D’une manière générale, l’économie politique peut être défi nie notamment comme l’analyse des relations d’échanges économiques et politiques propres à des groupes sociaux particuliers, inscrits dans des contextes historiques donnés. La force de l’approche weberienne tient à la mise en valeur des orientations subjectives qui fondent ces échanges et qui renvoient à des « types d’homme », expressifs d’une période historique parti culière. Cette étude analyse et compare les écarts que révèlent certains traits de l’économie capitaliste de marché et de l’économie communiste de type soviétique par rapport aux idéaux-types du marché, de la bureaucratie et des formes de la domination politique. Elle insiste notamment sur les figures « hybrides » du charisme et de la « bureaucratie patrimoniale ».

Gilles Lepesant

Le modèle de développement des pays d’Europe centrale a jusque-là reposé sur un taux d’épargne faible, une forte croissance de la consommation, une forte dépendance à l’égard des flux de capitaux extérieurs, une ouverture commerciale importante notamment vis-à-vis de l’Europe de l’Ouest, et pour certains sur une spécialisation industrielle dans des secteurs cycliques (automobile). La crise a dans ce contexte mis en lumière, d’une part la différenciation croissante entre les pays de l’Est européen, d’autre part la forte interdépendance qui prévaut désormais entre les économies européennes et qui impose une solidarité intéressée à l’échelle de l’Union européenne. Si le scénario des années 1930 est improbable dans le cas européen, le risque d’un rattrapage en trompe l’oeil qui prévalut dans l’entre-deux guerres n’est, lui, pas écarté. En témoigne le cas du secteur de l’automobile, qui s’est développé en Europe centrale jusqu’à représenter une part importante du PIB et de l’emploi, mais dont les perspectives sont incertaines. La politique régionale dont les nouveaux Etats-membres bénéficient doit en principe permettre que l’innovation, les politiques actives du marché du travail, le développement durable soient valorisés en vue d’un rattrapage effectif.