Les 70 ans du CERI

Cette année 2022 est doublement importante pour le CERI. D’une part, parce que le centre installé depuis l’an 2000 au 56 rue Jacob va, dans le cadre de la réorganisation du campus parisien de Sciences Po, déménager au 28 Rue des Saints-Pères. A compter de l’été prochain, chercheurs, doctorants et personnel de soutien à la recherche seront donc réunis en un lieu unique où nous accueillerons également le public extérieur pour nos séminaires, colloques et journées d’études.

D’autre part, le CERI fête cette année son 70e anniversaire. C'est un bel âge, signe d’une bonne santé évidente. Que de chemin parcouru depuis la création en 1952 d’une petite structure, rassemblant au départ trois personnes, adossée aux services de documentation !  Aujourd’hui le CERI rassemble 52 chercheurs permanents, 76 doctorants et 14 administratifs, sans compter la dizaine de chercheurs sous contrat. Toutefois, malgré la croissance démographique indiscutable, malgré l’élargissement des thèmes de recherche, malgré l’ouverture vers davantage de disciplines (au-delà de celles d’origine, histoire et science politique), il est remarquable de constater que le CERI est demeuré fidèle à la double mission que ces concepteurs, Jean Meyriat et Jean-Baptiste Duroselle, lui avaient assignée. D’un côté, étudier les relations internationales, c’est-à-dire les rapports entre Etats, oscillant entre coopération et conflit. L’étude des RI avait démarré, dans l’espace universitaire français, dans l’entre-deux-guerres, mais il est indéniable que sa structuration comme champ s’est faite, à l’imitation des États-Unis, et avec l’encouragement de fondations américaines, grâce au Centre d’études des relations internationales (nom d’origine du CERI). D’un autre côté, dès le départ, la dimension « aires culturelles » était présente, le CERI étant d’ailleurs longtemps organisé par « sections géographiques » (URSS-Chine, Europe méditerranéenne, politique européenne, États-Unis…). Certes, au début, les pays étrangers sont souvent étudiés sous le seul angle de leur politique étrangère, mais dès les années soixante, le CERI accueillera des chercheurs qui s’intéressent aux institutions et à la vie politique de ces pays avant de s’ouvrir, de plus en plus, à l’étude approfondie des sociétés. Cette double approche par les relations internationales/transnationales et par les études régionales reste une marque de fabrique du CERI, devenu en 2015 Centre de recherches internationales. Notons également un très ancien et fructueux compagnonnage avec le CNRS avec lequel le CERI fut associé dès 1967 avant de devenir en 2002 une unité mixte de recherche.

Dans le cadre du 70e anniversaire du CERI, célébré de conserve avec le 150e anniversaire de Sciences Po, un plan d’action en plusieurs volets se déploiera tout au long de l’année 2022. D’abord, une identité visuelle attachée à cet anniversaire et dévoilée à l’occasion des vœux de la nouvelle année, accompagnera tous les événements scientifiques et les diverses productions du laboratoire.
Ensuite, un site satellite du site institutionnel du CERI sera créé par l’équipe de valorisation scientifique avec les contributions de l’ensemble de la communauté du CERI, enseignants-chercheurs et chercheurs statutaires, membres de l’équipe d’accompagnement de la recherche, doctorants, autour de sept grandes thématiques. Mis en ligne avant l’été, il poursuivra sa destinée au-delà de l’année 2022.  

La célébration des 70 ans se poursuivra, à l’automne, par l’organisation de manifestations scientifiques spécifiques rassemblant, par-delà nos propres forces, celles et ceux de nos collègues avec lesquels nous sommes en dialogue constant. Ce sera l’acmé de cette année particulière.
Malheureusement, cet anniversaire ne pourra être totalement serein. En effet, notre collègue Fariba Adelkhah, arrêtée en Iran depuis le 5 juin 2019, qui était assignée à résidence depuis octobre 2020, a été brutalement réincarcérée à la prison d’Evin le 12 janvier. Notre indignation collective devant l'arbitraire du pouvoir iranien va de pair avec une réelle inquiétude face à ce retour en prison, et ce en dépit de la formidable résilience dont Fariba fait preuve. Je formule l'espoir ardent que 2022 soit enfin l'année de sa libération inconditionnelle : ce serait le plus beau des cadeaux pour le 70e anniversaire du CERI.
Liberté pour Fariba, liberté pour la recherche !

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