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Géopolitique ou géopolitique critique ? Mise en perspective de trois ouvrages sur les frontières, le blé et la mondialisation

Ce texte a été initialement publié dans le numéro 75 de la Revue française de science politique (2025, 2). Il consiste en une lecture critique et croisée des trois livres suivants :

  • Anne-Laure Amilhat Szary, Géopolitique des frontières. Découper la terre, imposer une vision du monde, Paris, Le Cavalier Bleu, 2020, 216 p.
  • Alessandro Stanziani, Les guerres du blé. Une éco-histoire écologique et géopolitique, Paris, La Découverte, 2024, 344 p.
  • John A. Agnew, Hidden Geopolitics. Governance in a Globalized World, Lanham, Rowman & Littlefield, 2023, 224 p.

Ces trois livres récents affichent dès leur titre une approche « géopolitique ». Cette terminologie commune fait écho à un intérêt éditorial croissant pour la géopolitique, notamment auprès d’un lectorat dit « grand public ». Annoncer une « géopolitique de quelque chose », c’est souvent promettre un décryptage approfondi, une synthèse des grandes dynamiques internationales et une révélation des ressorts cachés de la politique mondiale. En France en particulier, cette veine est accompagnée par une production cartographique intense et souvent remarquable. La géopolitique est désormais présente au lycée avec une spécialité au sigle austère, HGGSP1, dont le second G signale justement géopolitique.

Si ces trois ouvrages s’inscrivent dans une tendance éditoriale forte, la géopolitique, sur un plan académique, n’est pas récente. On sait les travaux fondateurs de la « Geopolitik », de l’Allemand Friedrich Ratzel et de l’États-Unien Alfred Mahan (fin xixe siècle) puis du Britannique Halford J. Mackinder, et son discrédit durable en tant que discipline scientifique en raison de son instrumentalisation par le Troisième Reich. Le terme est réhabilité en France dans les années 1970 par les géographes Yves Lacoste et Béatrice Giblin, alors qu’aux États-Unis les questions de Power Politics restent l’apanage des internationalistes. Une ligne critique, indispensable et d’abord anglo-saxonne, se développe depuis les années 1990, insistant sur la pluralité des acteurs et la déconstruction des structures de domination. Deux des auteurs de cette lecture critique s’en revendiquent explicitement, nous y reviendrons. Mais cerner les contours précis de la géopolitique reste malaisé. Contrairement au phénomène éditorial signalé, le champ d’application n’est pas exclusivement l’international, comme en attestent les numéros récents de la revue Hérodote2. D’ailleurs, la géopolitique se réclame davantage de la méthode que de la discipline3. Elle se saisit avec une agilité remarquable des enjeux « émergents4 ». Cette diversité, aussi féconde soit-elle, n’occulte pas un double tropisme que l’on juge problématique : le prisme systématique de l’espace géographique et la préférence pour les questions de puissance, de rivalités et de conflits.

Au-delà des titres principaux des trois ouvrages, sonnant tel un slogan accrocheur (les guerres pour le blé ou les ressorts géopolitiques cachés de la gouvernance mondiale) ou s’inscrivant dans une collection (géopolitique des frontières), les sous-titres éclairent davantage sur l’objet de chaque livre : les frontières linéaires comme instrument aux mains des puissants chez Anne-Laure Amilhat Szary (Découper la terre, imposer une vision du monde), une histoire économique du blé chez Alessandro Stanziani (Une éco-histoire écologique et géopolitique) et la gouvernance recomposée par la mondialisation chez John A. Agnew (Governance in a Globalized World). Par-delà ces programmes distincts, quelle approche commune de la géopolitique critique partagent ces textes ?

Géopolitique des frontières

La géographe française A.-L. Amilhat Szary propose un essai dense et précis sur les frontières. Elle dénaturalise d’emblée l’objet : les frontières sont une invention (européenne) qui ne représentent que la partie émergée des relations internationales et qui demeurent enfermées dans un imaginaire trop linéaire et binaire (p. 10). Le livre a pour ambition de documenter cette déconstruction : « Les frontières sont des révélateurs de processus de domination à toutes les échelles dans la mesure où, dans une économie néolibérale, elles constituent un objet de flexibilisation de l’espace. » (p. 18) Derrière un titre présageant d’une approche littérale, A.-L. Amilhat Szary ne s’inscrit dans la géopolitique que dans sa déclinaison critique et en étudiant les frontières – objet fondateur, sinon iconique, liant indéniablement la géographie et le politique.

