Dropout patterns in higher education: social origin differences in the impact of early academic failure

Estelle Herbaut
Séminaire scientifique de l'OSC, 20 octobre 2017
  • Image Guillaume Serpe / Sciences Po - Salle de cours 711AImage Guillaume Serpe / Sciences Po - Salle de cours 711A

Séminaire scientifique de l'OSC 2017-2018

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Annick Percheron

vendredi 20 octobre 2017 de 10h30 à 12h

Dropout patterns in higher education:
social origin differences in the impact of early academic failure

Estelle Herbaut (IUE Florence)
Estelle Herbaut
PhD Candidate
Department of Political and Social Sciences
European University Institute, Florence, Italy

A large and growing body of literature has studied the predictors of success or failure in higher education and results have consistently shown that social background is a key determinant of higher education attainment in many countries. However, less is known on the mechanisms of social stratification in the last stage of the education system. This study  builds on the theoretical framework of the compensatory advantage mechanism to investigate the consequences of early academic failure on dropout patterns, depending of students’ social background. I apply a discrete-time method for competing risks event history analysis to estimate the occurrence of dropout from higher education over time. Results show that early academic failure is quite common, but that its consequences on dropout behaviours varies greatly depending of social origin, even when controlling for academic preparation.

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La tyrannie du genre

Marie Duru-Bellat
Presses de Sciences Po
  • Image : Mikagoto, Gender studies (CC BY-NC 2.0)Image : Mikagoto, Gender studies (CC BY-NC 2.0)

Presses de Sciences Po, 2017La tyrannie du genre

Marie Duru-Bellat

Presses de Sciences Po, octobre 2017, 308 p., EAN 9782724621402

Marie Duru-Bellat

Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons… On pourrait penser qu'un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n’en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s’observe dans l’éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale.

Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d’ordre « naturel », entre femmes et hommes. Cet ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune.

Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l’invoquer à tout propos, qu’il s’agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l’idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.

N'est-il pas temps de laisser s’exprimer la multiplicité et la richesse des différences individuelles, de rejeter les assignations identitaires et les définitions brevetées qui enjoignent d’être strictement l’une ou bien l’autre ?

Cet ouvrage est un plaidoyer pour détricoter les stéréotypes de genre et s'en émanciper.

Le plafond de verre et l'État

Construction des inégalités de genre dans la fonction publique
C. Marry, L. Bereni, A. Jacquemart, S. Pochic, A. Revillard
  • Image USB, "Business Men" (CC BY-SA 2.0) via FlickrImage USB, "Business Men" (CC BY-SA 2.0) via Flickr


Armand Colin, 2017

Le plafond de verre et l'État
La construction des inégalités de genre dans la fonction publique

Catherine Marry (Directrice de recherche CNRS, Centre Maurice Halbwachs)
Laure Bereni
(Chargée de recherche CNRS, Centre Maurice Halbwachs)
Alban Jacquemart (Maître de conférence, IRISSO, Paris-Dauphine)
Sophie Pochic (Chargée de recherche CNRS, Centre Maurice Halbwachs)
Anne Revillard (Professeure associée, Sciences Po, OSC-LIEPP)

Paris, Armand Colin, octobre 2017 - 228 p. - EAN 9782200617387

 L'écart entre la place des femmes à la base et au sommet des hiérarchies des grades et des corps de la haute fonction publique est encore aujourd'hui frappant. Majoritaires dans l’ensemble des personnels de la fonction publique d’État (55 % en 2014), et parmi les cadres A (61 %), elles butent sur les dernières marches de l’échelle des carrières, celles qui conduisent aux positions de cadres supérieurs et dirigeants. Elles ne constituent que 38 % de la catégorie A+, qui regroupe les corps de fonctionnaires les mieux rémunérés. Elles ne représentent que 31 % des « emplois de direction » et 22 % des « emplois à décision du Gouvernement » (ambassadeurs, préfets, directeurs généraux d’administrations centrales). Elles sont également minoritaires dans les entourages politiques les plus convoités, malgré l’affirmation publique de la norme de parité : en 2012, alors que la moitié des portefeuilles ministériels étaient attribués à des femmes, celles-ci ne constituaient qu’un quart des équipes de l’Élysée et de Matignon, et moins d’un cinquième des directeurs et directrices des cabinets ministériels.

