Administration Publique : une spécialité historique et très moderne

  • Spécialité Administration publique © Matej Kastelic/ShutterstockSpécialité Administration publique © Matej Kastelic/Shutterstock

Qu’est-ce que la spécialité Administration Publique ?

La spécialité Administration publique est aujourd’hui la plus connue de celles proposées au sein de l'École d’affaires publiques. Sans doute parce qu’elle est la plus ancienne formation de Sciences Po. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle est aussi l’une des plus modernes !  

Chaque année, elle attire un grand nombre d’étudiants issus d’horizons très divers, désireux d’exercer des responsabilités variées dans le secteur public bien sûr mais aussi dans le secteur privé, ou qui sont intéressés par les relations institutionnelles ou encore les métiers du politique, à l’échelon local, national, européen ou international.

Elle leur permet d’acquérir des connaissances fondamentales et pluridisciplinaires en droit public français et européen, en finances publiques, en économie, en questions sociales et dans l’ensemble des affaires publiques, ainsi que des compétences professionnelles indispensables en management, négociation, conduite de projet, innovation publique et design thinking. 

Elle s’adresse aux étudiants qui souhaitent intégrer la haute fonction publique française et européenne par la voie des concours ou la voie contractuelle (une quinzaine de concours est préparée au sein de l’EAP), mais elle offre également une excellente formation à ceux qui souhaitent rejoindre les directions des affaires publiques d’entreprises françaises et internationales, les cabinets de conseil dans le secteur public ou les métiers du politique (communicant politique, assistant parlementaire, conseiller en cabinet ministériel ou en collectivité territoriale), et même la création de start-up : plus de la moitié des étudiants de cette spécialité rejoint le secteur privé !  


ÉCOLE, MASTERS, SPÉCIALITÉS… QUÉSACO ?

Lorsqu’ils rejoignent l’EAP, les étudiants choisissent l’un des deux masters proposés en formation initiale (le Master Politiques publiques et le Master Affaires européennes) et une spécialité parmi les 11 offertes, dont la spécialité Administration publique. Cette spécialité leur donne accès à des cours fondamentaux liés à la filière choisie. La structure et la richesse de l’offre pédagogique proposée au sein de l’EAP permet aux étudiants de personnaliser leur formation tout au long de leur cursus et de l’adapter à leur projet professionnel. Cette personnalisation s’intensifie à mesure qu’ils progressent dans leur formation.

Infogram EAP : personnalisation des masters FR

QU’APPREND-ON DANS LA SPÉCIALITÉ ADMINISTRATION PUBLIQUE ?

Tous les étudiants de la spécialité Administration publique suivent les 5 cours de tronc commun du master qu’ils ont choisi.Le tout illustré par des études de cas pratiques qui leur apportent des connaissances approfondies, comparatives et transverses dans le domaine des affaires publiques en croisant les approches économiques, juridiques, éthiques, historiques, politiques, managériales et numériques. Ils suivent également une étude de cas qui, en les immergeant dans une situation complexe, leur permet de comprendre et évaluer un processus de prise de décision ou de mise en œuvre dans différents secteurs (privé ou public). 

Ils suivent également 5 cours propres à leur spécialité : Droit public, Droit public européen, Finances publiques, Politiques économiques et enfin Questions sociales.

Le laboratoire d’innovations publiques permet aux étudiants de pratiquer des études de cas et des simulations, de travailler sur un défi de politiques publiques au sein de l’incubateur, de concevoir et de mettre en œuvre des projets de politiques publiques innovants. Ils développent ainsi les compétences pratiques dont ils auront besoin demain : travail en groupe, négociation, conduite du changement, management.

Chaque semestre, les étudiants choisissent en outre un cours électif parmi plus d'une centaine d'enseignements proposés par l'Ecole. Les étudiants de la spécialité Administration publique suivent également deux cours de la formation académique commune et des cours de langue. Chaque semestre, comme dans toutes les autres spécialités de l’EAP, les étudiants de la filière Administration publique ont accès aux cours optionnels proposés par l’EAP, enseignements orientés vers la préparation aux concours administratifs. Il s’agit de cours optionnels de Culture générale, de Questions internationales, de Questions européennes et d’Approfondissement aux questions économiques.

Ils consacrent leur 4è et dernier semestre à la réalisation d’un stage de fin d’études, d’un échange universitaire au sein d’une université partenaire d’un projet personnel ou à la rédaction d’un mémoire.

Ils peuvent aussi prendre une année de césure entre leurs deux années de master pour réaliser des stages et des échanges universitaires, effectuer leur 2è année de master en apprentissage, participer à l’incubateur de politiques publiques, participer à de très nombreux événements, ou encore accéder à une vie associative et étudiante foisonnante.

Les cours fondamentaux et électifs ouverts à tous permettent de comprendre les défis contemporains posés à l’administration et à tous les acteurs des affaires publiques – déontologie, transition numérique, politiques inclusives et soutenables, enjeux démocratiques – et d’y apporter des réponses avec d’excellentes compétences professionnelles.  

Et pour la suite ?

Les débouchés de la spécialité Administration publique, à l’image de ses enseignements, sont extrêmement variés. Les diplômés de la promotion 2018 sont 58% à exercer dans le secteur privé, 39% dans le public et 3% en organisations internationales.

Les trajectoires au sein du secteur public

Une part significative des étudiants qui aspirent à intégrer la haute fonction publique française et européenne choisissent de passer les concours administratifs, dont une quinzaine est préparée au sein de la PrépaConcours tel que les concours de l’ENA, de l'INET, du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, du Parlement, de la Banque de France, des juridictions administratives, etc. Une offre de préparation aux concours européens est également proposée au sein de la PrépaConcours.

Certain(e)s diplômé(e)s se tournent vers les métiers du politique : collaborateur parlementaire, conseiller en cabinet ministériel ou en collectivité territoriale, au sein de ministères, au sein du Parlement ou de la Commission européenne.

Les trajectoires au sein du secteur privé 

Une majorité des diplômé(e)s de la promotion 2018 travaille dans le secteur privé, au sein de directions d’affaires publiques d’entreprises françaises et internationales, au sein de grands cabinets de conseil, ou encore dans le milieu associatif ou dans des think tank et des start-up. 

Ressources additionnelles

Quelques chiffres clé des diplômés de la spécialité AP (source Enquête Jeunes Diplômés 2020 sur les étudiants diplômés en 2018) :

  • 88% sont en emploi 6 mois après l’obtention de leur diplôme
  • 58% dans le secteur privé, 39% dans le public et 3% en organisations internationales
  • Quelques métiers : responsable affaires publiques, chargé de relations institutionnelles, consultant, analyste, conseiller parlementaire, communicant politique, chef de projet innovation, project manager, attaché d'études européennes, strategic manager, attaché d'administration, responsable d'opérations internationales, etc. 
  • Enfin quelques employeurs phares : Ministères, Parlement, Commission européenne, cabinets de conseil (EY Consulting, Capgemini, Accenture, Mazars, BCG, KPMG, etc), Directions des affaires publiques des grandes entreprises, etc.

En savoir plus

 

Tags :

Clara Langlois-Gey, promotion 2019

Du Master Politiques publiques spécialité Santé, parcours en apprentissage, au poste de consultante chez GovHe
  • Clara Langlois-Gey © CLGClara Langlois-Gey © CLG

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai passé deux belles années sur le campus universitaire de Poitiers dans le cadre du Bachelor, à découvrir l’histoire, la culture et les méandres politiques de l’Espagne, du Portugal et de l’Amérique Latine tout en découvrant des matières jusqu’ici inconnues : économie, droit, sociologie, etc. Puis je me suis envolée en 3A vers Santiago du Chili, où j’ai eu la chance de pouvoir étudier à la Pontificia Universidad Catolica de Chile (PUC), avant de commencer mon master à Paris à l’Ecole d’Affaires Publiques, sur les politiques publiques dans le monde de la santé. J’ai décidé de faire une césure entre mon M1 et mon M2, pour découvrir sur le terrain le monde de la santé, notamment hospitalier, jusque-là uniquement appréhendé au travers des cours magistraux, électifs, conférences de l’EAP. J’ai fait un premier stage chez GovHe, un cabinet de conseil spécialisé dans le monde de la santé, et un deuxième à la Direction Parcours Patient du Groupe Hospitalier Paris Saint Joseph. Au terme de cette année de stages, j’ai décidé de réaliser mon M2 en alternance, combinant mon envie de poursuivre mes études avec celle de ne pas quitter le monde professionnel. J’ai réalisé mon alternance chez GovHe, et j’y suis restée après l’obtention de mon diplôme.  

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Rétrospectivement, mon projet professionnel a beaucoup évolué au fil de mon cursus à Sciences Po. Initialement, je suis entrée à Sciences Po pour faire du journalisme, mais j’ai bien vite découvert lors de ma première année deux nouvelles matières qui m’ont beaucoup intéressée : le droit et l’économie. J’ai alors réfléchi : pourquoi pas du droit économique ? 

Puis le véritable tournant concernant mon projet professionnel fut ma 3A : à la PUC, comme à Sciences Po, nous avions la possibilité de choisir nos cours parmi un catalogue de matières variées : droit de la santé, diplomatie, sociologie des consommateurs, sciences politique, etc. J’ai réalisé combien était stimulant ce côté éclectique. J’ai donc cherché un master qui me permettait de conserver cette diversité des matières, tout en commençant à me spécialiser. En cela, le Master politiques publiques de l’EAP me semblait vraiment idéal, en continuant de faire de l’économie ou des politiques publiques, tout en commençant à acquérir des connaissances plus spécialisées dans le monde de la santé, monde que je connaissais un peu par le passé et qui me fascinait. 

Les deux années de cours ainsi que les stages ont renforcé ma conviction que le secteur de la santé, notamment le monde des établissements de santé, me passionnait. J’ai longtemps hésité à passer le concours de l’EHESP pour devenir directrice d’hôpital. Le conseil aux établissements de santé m’a offert une belle opportunité de m’impliquer dans ce secteur, mais je ne me ferme pas cette porte pour l’avenir.  

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez GovHe et quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

J’ai entendu parler de GovHe grâce au cours électif 10 healthcare challenges, dispensé par Antoine Georges-Picot, le fondateur de GovHe. Il avait pour habitude de faire intervenir des experts sur chaque sujet du cours. Pour illustrer la séance sur la performance hospitalière, Pierre Dagen, l’un des managers de GovHe, a abordé cette notion au travers de missions réalisées au sein du cabinet. J’ai été captivée par le type de travaux que réalisait le cabinet, à la fois opérationnels et stratégiques avec potentiellement un fort impact sur le quotidien du système de santé. Quand s’est présentée sur le site de Sciences Po une offre pour un stage, j’ai de suite postulé.

Le processus de recrutement, moins long que dans les autres cabinets, a reposé sur un unique entretien avec un manager, puis une étude de cas pour tester mon raisonnement, exercice qui peut être déstabilisant la première fois. Les échanges ont été bienveillants. 3 jours après, j’avais une réponse positive à ma candidature, et j’ai accepté sans hésiter !

J’ai beaucoup apprécié ce stage, où les managers m’ont permis de progresser en me confiant des responsabilités auxquelles je n’aurais pas imaginé prétendre en tant que stagiaire. J’ai découvert une équipe soudée partageant des valeurs similaires, et une entreprise en pleine expansion. Quand j’ai su que Sciences Po proposait des alternances, j’ai échangé sur le sujet avec mon manager référent, et avec son soutien, j’ai fait part à Antoine de mon souhait de continuer avec eux, ce qu’il a accepté. 