Dans une première partie, l’autrice relativise la prétention universelle des frontières grâce à une géohistoire qui couvre la mythologie antique, les anciens empires, les États modernes puis la Société des Nations (SDN) qui « invente » l’équivalence entre État et nation (p. 61). Des exemples originaux rythment ce traitement historique, telle la mise en perspective multimillénaire des empires romain, germanique puis austro-hongrois définitivement soldés par la promulgation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (p. 41), la concomitance de progrès cartographiques avec la consécration de la frontière linéaire westphalienne (p. 48), le scellement des frontières européennes au traité de Paris de 1815 (p. 56) ou les bornages coloniaux de la conférence de Berlin de 1884 (p. 57-60). Si l’autrice couvre bien les frontières des États et des empires, on regrette que les cités-États, signalées comme troisième type de construction politique (p. 37), ne soient pas abordées alors que leur logique réticulaire redéfinit la frontière linéaire. La géographe poursuit sa déconstruction d’un système westphalien supposément homogène en utilisant, dans une deuxième partie sur l’extra-territorialité des frontières, la typologie des régimes de souveraineté de J. A. Agnew5 : il analyse les liens entre l’autorité centrale de l’État (forte/faible) et sa territorialité (consolidée/ouverte). A.-L. Amilhat Szary confirme ensuite l’obsolescence de l’approche territoriale et binaire des frontières à partir de cas d’asymétries de citoyenneté et des enclaves territoriales.

La troisième partie est consacrée aux frontières dites « mobiles », un concept que l’autrice développe depuis plusieurs années à partir des questions migratoires6. Le chapitre « Point, ligne, zones : géométrie variable de frontières individualisées » parachève la démonstration : les frontières linéaires s’avèrent, selon les cas, invisibles, floues, mobiles, fractales ou verticales ; celles ponctuelles sont insulaires, militaires, concentrationnaires ou numériques ; celles zonales sont inaccessibles (no man’s lands), territoriales (États-tampons), maritimes, voire urbaines. Ces développements constituent, pour un cartographe, l’acmé de la lecture. L’invitation à approfondir est double : imaginer une grammaire visuelle adéquate et enrichir cette typologie d’autres cas, internationaux comme locaux.

Cet essai remarquable suscite deux points de discussion. Premièrement, en dehors de la partie historique, l’analyse contemporaine des frontières est surtout menée à travers le prisme des migrations. Ce tropisme entraîne un traitement restreint du sujet, qui évacue par exemple le débat essentiel entre maintien et ouverture des frontières, nationalisme et cosmopolitisme7. Deuxièmement, le diagnostic initial du monopole de la frontière linéaire territoriale apparaît assez pessimiste : nombre des défis actuels présentent une forte dimension transnationale (qui dépasse les acteurs étatiques) et mondiale (qui dépasse la grille inter-étatique). Ainsi, l’effondrement du vivant, les pollutions ou la course à l’espace confirment la pertinence d’autres espaces : biomes, bassins versants ou espace extra-atmosphérique par exemple.

Les guerres du blé

L’économiste franco-italien A. Stanziani publie une vaste fresque chronologique sur le blé. Spécialiste de l’histoire globale8, l’auteur réussit le tour de force d’embrasser les enjeux multiples et entrelacés (économiques, politiques, sociaux, démographiques, coloniaux, militaires, fiscaux, commerciaux, boursiers, mais aussi agronomiques, climatiques, techniques, pédologiques, alimentaires, génétiques, etc. !). Au regard d’une telle transdisciplinarité, A. Stanziani réserve l’emploi du terme « géopolitique » à la seule concurrence entre États puissants et toujours à l’échelle internationale. Il compare les principaux producteurs (par ordre d’apparition : Chine, Russie, France, Royaume-Uni, puis États-Unis ou Australie) sur quatre siècles et réussit à dégager les grandes dynamiques propres à chaque région et période. Sur le plan heuristique, l’apport est double : retracer des trajectoires historiques autour du blé et, c’est encore plus original, déterminer le rôle que la céréale a joué ou non.