Dans le sillage des lois sur la parité des années 2000, la rareté des femmes aux sommets des organisations professionnelles est devenue un problème public, objet de lois et de dispositifs de plus en plus contraignants (quotas).
Ce livre, issu d’une enquête approfondie dans quatre directions ministérielles, offre des pistes d’interprétation originales. Au-delà des discours récurrents sur l’« autocensure » et les « choix » des femmes, les récits de vie des cadres supérieur.es et dirigeant.es dévoilent la fabrique quotidienne de l’avantage masculin au coeur même des organisations. Les horaires extensifs et rigides, la faible légitimité du droit au congé maternité, l’opacité des critères de promotion ou encore le sexisme de l’environnement professionnel, sont autant de sources d’inégalités.
Le plafond de verre n’est toutefois ni homogène, ni immuable. Les ministères et directions sont diversement féminisés et conciliants. Les destins professionnels des femmes et des hommes varient selon leurs titres scolaires, leur origine sociale, leur histoire conjugale et familiale. Les politiques d’égalité professionnelle ont des effets limités, mais sont aussi le support de la dénonciation des inégalités et de la valorisation de nouvelles identités dirigeantes, pour les femmes comme pour les hommes.

Ce livre est, en partie, le produit d'un nouveau contexte de mise en visibilité et de critique des inégalités sexuées dans la bureaucratie d’État. C’est à la demande de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), coordinatrice de la mise en œuvre des politiques d’égalité dans cette sphère, que nous avons engagé cette recherche (...) en braquant le regard, plus spécifiquement, sur ses plus hauts étages. Nous nous inscrivons dans le sillage de travaux précédemment menés, en France ou dans d’autres contextes nationaux, sur la manière dont le genre travaille les organisations, privées comme publiques, et sur la manière dont celles-ci, en retour, façonnent le genre.

L'ouvrage s'appuie sur une enquête inédite, qui repose principalement sur une série d’entretiens biographiques menés auprès de cadres supérieur.es ou dirigeant.es, en administration centrale ou dans les services déconcentrés. Au total, 95 entretiens ont été conduits en 2011-2012 auprès de deux tiers de femmes et un tiers d’hommes appartenant à quatre directions générales, issues de deux périmètres ministériels – « Bercy » et les « ministères sociaux ». Les profils des personnes enquêtées se caractérisent par une grande variété de positions hiérarchiques, d’âges, de niveaux de diplôme, d’origines sociales ou de configuration familiale.

Graphique 3 - Part des femmes au concours ENA externe et Plytechnique parmi les grands corps (2012)

 

Graphique 3. Part des femmes (en %) admises aux concours de l’ENA externe et de Polytechnique et parmi les principaux grands corps (2012)

De l'intelligence artificielle à la personne électronique

Jean-Pierre Malle (M8)
Séminaire METSEM, 12 octobre 2017
  • Photo Anime Nut, Total recall Police (CC BY-NC-ND 2.0)Photo Anime Nut, Total recall Police (CC BY-NC-ND 2.0)

METSEM #07
Séminaire de méthodologie

De l'I.A. à la personne électronique

Jean-Pierre Malle (M8, data-Intelligence & IA)

Jeudi 12 octobre 2017 - 10h à 12h
Sciences Po, Salle Annick Percheron, 98 rue de l'Université 75007 Paris

Inscription obligatoire en cliquant sur ce lien

L’intelligence artificielle peuple petit à petit tout notre quotidien. Elle se nourrit déjà depuis longtemps des traces numériques que nous laissons derrière nous et qu’elle analyse pour nous assister et nous conseiller.
Au fil des années son champ d’investigation s’élargit et ses performances grandissent. Aujourd’hui ses ambitions sont de nous comprendre et nous ressembler.
La commission européenne travaille sur le concept de «personne électronique» qui viendrait s’ajouter aux personnes physiques et aux personnes morales en termes de droits et devoirs. Demain, ces personnes électroniques vont conduire nos véhicules, nous aider à prendre des décisions. Elles auront des responsabilités, il faudra les assurer comme on assure un animal.
La phase de transition dans laquelle nous nous trouvons voit éclore de nombreuses solutions techniques et technologies innovantes. Cette conférence permet de prendre des repères pour évaluer leur pertinence et leur pérennité.

