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Paul Grassin

Chargé de recherche CNRS

Centre de recherches internationales (CERI)

Téléphone mobile : 0672266582

Thème(s) de recherche : Police, justice, conflits environnementaux, signalement, illégalismes, capitalisme

Discipline(s) : Science politique

Sous-discipline(s) : Politique comparée

Axe(s) de recherche : Économie internationale, capitalismes et extractions ; Risques environnementaux et limites planétaires ; Sécurité, défense et armes nucléaires ; Violence, guerre et paix

Aire(s) géographique(s) : Afrique australe, Europe occidentale

Pays : Malawi, France

Biographie

Chercheur en sociologie politique, mes recherches portent sur le travail de l'ordre, c'est à dire sur les activités de détection, de qualification et de répression des déviances et des illégalismes, qu’elles soient prises en charge par des acteurs étatiques ou non étatiques. Je m'intéresse aux pratiques policières et justicières, à leur organisation, à leurs rétributions et aux situations dans lesquelles elles prennent forme, ainsi qu'aux multiples manières dont celles et ceux qui s’y engagent perçoivent ces activités, justifient et publicisent leur engagement. La problématique qui traverse l'ensemble de mes recherches est alors de comprendre la contribution de ces activités à la production d'ordre sociaux, économiques et politiques spécifiques, en envisageant la fabrique de l’ordre comme le résultat d’opérations organisées et observables.

Formé à la science politique à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne où avant de me spécialiser en « études africaines » après un séjour d'études à l’Université de Columbia, j'ai, pendant dix ans, fait du Malawi en Afrique australe anglophone le lieu de mes investigations. Mes premiers travaux ont porté sur la fabrique et le maintien d’un ordre politique fondé sur le contrôle de la production et de la commercialisation du tabac. J'ai ensuite consacré ma thèse de doctorat soutenue en 2022 à l'étude de la division du travail de police et de justice entre acteurs étatiques et non étatiques depuis l'époque coloniale et à la contribution de ce travail à la fabrique des hiérarchies sociales et économiques dans les faubourgs de Blantyre, la capitale économique du pays.

Soucieux de relocaliser mes objets d'étude sans perdre le fil de mes orientations de recherche, je travaille depuis 2023 à mettre certaines pistes théoriques et méthodologiques élaborées au Malawi à l'épreuve du cas français et des questions environnementales. En tant que chargé de recherche au FNRS belge rattaché à l'Université de Mons, j'ai ouvert deux ensembles de terrains en France que j'approfondis désormais en tant que chargé de recherche au CNRS. Un premier porte sur la contribution d'acteurs économiques non étatiques à la répression du militantisme écologique et plus largement sur les adaptations du capitalisme industriel à la crise écologique. Ce premier ensemble de terrains s'intègre à un projet de recherche soutenu par l'Agence Nationale de la recherche scientifique portant sur les mondes de l'autojustice en France (FRANJU) piloté au Ceri par Gilles Favarel Garrigues et Laurent Gayer. Le second porte sur la chaine de détection et de répression des illégalismes environnementaux à travers l'étude d'un dispositif de signalement des atteintes à l'environnement.

Ma trajectoire de recherche m'amène par ailleurs à développer une réflexion épistémologique sur les enjeux du comparatisme et notamment à la manière dont certaines réalités étudiées au Sud permettent de penser le cas français.
 

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