A l’issue de mon alternance, l’équipe s’était étoffée, et avait déménagé dans des bureaux beaucoup plus grands. J’avais vécu différentes missions au sein du cabinet, et pourtant il me semblait qu’il me restait encore beaucoup à apprendre. Malgré les encouragements d’Antoine à passer le concours de l’ENA, rester en CDI chez GovHe a été une évidence. 

Aujourd’hui, en tant que consultante confirmée, j’interviens principalement auprès d’établissements de santé publics (publics, ESPIC ou privés à but lucratif), mais aussi des Agences Régionales de Santé, le ministère de la santé, etc. Les missions sont variées allant de l’élaboration de projets médicaux, à la réorganisation du fonctionnement de services, la réalisation de diagnostics territoriaux, ou encore la conception et conduite de projets d’expérimentation.

Je participe à la production des analyses et des supports demandés par les clients, tout en étant sur le terrain à rencontrer les différents acteurs. Je commence maintenant à encadrer des consultants plus jeunes au cours des missions. J’ai de plus en plus d’autonomie pour la gestion des missions, concernant les méthodologies de travail, l’adaptation du calendrier, ou la relation avec les clients. 

Enfin, en interne, je contribue comme chaque consultant de Govhe au développement du cabinet. Je gère ainsi tant les temps partagés de formation hebdomadaire et les formations continues lors des passages de grade ou à destination des nouveaux arrivants. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'Affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Tout d’abord, c’est grâce à Sciences Po que j’ai connu le cabinet où je travaille aujourd’hui, ce qui est déjà beaucoup !

Les cours que j’ai suivis durant le master m’ont permis d’appréhender une vision globale du monde de la santé, dans ses différentes composantes et institutions, bien avant la mise en pratique. Ils ont entretenu ma curiosité pour ce secteur. Comprendre les principaux concepts (financement sanitaire, PLFSS, etc.), l’articulation entre les principaux acteurs (Directeur Général d’une ARS, Président de la Commission Médicale d’Etablissement, etc.) est un véritable avantage pour ne pas se sentir trop perdu à ses débuts dans le monde professionnel. Par exemple, rien que connaître les très (très) nombreux acronymes utilisés dans le secteur de la santé est une force à l’arrivée sur le terrain !

Au-delà des connaissances du monde de la santé, l’EAP nous a entraînés à l’expression orale, l’écriture de rapports et argumentaires, et la formation dispensée en alternance s’est révélée très professionnalisante, avec des cours de comptabilité-gestion, de management, etc. 

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers le secteur de la santé aujourd'hui ?

Tout d’abord, être convaincu que faire des études de médecine n’est pas le prérequis pour contribuer à l’amélioration du système de santé. Donc, il ne faut surtout pas s’interdire de s’investir dans ce secteur. Grâce aux apprentissages, aux connaissances, méthodes de travail, et en prenant le temps d’écouter les différents acteurs, il est tout à fait possible d’acquérir une légitimité pour faire évoluer les choses, et apporter son aide à un monde en perpétuelle mutation. 

Enfin, l’investissement reposera aussi sur une qualité fondamentale pour travailler dans le secteur : une curiosité permanente. La santé est un monde passionnant, extrêmement varié, et parfois hautement complexe. Il faut s’intéresser à des sujets très différents, des finances d’un hôpital jusqu’au fonctionnement du bloc opératoire, d’un service de biologie médicale ou de la gestion des lits, de la recherche aux thérapies innovantes, des professionnels du soin aux droits du patient. Le monde de la santé est une dynamique, stimulante d’un point de vue intellectuel, et demande un investissement personnel pour être à jour des différentes réformes, projets d’expérimentations, des besoins qui émergent auprès des différents acteurs. 

en savoir plus

 

Tags :

Retour sur la Masterclass Culture avec Aloïse Sauvage

  • Aloïse Sauvage © Shelby DuncanAloïse Sauvage © Shelby Duncan

En octobre dernier nous recevions Aloïse Sauvage, dans le cadre des Masterclasses de la spécialité Culture/Cultural Policy & Management. Les étudiants de cette spécialité mais plus largement de l'EAP ont eu l'occasion d'écouter le témoignage de l'artiste qui excelle dans de nombreux domaines. Quelques étudiants sélectionnés ont eu la possibilité d'interroger Aloïse Sauvage sur son travail d'artiste, chamboulé par la crise sanitaire, et ont rédigé l'article que vous pouvez découvrir ci-dessous. 

Le 14 octobre 2020, dans le cadre des Masterclasses de l’Ecole d’affaires publiques spécialité Culture et Cultural Policy & Management, nous avons eu l’opportunité de rencontrer l’artiste et chanteuse Aloïse Sauvage, accompagnée de l'une de ses deux manageuses, Elodie Filleul. L’occasion pour les élèves de la spécialité d’engager un dialogue direct avec les acteurs et créateurs de l’industrie musicale en 2020. 

Restrictions sanitaires obligent, c’est par Zoom, depuis sa cuisine, que Aloïse Sauvage nous fait part de son parcours et de sa riche expérience dans les milieux artistiques. En effet, à seulement 28 ans la chanteuse et danseuse de formation circassienne est déjà apparue sur le petit et le grand écran et a sorti un album, Dévorantes. Avec de multiples cordes à son arc, Aloïse Sauvage est une artiste complète qui fait toutefois preuve d’une grande humilité sur son succès. Elle nous parle avec enthousiasme de sa démarche artistique, de ses engagements, mais aussi d’une certaine difficulté d’émancipation artistique dans une machine telle que l’industrie musicale. Elodie Filleul, sa co-manageuse (avec Melissa Phulpin) se joint à nous dans cette table ronde pour éclairer l’aspect “management” du processus de création. Active depuis plus de vingt ans dans le milieu de la musique, elle a travaillé avec de grandes majors tout en gardant son indépendance, un point important pour Aloïse Sauvage. Son expérience nous permet aussi de parler des profondes transformations que l’industrie musicale a traversées, notamment à l’ère du numérique.

Nous découvrons alors une artiste dont la musique reflète une grande vulnérabilité et qui l'assume pleinement, même si cela implique un contrepied vis-à-vis des tendances au sein de l'industrie musicale. A une époque où les moyens de promotion, de distribution voire même de production se digitalisent, nos deux intervenantes expriment aussi le besoin de proximité avec les équipes entourant les artistes. Surtout pour une artiste pluridisciplinaire, qui dans sa pratique musicale s’affirme à la fois à travers le chant et le rap mais également le corps. Elle nous parle d'ailleurs de son fameux « micro magique » qui lui permet de mêler différentes disciplines sur scène, et plus particulièrement le cirque et la danse. 

L'album Dévorantes parle des codes, des normes, et des stéréotypes ainsi que des étiquettes que cette nouvelle génération de musicien.n.e.s, à laquelle appartient Aloïse Sauvage, détruit. Toutefois, Aloïse ne se présente pas comme militante quand elle fait de la musique, elle représente ce qu’elle est, sans se codifier ni se classifier. C’est en assumant et en affirmant cette liberté, qu’elle considère que son art devient un vecteur émancipateur en ayant un vrai impact sociétal.

Aloïse Sauvage, notamment lors de la carte blanche des élèves de l’EAP, se prête parfaitement à l’exercice de présentation du quotidien d’une artiste de musique actuelle. Elle débat aussi bien sur les nouvelles formes de processus créatif (toplines, définition du genre musical, écriture …), que sur les enjeux modernes pour un.e artiste dans l’industrie musicale. Avec franchise, elle évoque les difficultés qu’implique une signature en Major, mais aussi la complexe relation qu’elle entretient avec l’appareil promotionnel, en abordant la question de l’interprétation et de l’appropriation journalistique, parfois peu pertinente, de son œuvre. Avec simplicité et décontraction, Aloïse Sauvage et Elodie Filleul ont permis aux participants de la Masterclass de comprendre les problématiques contemporaines auxquelles sont confrontés les artistes de musique actuelle au loin du processus de création, de production et d’exploitation.

Article rédigé par Amor Belhiba, Chama Squalli & Anais Velle.

en savoir plus

Tags :

Gesine weber, promotion 2019

Du double diplôme Sciences Po et Freie Universität, Master European Affairs, Europe in the World, au poste d'assistante de programme au German Marshall Fund of the United States
  • Gesine Weber © GWGesine Weber © GW

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai toujours été passionnée par les questions de politique internationale et par l’Europe. Après un séjour en Chine après mon baccalauréat,  une année d’études en droit allemand et français et une licence en sciences politiques dans le cadre d’un cursus franco-allemand entre l’Université de Fribourg (Allemagne) et l’IEP Aix-en-Provence, j’ai eu à coeur de placer la politique européenne et les relations internationales au centre de mes études sans devoir faire le choix entre les deux disciplines. Le Master affaires européennes à l’EAP constituait ainsi l’étape suivante presque naturelle pour moi : grâce à la spécialisation “Europe in the World” en partenariat avec PSIA, j’ai pu me spécialiser dans le domaine des relations extérieures et de politique de sécurité de l’UE tout en renforçant mon profil franco-allemand dans le cadre du double-diplôme avec la Freie Universität Berlin.

Tout au long de mes études, j’ai cherché à enrichir mon parcours académique par des expériences professionnelles. C’est pourquoi j’ai effectué un stage long au service politique de l’Ambassade d’Allemagne dans le cadre de ma licence, ainsi que plusieurs stages pendant mon master à la représentation permanente de l’Allemagne auprès les Nations Unies à Genève, au bureau fédéral allemand de l’information à Berlin, et la fondation Friedrich Ebert au Kosovo. Au moment où je rédigeais mon mémoire de master à la Freie Universität Berlin, j’ai travaillé en tant que conseillère parlementaire en sécurité et défense auprès d’une députée au parlement allemand. Même si j’avais la possibilité de continuer ce travail, j’ai décidé de quitter cette fonction au profit d’une bourse d’excellence visant à promouvoir l’expertise sur la Chine auprès des jeunes cadres allemands. Suite à dix mois de cours de chinois et d’un programme professionnalisant, je suis devenue consultante en géopolitique et politique intérieure chinoise pour la Fondation Friedrich Ebert à Berlin et Shanghai, avant de rejoindre le German Marshall Fund of the United States, un think tank transatlantique, à Paris en tant que Program Assistant. En parallèle, je viens de commencer une thèse doctorale portant sur la coopération européenne en sécurité et défense au King’s College London. 

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Ayant grandi dans une région très rurale en Allemagne, mais déjà Européenne convaincue au lycée, j’ai toujours rêvé d’une carrière internationale - et mon premier séjour en Chine, pendant lequel j’ai contribué à plusieurs projets sino-allemand, a confirmé cette aspiration. Une étape décisive fut surement l’idée d’intégrer un cursus franco-allemand dès ma licence puisque cela a ancré l’internationalité dans mon profil personnel. En outre, mes stages ont été des expériences très instructives dans la mesure où ils ont confirmé mon intérêt pour le travail dans le secteur public et m’ont démontré la diversité des opportunités dans ce secteur. Absolument convaincue de vouloir devenir diplomate au début de mes études, ceci reste une option très attractive sur le long-terme. Cependant, j’ai également réalisé que j’apprécie beaucoup le niveau de stimulation intellectuelle qu’offre le travail dans un think tank grâce à la combinaison d’une pensée entrepreneuriale dans la gestion des projets d’un côté et la recherche approfondie pour les publications de l’autre côté. C’est pourquoi je me suis décidée à débuter ma carrière dans ce secteur. 

Comment s'est déroulé le processus de recrutement au German Marshall Fund of the United States ?

