Priorité à l’éducation musicale ?

Philippe Coulangeon
The Conversation, septembre 2018
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Pour la deuxième année consécutive, en 2018, les ministres de l’Éducation nationale et de la Culture se sont associés pour une rentrée en musique dans les écoles, collèges et lycées. Comme l’année précédente, il s’agissait d’accueillir les élèves « par des chants ou des concerts afin de commencer l’année sous le signe de la joie et de la sérénité », selon les mots du communiqué de presse officiel.

Portée par la conviction que « le développement de la pratique collective de la musique est essentiel pour bâtir l’école de la confiance », cette rentrée en musique s’inscrit dans le cadre d’une action plus vaste en faveur de l’éducation artistique et culturelle. Les deux ministères y font la part belle à la pratique musicale, à travers notamment la mise en place du « plan chorale » dans l’ensemble des établissements du primaire au bac, suivi par la création, en cette rentrée 2018, d’un enseignement facultatif de chant dans les collèges.

Des vertus éducatives discutées

La priorité donnée à la musique et au chant doit sans doute en partie aux vertus éducatives qui lui sont souvent prêtées. La pratique musicale est ainsi réputée favoriser les capacités de concentration, de mémorisation et de synchronisation. Elle est aussi présumée encourager la productivité et la créativité, réduire le stress, et développer l’empathie. Prenant appui sur des recherches récentes dans le domaine des neurosciences, notamment les travaux d’Isabelle Peretz, l’idée selon laquelle la pratique musicale, en plus d’adoucir les mœurs, rendrait intelligent, sociable et efficace est pourtant assez largement controversée.

S’agissant en particulier des effets sur les capacités cognitives et les apprentissages scolaires, les études existantes livrent des résultats contradictoires. Certaines suggèrent un effet robuste de la pratique musicale sur les résultats scolaires, particulièrement prononcé pour les élèves de milieu défavorisé. D’autres soulignent au contraire l’absence d’effet significatif, le lien entre la pratique musicale et les performances cognitives relevant en grande partie d’un biais de sélection.

Il est en effet possible que les enfants et les adolescents qui pratiquent la musique diffèrent des autres sous le rapport de caractéristiques pour partie inobservables (génétiques, notamment) qui jouent simultanément sur les performances cognitives et les résultats scolaires d’une part, et sur l’engagement dans la pratique musicale, d’autre part.

L’impact d’une pratique périscolaire

D’ailleurs, l’effet de la pratique musicale sur les trajectoires et les résultats scolaires, s’il existe, est sans doute partiellement d’une autre nature. Il faut garder à l’esprit que cette pratique s’effectue aujourd’hui principalement, en France, en marge du temps scolaire. Menée à partir des données du panel d’élèves français entrés en classe de 6e à la rentrée 2007 (et suivis par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du Ministère de l’Éducation nationale), une recherche récente fait ressortir l’impact positif sur les résultats des collégiens en français et en mathématiques d’un certain nombre de pratiques extrascolaires.

C’est le cas de la musique, mais pas seulement – la pratique sportive produit quasiment les mêmes effets. Ces pratiques ont en commun de prolonger au-delà du temps scolaire un encadrement des usages du temps dont on peut penser qu’il est en soi bénéfique aux élèves. Si elle suggère un impact sur les résultats scolaires, l’étude ne montre en effet pas d’impact significatif sur les compétences cognitives stricto sensu, telles qu’elles sont mesurées par la DEPP chez les élèves du panel.

On peut ainsi penser que c’est aussi parce qu’elle requiert, en les exacerbant, les dispositions sollicitées par nombre d’apprentissages scolaires – engageant un rapport au temps fait de répétition, de patience, de satisfaction différée, de discipline – que la pratique musicale va de pair avec de meilleurs résultats. Et dans la mesure où ces pratiques sont très diversement présentes selon le milieu social des élèves – avec une forte prédominance dans les environnements favorisés –, elles tendent à renforcer les inégalités de réussite scolaire.

C’est en tout cas la thèse formulée il y a une quinzaine d’années par la sociologue américaine Annette Lareau, qui caractérisait notamment le style éducatif des familles des classes supérieures par l’importance accordée à ce type de pratiques. À cet égard, ce n’est sans doute pas tant l’effet bénéfique de cet encadrement des usages du temps libre dans les milieux favorisés qu’il convient de souligner, que le préjudice subi par les enfants de milieu populaire beaucoup plus largement livrés à eux-mêmes hors de l’école. L’impact très inégal des vacances, et en particulier des grandes vacances d’été – dont profitent peu les enfants de milieux défavorisés – procède vraisemblablement des mêmes causes.

