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LabSem (séminaire général du laboratoire) autour des Variations autoritaires
À propos

Le Labsem fait peau neuve et reprend à partir d’octobre 2024 pour une série de huit séances axées sur le thème des « variations autoritaires ».
Dans le cadre des « Jeudis du CERI », le Labsem a vocation à être un espace de sociabilité au sein du laboratoire, tout en offrant une vitrine de nos travaux de recherche.
À partir de l’année académique 2024-2025, le Labsem se propose d’être un lieu de réflexion situé à la convergence de la sociologie politique comparée et des relations inter- et transnationales, autour des dynamiques, des logiques, des terrains et des agencements autoritaires contemporains. Tout comme en musique, en sciences humaines et sociales, la variation est une technique de composition qui explore la diversité en mobilisant divers thèmes, méthodes et théories, perspectives, échelles et temporalités, de préférence de manière interconnectée. Les Labsem se tiennent en français ou en anglais, selon le souhait des participants.
D'une durée de deux heures, chaque séance sera conçue librement par les doctorants et doctorantes qui sont invités à intégrer des approches thématiques et interdisciplinaires innovantes, allant jusqu'à inclure des formes artistiques ou des croisements issus des sciences expérimentales. Ce travail pourra également servir de terrain d'essai pour les thèmes qui seront approfondis lors du colloque biennal du CERI et pourra ainsi constituer la base du renouvellement des axes de recherche au sein du laboratoire.
Programme 2025 - 2026
16 avril 2026
Science diplomacy in the age of sciento-populism : rethinking the role of knowledge in international relations
Responsable scientifique : Stéphanie Balme
21 mai 2026
Responsable scientifique : Juliette Kon Kam King
SÉANCES PASSÉES
19 mars 2026
#Tradwives: comprendre les ‘Serena Joy’ de la manosphère
Responsable scientifique : Béatrice Châteauvert-Gagnon
« Se soumettre à son mari comme si on était en 1959 » : telle est l’une des devises des #tradwives (mot-valise pour épouses traditionnelles), un mouvement de plus en plus important de femmes qui se réclament d’un mode de vie traditionnel composé d’une domesticité sans faille, d’une dévotion à ses enfants et à son foyer, et d’une soumission assumée envers son mari. Ayant rapidement gagné en popularité suite à une vague d’attention médiatique, les #tradwives sont passées d’un phénomène anglo-étatsunien proche des mouvements d’extrême droite à une mouvance globalisée comprenant plusieurs variantes selon les contextes. L’esthétique léchée des influenceuses tradwives vend sur les médias sociaux un mode de vie tiré d’une publicité des années 50 ou d’une vie pastorale idyllique faite de confitures maison, d’enfants épanouis et d’une maison bien tenue; et promettant un retour mythique vers une époque fantasmée où les femmes étaient libérées des injonctions de la vie moderne et les hommes (blancs) occupaient la place qui leur revient en haut de l’échelle sociale. Bien que seules certaines soient ouvertement/explicitement liées à la manosphère et aux idéologies d'extrême droite, elles partagent toutes une posture antiféministe et une blanchité épistémologique implicite (Mattheis 2021) sur laquelle repose leur nostalgie d'un passé fantasmé. Cette présentation visera à explorer différentes pistes intellectuelles pour appréhender le phénomène des #tradwives et le rôle qu'il joue dans l’écosystème de plus en plus décomplexé des mouvements réactionnaires transnationaux.
12 février 2026
Gabriel Vommaro (Conicet, UNSA) sur “La construction de la droite radicale et la sociologie politique de ses électeurs: le cas de Milei en Argentine”
Marie-Hélène Sa Vilas Boas (Ermes, Université de Nice) sur “L'autoritarisme au nom de la chrétienté: le bolsonarisme à Rio”
Responsable scientifique : Hélène Combes
Alors qu'en décembre 2025 l'extrême droite a remporté l'élection présidentielle au Chili, cette séance vise à analyser l'implantation sociale et politique des droites radicales dans les Amériques, depuis une perspective de sociologie politique. Elle s'appuiera sur la comparaison de deux contextes, l'Argentine et le Brésil, et des enquêtes empiriques de long terme auprès des électeurs et des militants.