Après avoir vu l’offre sur le site web de SciencesPo, j’ai envoyé mon CV et une lettre de motivation au bureau parisien pour ma candidature. Pendant le premier entretien via zoom d’environ trente minutes avec le chargé des projets et l’assistante administrative, les deux m’ont expliqué les axes thématiques du bureau et les méthodes de travail, ce qui a de nouveau augmenté ma motivation pour ce poste. Lors du deuxième entretien avec la directrice et le directeur adjoint, cette impression a été confirmée - et j’ai donc accepté l’offre d’emploi sans hésiter.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

Les deux axes de mon travail en tant que Program Assistant sont la gestion des projets et la recherche; c’est ainsi un travail très varié qui demande qu’on effectue plusieurs tâches au même moment et arrive à identifier les priorités. Comme j’ai rejoint le bureau en septembre et donc en période du Covid, mon travail quotidien dépend énormément de l’usage des logiciels numériques puisque les projets que nous gérons ont, évidemment, dû être numérisés: avec les autres membres du bureau, j’organise ainsi des réunions et séminaires virtuels, ce qui comprend toutes les étapes de la gestion des projets comme la planification, l’invitation des participants, la préparation de l’agenda et les questions logistiques. A ce travail, qui demande surtout des capacités organisationnelles, s’ajoutent les tâches liées à l’analyse des enjeux actuels et la recherche à profondeur, à l’instar de la réalisation des dossiers de recherche pour les autres membres du bureau ou les publications. Un autre aspect très important est la coopération avec les autres bureaux internationaux. En tant que think tank dont l’objectif consiste à renforcer la réalisation transatlantique en promouvant le savoir respectif en France et en Europe aussi qu’à Washington, le travail se caractérise également par le fait qu’il est complètement bilingue - ce dont je profite personnellement beaucoup. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Les atouts de la formation à l’EAP pour ma fonction actuelle sont sans aucun doute très nombreux. D’abord, les connaissances thématiques que j’ai acquises pendant mes études sont très importantes pour la qualité du travail dans la mesure où je dispose d’une très bonne compréhension du système politique de l’UE et des politiques européennes dans le domaine des relations extérieures, ce qui est indispensable pour l’analyse politique. Dans ce contexte, je profite énormément du fait d’avoir assisté au cours de Culture Générale; ce cours étant le plus exigeant pendant mon entière scolarité, il m’a apporté une meilleure compréhension des enjeux mondiaux, européens et notamment de la manière française d’approcher ses enjeux, ce qui s’avère très utile pour moi en tant qu’Allemande. Ensuite, la formation interdisciplinaire à l’EAP renforce la capacité de rapidement comprendre l’ampleur et les enjeux des thématiques dans lesquelles on n’est pas forcément spécialiste, ce qui facilite le travail quotidien énormément. Ceci s’applique également à la diversité des approches pédagogiques et des méthodes dont j’ai bénéficié pendant ma formation à l’EAP, puisque la rédaction de différents formats fait aujourd’hui partie de mon travail comme ceci était le cas à SciencesPo. Enfin, ayant assisté aux cours en français et en anglais, les deux sont devenus des langues naturelles de travail pour moi, et je me sens très à l’aise de travailler dans ce contexte bilingue.

En savoir plus

Tags :

Portrait de Claire Chopin, récompensée au Cyber Woman Day 2020

  • Claire Chopin © CCClaire Chopin © CC

Pourriez-vous nous décrire votre parcours jusqu’ici ?

Je suis entrée à Sciences Po au Collège universitaire en 2015. Pendant trois ans, j’ai suivi le double cursus Scube, « Sciences et sciences sociales », entre Sciences Po et Sorbonne Université. J’ai ainsi suivi une licence de mathématiques en parallèle de mes cours à Sciences Po. Après ma troisième année effectuée à l’Université de Californie à San Diego, j’ai décidé de poursuivre cette double formation, d’un côté à Sciences Po avec le master de politiques publiques en spécialité sécurité et défense, et de l’autre à l’Université de Paris, avec un master de mathématiques, informatique et cryptologie. Ce double master n’était pas un double diplôme de l’École d’affaires publiques, je l’ai organisé de manière indépendante.

Je viens de terminer mon master à l’Université de Paris, qui était professionnalisant et permettait d’appliquer des connaissances mathématiques aux problèmes quotidiens et concrets rencontrés dans une structure professionnelle de cybersécurité. Cette année, je termine ma scolarité à Sciences Po, au sein de l’École d’affaires publiques. 

Pour quelles raisons avez-vous choisi la spécialité Sécurité-défense proposée au sein de l'École d'affaires publiques ?  

Après la Scube, il était très important pour moi de poursuivre mon double parcours de manière cohérente et complémentaire. J’étais intéressée par les enjeux de sécurité et défense, particulièrement ceux liés au numérique. La spécialité Sécurité-défense me permettait d’appréhender les enjeux liés à ce domaine, tout en conservant une approche globale des affaires publiques. En particulier, le cours « Révolution numérique et cybersécurité » me permettait de faire un lien direct entre mes deux formations.  

Que vous apporte votre double formation au quotidien ?

Grâce à cette double formation, j’ai acquis des connaissances très variées, allant de la programmation informatique aux finances publiques. Cette diversité m’aide à appréhender les sujets, particulièrement ceux liés à la cybersécurité, de manière globale. Mes connaissances techniques me permettent de comprendre l’impact d’une décision stratégique au niveau opérationnel, mais aussi de comprendre la façon dont le volet technique peut s’avérer déterminant au niveau stratégique.

En outre, je suis persuadée que le domaine cyber n’est pas réservé uniquement à des profils techniques. De plus en plus, des compétences transverses sont demandées, ce qui ouvre tout un domaine aux étudiants en sciences sociales.

Vous venez de recevoir le trophée de la Femme cyber-étudiante remis par le Cercle des Femmes de la Cybersécurité (CEFCYS). Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur cette distinction ?

Le CEFCYS est une association qui a pour objectif de promouvoir et de faire progresser la présence des femmes dans le milieu de la cybersécurité. Le CEFCYS conduit de nombreuses actions pour atteindre les objectifs cités : conférences, publications de rapports, sensibilisation, formation, etc. En marge du Cybermoi/s européen, l’association a organisé un trophée pour mettre en avant des profils et des carrières de femmes engagées dans le domaine. J’ai eu l’honneur de recevoir le prix dans la catégorie « Étudiante », ce qui m’encourage à poursuivre dans cette voie.

En savoir plus

Tags :

Hommage à Rob Lue

Rob était le directeur de la Summer School Biopolis
  • Robert Lue © Katherine Taylor / Harvard news officeRobert Lue © Katherine Taylor / Harvard news office

 

Le 11 novembre dernier, Robert Lue nous a tristement quittés.

Certains membres de notre communauté étudiante et académique ont eu l’immense plaisir de le rencontrer et de le côtoyer à Sciences Po. Chaque été depuis 2016, Rob envahissait Sciences Po de son sourire, de sa bienveillance et de son énergie, en tant que directeur de la Summer School for Social Innovation, un programme qu’il avait initié en partenariat entre Harvard, Sciences Po (Ecole d'affaires publiques) et le Centre de Recherche Interdisciplinaire. 

Rob était un être humain absolument unique et hors norme.

Né en Jamaïque, il se passionne jeune pour les sciences et pour la peinture, cultivant déjà une curiosité volontairement éclectique et jubilatoire. Sans jamais renoncer à son amour pour les arts, il décide de se lancer dans un doctorat en biologie cellulaire, qu’il obtient à l’Université de Harvard en 1995, intégrant le corps professoral dans la foulée.

Professeur au dévouement sans limite, pédagogue innovant, Rob communique sa passion pour la biologie à plusieurs générations d’étudiants à Harvard, en tant qu’enseignant de l’un des cours les plus populaires de l’université, l’introduction aux Life Sciences, puis en tant que Life Sciences education director. Cette passion, il la propage aussi bien au-delà des murs de l’université, en tant que faculty director de HarvardX puis du Harvard Ed Portal, influençant durablement la politique d’enseignement en ligne de Harvard, et en concevant, avec son mari, le biologiste Alain Viel, qu’il a rencontré dans les laboratoires bostoniens, le film « The Inner Life of the Cell », l’un des mini-films d’animation pédagogique les plus vus à travers le monde.

Avec Alain, co-fondateur de la Summer School, Rob a construit à Sciences Po un programme à son image : pluridisciplinaire et engagé, ancré dans la recherche mais orienté vers le terrain, tourné vers l’impact social. « The Biopolis » est un point de rencontre entre des étudiants d’horizons différents, accompagnés par des enseignants aux champs d’étude tout aussi variés, afin d’identifier des problèmes sociaux réels des parisiens, en lien avec la Ville de Paris, et à proposer des solutions concrètes, s’inscrivant dans le cadre des objectifs de développement durable de l’ONU.

Rob s’efforçait aussi à ce que The Biopolis soit une célébration de la vie. Jamais à court de traits d’esprit ni d’idées de sortie, Rob partageait avec ses étudiants une joie de vivre rayonnante et contagieuse. Que ce soit dans une salle de classe ou de cinéma, après une présentation officielle à l’Hôtel de Ville ou au détour d’une conversation enjouée sur le biomimétisme, autour d’un tableau blanc en pleine effervescence ou d’un pique-nique festif qui se finira bien après la tombée de la nuit, Rob propageait son amour pour le savoir, pour l’art, pour les gens, pour la vie, la sienne et celle des autres, la vie qui mérite et méritera toujours un engagement individuel et collectif pour être embellie par de nouvelles idées et de nouveaux projets, au service de l’éducation, de l’environnement, du développement durable, des autres tout simplement.

Il n’y avait donc que la mort pour arrêter un homme comme Rob dans ses indénombrables engagements aux États-Unis, en France, en Afrique du Sud, dans les camps de réfugiés en Jordanie, auprès de l’équipe de LabXchange, son dernier projet de plateforme d’éducation aux sciences en ligne, qui furent récemment couronnés par sa nomination en tant que Richard L. Menschel Faculty Director du Derek Bok Center for Teaching and Learning et en tant que titulaire de la Chaire de l’UNESCO pour les Sciences de la Vie et l’Innovation Sociale. Et si l’annonce de son décès provoque une profonde tristesse chez tous ceux qui ont eu le privilège de l’avoir connu, si nous avons perdu, la semaine dernière, un modèle, un mentor et un ami, la passion et le dévouement que cet infatigable passeur de connaissances et d’inspirations a propagés comme un vecteur plasmidique, sans jamais ménager ses efforts, persisteront en nous tous.

Merci Rob.

Plus d'informations

Tags :

Antoine Dumartinet remporte le Prix 2020 de la Cour des comptes européenne !

  • Antoine Dumartinet © ADAntoine Dumartinet © AD

Cette année, le Prix de la Cour des comptes européenne pour la recherche dans le domaine de l'audit du secteur public est attribué conjointement à Antoine Dumartinet, pour son article intitulé "La PAC et la politique de cohésion après 2020 : l'exigence accrue de «valeur ajoutée européenne» à l'épreuve des principes de subsidiarité et de proportionnalité", et à Carolyn Moser, pour son ouvrage intitulé "Accountability in EU Security and Defence. The Law and Practice of Peacebuilding"

Découvrez le parcours d'Antoine, ancien étudiant du Master affaires européennes, depuis sa diplomation jusqu'au Prix 2020 de la Cour des comptes européenne :

"Après mes études au sein de l'École d'affaires publiques de Sciences Po en master affaires européennes, j’ai rejoint le bureau en charge des relations financières entre la France et l’UE à la direction du budget (ministère de l'Action et des Comptes publics). Les trois années passées au sein de ce bureau et au sein du ministère ont fait naître chez moi une vraie passion pour les finances publiques. Elles m’ont également permis de rejoindre, plus tard, les rangs de la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et de travailler comme expert international placé auprès du cabinet de la ministre serbe en charge des négociations d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne. Aujourd’hui encore, l’Union européenne se situe donc au cœur de mon métier.

