Modes de vie, soutenabilité et transitions écologiques

Atelier interdisciplinaire de recherches sur l’environnement
Lundi 8 octobre 2018, 12h30-14h30
  • Image SuperDD, More than you really need, via Flickr (BY-NC-ND) Image SuperDD, More than you really need, via Flickr (BY-NC-ND)

Atelier interdisciplinaire de recherches sur l’environnement (AIRE)

Lundi 8 octobre 2018 de 12h30 à 14h30
Salle du Conseil, 13 rue de l'Université, 75007 Paris

  • Sophie Dubuisson-Quellier, directrice de recherche CNRS au Centre de sociologie des organisations de Sciences Po, interviendra sur « La consommation engagée et la transition. Vers une économie morale de la consommnation ».
  • Philippe Coulangeon, directeur de recherche CNRS à l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po et Maël Ginsburger, doctorant à l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po et à l’ENS, présenteront les premiers résultats de l’enquête « Styles de vie et environnement ».

Sur inscription prélable.

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Disability Equality in Europe?

Mark Priestley
Séminaire scientifique de l'OSC, 12 octobre 2018
  • Image Alex Cowan, "Protest Sign" via Flickr (CC BY-NC)Image Alex Cowan, "Protest Sign" via Flickr (CC BY-NC)

Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Georges Lavau

vendredi 12 octobre 2018 de 11h à 12h30

Mark Priestley (University of Leeds)

Disability Equality in Europe?

The presentation explores disability as a dimension of equality, using a model based on rights recognition, access, solidarity and participation. This is illustrated with policy examples and evidence from a ten-year research programme in the EU.

Mark Priestley (University of Leeds)
Mark Priestley

Professor of Disability Policy
University of Leeds
Scientific director of the European Commission’s Academic Network of European Disability experts (ANED)

 

 

Register is mandatory for external audience (bernard.corminboeuf@sciencespo.fr).

Actualités des recherches sur l'adolescence

Journée doctorale AFS RT 15
22 novembre 2018
  • Image Rawpixel.comImage Rawpixel.com

Logo AFS
L'association française de sociologie - RT 15 "Sociologie de la jeunesse" organise, avec le soutien de l'INJEP et de l'OSC une journée doctorale le jeudi 22 novembre 2018.

Actualité des recherches sur l'adolescence

  Salle Percheron, 98 rue de l'Université, 75007 Paris
Le programme détaillé est à consulter sur le carnet du RT 15. Inscription obligatoire.

9h15 - Présentation du Réseau Thématique 15 de l’AFS

9h30 - Apports des recherches sur l’adolescence en sciences sociales, Agnès Van Zanten (Sciences Po, OSC)

10h - La catégorie « adolescence » et son appropriation par les adolescent·e·s
Discutante : Patricia Loncle (EHESP - ARENES)

– Vincent  Hugoo :  « Un  dérapage  contrôlé  :  les  usages  de  l’adolescence par  des  lycéens de classes supérieures »
– Louisa Laidi : « Une ethnographie du microcosme juvénile : une ado parmi les ados »

11h20 - L’école comme espace de définition de l’adolescence
Discutant : Yves Raibaud (Univ Bordeaux, PASSAGES)

– Lila Le  Trividic Harrache : « Les  frontières  intérieures.  Les  acteurs  scolaires  et  la prise en compte des situations personnelles des adolescent·e·s “à problème” au lycée »
– Nolwenn  Rigollet : « Entrer dans l’école pour voir leur Monde : les représentations de l’espace  mondial  chez  les  lycéens.  Interrogations  méthodologiques,  déontologiques  et éthiques »

13h45 - Pratiques des filles à l’adolescence. Panique morale et sexualité
Discutante : Marie Bergström (INED)

– Katia  Baudry :  « Le  michetonnage.  Une  analyse  sociologique  des  conduites  pré-prostitutionnelles de filles, des quartiers populaires, à l’adolescence »
– Béatrice Guillier : « Qui a peur des adolescentes en ligne ? Discours public et panique morale autour des usages d’Internet chez les jeunes filles »

15h - Classes sociales et socialisation entre pairs à l’adolescence
Discutante : Elsa Ramos (Université Paris Descartes - CERLIS)

– Cyriac  Gousset : « Des  garages  aux  appartements.  Les  soirées  comme  analyseur  du cadre socialisateur d'un groupe de pairs masculins des classes moyennes - supérieures du périurbain (16 - 24 ans) »
– Mickael  Chelal :  « Les  dimensions  spatiales  de  la  socialisation  des “jeunes  filles  et garçons de cité” »

