Étudiants singuliers, hommes pluriels

Orientations et socialisations masculines dans des formations 'féminines' de l’enseignement supérieur
Alice Olivier, Soutenance de thèse, 30 novembre 2018
  • Image Tyler Olson (via Shutterstock) - Portrait of confident male nurse...Image Tyler Olson (via Shutterstock) - Portrait of confident male nurse...

Soutenance de thèse
Vendredi 30 novembre 2018 à 14h
Salle Annick Percheron, 98 rue de l'Université, Paris 7e

Composition du jury :  Marie Bergström (INED), Sébastien Chauvin (Univ. Lausanne), Muriel Darmon (CSE-EHESS), Clotilde Lemarchant (Univ. Caen et CMH), Sophie Orange (CENS), Agnès van Zanten (OSC, Directrice de recherche)

Étudiants singuliers, hommes pluriels. Orientations et socialisations masculines dans des formations « féminines » de l’enseignement supérieur

Comment expliquer les parcours atypiques ? Prenant pour objet les hommes qui s’orientent vers des formations dites « féminines » de l’enseignement supérieur, cette thèse s’intéresse à la production de l’atypisme et aux socialisations sexuées. Elle fait ainsi dialoguer la sociologie de l’éducation, de la socialisation et du genre. Elle repose sur une double étude de cas des formations de sage-femme et d’assistant·e de service social, dans lesquelles une enquête multi-méthodes alliant entretiens, observations et analyses statistiques a été menée.
Alors que la littérature sur les trajectoires atypiques des femmes insiste sur le rôle des dispositions, cette étude de dominants en situation de minorité numérique montre l’importance des contextes. Nombre d’hommes « atypiques » ne sont pas les plus disposés à opter pour une formation « féminine » : ce sont avant tout des logiques institutionnelles, relationnelles et économiques qui encouragent ce choix, même si les schèmes d’action individuels – en termes de classe et de genre notamment – opèrent également de façon déterminante. Une analyse typologique articulant ces variables contextuelles et dispositionnelles révèle plus précisément quatre logiques à l’origine de ces orientations atypiques : la souplesse, l’ouverture, le pragmatisme et la stratégie.
Une fois en formation, les rares hommes font l’objet de processus de singularisation, mais sont aussi enjoints au respect d’une forte norme d’égalité des sexes. Selon les situations, on attend d’eux d’alterner entre différentes pratiques genrées, c’est-à-dire de jongler avec le « féminin » et le « masculin ». La maîtrise de cette souplesse de genre procure de nombreux bénéfices mais dont tous les hommes ne savent pas, ou ne peuvent pas, tirer profit. La thèse met à ce titre en évidence les fonctionnements de l’ordre du genre : elle éclaire la hiérarchie entre les sexes, mais aussi celle qui ordonne les hommes entre eux dans un contexte de valorisation de la mixité et de l’égalité.

Soutenance publique sur invitation préalable pour les extérieurs à Sciences Po.

Migration DOM-métropole des années 1960 à nos jours

itinéraires d’une minorité française
Marine Haddad - Soutenance de thèse, lundi 3 décembre 2018
  • Image Hugo. "Doubout!" Paris, 2009 (CC BY-NC-ND)Image Hugo. "Doubout!" Paris, 2009 (CC BY-NC-ND)

Soutenance de thèse
Lundi 3 décembre 2018 à 14h
3ème étage de l'IEP (salle de réunion), 199 bd St-Germain, Paris 7e

Composition du jury :  Cris Beauchemin, Audrey Celestine, Stéphanie Condon, Wendy Roth, Mirna Safi (Directrice de recherche), Franck Temporal, Agnès Van Zanten

Migration DOM-métropole des années 1960 à nos jours : itinéraires d’une minorité française