Parallèlement à mon travail au sein de l’administration, je conduis une thèse en finances publiques européennes. Je profite également de mon temps libre pour écrire des articles de recherche sur les sujets qui m’intéressent et qui, selon moi, méritent attention. C’est dans ce contexte que j’ai concouru à l’édition 2020 du prix de la Cour des comptes européenne qui vise à récompenser, chaque année, un chercheur ou une chercheuse dans le domaine des finances publiques UE. Au mois d’octobre dernier, j’ai eu la bonne surprise d’apprendre que la Cour avait décidé de m’attribuer le premier prix (ex aequo avec Carolyn Moser) et de récompenser ainsi un article que j’avais publié et consacré au concept de « valeur ajoutée européenne ». Cette notion, un peu abstraite en apparence, est en réalité au cœur des négociations budgétaires européennes. J’avais eu l’occasion de le constater lorsque je travaillais à Bercy et plus récemment encore à l’occasion de l’adoption du plan de relance européen et de la nature des investissements massifs qui l’accompagnent."

Félicitations aux lauréats !

En savoir plus

Tags :

Sophie Caillaud, promotion 2018

Du Master Politiques publiques, spécialité Administration publique au poste de consultante chez YCE Partners
  • Sophie Caillaud © YCESophie Caillaud © YCE
Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après deux ans sur le campus franco-allemand de Sciences Po à Nancy, en double licence avec la faculté de Droit de l’université de Lorraine, et une 3ème année à Vienne (Autriche), j’ai rejoint le campus de Paris au sein du master Politique publiques. J’ai effectué une année de césure entre mon M1 et mon M2, ce qui m’a permis de découvrir le secteur public grâce à des stages en préfecture, ministère, collectivité territoriale, et de me familiariser avec les politiques sociales lors de mon dernier stage à la direction de l’action sociale de la Ville de Paris. J’ai rejoint YCE partners peu de temps après ma diplomation.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Ayant commencé mes études en double cursus avec la faculté de Droit de Nancy, j’ai d’abord été attirée par les carrières juridiques. Au fil des années, j’ai réalisé que ma matière de prédilection était plus précisément le droit public, ce qui m’a incitée à rejoindre le master Politiques publiques de Sciences Po. Les enseignements que j’y ai reçus et les stages que j’ai effectués ont renforcé mon appétence pour le secteur public, et plus particulièrement pour les politiques sociales.

En effet, lors de mon année de césure, j’ai eu l’occasion de passer six mois à l’Inspection générale des finances à Bercy en tant qu’assistante de mission. Cette expérience a été vraiment enrichissante, mais m’a fait comprendre que je souhaitais exercer un métier dans lequel je trouverais davantage de sens au quotidien. J’ai donc effectué un stage à la Direction de l’action sociale de la Ville de Paris, qui a confirmé cette volonté de travailler dans les politiques sociales. Après avoir tenté le concours de l’ENA, j’ai cherché un emploi qui me permettrait de maintenir un haut niveau de stimulation intellectuelle tout en me sentant utile à mon échelle. C’est là que j’ai intégré le cabinet YCE partners.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez YCE Partners ?

Après avoir postulé via Welcome to the Jungle, j’ai été conviée à un premier entretien d’une durée approximative d’une heure et demie avec deux consultants (un senior et une junior). Ils m’ont expliqué le fonctionnement du cabinet, m’ont décrit leurs missions respectives, et m’ont posé des questions sur mon parcours, ma motivation, ma vision du conseil et du métier de consultant. La discussion était très fluide et bienveillante, tout en restant exigeante : j’ai apprécié ce système de recrutement par les pairs. J’ai ensuite rencontré séparément les deux associés fondateurs du cabinet, qui m’ont exposé les enjeux stratégiques de leur entreprise et du secteur. J’ai finalement reçu une offre d’embauche… que j’ai acceptée sans hésiter !

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

En tant que consultante chez YCE, je suis amenée à intervenir auprès de clients publics ou privés du secteur de la protection sociale pour des missions de management et de stratégie. Je jongle entre des thématiques et des missions très variées : analyse de politiques publiques dans le secteur de la santé et de l’offre de soins, pilotage de projet pour Pôle emploi, développement d’un site web pour un groupement d’institutions de retraite complémentaires… Cette diversité demande beaucoup d’adaptabilité et s’avère réellement stimulante. C’est d’ailleurs ce qui constitue la différence d’YCE : notre présence sur toute la chaîne de valeur de la protection sociale, dans le public et dans le privé. Nous intervenons aussi bien au niveau du cadre réglementaire que de la protection de base (publique), de la protection complémentaire (privée) et de la prévention du risque.

Je participe également au fonctionnement interne du cabinet, dont le management est très inclusif. J’ai par exemple été amenée à rédiger des tribunes sur les enjeux actuels de la protection sociale, à réfléchir à l’aménagement de nos nouveaux locaux ou à participer à l’organisation d’un appel à projets destiné à soutenir des initiatives dans le domaine de l’insertion.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

L’EAP m’a permis d’acquérir une solide connaissance du secteur public, de ses acteurs et de ses enjeux, ainsi qu’une bonne compréhension des politiques sociales. Au-delà de ces connaissances sectorielles, les modalités pédagogiques m’ont appris à travailler en équipe, à mener des présentations orales, ainsi qu’à rédiger de manière synthétique. Enfin, c’est grâce à l’EAP et au réseau d’entreprises partenaires de Sciences Po que j’ai découvert le cabinet dans lequel je travaille aujourd’hui, alors même que je ne me destinais initialement pas au secteur du conseil. Je suis la preuve aujourd’hui que l’on peut être très heureux, épanoui, et se sentir utile…même dans le privé !

Tags :

Ouverture des admissions pour la rentrée 2021

  • Actualité Sciences Po © Marta NascimentoActualité Sciences Po © Marta Nascimento

Les admissions pour la rentrée 2021 sont ouvertes !

Pour en savoir plus sur les procédures d'admission, les dates limites et les prérequis linguistiques et pour ouvrir un dossier de candidature, rendez-vous sur le site des admissions de Sciences Po.

Les admissions pour la PrépaConcours sont également ouvertes !

Envie d'intégrer l'ENA ou de préparer l'un des 13 autres concours administratifs français pour devenir diplomate, directeur d'hôpital, juge administratif, etc. ?

La PrépaConcours de l'École d'Affaires publiques de Sciences Po, la référence en France pour intégrer la haute fonction publique, est ouverte aux candidats externes !

Cette formation s'étend sur plus de 12 mois pour accompagner les étudiants au travers de cours, d'enseignements en langues étrangères, d'entraînements, d'oraux blancs et d'un dispositif d'accompagnement varié (tutorat, colles, semaine des métiers, ateliers de méthodologie...).

Tags :

Le nouveau numéro de la Revue d'affaires publiques est sorti !

  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Le numéro 4 de la Revue d'affaires publiques est sorti !

Ce projet, né au sein de l'Association de l'Ecole d'affaires publiques (AEAP) en 2016-2017, prend la forme d'une revue bilingue et met en lumière les meilleurs travaux réalisés par les étudiants de Sciences Po ayant trait aux affaires publiques.

Les articles portent sur des disciplines aussi variées que le droit, l’économie, les politiques culturelles, les politiques sociales, les politiques de santé, la philosophie politique, et bien d'autres.

Consulter le dernier numéro / n°4 (PDF, 1,6 Mo)

EN SAVOIR PLUS

Tags :

Ouverture de la campagne d'admission 2021 à la PrépaConcours !

  • Actualité Sciences Po © gpointstudioActualité Sciences Po © gpointstudio

Envie d'intégrer l'ENA ou de préparer l'un des 13 autres concours administratifs français pour devenir diplomate, directeur d'hôpital, juge administratif, etc. ?

La PrépaConcours de l'École d'Affaires publiques de Sciences Po, la référence en France pour intégrer la haute fonction publique, est ouverte aux candidats externes !

Cette formation s'étend sur plus de 12 mois pour accompagner les étudiants au travers de cours, d'enseignements en langues étrangères, d'entraînements, d'oraux blancs et d'un dispositif d'accompagnement varié (tutorat, colles, semaine des métiers, ateliers de méthodologie...).

Tags :

Forum carrières en ligne

Du 14-16 octobre 2020
  • Forum Carrières en ligneForum Carrières en ligne

Le Forum Carrières de Sciences Po est le rendez-vous annuel de rencontre entre les entreprises qui recrutent et nos étudiants et jeunes diplômés en recherche de stages, 1ers emplois, apprentissages et VIE/VIA.

Pour la sécurité sanitaire de toutes et tous, l’édition 2020 se tiendra pour la première fois en ligne sur la plateforme Seekube du 14 au 16 octobre.

Le Forum Carrières en ligne, c’est une occasion unique pour les élèves de :

  • s’informer sur les entreprises qui recrutent dans différents secteurs
  • trouver un stage, apprentissage, 1er emploi…
  • s’entraîner aux entretiens de recrutement
  • développer leur réseau professionnel.

À noter: ce Forum étant organisé en ligne, il permet à tous les recruteurs, étudiants et jeunes diplômés hors de France de participer.

Tags :

Good Economics for Harder Times

Retour sur la leçon inaugurale avec Esther Duflo
  • Actualité Sciences Po © Bryce VickmarkActualité Sciences Po © Bryce Vickmark

Le 11 septembre dernier, l'École d’affaires publiques avait l’honneur de recevoir Esther Duflo, économiste et lauréate du Prix Nobel d’économie 2019, pour sa leçon inaugurale sur le thème Good Economics for Harder Times. Des "temps difficiles", car la pandémie n’a fait que rendre encore plus complexe une situation déjà préoccupante. Conférence en anglais.

Tags :

“Tout patrimoine culturel mérite d'être connu et étudié"

Entretien avec Zina Akrout, lauréate du Prix Max Lazard 2020
  • Actualité Sciences Po © Zina AkroutActualité Sciences Po © Zina Akrout

Zina Akrout est étudiante au sein du master politiques publiques de l'École d’affaires publiques. Elle a reçu le prix Max Lazard pour conduire un projet sur les “Berbères de Tunisie”. Retour sur sa trajectoire, guidée par son insatiable curiosité et une forte dimension internationale. 

Vous avez d’abord suivi un double bachelor entre Sciences Po et UCL. Pourquoi avoir choisi ce programme, et quelle a été votre expérience ? 

J’ai d’abord choisi ce programme pour son contenu, qui implique à la fois de se spécialiser dans une discipline des humanités et d’étudier une langue européenne (le français, l’allemand, l’espagnol ou l’italien, selon le profil, les aptitudes et le choix de chaque étudiant), pendant les quatre ans que dure le programme. J’étais impatiente de vivre cette expérience entre deux institutions, et d’apprendre de différentes perspectives. 
Ce programme m’a aussi permis de personnaliser mon parcours en fonction de mes centres d’intérêt. J’ai ainsi choisi de passer mes deux premières années sur le campus de Sciences Po à Menton, afin de suivre des enseignements portant sur la région de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, d’apprendre l’italien*, et de développer des connaissances en droit international… 

J’ai beaucoup aimé passer de l’approche interdisciplinaire de Sciences Po à l’approche plus anglo-saxonne de UCL - université dans laquelle j’ai suivi des cours de politiques publiques, des séminaires thématiques (politiques de la ville, géographie politique…), et des cours de langues. Dans l’ensemble, ce programme a été une merveilleuse expérience académique, mais aussi une aventure personnelle, puisque je m’y suis fait des amis pour la vie et que j’ai eu accès à des expériences extracurriculaires très riches. 

Aujourd’hui, vous êtes étudiante en master Politiques publiques à Sciences Po. Dans ce cadre, vous avez passé un semestre d’échange en Italie - séjour qui ne s’est pas déroulé comme prévu en raison de la crise sanitaire... De quelle façon cet échange s’est-il déroulé, et quelle influence a-t-il eu dans votre parcours étudiant ? 