Un premier chapitre dévoile comment, aux xvie et xviie siècles, la Chine, la Russie, la France et l’Angleterre réussissent chacune à mobiliser leurs armées et à les approvisionner pour faire et gagner la guerre. Le suivant dissèque les ressorts démographiques, économiques et sociaux du blé dans les sociétés pré-industrielles où l’augmentation des rendements s’opèrent grâce à l’intensification du travail ; dans ce contexte, la Révolution de 1789 puise moins ses racines dans une pénurie que dans l’incapacité de la monarchie à résoudre les tensions entre mauvaises récoltes et spéculation (p. 89). Le troisième chapitre avance que l’expansion du blé au xixe siècle est supérieure à celle de l’industrie ; elle s’effectue par l’accaparement de terres et le massacre des populations locales dans les steppes eurasiennes, les plaines nord-américaines et les prairies australiennes, tout en engendrant de premiers dégâts environnementaux. Un autre chapitre montre la double dynamique de massification de la consommation de pâtes (blé dur) et de généralisation des bourses de commerce (blé virtuel). Libéralisation, marchés à terme, gestion de stocks et standardisation des produits s’imposent, renforçant la distinction entre mauvaise récolte et famine. Dans le second cas, les marchés interviennent pour créer une pénurie, souvent coloniale car organisée au Nord au détriment des populations du Sud (p. 166-171).

Le cinquième chapitre introduit des bouleversements plus importants encore : le blé constitue l’arme décisive des vainqueurs de la Première Guerre mondiale en contraignant les empires centraux par des blocus et des pénuries. La céréale devient une composante importante des grands totalitarismes, à l’instar de la guerre contre les paysans par Staline (dont l’Holodomor) ou à la quête d’autosuffisance de Mussolini (colonisation en Afrique de l’Est). Le chapitre suivant dépeint la « grande accélération » post-Seconde Guerre mondiale, guidée par des logiques industrielles de profits (mécanisation, chimie et génétique) au détriment de la santé et de l’environnement. Les rapports Nord-Sud en sont exacerbés : semences brevetées, famines persistantes, régulations limitées, etc. L’ultime chapitre couvre la période actuelle, avec l’impression vertigineuse que la tendance se poursuit à la hausse : production, dégradations environnementales, recours aux organismes génétiquement modifiés (OGM), spéculation, inégalités, etc.

A. Stanziani fournit une rétrospective ambitieuse et passionnante. Il dégage les principales mutations historiques et révèle des spécificités nationales tout en insérant des anecdotes truculentes mais significatives, tel ce paléo-botaniste britannique, Mark Nesbitt, en quête de variétés anciennes (p. 299). Ce livre ouvre notre appétit pour la transdisciplinarité et la comparaison. On regrette toutefois que l’approche très économique se fasse aux dépens d’autres dimensions tel l’environnement, au-delà des dégradations, bien documentées. Enfin, on en vient même à attendre une suite qui mettrait en perspective (éco-socio-politico-militaire, évidemment !) le blé avec d’autres céréales (maïs, riz).

Hidden Geopolitics

Le géographe anglo-états-unien J. A. Agnew, rassemble neuf textes pour la plupart publiés entre 2009 et 2021 en tant qu’articles ou chapitres d’ouvrages collectifs. Le livre s’inscrit dans ses efforts de renouvellement de la géopolitique9, dont son article « The Territorial Trap… » formulait une des principales critiques : le courant classique pâtit d’une vision trop étriquée autour des seuls États, prétendus homogènes et équivalents10. Ici, l’auteur s’attelle à lier géopolitique et mondialisation en réfutant l’opposition spatiale simpliste entre territorialisation des États et circulations des capitaux, des biens et des individus. Il avance que la géopolitique – qu’il résume à la concurrence interétatique – anime les processus de mondialisation.