À partir de sources quantitatives et qualitatives, cette thèse dresse un panorama des positions occupées par les migrants des DOM en France métropolitaine, au fil de leurs trajectoires individuelles et collectives depuis les années 1960. Elle caractérise les mécanismes à l’œuvre derrière la migration des ultramarins, leurs positions socioéconomiques en métropole, et la production de frontières ethno-raciales façonnées par les perceptions associées à leur parcours, leur citoyenneté et leur couleur de peau. Cette recherche révèle ainsi les rôles imbriqués d’ajustements économiques, de politiques publiques en mutation et de dynamiques familiales dans l’évolution des migrations. Elle met également en valeur les stratégies de résistance des ultramarins face à des processus de hiérarchisation, et montre comment ces stratégies peuvent renforcer, tout autant que subvertir, les frontières en place.

Soutenance publique sur invitation préalable pour les extérieurs à Sciences Po.

Soutien aux candidat.e.s chercheur.e.s au concours 2019 du CNRS

Sociologie - Sections 36 et 40
  • Photo Nicole Tiget, Photothèque CNRSPhoto Nicole Tiget, Photothèque CNRS

Les candidat.e.s au concours chercheur.e.s du CNRS 2019 dans les sections 36 (Sociologie et sciences du droit) et 40 (Politique, pouvoir, organisation) qui souhaitent solliciter l’appui de l’OSC, unité mixte de recherche Sciences Po et CNRS (UMR 7049), sont invité.e.s à prendre contact avant le 30 novembre 2018 avec la secrétaire générale Marie Ferrazzini (marie.ferrazzini@sciencespo.fr. Merci de mettre en copie marco.oberti(at)sciencespo.fr et mirna.safi(at)sciencespo.fr). Il est demandé de fournir un CV ainsi qu’un projet ou un avant-projet de recherche.
 
Les candidat.e.s soutenu.e.s par l’OSC et pré-sélectionné.e.s par le CNRS seront accompagné.e.s dans leur préparation (finalisation du projet, auditions blanches).
 
L’Observatoire sociologique du changement
Fondé en 1988 par Henri Mendras, l’OSC étudie les dynamiques d’ensemble des sociétés contemporaines dans une perspective comparée. Il est fortement inséré dans les réseaux internationaux.
Les travaux sont ancrés dans une sociologie empirique. Ils reposent sur une sociologie d’enquête mêlant méthodes quantitatives et qualitatives, approches micro et macro-sociologiques à différentes échelles. Ils sont centrés sur l’étude des inégalités et des structures et pratiques sociales qui s’y rattachent. Les dimensions classiques de l’analyse des inégalités sont prises en compte - position et origine sociales, niveau d’éducation - mais aussi celles liées au genre, à l’âge, aux caractéristiques ethno-raciales, au lieu de résidence ou au handicap. Cette analyse des inégalités se combine à celle des discriminations. Une attention particulière est accordée aux contextes politico-institutionnels, (État-providence, politiques publiques) et à la comparaison internationale. Les membres de l’OSC sont fortement impliqués dans l’enseignement de la sociologie à Sciences Po (Collège universitaire, Master, École doctorale). L’OSC accueille et forme environ 25 doctorant.e.s.

Axes de recherche :

  • Villes et inégalités urbaines
  • Modes de vie : culture et normes, rythmes sociaux, environnement
  • Politiques et dynamiques éducatives
  • Mobilités et migrations
  • Marché du travail et dynamiques familiales

Toutes les activités de l’OSC sont décrites sur notre site Internet et sur le fil Twitter (@OSC_ScPo).

Dates clés du concours :

- 4 décembre au 8 janvier, affichage des postes et inscription en ligne
- de février à juillet : sélection des candidats sur dossier puis audition
- 1er octobre : nomination et prise de fonction.