J’ai choisi de passer mon dernier semestre d’étude à l’Università Commerciale Luigi Bocconi de Milan. Il est vrai que c’était un moment étrange pour participer à un programme d’échange, surtout dans le Nord de l’Italie qui a été si durement impacté par la crise sanitaire ! L’université a fermé ses portes à la fin du mois de février, deux semaines seulement après le début des cours, et a opéré un passage en ligne immédiat. 

Ils se sont adaptés de façon très réactive, et ont réussi à mettre à disposition des ressources en ligne et des outils numériques pour que les enseignements puissent se poursuivre - à partir du moment où les étudiants avaient assez d’espace, de connexion Internet et de motivation pour participer aux cours, bien entendu. 

Cet échange m’a donc permis de suivre des cours en management et en développement durable pour compléter mon parcours, et de découvrir encore une autre approche universitaire avec la méthode business school de la Bocconi, très différente de ce que j’ai pu voir à l’École d’affaires publiques. Je conseille vivement aux étudiants de master de participer à un échange universitaire, que ce soit pendant une éventuelle année de césure ou au cours de leur dernier semestre ; c’est une expérience très enrichissante et une possibilité trop souvent méconnue. 

Vous avez reçu le Prix Max Lazard pour un projet intitulé “Berbères de Tunisie”. Pouvez-vous nous en parler ? 

C’est un projet personnel que je développe en parallèle de mes études : en tant que citoyenne franco-tunisienne, je suis très intéressée par le patrimoine et l’identité berbères. Mon objectif est donc de réaliser un voyage de terrain qui me permettra d’approfondir ma compréhension de la culture berbère en Tunisie. 

La communauté berbère de Tunisie est en situation de minorité, et souffre d’un manque de reconnaissance de son identité et de sa culture. J’aimerais conduire une enquête sociologique, sous la forme d’un sondage, afin de comprendre le sentiment des Tunisiens d’origine berbère à l’égard de leur propre culture, de leur intégration et de leurs revendications éventuelles. Cette recherche sera combinée avec un voyage de terrain pour cartographier les différentes initiatives visant à protéger et promouvoir la culture berbère en Tunisie (notamment dans la partie Sud-Est du pays). Ce sujet est cher à mon coeur, et je suis très reconnaissante d’avoir reçu le Prix Max Lazard pour le conduire. 

Quelle forme prendra ce projet ? Quand prévoyez-vous de le mener ? 

La perception de l’identité berbère en Tunisie est très différente de ce qu’on observe dans d’autres pays de la région et peu étudiée à ce jour. J’espère être en mesure de réunir assez d’informations et de connaissances à travers ce projet, qui pourrait servir à d’autres personnes qui s’intéressent à ce thème. C’est avant tout un projet personnel, mais j’espère aller aussi loin que possible dans la recherche et la réflexion, et pourquoi pas contribuer à redonner une voix à ceux qui sont peu entendus aujourd’hui par le gouvernement et ses parties prenantes. Tout patrimoine culturel mérite d’être connu et étudié. 

Ce projet aboutira a priori à la publication d’un article et d’un reportage vidéo, si les personnes que j’interroge acceptent d’être filmées. Si, au contraire, ces personnes ne souhaitent pas parler à la caméra, peut-être transformerai-je ce projet en exposition (virtuelle ou réelle) de photos accompagnées de légendes. 

J’espère mener ce projet cet été, si les mesures gouvernementales en réponse à la crise sanitaire le permettent. Cela dépendra aussi de la disponibilité de celles et ceux que je veux interroger. Et si ce n’est pas possible cet été, ce sera pour l’hiver prochain ! 

Que souhaitez-vous faire après l’obtention de votre diplôme ? 

Pour l’instant, je dois encore terminer mon master de politiques publiques (spécialité Digital, New Technology & Public Policy (EN)) à l'École d'affaires publiques. En parallèle, j’étudie la géographie alimentaire à la Sorbonne. Lorsque j’aurai présenté mon mémoire pour ce deuxième programme, j’espère poursuivre une carrière dans le domaine de la politique alimentaire, et plus spécifiquement dans celui de la food tech (technologie alimentaire). 

Article initialement publié sur le site de Sciences Po par son équipe éditoriale

*à partir de 2020, l’italien ne sera plus enseigné sur le campus de Menton

À propos du Prix Max Lazard 

Depuis 1956, le Prix Max Lazard soutient des candidats désireux d'approfondir une idée ou une passion et de se confronter à eux-mêmes et au monde. Il rend hommage à Max Lazard (1875-1953), homme engagé qui s'écarta de la banque fondée par sa famille, devint travailleur social bénévole, et rédigea une thèse sur le chômage. Max Lazard seconda Albert Thomas durant la guerre de 14-18 et se mobilisa ensuite pour l'éducation civique et politique dans un esprit européen.

Le prix récompense des projets originaux qui témoignent d’une démarche personnelle et ont souvent une portée sociale et civique. Il peut s'agir d'une enquête, d'un voyage d'étude ou de découverte, d'un séjour dans une institution ou dans un groupe social en France ou à l'étranger, ou d'une recherche documentaire ou éditoriale. Le prix a distingué à ses débuts Serge Klarsfeld, puis bien d'autres lauréats dont certains sont devenus des chercheurs reconnus. 

Les lauréats reçoivent un accompagnement financier d’un montant de 3000 euros et se voient offrir la possibilité de publier un article ou dossier sur le site de la revue Sens public, sous réserve d’acceptation par le comité scientifique. Les candidats sélectionnés et reçus par le jury peuvent également participer aux blogs liés à Sens Public et à leur rédaction.

Pour en savoir plus :

Tags :

"Je ressentais le besoin de m'engager pour une cause qui me tenait à cœur"

Alice Voirand raconte son engagement pour la santé des femmes
  • Alice Voirand ©AVAlice Voirand ©AV

Nouvellement diplômée du Master Politiques publiques de l’École d’affaires publiques, Alice Voirand vient d’obtenir la Certification avancée en études de genre qui valide son parcours de formation pluridisciplinaire en études de genre. Elle nous raconte son engagement universitaire, professionnel et associatif pour la santé des femmes.

COMMENT EST NÉ VOTRE INTÉRÊT POUR LES ÉTUDES DE GENRE ?

J’ai grandi dans un environnement plutôt masculin, avec deux frères aînés que je prenais pour modèles. J’ai passé mon enfance à vouloir m’affirmer et prendre ma place auprès d’eux, j’étais guidée par des figures de femmes fortes, notamment le personnage d’Hermione Granger dans Harry Potter. En arrivant au lycée, j’ai découvert la sociologie : j’ai compris que les garçons et les filles étaient socialisés différemment, que l’image de la femme reflétée par la société n’était pas la même que celle de l’homme, j’ai compris que dans la société actuelle nous n’avions pas les mêmes opportunités. J’ai donc voulu m’élever contre cela et les biais que j’ai pu intérioriser, qui me poussent encore aujourd’hui à toujours vouloir prouver ma valeur.

POUVEZ-VOUS NOUS RETRACER VOTRE PARCOURS À SCIENCES PO ?

J’ai suivi plusieurs cours en études de genre à Sciences Po, enseignés notamment par Camille Froidevaux-Metterie, Réjane Sénac et Marta Domínguez Folgueras. Ces cours m’ont permis de clarifier mon projet professionnel : c’est au travers de ces enseignements et d’engagements personnels que j’ai compris l’importance du combat pour l’égalité femmes-hommes et la nécessité de défendre ces valeurs dans mon travail.
Pendant mon année de césure, j’ai suivi la Préparation Militaire Supérieure État-Major de la Marine nationale dont je suis diplômée deuxième de promotion, sur 120 : il était important pour moi de m’affirmer et de dépasser mes limites dans un environnement très masculin. Étant désormais officier, j’ai pour projet de trouver un contrat de réserve en lien avec les questions de genre, l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations au sein des armées.

Aujourd’hui, je nourris mon intérêt pour les études de genre à travers la lecture d’ouvrages féministes et l’écoute de podcasts : cela me permet d’apprendre toujours plus, de mûrir et construire mon discours pour être capable de défendre les droits des femmes sans m’autocensurer.

VOUS AVEZ EFFECTUÉ VOTRE STAGE DE FIN D’ÉTUDES DANS UNE ENTREPRISE DE CULOTTES MENSTRUELLES FRANÇAISE. QUELLES ÉTAIENT VOS MISSIONS ?

FEMPO est la première marque française de culottes menstruelles. J’ai découvert l’entreprise début 2019 et ai eu un énorme coup de cœur ! D’abord pour les culottes, qui ont révolutionné mes règles en me permettant de vivre cette période de manière beaucoup plus confortable tout en protégeant ma santé et la planète, mais aussi pour le projet global — aider les femmes à se réapproprier leur corps —  et pour le site web, qui donne envie de dépasser ses limites, de s’affirmer. C’était pendant mon année de césure, et je remettais beaucoup en question mon orientation : je ressentais de plus en plus le besoin de m’engager pour une cause qui me tienne vraiment à cœur, d’avoir un impact. Et rien n’est plus important pour moi que d’améliorer la condition des femmes dans leur vie, au travail. Je me suis donc immédiatement tournée vers FEMPO pour mon stage de fin d’études !

De janvier à juin 2020, j’ai été stagiaire marketing et responsable des partenariats dans le domaine de la santé et de l’éducation : j’organisais des événements visant à faire connaître la marque, rendre visibles les règles, sensibiliser à la santé féminine, je gérais également les partenariats avec des associations humanitaires, à travers des dons mensuels de culottes. J’ai aussi créé des offres destinées aux professionnels de santé, leur proposant de tester les culottes et d’y sensibiliser leur patientes. Enfin, j’ai co-créé et animé le podcast FEMPO, qui vise à informer et sensibiliser les femmes pour qu’elles comprennent mieux leur corps tout en brisant le tabou des règles.

POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?

Avant de créer la culotte menstruelle FEMPO, Claudette et Fanny, les créatrices de la marque, ont fait un sondage auprès de 3000 femmes et se sont rendu compte qu’il y avait une profonde incompréhension sur les règles et la santé féminine, et surtout un énorme désir de connaissance : les femmes connaissent mal les menstruations et obtiennent parfois des informations fausses, qui peuvent être préjudiciables pour leur santé. Il est donc essentiel de parler librement de ce sujet et d’informer les femmes sans tabou ! Elles ont donc décidé de créer un lieu d’échange et d’information en ligne pour aider les femmes à mieux comprendre leur corps. Cela a commencé avec le blog FEMPO : nous recevons énormément de questions sur des sujets liés à la santé féminine, auxquelles nous répondons en rédigeant des articles.

En complément du blog, nous avons décidé de créer pendant le confinement le podcast FEMPO, avec ma collègue Nina. Le podcast est dédié à la santé féminine, avec des épisodes courts informatifs et des épisodes longs d’interviews de professionnels de santé ou d’associations. Nina et moi sommes toutes les deux passionnées par la santé féminine et voulons faire tout notre possible pour aider les femmes à se réapproprier leur corps et leur biologie. Nous avons réalisé une quinzaine d’épisodes, dont huit avec des professionnels de santé et nous bénéficions d’environ 2 000 écoutes par épisode. C’était une expérience réellement passionnante !

VOUS AVEZ CHOISI D’ABORDER LE TABOU DES MENSTRUATIONS ET DE LA PRÉCARITÉ MENSTRUELLE LORS DE VOTRE GRAND ÉCRIT. POURQUOI CE SUJET ?