Cette géopolitique serait « cachée » car les tenants de la géopolitique conventionnelle sont incapables de voir l’importance des ressorts géopolitiques de la mondialisation (p. xii). Ces processus passent sous leur radar car « il s’agit d’une géopolitique sans stratégies dramatiques impliquant des forces opérationnelles et autres, mais les impacts sont réels sur la vie quotidienne dans le monde entier » (p. 27). Partant, l’auteur identifie trois fondements géopolitiques de la mondialisation : 1. le plus puissant, les États-Unis, n’a cessé de s’employer à ouvrir l’économie mondiale ; 2. les gouvernements ont des capacités inégales pour croître économiquement et tirer parti de la mondialisation ; 3. la régulation économique, autonome, complexe et multi-acteurs constitue une influente « low geopolitics », en opposition à une « high geopolitics » caractérisant les rivalités entre États ou empires.

Les textes sont ventilés dans quatre parties où la géopolitique est successivement « cachée », « de la mondialisation », « du développement » et « de la régulation mondiale ». Cette structure trahit une organisation a posteriori – nous ne la reprenons pas. Trois textes concernent les États-Unis : l’un retrace leur rôle dans l’ordre économique mondial et distingue des moments hégémoniques (consentement et influence), d’autres impérialistes (coercition et contrôle) ; l’autre traite des tensions entre l’engagement international du pays et la gestion de ses frontières à partir du cas de la « panique » migratoire de 2018 ; un dernier porte sur l’articulation entre le niveau fédéral et les États dont la pandémie de Covid-19 a dévoilé l’ampleur de la décentralisation et les besoins de coordination. Deux textes déplorent l’inadéquation de certains concepts : les analogies entre « balkanisation » et « syndrome macédonien » aident à cerner une situation complexe mais se focalisent sur la dimension ethnique irrationnelle et justifient les interventions extérieures ; les modèles théoriques occidentaux et les comparaisons impériales européennes ne permettent pas de comprendre l’ascension de la puissance chinoise. Deux textes traitent de crises qui ont exacerbé les inégalités spatiales (crise financière de 2007-2008) ou révélé le pouvoir d’acteurs non gouvernementaux (responsabilité de la Banque centrale européenne dans la crise de la zone euro). Enfin, un percutant mais trop succinct texte explore l’émergence des agences de notation privées puis leur impact sur la souveraineté étatique et les relations internationales. L’auteur dénonce la subjectivité et le manque de transparence de ces acteurs dont les effets sont ravageurs pour les pays du Sud.

Si l’argumentation paraît diffuse, on rejoint l’auteur sur l’actualité d’une perspective géopolitique de la mondialisation au regard de l’affirmation croissante et belliqueuse d’États autoritaires (Russie, Chine, etc.) et, depuis, l’agressivité diplomatique et commerciale du second mandat de Donald Trump. Une frustration vient de la dimension géographique, paradoxalement assez peu approfondie. Car si J. A. Agnew sonne légitimement l’obsolescence de la géopolitique conventionnelle, « la vision manichéenne “eux contre nous” de l’occupation d’un territoire [qui] n’a plus de sens lorsque le fondement même de la décision souveraine réside dans les interstices entre les États, dans les capacités et les identités des acteurs non étatiques plutôt que dans les États qui s’opposent les uns aux autres » (p. 38), la pluralité des recompositions spatiales induites est peu analysée ou souvent au seul niveau international… entre puissances étatiques.

Finalement, quid de la géopolitique ?

Les trois auteurs revendiquent une approche critique visant à démonter les mythes et les lieux communs issus d’une vision géopolitique conventionnelle trop focalisée sur le pouvoir et les États. Chaque texte apportant des nuances, il est délicat de les comparer point par point. A.-L. Amilhat-Szary se positionne le plus vivement, aspirant à répondre à l’énigme « à qui profitent les frontières ? » (p. 10). Elle rejoint J. A. Agnew dans son constat : la « tautologie traditionnelle entre frontière/territoire/souveraineté [de l’État] ne tient plus » (p. 14). A. Stanziani, malgré un titre influencé par la guerre en Ukraine et une conclusion sur la permanence multiséculaire d’un tandem puissance-blé (p. 331), répond davantage à l’histoire qu’à la géopolitique, en mobilisant une pluralité de leviers explicatifs. Mais il documente aussi les dimensions spatiales du blé à plusieurs échelles (empires, colonies, provinces, parcelles, brin d’ADN, etc.), ce que la géopolitique présente précisément à son programme ! Enfin, il est intéressant de noter que J. A. Agnew, qui a tant contribué à cette géopolitique critique, en intégrant les flux et les réseaux économiques, voie ses thèmes devenir des standards de la « géoéconomie » – qui présente pourtant nombre des travers de la géopolitique conventionnelle.

