Accueil>Lancement de SO-BIAS, nouveau projet ANR coordonné par Lou Safra (CEVIPOF) et Julie Grèzes (ENS)

23 mars 2026
Lancement de SO-BIAS, nouveau projet ANR coordonné par Lou Safra (CEVIPOF) et Julie Grèzes (ENS)
Le projet ANR collaboratif SO-BIAS ("Les fondements mécanistiques des biais sociaux") a officiellement débuté en mars 2026.
Il est mené conjointement par Lou Safra (CEVIPOF - Sciences Po) et Julie Grèzes (Laboratoire de neurosciences cognitives et computationnelles - ENS).
L’objectif du projet SO-BIAS est d’étudier les mécanismes cognitifs impliqués dans l’expression et le contrôle des biais racistes, sexistes et intersectionnels. Pour cela, il utilise des expériences en ligne ainsi que des enregistrements des variables physiologiques et neurologiques.
Le projet SO-BIAS sera financé par l’ANR à hauteur de 396 010 euros, sur 4 ans.
Il a reçu le soutien de la Fondation Lilian Thuram contre le racisme et du Défenseur des Droits.
Le CEVIPOF et Sciences Po adressent leurs félicitations aux responsables scientifiques du projet pour cette reconnaissance de leurs travaux.

EN SAVOIR PLUS
En France, comme ailleurs, un paradoxe persiste : selon le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, l’indice de tolérance atteint 63 sur 100 en 2024, soit un niveau historiquement élevé. Pourtant, en parallèle, la France enregistre la discrimination à l’embauche parmi les plus fortes d’Europe. Ce décalage est la preuve que, malgré les bonnes volontés de chacun, certaines formes de discrimination persistent de manière implicite. Espérer les réduire suppose une meilleure compréhension des mécanismes cognitifs qui les produisent et les perpétuent.
Par Julie Grèzes et Lou Safra
Lutter efficacement contre les inégalités nécessite de comprendre pourquoi des comportements discriminatoires persistent même chez des personnes qui se déclarent en faveur de l’égalité. L’objectif du projet SO-BIAS, financé par l’ANR, est de mieux comprendre l'influence des attitudes racistes et sexistes implicites, c’est-à-dire celles qui peuvent influencer nos comportements de manière inconsciente.
En effet, nous vivons tous.tes dans un environnement marqué par les inégalités, les discriminations et les stéréotypes. À force d’évoluer dans ce contexte, nous intégrons, souvent sans nous en rendre compte, des associations très fortes entre certains groupes sociaux et des caractéristiques, des croyances ou des comportements. Ces associations peuvent ensuite influencer – voire biaiser – nos décisions au quotidien, de manière inconsciente. Bien qu’il soit possible de contrôler l’expression de ces biais implicites -en commençant par prendre conscience de leur existence- les conditions dans lesquelles ce contrôle est efficace et les mécanismes cognitifs impliqués dans ce processus de contrôle sont encore peu connus.Le projet SO-BIAS vise à mieux comprendre ces processus en combinant des mesures comportementales, des modèles computationnels, des mesures physiologiques et neurologiques et à offrir de nouvelles pistes pour développer des stratégies efficaces pour combattre les discriminations.
(crédits : Shutterstock)
