Léonard Colomba-Petteng

leonard.colombapetteng@sciencespo.fr

Léonard Colomba-Petteng contribue au projet H2020 EU-LISTCO, dirigé par Christian Lequesne et David Cadier, en tant que chercheur sur le Mali. Il est également membre du comité d'organisation du Séminaire sur les Approches Postcoloniales partagé entre le CERI et le Ceped-IRD.

Thèse

Production, validation et circulation de l'expertise en matière de "gestion civile des crises". Le cas des missions de soutien de l’Union européenne aux forces de sécurité intérieure du Mali et du Niger (EUCAP Sahel), sous la direction de Christian Lequesne

Recherches en cours

Depuis le Conseil européen de Feira (2000), l'Union européenne a fait de la gestion dite “civile” des crises internationales un mode d'intervention privilégié. Les missions civiles déployées dans le cadre de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) reposent essentiellement sur l’action des experts mis à disposition des autorités des États dont les institutions sont considérées comme “fragiles”.

A partir d’une approche empirico-inductive, cette thèse interroge la manière dont l'institutionnalisation de savoirs spécifiques en matière de sécurité au sein de l'espace européen influence les pratiques d'intervention de l’UE au Mali et au Niger dans le cadre des missions civiles “EUCAP Sahel”. D'autre part, l'hétérogénéité des trajectoires et des champs sociaux dont sont issus les acteurs impliqués dans la mise en oeuvre de ces missions (aussi bien au “siège” que sur le “terrain”) invite à poser la question des ressources opératoires et des capitaux à travers lesquels l’autorité experte se revendique.

L’approche retenue s'intéresse moins aux conditions d’efficacité des missions civiles de l’UE (ou à leur adéquation avec les contextes locaux) qu’à la manière dont divers acteurs individuels et collectifs se saisissent de ces instruments au sein de l’espace européen et au Sahel. L’intérêt de l'approche est de montrer que les interventions de l'UE sont traversées par une multitude de logiques internes concurrentes voire contradictoires, en raison du caractère labile de cette forme particulière d’expertise (travaillant les frontières entre savoir et pouvoir d’une part, et entre politique et sécurité d’autre part).

La recherche entend montrer que l'expertise sécuritaire est le fruit d’une construction qui se joue à travers une série d’agencements de savoirs disciplinaires (juridiques, économiques, historiques, sociologiques, managériaux, communicationnels) et d'accumulation de ressources symboliques (titres universitaires, positions institutionnelles, expériences mises en valeur, appartenance à des réseaux). Cette expertise s’affirme et se négocie en permanence, en situation d’interaction, à travers des pratiques discursives et matérielles concrètes et contingentes. Plus encore que le maniement des armes, souvent perçu comme consubstantiel aux métiers de la sécurité, être un expert reconnu par l’Union européenne implique essentiellement de maîtriser le maniement des concepts « qui parlent » et d’être familier avec les cercles de pouvoir formels et informels au sein et au dehors de la constellation bruxelloise.

Thèmes de Recherches

Théories des Relations internationales ; Sociologie de l'expertise ; Politiques de sécurité de l'Union européenne et de ses Etats membres au Sahel

  • Enseignements

    - Établissement : Sciences Po, intitulé : Espace mondial, thinking international relations globally, campus de Reims, (niveau : licence),

    - Établissement : Sciences Po, intitulé : Espace mondial, Penser les relations internationales, campus de Menton, (niveau : licence),

    - Établissement : Sciences Po, intitulé : Sociologie des Relations internationales, école doctorale, (niveau : master)
  • Langues

    Français, Anglais, Espagnol, Arabe