15 janvier 2026
"Les habitants de Tokyo allaient se révolter contre le régime". Retour sur la construction de la croyance dans l'efficacité des bombardements aériens
Responsable scientifique : Mathias Delori
11 décembre 2025
An Oxford Handbook on International Economic Governance (2025) : questions sur la justice privée internationale
Responsable scientifique : Jérôme Sgard
Discutante : Stéphanie Balme
Sur les marchés internationaux, des conflits lourds opposent en permanence des multinationales, des banques et autres investisseurs financiers ou encore des pays bénéficiaires des investissements directs. Résoudre ces différends et permettre ainsi aux échanges de continuer est un enjeu premier de régulation : interprétation des contrats, confrontation réglée des arguments, rapport à un “droit applicable”, exécution des jugements, etc. Au plan intérieur, c'est le travail des tribunaux de commerce. Au plan international, c'est en premier lieu celui de l'arbitrage privé international : une justice privée, largement extra-territoriale. Nous présenterons cette institution si puissante et si discrète avant de discuter d'un travail en cours, qui devrait aboutir à un livre dans les prochaines années : l'histoire politique, économique et juridique de cette institution, les transactions avec les États qui lui ont donné son ascendant, la sociologie des entrepreneurs institutionnels qui l'ont bâtie - depuis un siècle, à Paris.
20 novembre 2025
Aysen Uysal et Alexandra Arkhipova
La délation en situation autoritaire/Denunciation in an authoritarian context
Discutant : Gilles Favarel-Garrigues
Cette séance, organisée en partenariat avec la revue Sociétés politiques comparées. Revue européenne d’analyse des sociétés politiques (SPC) valorisera deux enquêtes sur la délation en situation autoritaire, en Russie et en Turquie. Dans une perspective comparative, elle permettra de s'interroger non seulement sur la manière dont les situations autoritaires encouragent la délation ordinaire, mais aussi sur les méthodes qui peuvent être déployées en sciences sociales pour enquêter sur ce phénomène.
16 octobre 2025
The political economy of Africa's links with Asian Financial Centres: Focus on Dubai, Singapore and Hong Kong
Responsable scientifique : Ricardo Soares de Oliveira
Discussant : Jérôme Sgard
Offshore financial centres (OFCs) - jurisdictions that cater to non-residents by providing secrecy, low or non-existent taxation, light regulation, and easy incorporation rules - are the hidden infrastructure of the global economy. The UN estimates that $88.6 billion per year leaves Africa in the form of capital flight, with much of it routed through, or ending up in, OFCs. A historical study of Africa’s offshore links would have rightly focused on Western jurisdictions. Since the 2008 global financial crisis, however, Africa’s offshore links have diversified. This is notably the case of Asian jurisdictions and fits the wider pattern of deepening Asian-African connections since the turn of the century. These offshore dynamics remain poorly researched despite their significance for Africa’s changing position in the global economy.
This presentation will focus on Africa’s offshore links with Dubai, Hong Kong, and Singapore. Dubai looms largest as the de facto global headquarters for African corporate registration and the location of choice for African elites as well as foreigners doing business with Africa. The world’s third-largest financial centre and a major base for the offshore renminbi trade, Hong Kong is primarily a gateway for Chinese investors into Africa. Singapore is a financial services and commodity trading hub with strong African connections, but only a limited presence by African high-net-worth individuals. Despite the importance of the development discussed in this presentation, I argue that it is nothing like an alternative “Asian offshore system”. This is rather the same densely interwoven and multijurisdictional offshore world, further diversified across new geographies, but functioning in strikingly similar manners. Crucially, the world-class services the Asian OFCs host are often proffered by the same (Western) blue-chip firms that have long experience of the offshore world.
15 mai 2025
La coercition au-delà de l'enfermement : la libération des migrants de Malte et la contrainte du travail
Responsable scientifique : Lucas Puygrenier
Les camps pour migrants ont souvent été décrits comme les lieux de manifestations des tendances autoritaires ou illibérales au sein même des démocraties. A partir du cas des politiques de détention à Malte, cette communication explore à l'inverse des formes plus inattendues d'exercice de la contrainte qui se réalisent au-delà de la réclusion. En discutant la façon dont la mise en liberté des personnes en exil s'accompagne de dynamiques de mise au travail, il s'agit de réfléchir à la diversité des modes d'expression de la coercition et du contrôle de populations jugées "de trop" aux frontières de l'Europe.
La rente migratoire. État, espace et économie morale de l'inégalité (The migration rent. State, space and the moral economy of inequality)
Responsable scientifique : Hélène Thiollet
This chapter examines how corporate colonialism shaped the foundations of contemporary migration governance in Saudi Arabia and the broader Gulf region. It explores how oil companies, particularly the US-owned Aramco, acted as agents of quasi-colonial rule, embedding systems of extraction, labour management, and social differentiation. These are central processes in the production of a "migration rent," a symbolic and material surplus extracted from mobility and mobile people within Saudi Arabia and across transnational networks. Through the hybridisation of imperial and vernacular institutions, practices such as the kafala (sponsorship) system emerged, institutionalising migration rentierism and racialised labour hierarchies. By analysing the intertwining of corporate power, religious mobility governance, and local state-building strategies, the chapter demonstrates how historical patterns of extraction and differentiation continue to influence migration politics today without entirely determining it. It contributes to broader debates on colonial legacies in migration studies, to the political economy of the Gulf, and fleshes out original theoretical frameworks that can travel beyond the Gulf: the "colonial migration state" and the "migration rent".