Des signaux contradictoires

Sur ces questions, l’école française se singularise par le rôle très limité de l’Éducation nationale dans l’encadrement du temps périscolaire, très largement confié à la responsabilité des familles, des collectivités locales et du secteur associatif. Si la rentrée en musique ou le plan chorale signale une volonté plus globale de réinvestir des activités qui, parce qu’elles s’exercent aujourd’hui principalement à la périphérie de l’École, ont un effet très inégalitaire, elles peuvent alors contribuer, aussi modestement que ce soit, à réduire les écarts de trajectoires et de performances entre élèves.

Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement actuel, qui a entériné il y a quelques mois le retour à la semaine des quatre jours dans 80 % des écoles, livre en la matière des signaux contradictoires. L’éducation artistique et culturelle pourrait être un levier tout à fait pertinent de reconquête des temps périscolaires, mais on voit mal comment elle pourrait exercer de tels effets dans le cadre d’un temps scolaire réduit – la France se singularisant déjà par un volume horaire scolaire global parmi les plus faibles d’Europe.

Quoi qu’il en soit, au vu des incertitudes qui entourent les effets des activités extrascolaires en général et des activités musicales en particulier sur les performances des élèves, il est à craindre que l’impact de ces dispositifs soit dans l’immédiat jugé décevant, si l’on se contente de les évaluer à cette aune. Mais il est aussi permis d’interroger le bien-fondé de cette tendance à indexer la légitimité de l’action publique dans le domaine culturel sur ses effets « extrinsèques » : lutte contre le décrochage scolaire, la fracture sociale, la ghettoïsation des quartiers populaires, etc.

À cette tendance, qui se manifeste aussi dans la conception des politiques d’attractivité économique et touristique des territoires, on peut tout aussi bien opposer les vertus intrinsèques des arts à l’École en général, et de la musique en particulier. Considérer en d’autres termes que les pratiques chorales et musicales à l’École puissent être à elles-mêmes leur propre fin.

The Conversation

Philippe Coulangeon est sociologue, directeur de recherche CNRS à l'OSC.
La version originale de cet article a été publiée le 11 septembre 2018 sur The Conversation.

The political economy of family policy expansion

Fostering neoliberal capitalism or promoting gender equality supporting social reproduction?
Séminaire scientifique OSC, Emanuele Ferragina, 14 septembre 2018
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Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Annick Percheron

vendredi 14 septembre 2018 de 11h30 à 13h

Emanuele Ferragina (OSC - LIEPP)


The political economy of family policy expansion
Fostering neoliberal capitalism or promoting gender equality
supporting social reproduction?

 

Emanuele Ferragina (OSC)In contrast with the overall trajectory of the welfare state in high-income countries, family policy is expanding rather than retrenching. This expansion constitutes a ‘contingent convergence’ toward higher spending for childcare services and a more egalitarian share of leave among parents. We interpret this evolution in accordance with welfare state and political economy developments as part of two opposite movements. On the one hand, family policy expansion works coherently with welfare state retrenchment to help boost maternal employment in low-service sector jobs. On the other, it reduces mothers’ care-work burden, smoothing the shift from the male breadwinner to the adult worker model. The first movement characterises family policy expansion as another tool to foster neoliberal capitalism and the advent of the Schumpeterian Workfare State, while the second supports working parents in meeting increasing childcare costs, progressively extending the so-called LEGO logic outside Scandinavia. An empirical analysis of the interplay between these two movements – based on the simultaneous expansion of childcare spending and the retrenchment of minimum income guarantees for couples with two children – reveals that the first movement prevails over the second in a large majority of high-income countries.

Register is mandatory for external audience (bernard.corminboeuf@sciencespo.fr).

Sociologie de l'école (5e éd)

Marie Duru-Bellat, Géraldine Farges et Agnès van Zanten
Armand Colin, collection U, août 2018
  • Sociologie de l'école (5e éd.), Armand Colin, 2018Sociologie de l'école (5e éd.), Armand Colin, 2018

Sociologie de l'école (5e édition)

Marie Duru-Bellat, Géraldine Farges, Agnès van Zanten

Armand Colin, collection U, 336 p., août 2018 (isbn 9782200621636)

Cet ouvrage de référence est régulièrement remanié et enrichi depuis sa première édition en 1992. Il constitue un panorama complet des problématiques du système éducatif français, d'un point de vue socio-historique.

Le premier chapitre situe la place de l'école dans la société. Quelles politiques scolaires et quels enjeux de la scolarité pour les élèves français (ascension dans échelle sociale, emploi) ? Un focus est mis sur les inégalités de carrière dans le système scolaire (milieu social et réussite, déterminismes sociaux, valeurs des bacs...).