Dans les croyances populaires et les mythes, les menstruations ont souvent été associées à l’impureté et prétendues nocives. Cela a donné naissance à un tabou profond qui isole les femmes et les exclut de certaines activités économiques et sociales. Aujourd’hui encore, les règles sont souvent associées au dégoût, à la honte ; elles peuvent constituer une étape difficile dans le développement des jeunes filles. Plusieurs problématiques liées aux menstruations ont fait surface récemment dans le débat public, mais le sujet n’a jamais été abordé dans sa globalité. Pourtant, les menstruations renferment des problématiques variées et doivent être abordées de manière globale. Pour mon Grand Écrit, j’ai donc analysé dans quelle mesure l’éducation et la sensibilisation à la santé féminine permettent de briser le tabou des règles tout en luttant contre la précarité menstruelle. J’ai abordé le tabou des menstruations, ses conséquences et les mesures d’information et de suivi sanitaire qui pourraient être mises en place pour y remédier.

Et je me suis aussi penchée sur la précarité menstruelle, problème de santé publique considérable, qui découle en partie du tabou des menstruations : c’est la difficulté ou le manque d’accès à des protections hygiéniques, par pauvreté, manque d’information, ou rareté. Selon l’association Règles élémentaires, 1,7 million de femmes seraient concernées en France, avec trois principales catégories de victimes : les femmes en situation d’extrême précarité, les femmes dans les lieux de privation de liberté, et les étudiantes pauvres. Cette problématique doit être traitée à l’échelle nationale : les politiques commencent à s’emparer du sujet, avec plusieurs rapports parlementaires, et des expérimentations vont être mises en place, avec notamment la gratuité des protections dans certains lieux clés — prisons, établissements scolaires, foyers… —, mais aussi des distributeurs permettant aux femmes d’acquérir des protections à travers une carte bancaire ou une carte prépayée, et le soutien des associations d’aide aux femmes précaires et sans domicile.

QUELS SONT VOS PROJETS POUR LA SUITE ?

J’enchaîne mon stage de fin d’études avec un CDD d’un an chez FEMPO ! Je suis chargée de mission marketing et partenariats. Je reste dans la même équipe, sur les mêmes missions que pendant mon stage. Et je m’occupe désormais de la rubrique éditoriale de FEMPO : j’optimise le blog et je rédige de nouveaux articles, pour informer au mieux sur la santé féminine. Le but est de permettre aux femmes de renouer un lien plus positif avec leur corps, leur biologie, leur cycle, pour les aider à s’affirmer ! Je vais aussi pouvoir participer de nouveau à des congrès de professionnels de santé, et des festivals organisés par des associations, pour présenter FEMPO et les bienfaits des culottes menstruelles.

À la rentrée, je vais aussi devenir bénévole pour Règles élémentaires, la première association française de lutte contre la précarité menstruelle. Je veux m’engager personnellement pour aider les femmes qui n’en ont pas les moyens à se procurer suffisamment de protections hygiéniques pour vivre décemment leur période de règles. Le droit à la santé menstruelle est un droit humain qui devrait être garanti pour toutes ! Alors j’ai l’intention de donner de mon temps et de mon énergie, en dehors de FEMPO, pour améliorer la situation.

Quant à la suite, je souhaite continuer à m’engager pour les droits des femmes et l’égalité femmes-hommes tout au long de ma carrière ! On verra où ce chemin me mènera, mais j’ai compris que c’était le meilleur moyen pour moi d’avoir un impact et d’être pleinement épanouie dans ma vie professionnelle.

Article initialement publié sur le site du Programme de Recherche et d'Enseignement des Savoirs sur le Genre (Presage)

EN SAVOIR PLUS

Tags :

Arthur Renaud, promotion 2015

Du Master Politiques publiques (anciennement Affaires publiques) au poste de fondateur de Stackadoc
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Interview d’Arthur Renaud, fondateur de Stackadoc et diplômé du Master Affaires publiques*, filière générale, promotion 2015.

Sciences Po :  Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Arthur Renaud : J’ai toujours pensé que la polyvalence et la capacité à créer des liens pluridisciplinaires étaient au cœur de toute réussite personnelle comme professionnelle. J’ai voulu que mon parcours académique, comme celui en entreprise, soit à l’image de cette philosophie. C’est pourquoi, après avoir suivi les enseignements de l’ENSAE ParisTech, notamment les premiers cours de Data Science, j’ai voulu aller plus loin et m’ouvrir à de nouvelles perspectives. Sciences Po a incarné cette transition. En rejoignant le Master Affaires publiques*, je pensais trouver de nouvelles compétences et une meilleure compréhension de l’articulation entre l’univers du privé et le monde du public. J’y ai découvert une passion vibrante pour la chose publique et le goût pour la complexité des enjeux. La binarité à laquelle on ramène trop souvent les problématiques sociales et politiques est elle-même problématique, comme j’ai pu l’apprendre lors des cours de lobbying de Sciences Po, dispensés par François Decoster et Axel de Martene.

Sciences Po : Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Arthur Renaud : Dès la fin de ma formation à Sciences Po en 2015, j’ai décidé de lancer ma première entreprise et de me frotter à l’entrepreneuriat. J’ai donc été, dès le départ, au service des start-ups : nous avons lancé une grande campagne de collecte de données dans l’optique de déterminer les chances de réussite d’une startup et ainsi aider ces acteurs à les maximiser. Je remercie chaque jour mes équipiers de RaisUP pour cette magnifique expérience car j’ai alors appris faire le tri et à distinguer l’utile du superflu.

J’ai ensuite co-fondé, en août 2015, la start-up ETAONIS, avec un objectif : conseiller les grands groupes pour valoriser la donnée interne et externe, et ainsi accroître leur productivité. 

Après quatre belles années de développement plutôt orientées “Conseil”, j’ai décidé de mettre les algorithmes que j’avais développé sous la forme d’un produit, qui pourrait être utile à un plus grand nombre. Stackadoc est née de cette pulsion. Nous ne nous contentons ni de la collecte de la donnée, ni de l’analyse : nous exploitons les deux approches, certains que nos utilisateurs, tous professionnels des Affaires Publiques, sont sensibles à cette complémentarité dans leur veille parlementaire et réglementaire. 

Sciences Po : Comment se déroule le processus de recrutement chez Stackadoc ?

Arthur Renaud : (Rires) Comme je suis le fondateur de Stackadoc, j’ai dû m’arranger avec moi-même. Je vous laisse imaginer la difficulté... En réalité, c’est plutôt la genèse du projet Stackadoc qui est intéressante. Notre start-up est le fruit d’un constat simple : la politique est devenue « infobèse ». L’émergence des nouvelles technologies, et notamment des réseaux sociaux a démultiplié les possibilités de faire et d’être en politique. La présence sur Twitter de l’immense majorité de nos représentants politiques et les stratégies agressives de Donald Trump, bousculant jusqu’aux systèmes les plus traditionnels comme les relations diplomatiques, en sont une preuve inéluctable. La transition numérique de la politique est en marche et la plupart des professionnels des Affaires Publiques sont peu voire pas préparés à cette dernière. Stackadoc existe précisément pour faciliter ce processus en permettant à ces acteurs d’avoir un monitoring de l’actualité parlementaire en temps réel et une analyse de la parole politique dans toute sa complexité. 

Sciences Po : Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

Arthur Renaud : A l’instar de ma formation et de mon parcours, mon poste de Fondateur Directeur-Général est protéiforme. En plus de gérer une équipe de trois data scientists, au coeur du perfectionnement constant de nos fonctionnalités, je coordonne la partie développement produit, celle qui nous permet de proposer de nouveaux contenus à nos utilisateurs en fonction de l’évolution de leurs besoins. Par ailleurs, je travaille chaque jour à rendre l’Intelligence Artificielle plus accessible et plus compréhensible pour nos clients. La polarisation autour de l’IA est pernicieuse, elle nous fait oublier que l’IA est avant tout un outil, non une fin en soi, et qu’à ce titre, elle demeure sous notre contrôle. Plus encore, l’IA est déjà partout autour de nous. Des suggestions automatiques à chaque page Web ouverte aux conseils que l’Intelligence Artificielle nous offrent, cette dernière est déjà au centre de nos vies. Compte tenu des mutations à venir des Affaires Publiques, nous faisons le pari que l’exploitation de la puissance de cette technologie doit se faire dès maintenant. Nos utilisateurs l’ont pleinement compris et nous rappellent fréquemment à quel point le gain de temps que notre application leur octroie est salutaire. Je suis fier de participer à cette belle dynamique. 

Sciences Po : Quelles ont été les contributions de votre formation à l'Ecole d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

Arthur Renaud : J’en ai tiré une capacité d’adaptation et une compréhension fine des rouages parlementaires dont je peux faire bénéficier mon équipe technique et qui se sont avérées précieuses dans l’identification des besoins de nos utilisateurs. Dans un milieu aussi mouvant que celui des start-ups, c’est un point de repère inestimable. Mais c’est véritablement mes cours de lobbying de l’EAP qui m’ont permis d’entrer dans la complexité des enjeux et de pouvoir, sans difficulté, échanger avec nos utilisateurs. Ces derniers, par leur expertise et la spécificité de leur domaine, partagent un univers linguistique particulier, que l’EAP permet de maîtriser à la perfection, tant grâce à son ouverture à l’international que par l’amplitude des connaissances prodiguées. Enfin, Sciences Po est une école pionnière pour l’introduction du digital dans l’enseignement supérieur. Lors de mon entrée en M1, Sciences Po était déjà en voie de numérisation. J’ai voulu aller plus loin et faire du passage au digital mon métier. Avec Stackadoc, j’ai, moi aussi, tracé ma voie. 

*L’Ecole d’affaires publiques qui abrite les Masters Politiques Publiques et Affaires Européennes a été créée en septembre 2015. Le Master Affaires publiques filière générale mentionné correspond aujourd’hui au Master Politiques publiques, spécialité Administration Publique. 

 

Tags :

Salomé Berlioux, promotion 2014

Du Master Politiques publiques (anciennement Affaires publiques) au poste de fondatrice de Chemins d'avenir
  • Actualité Sciences Po © Thomas ArrivéActualité Sciences Po © Thomas Arrivé

Originaire de l’Allier, Salomé Berlioux a livré une longue bataille contre l’autocensure avant d’obtenir son diplôme de l’École d’affaires publiques de Sciences Po. En 2016, elle engage le combat à grande échelle en fondant l’association Chemins d’avenirs, qui aide aujourd’hui 1000 jeunes issus des campagnes et des petites villes à surmonter les obstacles qui entravent leurs ambitions. Entretien avec une alumna déterminée.

Vous êtes vous-même issue d’une zone rurale, éloignée des filières élitistes et des codes qui vont avec... Quel a été votre parcours d’études ? 

Salomé Berlioux : J’ai grandi dans l’Allier et j’ai passé mon baccalauréat à Nevers, dans la Nièvre. À l’époque, mon professeur de philosophie m’avait conseillé de ne viser que des classes préparatoires à Clermont-Ferrand ou Dijon. J’étais très attachée à l’Allier, mais j’avais aussi envie de découvrir d’autres horizons. J’ai déposé des dossiers à Paris. J’ai eu la chance de rejoindre une classe préparatoire littéraire au lycée Fénelon. J’ai fait des études littéraires pendant cinq ans, notamment le master “De la Renaissance aux Lumières” proposé par l’École normale supérieure et la Sorbonne. C’est plus tard, grâce à Sciences Po, que j’ai compris que je pouvais m’ouvrir à bien d’autres voies.

Comment avez-vous découvert Sciences Po ? 