16h15 - Publier sur la jeunesse, rencontre avec des revues de sciences sociales

Banks’ Shifts in Corporate Political Activity during the U.S. Financial Crisis

Olivia Nicol
Séminaire scientifique de l'OSC, 5 octobre 2018
  • Photo smallquan, The CMB in Williamsburg, Brooklyn  (CC BY-NC-ND)Photo smallquan, The CMB in Williamsburg, Brooklyn (CC BY-NC-ND)

Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Annick Percheron

vendredi 5 octobre 2018 de 10h30 à 12h

Olivia Nicol (SUTD Singapore)

Banks’ Shifts in Corporate Political Activity during the U.S. Financial Crisis

In this communication I analyze how corporations select and adapt their political activities when they face major crises. I track the news interventions, lobbying expenses, and campaign contributions that four major banks (J. P. Morgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup) deployed during the recent U.S. financial crisis. I show that banks dramatically increased their news interventions compared to the pre-crisis period and compared to the other two tactics of political influence. Thus, banks opted for an overt and indirect strategy as they faced constraints on their ability to participate in political activity. However, their news interventions were not meant to express the banks’ positions on regulation but rather to change the image of banks and their economic and social purpose. Thus, I develop a theory of impression management strategies as a substitute to traditional political activity in contexts of crisis.

Olivia Nicol (SUTD)Olivia Nicol is an Assistant Professor of Sociology at the Singapore University of Technology and Design. Her work concentrates on the attribution of responsibility in long and complex causal chains. She focuses on the recent financial crisis in the United States (2007 – 2010). She is not interested in knowing who was responsible for the crisis, but how responsibility was constructed through a blame game. She examines media excerpts drawn from three main newspapers (The New York Times, The Wall Street Journal and USA Today) to analyze the games of accusations and counter-accusations for the crisis.

Register is mandatory for external audience (bernard.corminboeuf@sciencespo.fr).

Priorité à l’éducation musicale ?

Philippe Coulangeon
The Conversation, septembre 2018
  • Image Rudie Strummer (via Shutterstock)Image Rudie Strummer (via Shutterstock)

Pour la deuxième année consécutive, en 2018, les ministres de l’Éducation nationale et de la Culture se sont associés pour une rentrée en musique dans les écoles, collèges et lycées. Comme l’année précédente, il s’agissait d’accueillir les élèves « par des chants ou des concerts afin de commencer l’année sous le signe de la joie et de la sérénité », selon les mots du communiqué de presse officiel.

Portée par la conviction que « le développement de la pratique collective de la musique est essentiel pour bâtir l’école de la confiance », cette rentrée en musique s’inscrit dans le cadre d’une action plus vaste en faveur de l’éducation artistique et culturelle. Les deux ministères y font la part belle à la pratique musicale, à travers notamment la mise en place du « plan chorale » dans l’ensemble des établissements du primaire au bac, suivi par la création, en cette rentrée 2018, d’un enseignement facultatif de chant dans les collèges.

Des vertus éducatives discutées

La priorité donnée à la musique et au chant doit sans doute en partie aux vertus éducatives qui lui sont souvent prêtées. La pratique musicale est ainsi réputée favoriser les capacités de concentration, de mémorisation et de synchronisation. Elle est aussi présumée encourager la productivité et la créativité, réduire le stress, et développer l’empathie. Prenant appui sur des recherches récentes dans le domaine des neurosciences, notamment les travaux d’Isabelle Peretz, l’idée selon laquelle la pratique musicale, en plus d’adoucir les mœurs, rendrait intelligent, sociable et efficace est pourtant assez largement controversée.

S’agissant en particulier des effets sur les capacités cognitives et les apprentissages scolaires, les études existantes livrent des résultats contradictoires. Certaines suggèrent un effet robuste de la pratique musicale sur les résultats scolaires, particulièrement prononcé pour les élèves de milieu défavorisé. D’autres soulignent au contraire l’absence d’effet significatif, le lien entre la pratique musicale et les performances cognitives relevant en grande partie d’un biais de sélection.

Il est en effet possible que les enfants et les adolescents qui pratiquent la musique diffèrent des autres sous le rapport de caractéristiques pour partie inobservables (génétiques, notamment) qui jouent simultanément sur les performances cognitives et les résultats scolaires d’une part, et sur l’engagement dans la pratique musicale, d’autre part.