Passer d’une logique «décisionnelle» à une logique «d’intelligence artificielle» a nécessité de changer notre façon de traiter l’information. Passer d’une logique «d’intelligence artificielle» à une logique de «personne électronique» nécessite de changer notre façon de nous représenter le monde. En effet, chaque individu dispose de son propre référentiel cognitif, culturel, comportemental. Nous comprendre, converser avec nous, nous orienter nécessite de modéliser ce référentiel pour chacun d’entre nous. Ainsi se termine la notion de modèle universel applicable à tous, de modèles catégoriels applicables à des segments ou des groupes au profit de modèles individuels, nous faisant de fait entrer dans une ère de technologies constructivistes, telle que l’analyse situationnelle.
Nous nous attarderons sur les principes sur lesquels reposent les solutions actuelles sur le chemin qui nous mène de l’intelligence artificielle à la personne électronique.
Nous chercherons à comprendre comment un algorithme peut interpréter nos attitudes, anticiper
nos comportements, comprendre nos raisonnements et nos biais, savoir ce qui peuple notre champ de conscience, découvrir nos interrogations, nos frustrations, nos émotions. Bref, mieux nous connaître que nous ne nous connaissons nous-même. Nous passerons en revue quelques applications en pointe dans ce domaine.


Les batailles du dimanche

J-Y Boulin et Laurent Lesnard
PUF - Le Lien social
  • Photo Shlmown, Inside the marché provençal (CC BY-SA 2.0)Photo Shlmown, Inside the marché provençal (CC BY-SA 2.0)

Couverture - Les batailles du dimanche (PUF)Les batailles du dimanche :
L'extension du travail dominical et ses conséquences sociales
Jean-Yves Boulin (Irisso) et Laurent Lesnard (OSC)

PUF, collection Le Lien social, septembre 2017
267 p., ISBN 978-2-13-065179-6

L'ouvrage retrace l'histoire d'un jour de congé "pas comme les autres" qui rythme depuis la haute Antiquité égyptienne le calendrier. En 321 l'empereur Constantin consacre un jour de fête pour vénérer le soleil dans la semaine astrologique de 7 jours fraichement adoptée. Dès la fin du IVème siècle mais surtout vers l'an 800, la religion chrétienne impose le dimanche comme un jour de repos dédié au Seigneur alors que 175 jours par an sont consacrés à des fêtes païennes. Dès-lors et jusqu'à nos jours, les autorités, répondent à des pressions politiques, religieuses ou portées par des groupements ouvriers, associatifs et patronaux. Elles ne cessent d'édicter des règlements, parfois contradictoires ou innaplicables pour tenter de réguler les activités dominicales. Une préoccupation morale servira longtemps de fil conducteur : comment éloigner et contrôler les masses paysannes ou ouvrières qui risqueraient de sombrer dans l'alcool et les plaisirs ?

Les auteurs posent à travers le travail dominical une question "sociologique" qui fait encore aujourd'hui débat : on y distingue des différences notables entre les pays, les religions, les périodes historiques, les classes sociales et les activités (ouvrières, commerçantes)... avec des impacts directs sur la sociabilité ou la représentation du travail. Les activités dominicales sont porteuses de symboles (religiosité, légitimité du loisir, statut de la consommation, épanouissement familial). Le débat public s'en trouve très fourni, avec un vaste champ argumentatif, certains tenants d'une interdiction de travailler pouvant très bien changer de camp quelques années plus tard.

Les réglementations ont évolué sans cesse, en phase avec les changements économiques (révolution indutrielle, numérique), les luttes sociales (loi de 1906 et suiv.) ou de nouvelles aspirations, oscillant entre liberté individuelle et contrainte sociale. Nombreux ont été les exemptions et aménagements qu'il a fallu consentir.

Les auteurs utilisent les données de plusieurs enquêtes de l'INSEE sur le travail et les emplois du temps. Ils ont également mené un travail de terrain dans une ville moyenne. 

Ils insistent sur la dimension sociale de ce jour particulier car partagé, permettant de se "resynchroniser" avec les autres. Une sociabilité qui changerait de nature si les rencontres ne pouvaient plus se faire sur un jour commun.

Les auteurs ne manquent pas de souligner qu'à ce jour, les conséquences réelles d'un dimanche travaillé ne sont pas connues ni modélisées, au délà d'opinions par ailleurs très partagées sur le sujet. Toutefois, des données longitudinales disponibles aux USA et aux Pays-Bas montrent des risques de conflits familiaux plus importants avec des horaires de travail atypiques. Le travail du dimanche, capteur de temps libre pour le transformer en temps productif, est aussi porteur d'inégalités : entre ceux qui sont obligés de gagner leur vie par ce biais et ceux qui peuvent gérer leur emploi du temps...