19 avril 2025
L’ordre du chaos. Comprendre les variations autoritaires dans la région MENA
Responsable scientifique : Nadia Marzouki et Hamza Meddeb
10 avril 2025
Authoritarian deeper states (national-populism and tech): the cases of Modi’s India and Xi Jinping’s China.
Responsables scientifiques : Stéphanie Balme, Jean-Louis Rocca et Christophe Jaffrelot.
13 mars 2025
La mise en récit de l’esclavage colonial et de ses héritages contemporains dans les lieux d’autorité que sont les musées
Responsable scientifique : Androula Michael (CNRS/CERI)
La proposition artistique de Fred Wilson, Mining the Museum (avril 1992 - février 1993), présentée au Maryland Historical Society (maintenant Maryland Center for History and Culture) à Baltimore, a marqué un tournant dans la mise en lumière des silences et des biais des institutions muséales face à l’histoire coloniale esclavagiste. Dans son sillage, des artistes contemporains tels que Kara Walker, Nona Faustine, Barthélémy Toguo, Moridja Kitenge Banza ou encore Romuald Hazoumé investissent les musées et ouvrent des espaces de contre-discours, interrogeant les formes d’autorité qui régissent la mémoire de l’esclavage colonial et ses héritages contemporains. Cette intervention explore les stratégies artistiques et curatoriales qui, par le sensible, initient un dialogue essentiel entre création, mémoire et pouvoir.
16 janvier 2025
Individualisation, personnalisation, autorité: le gouvernement du social en Mauritanie et au Maroc.
Responsables scientifiques : Béatrice Hibou (CERI-Sciences Po/CNRS) & Boris Samuel (IRD-Imaf)
12 décembre 2024
Érosion des normes et pratiques autoritaires
Responsables scientifiques : Chiara Ruffa et Louise Beaumais
What are the consequences of crises in democratic contexts? How do we see authoritarian behaviour emerge in democracies and in a rule-based international (dis)order? What mechanisms can we observe? In this LabSem, we explore key themes and dynamics of authoritarian postures and behaviors across 'crises', ranging from migration, international norms, war and nuclear futures
Introduction: Louise Beaumais and Chiara Ruffa
Migration as Crisis and the question of migration and de-democratisation/ illiberalisation of policies - Hélène Thiollet
Norm erosion in international politics - Chiara Ruffa
The production of future military crises: reordering stability and continuity in social order rather than adaptation - Louise Beaumais, with(out) Éric Sangar
The liberal way of war in times of crisis - Mathias Delori, online
The production of nuclear future - Benoît Pelopidas, online
14 novembre 2024
Documenting repression: a conversation about data collection challenges
Responsables scientifiques : Jérôme Doyon et Gilles Favarel-Garrigues
This session focuses on how to collect data on state repression in various authoritarian contexts. The session will start with a presentation by Daniil Beilinson (co-founder of the NGO OVD-Info, exiled in France) on the work of OVD-Info regarding legal and police repression in Russia, and in particular, the challenges met by the organisation when it comes to collect and analyse data. Funded in 2011, OVD-Info has faced the hardening of the Russian regime, following the war in Ukraine, and was registered as a "foreign agent" in 2021. The second part of the session will take the form of a conversation between Daniil Beilinson and CERI researchers working on different countries (such as China, Turkey or India), as well as the audience more broadly, to think comparatively on how to document repression in authoritarian contexts. This session aims to foster a methodological conversation between academics and NGO-based researchers working on different political systems and focusing on different forms of state repression.
For information: OVD-Info website in English: https://en.ovdinfo.org/
24 octobre 2024
Variations autour d’un adagietto de Gustav Mahler : individus, institutions et régimes. Adagietto. Sehr langsam, Symphonie n.° 5, Gustav Mahler, 1901-1902
Responsables scientifiques : Nadège Ragaru et Jeanne-Louise Roellinger
Introduction : Laurence Louër
Discutante : Laure Schnapper, Centre Georg Simmel, EHESS.
C’est en accompagnant cette partition emblématique du compositeur Gustav Mahler en trois lieux, trois moments et trois mondes sociaux que l’on interrogera ici certaines des formes prises par les variations autoritaires – dans un champ professionnel (celui de la musique classique), dans les rapports de conjugalité et dans un régime politique où la répression a été associée (entre autres) à l’expérience de l’exil. À chaque étape, il s’agira de suggérer des approches possibles des configurations autoritaires, de leurs acteurs, de leurs institutions et de leurs mécanismes sociaux. Il sera donc question de sources (sonores, visuelles ou scripturaires), de démarches (microsociales ou multiscalaires ; individualisantes ou holistiques ; comparatives ou circulatoires ; sensibles au genre), de champs disciplinaires (science politique, histoire) et de la contribution des savoirs de l’art et de la fiction aux sciences sociales.
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