Dans le second chapitre, les auteures installent l'école dans un contexte (local, national - villes et campagnes - traditions, modernité - ségrégations - valeur de l'établissement) et abordent les questions de pratiques pédagogiques, des programmes et des normes d'excellence.

Le chapitre suivant traite du rôle des 3 principaux acteurs du champs : le métier d'enseignant, les pratiques éducatives dans les familles et l'expérience des élèves (rapport aux études, intégration).

L'évolution des analyses théoriques de l'école sont ensuite présentées, dans une perspective plus "sciences de l'éducation", sous 2 aspects principaux : l'école reproductrice de valeurs et rapports sociaux et un l'école comme espace stratégique d'acteurs.

Une très riche bibliographie clôt chaque chapitre.

Cet ouvrage se présente comme une ressource pour l'action pédagogique et politique. Par sa prise de recul il a vocation a intéresser tous les professionnels et les usagers du système éducatif.

Saisir les conséquences d’une politique à partir de ses ressortissants

La réception de l’action publique
Anne Revillard - RFSP 2018/3
  • Numéro 2018/3Numéro 2018/3

Saisir les conséquences d’une politique à partir de ses ressortissants :
La réception de l’action publique

Anne Revillard (OSC-LIEPP)

Revue Française de Science Politique
Volume 68, Numéro 2018/3, 2018
p. 469-491

Anne Revillard (OSC)À la différence d’autres séquences telles que la mise sur agenda ou la mise en œuvre, la science politique s’est relativement moins intéressée au moment dans lequel les politiques publiques produisent des conséquences chez leurs ressortissants individuels. Les processus en jeu mêlent effets directs de l’action publique et appropriations par les individus, et ils ont des dimensions aussi bien objectives que subjectives. Nous proposons d’en rendre compte à partir de l’idée de réception de l’action publique. Cet article précise les implications théoriques et méthodologiques de cette approche. Il identifie deux modalités complémentaires d’étude de ces processus de réception, qui diffèrent par leur échelle d’analyse : celle de l’instrument et celle du secteur d’action publique.

Consultez l'article en ligne sur CAIRN.

L'Observatoire sociologique du changement : 1988-2018

Retour sur les journées anniversaire, 14-15 juin 2018
  • Marta Dominguez-Folgueras. Division du travail crise économique : impacts genrésMarta Dominguez-Folgueras. Division du travail crise économique : impacts genrés

Les 2 journées se sont tenues à Sciences Po, amphithéâtre Claude Erignac. Les chercheurs de l'OSC avait carte blanche pour présenter un aspect de leurs travaux, à la lumière des évolutions sociétales et méthodologiques de ces dernières années. Une occasion, notamment pour les étudiants, de voir des sociologues au travail appréhender le changement social autour de la multiplicité des thèmes, terrains et méthodes étudiés à l'OSC.  

Accueil journées 14-15 juin 2018 (OSC)

Passé, présent et avenir de l’OSC 
Marco OBERTI, Professeur des universités, Directeur de l’OSC
Les premières années de l'OSC, autour de la figure tutélaire de Henri Mendras ; l'internationalisation croissante des thèmes de recherche, des échanges et des recrutements ; le relais de la FNSP dans le soutien aux structures de recherche de Sciences Po ; évolution des grandes thématiques des thèses : ségrégation urbaine, éducation, familles, mobilité sociale, styles de vie, dimension ethnoraciale...

Evolution des effectifs du laboratoire (OSC)Répartition des thèses par période (OSC)

Evolution des thèmes de recherche des doctorants (OSC)

 Langue de publication des articles scientifiques (OSC)

La notion de changement dans le travail empirique et théorique : l’exemple de la sociologie du genre
Irène THÉRY, Directrice d’études, EHESS, Centre Norbert Elias
Depuis les années 80, Irène Théry travaille sur l'évolution du droit de la famille, les normes en matière sexuelle et la parenté. La différence des sexes, moteur des transformations familiales a toujours été au coeur de ses travaux.
   
Session I : Face aux inégalités scolaires

  • Le sociologue comme agent du changement social : élaborer et évaluer des dispositifs pour réduire les inégalités scolaires
    Carlo BARONE, Professeur des universités, Sciences Po OSC
    Lire le compte-rendu du Café pédagogique rédigé par François Jarraud
    Présentation du projet sur le site du LIEPP
    Mise en place d'une expérimentation dans les écoles maternelles pour favoriser la lecture parentale. Des résultats probants !
  • Comprendre les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur : le rôle des dispositifs institutionnels et marchands
    Agnès VAN ZANTEN, Directrice de recherche CNRS, Sciences Po OSC
    Mise en place de plusieurs enquêtes pour mettre en évidence les différences de moyens et de stratégies en matière d'orientation, entre les établissements favorisés et les autres.
    Lire le compte-rendu du Café pédagogique rédigé par François Jarraud
  • Économie et sociologie de l’éducation : convergence ou repli disciplinaire ?
    Denis FOUGÈRE, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po OSC
    Un regard sur l'évolution des rapports entre sociologues et économistes dans le domaine de l'éducation, où approches empiriques et méthodes d'inférence causale dominent. Peu d'intersciplinarité au final, même si thèmes, données et méthodes sont communs.

