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9 février 2026

Baromètre de la confiance politique CEVIPOF 2026 : la confiance s’effondre en politique, la proximité fait figure de refuge

Le Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF) publie le 9 février 2026 son Baromètre de la confiance politique, vague 17, réalisé par OpinionWay, grâce à un partenariat avec le CESE, CMA-France, l’École nationale d'études politiques et administratives de Bucarest (SNSPA), EDF, l’Institut de l’Entreprise, Intériale Mutuelle, l'Université Guido Carli-LUISS à Rome. 

Si seuls  22% des Français déclarent avoir confiance dans la politique (-4pt/2025), cette nouvelle vague de notre enquête annuelle de référence met en évidence un contraste particulièrement marqué : les acteurs de l’espace politique national (partis, élus, médias) restent perçus de manière très négative alors que la confiance se maintient à un niveau élevé pour les acteurs de proximité et les institutions incarnant le soin, la protection et la solidarité. 

Une confiance dans les partis et le chef de l’Etat au plus bas depuis 2009

Les partis politiques restent en bas du classement : seuls 15% des Français déclarent leur faire confiance. Ce niveau extrêmement faible contraste avec la confiance accordée aux élus locaux, puisque les maires recueillent 60% de confiance.

Inédite aussi, celle accordée au Président de la République, qui tombe à 18% (vs 23% en 2025).

La confiance dans l’Assemblée nationale atteint un niveau historiquement bas à 20%  (-4 pts / 2025) bien loin des espoirs de « reparlementarisation » de notre vie politique.

Des jugements très négatifs sur le personnel politique, en France et en Europe

Plus que jamais, la vague 17 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof, lance une série de signaux d’alerte, particulièrement marquée en France. 

  • La moitié des Français (51%) estime qu’il n’y a pas de quoi être fier du système démocratique, contre 40% en Italie, 34% en Allemagne et 32% au Royaume-Uni. 
  • 35% des Français jugent que les hommes et les femmes politiques ne méritent pas beaucoup de respect (contre 41% en Italie, 31% en Allemagne et 44% au Royaume-Uni). 
  • Enfin, seuls 20% des Français considèrent que les responsables politiques essaient de tenir leurs promesses, un score inférieur à celui observé en Italie (29%), en Allemagne (31%) et au Royaume-Uni (39%).

Un sentiment d’improvisation politique massif en France

Le diagnostic est particulièrement sévère sur la conduite de l’action publique. En France, 80% des personnes interrogées estiment que le gouvernement actuel « navigue à vue », Le jugement est encore plus critique sur la responsabilité politique : 88% des Français considèrent que lorsque les élus sont en échec, ils n’assument pas leurs responsabilités.

Les services publics de protection et de soin largement plébiscités

Les niveaux de confiance restent élevés et se consolident pour :

  • Les hôpitaux : 79%
  • La gendarmerie : 77%
  • L’armée : 75%
  • La police : 73%
  • La Sécurité sociale : 68%

À l’inverse, les institutions associées à la tension politique et à l’espace public médiatique restent bas : les syndicats atteignent 37% et les médias 29%.

Un fort soutien à davantage de démocratie directe et participative

L’attachement au régime démocratique reste puissant et mobilise 82% des répondants, une proportion qui reste stable d’année en année. C’est bien l’inefficacité de la démocratie qui est en cause. 

Les Français expriment une attente très forte de nouveaux mécanismes démocratiques reposant sur la participation citoyenne et la décision directe. En France, 79% souhaitent un recours plus fréquent au référendum pour décider des lois ou des politiques publiques, 77% sont favorables à l’organisation de conventions citoyennes, et 79% souhaitent que les propositions issues de ces conventions fassent ensuite l’objet d’un référendum. 

Dans un paysage de défiance et de pessimisme généralisés, des pistes se dessinent : plus de décentralisation, plus de participation citoyenne… Retrouver du concret, du contrôle et de la proximité.