L’impact d’une pratique périscolaire

D’ailleurs, l’effet de la pratique musicale sur les trajectoires et les résultats scolaires, s’il existe, est sans doute partiellement d’une autre nature. Il faut garder à l’esprit que cette pratique s’effectue aujourd’hui principalement, en France, en marge du temps scolaire. Menée à partir des données du panel d’élèves français entrés en classe de 6e à la rentrée 2007 (et suivis par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du Ministère de l’Éducation nationale), une recherche récente fait ressortir l’impact positif sur les résultats des collégiens en français et en mathématiques d’un certain nombre de pratiques extrascolaires.

C’est le cas de la musique, mais pas seulement – la pratique sportive produit quasiment les mêmes effets. Ces pratiques ont en commun de prolonger au-delà du temps scolaire un encadrement des usages du temps dont on peut penser qu’il est en soi bénéfique aux élèves. Si elle suggère un impact sur les résultats scolaires, l’étude ne montre en effet pas d’impact significatif sur les compétences cognitives stricto sensu, telles qu’elles sont mesurées par la DEPP chez les élèves du panel.

On peut ainsi penser que c’est aussi parce qu’elle requiert, en les exacerbant, les dispositions sollicitées par nombre d’apprentissages scolaires – engageant un rapport au temps fait de répétition, de patience, de satisfaction différée, de discipline – que la pratique musicale va de pair avec de meilleurs résultats. Et dans la mesure où ces pratiques sont très diversement présentes selon le milieu social des élèves – avec une forte prédominance dans les environnements favorisés –, elles tendent à renforcer les inégalités de réussite scolaire.

C’est en tout cas la thèse formulée il y a une quinzaine d’années par la sociologue américaine Annette Lareau, qui caractérisait notamment le style éducatif des familles des classes supérieures par l’importance accordée à ce type de pratiques. À cet égard, ce n’est sans doute pas tant l’effet bénéfique de cet encadrement des usages du temps libre dans les milieux favorisés qu’il convient de souligner, que le préjudice subi par les enfants de milieu populaire beaucoup plus largement livrés à eux-mêmes hors de l’école. L’impact très inégal des vacances, et en particulier des grandes vacances d’été – dont profitent peu les enfants de milieux défavorisés – procède vraisemblablement des mêmes causes.

Des signaux contradictoires

Sur ces questions, l’école française se singularise par le rôle très limité de l’Éducation nationale dans l’encadrement du temps périscolaire, très largement confié à la responsabilité des familles, des collectivités locales et du secteur associatif. Si la rentrée en musique ou le plan chorale signale une volonté plus globale de réinvestir des activités qui, parce qu’elles s’exercent aujourd’hui principalement à la périphérie de l’École, ont un effet très inégalitaire, elles peuvent alors contribuer, aussi modestement que ce soit, à réduire les écarts de trajectoires et de performances entre élèves.

Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement actuel, qui a entériné il y a quelques mois le retour à la semaine des quatre jours dans 80 % des écoles, livre en la matière des signaux contradictoires. L’éducation artistique et culturelle pourrait être un levier tout à fait pertinent de reconquête des temps périscolaires, mais on voit mal comment elle pourrait exercer de tels effets dans le cadre d’un temps scolaire réduit – la France se singularisant déjà par un volume horaire scolaire global parmi les plus faibles d’Europe.

Quoi qu’il en soit, au vu des incertitudes qui entourent les effets des activités extrascolaires en général et des activités musicales en particulier sur les performances des élèves, il est à craindre que l’impact de ces dispositifs soit dans l’immédiat jugé décevant, si l’on se contente de les évaluer à cette aune. Mais il est aussi permis d’interroger le bien-fondé de cette tendance à indexer la légitimité de l’action publique dans le domaine culturel sur ses effets « extrinsèques » : lutte contre le décrochage scolaire, la fracture sociale, la ghettoïsation des quartiers populaires, etc.

À cette tendance, qui se manifeste aussi dans la conception des politiques d’attractivité économique et touristique des territoires, on peut tout aussi bien opposer les vertus intrinsèques des arts à l’École en général, et de la musique en particulier. Considérer en d’autres termes que les pratiques chorales et musicales à l’École puissent être à elles-mêmes leur propre fin.

The Conversation

Philippe Coulangeon est sociologue, directeur de recherche CNRS à l'OSC.
La version originale de cet article a été publiée le 11 septembre 2018 sur The Conversation.