Session II : Dynamiques ségrégatives, inégalités et discriminations
 Modératrice Sukriti ISSAR, Assistant Professor, Sciences Po OSC   

  • La grande séparation : Le déclin des interactions au travail entre haut et bas de la hiérarchie salariale et ses conséquences
    Olivier GODECHOT, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po OSC
    Des inégalités croissantes au travail : focus sur les 1% des individus les mieux payés dans 6 pays. Une polarisation qui rejoint le phénomène de ségrégation résidentielle.
  • Mutations sociales et spatiales intenses de la métropole parisienne, évolutions lentes de la ségrégation
    Edmond PRÉTECEILLE, Directeur de recherche CNRS émérite, Sciences Po OSC
    Analyse de la ségrégation socioéconomique et ethnoraciale dans la métropole parisienne. Stabilité mais bipolarisation autour de situations extrêmes.
  • Étudier les inégalités ethnoraciales dans la sociologie française : quelles catégories pour quels usages ?
    Mirna SAFI, Directrice de recherche, Sciences Po OSC
    Comment les chercheurs ont catégorisé les populations pour étudier les inégalités sociales ethnoraciales.

Session III : Analyser le changement social
Modérateur Alain CHENU, Professeur des universités émérite, Sciences Po OSC   

  • Un problème d’astronome et de lunette : du ‘’Constant Flux’’ à la mise en évidence d’une variation de la fluidité sociale en France et son explication
    Louis-André VALLET, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po OSC
    Retour sur les méthodes utilisées pour mesurer et qualifier les phénomènes de mobilité et de fluidité sociale intergénérationnelle sur de longues périodes.
    Suggestion de lecture (Revue de l'OFCE, 2017)
  • Le savant, le populaire et l’éclectique. Pratiques culturelles, changement social et inégalités
    Philippe COULANGEON, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po OSC
    Sociologie des goûts et des pratiques culturelles dans un environnement en constante évolution (technologique, économique...). Au-delà de l'opposition culture savante vs culture populaire, la mesure du degrés d'ouverture à des répertoires diversifiés devient discriminante.
  • Les médiations politiques du changement social : la réception de l’action publique
    Anne REVILLARD, Associate Professor, Sciences Po OSC
    Prendre en compte la manière dont les citoyens collaborent ou s'approprient les mesures politiques et réglementaires.

Session IV : L'analyse croisée des rapports sociaux : classe, genre, race dans les thèses préparées à l'OSC
Marie Bergström, Margot Delon, Héloïse Fradkine, Ugo Palheta (anciens doctorants)
Modératrices Claire COSQUER et Solène BRUN (Doctorantes OSC)
Dans le rétroviseur, 15 années de recherches doctorales abordant les rapports sociaux de genre, de race ou de classe sociale : rencontres en ligne, viol et rapports de genre, pratique de la chasse à courre, enseignement professionnel.
   
Session V : Quelques dimensions du changement social
 Modérateur Laurent LESNARD, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po OSC

  • Évolution des formes de famille et rapports de genre : regards comparés France - Espagne
    Marta DOMINGUEZ-FOLGUERAS, Associate Professor, Sciences Po OSC
    Étudier les évolutions du modèle familial en Espagne et notamment le partage des tâches domestiques, dans un contexte de crise économique, de basse fécondité et de place plus importante des femmes sur le marché du travail et la sphère politique.
  • Convergence et divergence dans les sociétés européennes - Une approche multidimensionnelle
    Ettore RECCHI, Professeur des universités, Sciences Po OSC
    Etudier, à travers plusieurs dimensions, la trajectoire des sociétés des pays membres de l'Union Européenne.

 Nations et intégration européenne - Ettore Recchi

  • Deux questions restées aux marges de nos préoccupations : écologie et génétique
    Hugues LAGRANGE, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po OSC
    A partir d'analyses de cas, réflexion sur les influences génétiques et environnementales à prendre en compte dans l'analyse des phénomènes sociaux.

30 ans - Ecologie et génétique - Hugues Lagrange (OSC)

30 ans de l'OSC - Directions et chercheurs