Salomé Berlioux : J’en ai entendu parler quelques semaines avant le baccalauréat, bien trop tard pour me préparer, même si j’ai tout de suite été attirée par l’école. Quelques années plus tard, admissible en master, j’ai raté l’oral d’admission. Il faut dire que je ne maîtrisais absolument pas les codes qui permettaient d’y briller. J’ai retenté ma chance et j’ai finalement intégré l’École d’affaires publiques. Sciences Po est une école à laquelle je dois beaucoup : j’ai eu enfin le sentiment que les portes s’ouvraient vers un avenir moins déterminé par mes origines géographiques. J’étais logée chez mes grands-parents et, en tant que boursière, je n’ai payé aucun droit de scolarité : rien n’aurait été possible sans cela. 

Quand et comment avez-vous commencé à vous intéresser aux jeunes des territoires ruraux et aux obstacles qu’ils rencontraient ? 

Salomé Berlioux : Durant mes études, j’ai donné des cours à des lycéens qui voulaient eux aussi intégrer Sciences Po. Année après année, il m’apparaissait évident que les jeunes des territoires ruraux travaillaient aussi dur que les autres, mais échouaient plus souvent à l’oral que leurs camarades urbains. C’était le cas pour Sciences Po mais aussi, plus largement, pour d’autres filières sélectives. Mon cas individuel prenait une résonnance collective. Il faut dire que 23 % des moins de 20 ans grandissent en zone rurale, et 42 % dans les petites villes : Moulins, Verdun, Charleville-Mézières… Ces jeunes plein de potentiel sont majoritaires, cumulent les obstacles et sont pourtant longtemps demeurés dans l’angle mort des politiques publiques. 

Vous avez fondé en 2016 l’association “Chemins d’avenirs” pour aider les jeunes des zones rurales à briser ces obstacles. L’association compte aujourd’hui 12 salariés et accompagne un millier de jeunes partout en France. Quelle est l’originalité de votre action ? 

Salomé Berlioux : Puisque les pouvoirs publics ne proposaient pas de dispositifs spécifiques pour les jeunes éloignés des grandes métropoles, c’était à la société civile d’agir ! Nous avons été la première structure à accompagner les jeunes des zones rurales, indépendamment de leurs résultats scolaires et quelles que soient leurs ambitions : qu’ils aient envie de devenir diplomate, artisan, ingénieur ou agriculteur. L’impératif n’est pas de tous les envoyer dans de grandes écoles, mais de leur permettre d’être libres de réaliser leur potentiel. Aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas, loin s’en faut. Ces jeunes sont souvent assignés à résidence pour des raisons économiques ou psychologiques, avec moins d’opportunités culturelles, académiques ou professionnelles à proximité de leur domicile, moins de "rôles-modèles" auxquels s’identifier. Leur champ des possibles est réduit, dès le départ, alors que leurs origines géographiques pourraient représenter un véritable atout. Notre mission est de les accompagner dans la réalisation de leur parcours. Mais aussi, à plus grande échelle, de tisser des liens entre les territoires, entre les générations, les professions, au profit de la cohésion nationale.

Témoignages de filleuls Chemins d'avenir :

Qui accompagnez-vous et comment ? 

Salomé Berlioux : Nous nous adressons à tous les profils, dès le collège et le lycée. Le seul critère pour rejoindre l’association : être motivé. Dans les faits, les jeunes qui postulent pour nous rejoindre sont en majorité des élèves qui ont entre 8 et 13 de moyenne, sur lesquels personne ne semblent parier… et qui peuvent pourtant aller très loin. Mais aussi des élèves en décrochage ou au contraire d’excellents éléments. L’association s’attaque minutieusement à la chaîne d’obstacles qui limite leurs aspirations, en luttant contre le manque d’informations et les biais d’autocensure mais aussi en proposant des solutions concrètes, sur le terrain. Avec l’Éducation nationale et nos partenaires privés, nous avons ainsi construit une méthode de connaissance de soi pour nos filleuls. Le parrainage constitue un autre pilier de notre action, sur le modèle du mentorat qui a fait ses preuves dans d’autres domaines. Nous proposons également des formations thématiques pour les jeunes, et des opportunités en plus pour nos bénéficiaires (stages, bourses, ateliers d’empowerment, rencontres avec des professionnels.) Notre objectif n’est pas de tout réinventer, mais de construire un écosystème de réussite. Nous misons avant tout sur le bon sens et le pragmatisme, en mesurant chaque année notre impact à l’aide d’indicateurs de réussite qualitatifs et quantitatifs.

Avez-vous des exemples d’actions simples qui permettent d’ouvrir les possibilités ?

Salomé Berlioux : Prenons le seul exemple des oraux d’admission. En la matière, l’information est le nerf de la guerre. Il suffit d’expliquer aux jeunes ruraux comment ces oraux fonctionnent, quels sont les attendus. C’est une évidence, ces élèves ne sont pas plus bêtes que les autres ! Mais si on ne leur donne pas les clés, ils subissent les entretiens. Nous aidons les candidats des territoires isolés à devenir acteurs de leurs oraux. Nous les aidons à décrocher des stages, à avoir des engagements associatifs qui en diront beaucoup sur leur personnalité. Mais il faut à mon sens aller plus loin, en faisant entrer le critère territorial dans la démarche d’ouverture sociale des grandes écoles et des filières sélectives. De même, les entreprises gagneraient à faire évoluer leur définition de la diversité, en y intégrant la dimension territoriale. 

Où en est l’association aujourd’hui et quelle sont vos objectifs pour la suite ? 

Salomé Berlioux : Aujourd’hui l’association accompagne 1 000 jeunes, avec 1 000 parrains sur tout le territoire et des partenariats locaux et nationaux. Nous allons désormais densifier le travail dans nos 8 académies partenaires avant de poursuivre notre essaimage et accroître aussi notre indépendance économique. En parallèle, nous intensifions notre action de plaidoyer. En 2023, Chemins d’avenirs aura accompagné individuellement 3 000 jeunes. La question en interne est celle de notre impact systémique et des leviers de transformation que nous pouvons actionner. Mais c’est aussi aux politiques publiques de s’emparer du sujet, pour toucher massivement les jeunes concernés. Il faut passer à la vitesse supérieure. J’ai bon espoir.

Avez-vous des pistes à proposer pour les politiques publiques plus efficaces en la matière ? 

Salomé Berlioux : Avec les associations du Collectif mentorat, nous travaillons depuis près d’un an de façon à ce que nos expériences conjuguées débouchent sur un programme national de mentorat, soutenu par l’État. Le mentorat est un véritable levier d’ascension sociale et de réalisation de soi, auquel nous croyons fermement et qui produit des résultats quantifiables. L’enjeu est aujourd’hui que chaque jeune qui en a besoin soit accompagné par un professionnel du secteur public ou privé et puisse avancer en confiance dans la construction de son parcours. Ce serait un signal formidable à opposer aux fractures territoriales et sociales de l’après crise sanitaire et un signe d’espoir pour la cohésion nationale.

Article realisé par L'équipe éditoriale de Sciences Po et initialement publié sur www.sciencespo.fr

En savoir plus 

  • Sur Salomé Berlioux : Diplômée du Master affaires publiques de Sciences Po, Salomé Berlioux est passée par le conseil stratégique en communication et des postes en cabinets ministériels, notamment au ministère des Affaires étrangères. Elle est fondatrice et directrice générale de l’association Chemins d’avenirs. Elle est co-auteure des Invisibles de la République (avec Erkki Maillard, éditions Robert Laffont, janvier 2019). Elle a été missionnée par le ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse sur le thème « Orientation et égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes » et a rendu son rapport en mars dernier. Son nouvel essai « Nos campagnes suspendues – La France périphérique face à la crise » a été publié en octobre 2020 aux éditions de L’Observatoire.
  • Sur l’association Chemins d’Avenirs
  • Sur l'École d'affaires publiques
Tags :

Journée portes ouvertes Masters : 28 novembre 2020

  • Journée des Masters 2020Journée des Masters 2020

Quel master de Sciences Po est fait pour vous ? Comment réussir votre admission ? Ne ratez pas la Journée des masters 2020 ! Une édition entièrement virtuelle pour obtenir les réponses à toutes vos questions.

Ouverte et accessible à tous, notre prochaine journée portes ouvertes de Sciences Po dédiée aux masters sera organisée entièrement en ligne le 28 novembre 2020 !

En raison des incertitudes sur la situation sanitaire, aucun visiteur ne sera accueilli sur nos campus de Paris.

Tags :

Témoignage d'une étudiante diplômée

Du Master affaires européennes à PwC
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Quels sont les parcours de nos diplômés après l'École d’affaires publiques (EAP) ? Découvrez le témoignage de Katharina Poirier, ancienne étudiante du Master affaires européennes, filière Energie. 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique et professionnel ?    

J'ai d'abord fait ma licence en communication et management à Hanovre, en Allemagne, puis mon master en affaires européennes à l'Ecole d'affaires publiques de Sciences Po à Paris, que j'ai terminé en 2019.  Pendant mes études, je me suis spécialisée dans l'énergie, les ressources et le développement durable et j'ai eu l'occasion de faire des stages aux Nations unies au Canada et à l'AIE (OCDE) à Paris.

Depuis 2019, je travaille pour PwC au sein du département Énergie et services publics. J'ai commencé à Düsseldorf, en Allemagne, et j'ai fait partie de la cellule des audits énergétiques relatifs aux subventions aux énergies renouvelables. Je travaille actuellement comme consultante dans l'équipe française de gestion de portefeuille et de programmes, où mes collègues et moi avons comme objectif la réussite d’une transition écologique européenne. 

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre plan de carrière ?   

Tout d'abord, une suite logique. Toutes mes expériences, positives et négatives, m'ont permis de m'orienter professionnellement et m'ont aidé à prendre des décisions. J'ai toujours été passionnée par l'environnement, l'énergie et la Communauté européenne. Par exemple, pendant ma licence, j'ai commencé par un stage dans le domaine de la biodiversité et j'ai ensuite trouvé que le thème de la transition énergétique était un très bon lien, que j'ai continué à approfondir.

Deuxièmement, de nombreuses opportunités. En Allemagne, je n'ai pas commencé par un emploi, ce que j'avais imaginé auparavant. Néanmoins, l'expérience professionnelle a été très enrichissante et m'a permis de passer en interne à l'équipe française de PwC et de faire maintenant exactement ce que je voulais faire. Il est important de rester ouverts et d'envisager différentes possibilités en ce qui concerne votre carrière. 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui s'engagerait, comme vous l'avez fait, dans un cabinet de conseil ?    

En particulier en début de carrière, le conseil est une très bonne occasion de se familiariser avec une grande variété d'entreprises et de se constituer un réseau professionnel. Je recommande à chacun d'utiliser pleinement ce réseau, d'organiser de nombreux déjeuners d'affaires et de tirer parti des connaissances des autres. Chaque jour est passionnant, et des entreprises comme PwC proposent de nombreuses initiatives, des groupes de travail et un développement commercial interne où vous pouvez poursuivre vos passions et développer votre plan de carrière. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre travail aujourd'hui ?    

Varié, instructif et souvent imprévisible. Il est donc important dans ce métier d'être curieux et flexible. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à la fonction que vous occupez aujourd'hui ?    

Pendant mes études à Sciences Po, j'ai appris à aborder les questions et les problèmes de manière structurée et méthodique. Cela m'aide de façon quotidienne et c’est très apprécié. De plus, le contenu des études a constitué une très bonne base, complète, pour débuter dans le domaine de l'énergie et des services publics. Vous acquérez des connaissances spécialisées supplémentaires au cours des projets et grâce à votre équipe.  En outre, le travail d'équipe est important non seulement pendant les travaux de groupe à Sciences Po, mais aussi pendant le travail dans des entreprises comme PwC. Ainsi, mon engagement dans l'Association de l'École d’affaires publiques, par exemple, a été une excellente préparation pour le poste et pour travailler avec d'autres collègues. Je recommande vivement cette expérience. 

