Des morts en guerre. Rétention des corps et figures du martyr en Palestine

Entretien avec Stéphanie Latte Abdallah à l’occasion de la parution de son livre Des morts en guerre. Rétention des corps et figures du martyr en Palestine aux éditions Karthala (juin 2022) 


La question a émergé en suivant le fil de l’enquête que je conduisais précédemment sur l’incarcération des Palestiniens en Israël, sur ce que j’ai nommé la toile carcérale, une détention à la fois massive et suspendue, c’est à dire à la fois la réalité de ces incarcérations et une possibilité plus large encore de l’être, une virtualité carcérale, qui participe notamment du système de frontiérisation à l’œuvre dans les espaces israélo-palestiniens.

Des proches de défunts ont évoqué ces corps prisonniers, parfois disparus depuis de longues années et ensevelis dans ce que l’on appelle les « cimetières des nombres », des lieux où les morts n’ont pas de noms. Les défunts qui y sont enterrés l’ont été à la hâte, dans des sépultures sommaires où ils sont confusément répertoriés à l’aide de numéros. Ces morts, qui sont des fedayin ou des martyrs pour la société palestinienne, sont considérés comme retenus mais aussi et surtout comme des détenus dont on espère le « retour » pour les plus anciens et la « libération » pour les autres.

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