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Mille et une manières d’être Européen

Loïc AzoulaiLoïc Azoulai, professeur de droit public à Sciences Po, est titulaire d’une Chaire d’excellence Sorbonne Paris Cité intitulée “Manières d’être Européen. Régimes juridiques, modes d’appartenance, formes d’existence”.

Cette chaire porte sur les modes de participation à la vie sociale en contexte transnational, en partant des ressources et des limites qu’offre le droit européen. Ainsi, ce dernier ne se contente pas de créer des formes techniques ayant des effets entre des parties, il crée aussi des formes de vie concrètes – à explorer – ayant des effets structurants – à identifier – sur les sociétés européennes. Il s’agit par conséquent d’observer dans quelle mesure l’intégration européenne conduit à des formes d’« appartenance européenne » dissolvant les liens d’identité avec un seul État au profit de liens avec l’espace plus large  que constitue l’espace européen.

La recherche mise en œuvre à cette fin empruntera à différents champs disciplinaires (juridique, politiste, sociologique, économiste, anthropologiques et philosophique) et mobilisera une grande variété d’outils méthodologiques.
Elle comporte trois grands volets.

Le premier volet étudie les formes d’appartenance européenne en partant des liens qui sont privilégiés par le droit européen : le lien marchand ; le lien familial étendu à « l’environnement familial », à « la garde » et « au soin » ; le lien par l’intégration sociale que promeuvent des systèmes de reconnaissance ou de redistribution qui concurrencent l’intégration nationale et territoriale.

Le second volet mobilise la notion de formes d’existence pour mettre ces modes d’intégration à l’épreuve des pratiques ordinaires : il s’agit d’une part de vérifier qu’ils apparaissent dans les trajectoires individuelles et les structures sociales et de se demander s’ils engendrent ou non des phénomènes de désocialisation chez les individus concernés et des phénomènes de déstructuration dans les sociétés des Etats européens.

Le troisième volet enfin utilise les contextes de crise comme révélateurs et porte sur les effets des crises (et notamment les crises économiques, les attaques terroristes et les flux migratoires) sur les catégories juridiques, les modes d’appartenance et les formes d’existence.