L’étude de la ségrégation - 40 ans de politique de la ville

Entretien avec Marco Oberti
Revue Diversité, n° 193
  • Image Canopé et Kirill Neiezhmakov (via Shutterstock)Image Canopé et Kirill Neiezhmakov (via Shutterstock)

La revue Diversité, éditée par le Réseau de création et d'accompagnement pédagogiques CANOPÉ propose dans son numéro 193 (daté septembre 2018) un regard sur les 40 années de politique de la ville. Une politique qui vise à réduire les écarts structurels entre certaines zones reconnues en difficulté et le reste du territoire.

Dans ce cadre, Marco Oberti, sociologue, professeur à Sciences Po et directeur de l'OSC revient sur ses travaux portant sur les inégalités urbaines et scolaires. C'est par la mesure de la ségrégation qu'il étudie l'ampleur et l'évolution des inégalités territoriales ; travaux menés avec Edmond Préteceille notamment.  Il rappelle dans cet entretien la nécessité d'étudier toutes les formes de ségrégation, impliquant toutes les classes sociales. Les chercheurs se donnent ainsi les moyens d'étudier dans le temps la stratification sociale et tous les processus d'éloignement, de distanciation qui se mettent en place, y compris de la part des classes supérieures. 

Ce que révèlent les études menées dans ce domaine est la nécessité d'appréhender ces phénomènes à toutes les échelles, voire au plus près des quartiers et des établissements scolaires. Des statistiques "moyennes" peuvent en effet masquer des effets relatifs et contradictoires avec les tendances générales. Globalement, la ségrégation n'a pas augmenté de manière significative dans la métropole parisienne, mais... le contraire est aussi vrai pour certains quartiers...  En matière d'éducation, être scolarisé dans un collège populaire du 93 divise par 1.4 voire 1.8 les chances d'obtenir une mention au Brevet. Mais être scolarisé dans des collèges populaires stigmatisés des Hauts-de-Seine - département favorisé - est très pénalisant et réduit fortement les probabilités d'obtenir une mention.  

L'entretien complet est à découvrir, en suivant ce lien.

Dans ce numéro, à lire, l'article de Clément Rivière et Nicolas Oppenchaim « Enfants et quartiers prioritaires, quelle socialisation résidentielle ? ».

Motherhood Penalty, Immigration, and Ethnicity. The Case of France

Noa Achouche Sulzer
Séminaire scientifique de l'OSC, 9 novembre 2018
  • Image one line man (via Shutterstock)Image one line man (via Shutterstock)

 Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Georges Lavau

vendredi 9 novembre 2018 de 11h30 à 13h

Noa Achouche Sulzer (Tel Aviv University)


Motherhood Penalty, Immigration, and Ethnicity. The Case of France

Comparing the relative Motherhood penalty of Immigrants from Europe, Maghreb and Sub-Sahara with French native women.

Noa Achouche SulzerTo date, very few researches, have studied the motherhood penalty specifically related to immigration. My research main goals is to test whether there is an interactional effect between immigration status and motherhood status on the labor market integration of immigrant women across different origin countries. Using data from  the Enquête revenus fiscaux et sociaux from 2009 to 2012, (INSEE, 2009-2012), the present study examines the relationship between immigrant status (immigrants vs. natives) and motherhood status (mothers vs. women without children) among different ethnic immigrant groups in France. Specifically, this study focuses on how immigrant status affects the employment and occupational status and income of immigrant mothers and immigrant women without children from four ethno-cultural group compared to French native women: Immigrants from Sub-Saharan Africa (former French colonies and protectorates); immigrants from Maghreb (Algeria, Tunisia and Morocco); and immigrants from European countries (each and every one  in comparison with native French women).
In this Seminar, I will present to you my work in progress and what I have found so far regarding the employment probability and the income of women in the French labor market and how the origin country interacts with motherhood status to create disproportinal disadvantage amongst the immigrant population.

Noa Achouche Sulzer, PhD student, Department of Labor Studies, Faculty of Social science, Tel Aviv University. Visiting during autumn 2018 in the OSC.

Register is mandatory for external audience (bernard.corminboeuf@sciencespo.fr).