Catastrophes et risques

Ce groupe de recherche, animé au CERI par Sandrine Revet, regroupe plusieurs chercheurs de différentes institutions qui abordent la thématique des catastrophes et des risques. Il s’est articulé, depuis 2009, autour du séminaire Catastrophes et risques qui a permis de penser une anthropologie des dispositifs de gestion des catastrophes, et de consolider un ensemble de travaux sur les catastrophes, de les faire discuter ensemble en les sortant de leurs spécificités (catastrophes "naturelles", "technologiques", drames sanitaires, catastrophes nucléaires etc). Le séminaire a placé les recherches empiriques sur des situations "à risque" ou des catastrophes au cœur de la discussion. Les terrains de l’urgence provoquée par des catastrophes conduisent à des formes de gouvernance inédites dans lesquelles des états souverains, des forces militaires et des ONG interviennent au nom des nouveaux paradigmes de la sécurité, de l’humanitaire et du secours. Comment les populations exposées interagissent-elles avec ces dispositifs de prise en charge ? Quelles dynamiques de recompositions sociales sont mises en œuvre dans les tensions propres aux situations d'aléa et de cataclysme? Comment émergent les "cultures de la catastrophe" ? Quelles ressources politiques et critiques apparaissent alors dans ces situations d’exception ? Comment les populations et les acteurs de l’urgence s’en emparent-ils dans l’urgence ?

Le séminaire a abordé les thématiques suivantes : Catastrophes, risques et sciences sociales (2009-2011, avec Julien Langumier) ; Simulations (2011-2012, avec Marc Elie et Frédéric Keck).

En 2012-2013, trois journées thématiques ont été organisées : Haïti : après la catastrophe ; Sciences et désastres ; Catastrophes et religions.

Entre 2012 et 2014, le groupe s’est associé avec Sophie Houdart et Vanessa Manceron du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparée (LESC) de Nanterre pour animer le séminaire La mesure du danger. En 2015, en collaboration avec Alain Musset du Centre de recherches historiques de l’EHESS et Virginia Garcia Acosta du CIESAS au Mexique, il a abordé la thématique "Dialogues et discours croisés : catastrophes et interdisciplinarité", et en 2016-2017, avec Vanessa Manceron, celle de "Ce que le droit fait à la « nature ». Catastrophes, risques, environnement et justice".

Le groupe de recherche est actuellement impliqué dans le projet ANR RAVEX. Au CERI, Jan Wörlein, chercheur post-doctorant, vient consolider l’équipe. Outre la préparation de l’enquête en Martinique, il est en charge de la coordination de l’équipe sciences sociales de ce projet multidisciplinaire.

Next conferences

16 March 2020
CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e, Salle du conseil (4th floor)
14h30-16h30
Susann Baez Ullberg, Uppsala University
Water works: Temporal configurations of hydraulic infrastructures in Peru

To meet an increasing industrial and urban demand for water in a context of water scarcity, the Peruvian State has promoted legal reform and invested heavily in water infrastructures. One such infrastructure is the Proyecto Especial Majes Siguas (PEMS) in the Arequipa region built to supply the coastland with irrigation water and thereby developing agriculture in this arid region. In the PEMS, water is captured in dams in the Andean highlands and led through tunnels and channels some 100 km to the dry plains of Majes and Siguas. The first stage of this hydraulic system was built in the 1970-80’s and is operated by a Peruvian state agency. The second stage of the project is currently underway, including the building of an additional dam and new tunnels, which will double the system’s water supply capacity. The extension is being projected, built and co-financed by a private transnational consortium that will run the entire water supply system for 20 years. The ethnographic study of hydraulic megaprojects at the interface of the state and the market allows for interrogating contemporary water governance in the Anthropocene in practice. A mega project such as the PEMS that stretches over many decades invites us to connect the multiple temporalities that configure its organisation, materiality, and politics of water. In my fieldwork in the realm of the MSSP in 2016 and 2017, I have studied the social history of the hydraulic megaproject and followed its’ everyday making. In this paper, I explore the temporal dimensions of water works by drawing on the heuristics of historical futures and punctuated progression.  

Susann Baez Ullberg is an environmental and disaster anthropologist working as Assistant Professor in Cultural Anthropology at Uppsala University, Sweden. She is broadly interested in how time shapes and is made through social, political and environmental life. Her doctoral and postdoctoral research has dealt with disaster memory based on ethnographic studies in Argentina and in Sweden. Her latest research has focused on water governance and expertise at the public-private interface in a Peruvian mega project.  

23  mars 2020
CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e, Salle du conseil (4e étage)
14h-16h

Marta de Araújo Pinheiro
Reconstruction post-catastrophe naturelle au Brésil: rapport sur les pluies de 2011

Le Brésil est confronté à un scénario complexe de risques socio-environnementaux du fait de sa diversité et de son hétérogénéité naturelle et sociale. Ma communication s'inscrit dans une recherche plus ample qui, depuis 2016, vise à mettre en perspective les thèmes de la vulnérabilité sociale et de résilience dans le contexte brésilien des désastres naturels en privilégiant notamment les types de reconstruction socio-environnementale choisis par les populations locales.
L'étude de cas met ainsi en avant des processus de reconstruction menés par certains quartiers de la région montagneuse de Teresópolis (Rio de Janeiro), touchée par des intempéries en 2011. Des pluies torrentielles avaient engendré un lourd bilan : plusieurs décès, beaucoup de blessés, un nombre considérable de sans-abris et de personnes déplacées.
Il s'agit encore aujourd’hui du plus grand désastre naturel enregistré au Brésil.
Le rapport d étude met l’accent sur les enquêtes de terrain faites au quotidien, sur les entrevues menées en profondeur, sur les histoires de vie qui visent à retracer et à suivre les discours et les pratiques émanant des populations directement concernées ainsi que toutes les transformations qui se sont inscrites à travers le paysage socio-environnemental.

Marta de Araújo Pinheiro is full Professor at Federal University of Rio de Janeiro (UFRJ) - Brazil. Postgraduate Program in Community Psychosociology and Social Ecology (UFRJ). Line of research: Social ecology, communities, and sustainability. Recent studies encompass anthropological communicative mediations in post disasters reconstructions in Brazil.





Discutant : Sandrine Revet, CERI, Sciences Po-CNRS.

Une liste de diffusion Info Catastrophes et risques est animée par Sandrine Revet. Pour s’abonner : sandrine.revet@sciencespo.fr