Emmanuel Grégoire, elle met en évidence la permanence des structures socio-spatiales du vote parisien, les limites du rassemblement des droites et les effets inédits de la réforme électorale de 2025 instaurant un double scrutin pour la mairie de Paris et les mairies d’arrondissement.

La persistance du clivage Est/Ouest

L’un des principaux enseignements de cette recherche réside dans la remarquable permanence du clivage Est/Ouest qui structure la géographie électorale parisienne depuis plus d’un siècle. Les auteurs montrent que la répartition territoriale des votes observée au premier tour permet presque entièrement de prédire celle du second tour. Plus encore, aucun arrondissement n’a changé de camp politique entre les élections de 2020 et celles de 2026. Ces résultats confirment le poids des déterminants sociaux et territoriaux dans la formation des comportements électoraux.

Une droite divisée malgré un potentiel électoral important

L’étude souligne également que la victoire d’Emmanuel Grégoire ne peut être comprise sans prendre en compte les difficultés de la droite à transformer son potentiel électoral en dynamique unitaire. Malgré un total de voix au premier tour supérieur à celui du candidat de l’union de la gauche, les différentes composantes de la droite parisienne ne sont pas parvenues à constituer un bloc suffisamment cohérent pour l’emporter au second tour.

Les effets du nouveau double scrutin

Daniel Boy et Jean Chiche s’intéressent enfin aux conséquences de la réforme du mode de scrutin adoptée en août 2025. Pour la première fois, les électeurs parisiens disposaient de deux votes distincts : l’un pour la mairie centrale, l’autre pour leur mairie d’arrondissement. Cette innovation institutionnelle met en évidence un phénomène inédit de « dissociation du vote ». Dans les arrondissements de gauche, Emmanuel Grégoire obtient systématiquement des scores supérieurs à ceux des listes locales de son camp, révélant un effet de personnalisation du vote. À droite, cette dynamique apparaît plus faible, voire inversée dans certains arrondissements.

Une contribution majeure à la compréhension du vote parisien

Par son approche rigoureuse fondée sur l’analyse statistique, la géographie électorale et l’étude des reports de voix, cette rnote apporte un éclairage précieux sur les mécanismes qui façonnent durablement la vie politique parisienne. Elle rappelle que les résultats électoraux sont souvent davantage le produit de structures sociales et territoriales de long terme que des seuls événements de campagne.

 

Consulter la page dédiée à l'enquête électorale française des Municipales 2026

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