Salutaire, l’approche critique présente néanmoins des gageures. Le décentrement est une attention commune aux trois auteurs mais sa mise en œuvre est limitée : J. A. Agnew consacre la majorité des chapitres aux États-Unis, A.-L. Amilhat Szary redéfinit les frontières à partir de destinations migratoires, l’espace Schengen surtout, et A. Stanziani traite du blé à travers les grands producteurs. Ce dernier apporte néanmoins les éclairages non occidentaux les plus aboutis, en intégrant la Chine et la Russie. Autre difficulté, l’approche féministe affirmée par A.-L. Amilhat Szary, aux côtés de celles postcoloniale et marxiste (p. 22), manifestes et propices pour ces dernières, s’avère assez ténue.

Enfin, ces ouvrages répondent à la double obsession de la géopolitique que nous exprimions en introduction. D’abord, à l’érection de la dimension spatiale comme l’enjeu de chaque situation, A. Stanziani montre qu’au xxe siècle, le cours mondial du blé compte au moins autant que la nationalité des graines. Certes, les sciences sociales sous-estiment souvent l’espace mais, a contrario, en faire un incontournable est aussi problématique : l’espace n’est parfois pas un enjeu ou alors très marginal. Ensuite, à rebours de la préférence pour la concurrence entre puissants, A.-L. Amilhat Szary réhabilite les « pratiques locales, ordinaires, quotidiennes, caractéristiques justement d’un “fait social total” » (p. 21). En effet, la géopolitique demeure peu encline à intégrer dans l’analyse les faibles et les lents, les inaudibles et les immobiles qui font aussi nos sociétés et les relations internationales.


  1. Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques.

  2. Grand Paris, élections françaises, Libye, Mer Rouge, Arctique, Covid-19, dérèglement climatique, etc.

  3. Amaël Cattaruzza et Kevin Limonier, qui ont dirigé le manuel Introduction à la géopolitique (Paris, Armand Colin, 2023), listent trois facteurs « utilisés pour formuler une analyse géopolitique : l’identification des acteurs en jeu, l’étude des territoires qu’ils dessinent ou invoquent, l’analyse des relations et des rivalités de diverses natures (politiques, économiques, culturelles, etc.) qui s’y jouent » (p. 19).

  4. Tel le numérique, avec la promotion du concept de « datasphère » qui engloberait l’ensemble des « cyber-quelque chose » (cyber-espace, cyber-défense, etc.).

  5. John A. Agnew, « Sovereignty Regimes : Territoriality and State Authority in Contemporary World Politics », Annals of the Association of American Geographers, 95 (2), 2005, p. 437-461.

  6. Anne-Laure Amilhat Szary, Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ?, Paris, Presses Universitaires de France, voir le chapitre « La frontière mobile » p. 13-59.

  7. Astrid von Busekist, « Pour un pragmatisme des frontières », dans Dominique Bourg, A. von Busekist, Michel Foucher (dir.), Frontières, une illusion ?, Paris, Philosophie magazine éditeur, 2024, p. 16-27.

  8. Alessandro Stanziani, Les entrelacements du monde. Histoire globale, pensée globale, Paris, CNRS Éditions, 2018.

  9. Au cours des années 1990 et avec d’autres géographes, tels Gearóid Ó Tuathail ou Simon Dalby.

  10. John A. Agnew, « The Territorial Trap : The Geographical Assumptions of International Relations Theory », Review of International Political Economy, 1 (1), 1994, p. 53-80.