En savoir plus

Tags :

Thomas Monarchi-Comte, promotion 2018

Du Master Politiques publiques, spécialité Administration publique à l'écosystème pionnier Ulterïa
  • Thomas Monarchi-Comte © Alexandre SurreThomas Monarchi-Comte © Alexandre Surre

Découvrez le parcours de Thomas Monarchi-Comte, depuis l'obtention de son Master Politiques publiques, spécialité Administration publique, en 2018 jusqu'à son poste de Délégué général de la Fondation actionnaire et Responsable des Affaires publiques chez Ulterïa. Thomas est également conseiller municipal d’une commune de l’Yonne depuis mars 2020. 

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai intégré Sciences Po après mon Bac ES. D’abord pour 2 ans au sein du campus de Dijon, afin de donner dès le début de mon cursus une dimension internationale et européenne. J’ai ensuite souhaité profiter de ma 3A pour faire un stage professionnel aux Etats-Unis. J’ai travaillé dans un secteur que je ne connaissais pas du tout, l’investissement immobilier à Miami, mais qui fut riche en enseignements. De retour en France, j’ai intégré le Master Politiques publiques à Paris. Cela a ensuite été pour moi l’occasion de réaliser mon stage de fin d’études dans une agence de communication parisienne, au sein de leur équipe d’affaires publiques. Cette même agence, Rumeur Publique, m’a proposé un emploi de consultant en Affaires publiques à l’issue de mon stage. Après un peu plus de deux ans passés chez Rumeur Publique, je souhaitais donner une nouvelle orientation à ma carrière, aspirant à plus de sens dans mon emploi et éventuellement à quitter Paris. Je crois que c’est d’ailleurs très à la mode après le confinement que nous avons vécu ! 

J’ai eu une belle opportunité début 2020 dans une grosse PME en Bourgogne, qui se développe notamment … dans le village où j’ai grandi ! La jolie histoire est devenue une nouvelle étape dans ma (jeune) carrière.  

Quelles ont été les principales étapes de construction de votre projet professionnel ?

Ma 3e année en stage professionnel a confirmé mon intérêt pour le secteur privé mais je conservais un fort tropisme pour le secteur public. Le lobbying était donc un moyen de réaliser cette jonction entre les sphères entrepreneuriales et publiques. Tout l’intérêt de mon métier réside dans ce fait d’être une interface entre les problématiques respectives des décideurs privés et publics. 

Aujourd’hui, je me sens beaucoup impliqué dans la revitalisation des territoires ruraux, presque oubliés de la mondialisation. L’Yonne en est un bon exemple je trouve. Ulterïa s’est bâti autour de valeurs très fortes, dont un ancrage sincère dans les territoires où sont implantées ses menuiseries.  

Comment s’est déroulé le processus de recrutement chez Ulterïa ?

C’est avant tout une histoire de chèvres ! 

Mon recrutement est d’abord passé par une rencontre avec les deux fondateurs d’Ulterïa (150 salariés) en novembre 2019 lors de l’inauguration d’une chèvrerie bio qu’ils avaient en partie financée. Au milieu des chèvres, nous avions échangé sur leur entreprise et leur développement, je trouvais qu’ils ne valorisaient pas assez leurs réussites et leurs valeurs. Ils construisent notamment dans l’Yonne la première usine recyclable (principe Cradle-to-Cradle) en Europe, et personne ne le sait… Nous avons continué d’échanger et en décembre, j’ai passé 4 entretiens chez Ulterïa, avec les 2 fondateurs et 2 autres salariés. Au-delà d’entretiens formels, ce sont des discussions. Ensuite ils prennent une décision en intelligence collective. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre job aujourd'hui ?

La polyvalence. Je m’occupe de leur fondation actionnaire (Ulterïa est une des premières entreprises françaises à avoir cédé une partie de son capital à un organisme à but non lucratif) mais aussi de leurs affaires publiques, du suivi des appels d’offres et d’autres projets, notamment sur leur communication et positionnement de marques. 

Les problématiques, très différentes les unes des autres, nécessitent une très bonne capacité d’adaptation personnelle. 

En valorisant publiquement les engagements d’Ulterïa (philanthropie, entreprises bientôt B-Corp, éco-conception de leurs produits…), c’est une véritable participation au développement de l’entreprise. C’est aussi une plongée dans le concret, « les pieds dans la glaise », aux côtés d’une PME pionnière quand beaucoup se mettent seulement maintenant à parler de « RSE, missions, engagements etc. »  

Quels conseils donneriez-vous à un.e étudiant.e ou jeune diplômé.e cherchant une première expérience professionnelle ?

La 3A peut être une première occasion pour l’étudiant d’effectuer un stage professionnel long, en plus à l’étranger. Les stages ont cet avantage de valider ou d’infirmer sa réflexion sur « est-ce bien cela que je veux faire plus tard ? », outre le fait d’augmenter sa confiance en soi et son adaptabilité pour appréhender de nouvelles situations. 

Avec cette première immersion dans le monde professionnel, les stages peuvent ensuite être mis en avant pour décrocher un premier emploi. Il faut que l’étudiant se demande ce que recherche l’entreprise, et adapte son CV afin de faire ressortir les actions passées ou compétences en lien avec l’emploi proposé et les travaux de l’entreprise. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

L’EAP m’a permis de très bien appréhender le fonctionnement du secteur public, du processus décisionnel au sein de l’Etat et de ses administrations. Des connaissances extrêmement utiles lorsque l’on travaille à faire le lien entre le secteur privé et les décideurs publics ! Dans mon emploi actuel, ces connaissances me permettent de conseiller les co-fondateurs et codirigeants d’Ulterïa sur leurs relations avec les pouvoirs publics, sur les meilleures manières d’interagir et de construire une relation de travail avec eux. 

La richesse de la formation politiques publiques a résidé, selon moi, dans le fait qu’en plus de cours sur le secteur public, nous avons pu profiter d’enseignements sur l’entrepreneuriat et la vie en entreprise ou sur les nouvelles technologies. Je me souviens par exemple particulièrement d’un professeur, énarque et membre du Conseil d’Etat, à l’époque travaillant à la Commission de Régulation de l’Energie, qui dispensait un cours mettant en relation innovation digitale, souvent issue du secteur privé, et puissance publique. Cette richesse des cours permet à un étudiant de l’EAP d’appréhender aussi bien les problématiques du secteur public que privé.

Tags :

Découvrez l'incubateur de politiques publiques de l'EAP

Proposé à tous les étudiants en fin de première année de Master, l'Incubateur de politiques publiques est l'un des programmes pédagogiques phares du Policy Lab (Laboratoire de politiques publiques) de l'Ecole d'affaires publiques.

L’objectif de ce programme est d’accompagner les étudiants dans la co-création de solutions concrètes visant à résoudre les préoccupations des citoyens, des administrations publiques et des entreprises privées, et ce au travers de prototypes novateurs, opérationnels et tournés vers les usagers. Les méthodologies innovantes et des technologies de pointe mobilisées à cet effet favorisent la démocratie ouverte et l'intelligence collective. En travaillant sur des défis réels, les étudiants acquièrent une véritable expérience professionnelle : ils suivent un cycle complet d’innovation basé sur un apprentissage par la pratique et une approche éthique fondée sur l'expérience et l’analyse de données factuelles. 

 En savoir plus

Tags :

« Pour une nouvelle approche française de la fiscalité du numérique »

Policy brief de Frédéric Douet, à l'invitation de la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté
  • Actualité Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté. Photo © Igor BatrakovActualité Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté. Photo © Igor Batrakov

A l’invitation de la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté, Frédéric Douet, professeur de droit privé et de sciences criminelles à l’Université Rouen-Normandie et expert de la fiscalité numérique dresse l’inventaire dans ce policy brief des dispositifs français actuels régissant la fiscalité du numérique. Il en évalue l’efficacité et les limites afin de proposer un nouveau modèle, fondé sur la mise en place d’une micro-taxe sur les transactions numériques.

Le Code général des impôts est, à l’heure actuelle, inadapté à l’économie numérique, comme l’illustrent les échecs de la taxe sur le trading haute fréquence ou du compte PME Innovation (CPI). Il convient donc, dans ce contexte, de réinventer notre système fiscal afin de répondre de manière satisfaisante aux défis du numérique. Frédéric Douet

Faisant l’analyse d’un système fiscal pensé pour imposer l’économie du XXème siècle et des défaillances des dispositifs spécifiques récemment mis en place, Frédéric Douet partage, dans ce policy brief, ses recommandations pour une fiscalité innovante et efficace de l’économie numérique.

Pour une nouvelle approche française de la fiscalité du numerique Pr. F. Douet, Juin 2020 (10 pages, 397 Ko)

Tags :

Océane Evrard, promotion 2018

Du Double Diplôme Sciences Po et HEC, Master Politiques publiques, au poste de consultante associée au cabinet Nordmann
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel? 

J’ai commencé mon cursus par le collège universitaire de Sciences Po, durant lequel j’ai réalisé ma troisième année à Philadelphie. A mon retour des Etats-Unis, j’ai souhaité compléter ma formation en intégrant le double-diplôme avec HEC Paris, intitulé Corporate and Public Management. Ce double-diplôme m’a permis à la fois de poursuivre mon exploration des sciences politiques en intégrant le master Affaires publiques de Sciences Po tout en acquérant des compétences en gestion et management. Non seulement cette double formation a été très complémentaire sur le plan académique, mais a également été très enrichissante sur le plan humain : elle m’a permis de découvrir des réseaux, des cultures, des manières d’aborder le marché du travail différemment !

J’ai intégré à la fin de mon cursus un cabinet de conseil en stratégie spécialisé en santé : le cabinet Nordmann. Entrée en tant que stagiaire de fin d’études, j’y suis aujourd’hui associée.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

C’est durant mes années de master que j’ai pu identifier plusieurs de mes attraits, qui continuent aujourd’hui à guider mes choix professionnels. En premier lieu, mon goût pour le risque et l’entreprenariat que j’ai découvert en réalisant plusieurs stages en start-ups et en m’investissant activement dans certaines associations. Ensuite, mon intérêt pour le management et la gestion que j’ai pu vérifier durant ma première année de master à HEC. Et enfin, mon souhait de m’investir dans un secteur qui fait sens pour moi : la santé.

Comme beaucoup de sciences-pistes, je me suis posé de nombreuses questions durant tout mon parcours, et de plus en plus ma date de diplomation approchant … J’ai envisagé de faire du conseil dans un Big Four, de passer les concours de la fonction publique pour devenir directrice d’hôpital… jusqu’à trouver la réunion de l’ensemble de ces envies chez Nordmann. C’est grâce à un ami de promotion qui y avait effectué son stage que j’ai découvert le cabinet : il m’offrait à la fois la possibilité de participer à une aventure entrepreneuriale ambitieuse (le cabinet a été créé en 2015 et a connu une forte croissance), d’être fortement et rapidement responsabilisée (nous sommes une petite équipe et les consultants sont très rapidement sur le terrain et en front office) et d’approfondir mes connaissances dans le secteur qui m’intéresse.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement avec le cabinet Nordmann ?

Une fois la prise de contact réalisée, le processus de recrutement chez Nordmann a été très rapide. M’étant préparée aux entretiens des cabinets de conseil en stratégie, j’ai été peu surprise par le contenu. Surtout, nous avons très vite senti avec mon recruteur un réel « fit » qui a fait pencher la balance rapidement. Si j’avais un conseil pour les jeunes diplômés, ce serait le suivant : la démonstration de vos compétences est évidemment primordiale dans un entretien de recrutement, mais n’oubliez surtout pas de prendre en compte votre ressenti et le laisser parler afin que votre recruteur sente votre enthousiasme et qu’il ait envie de travailler avec vous.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Ma progression chez Nordmann a été forte et rapide : après un peu plus de deux ans au sein du cabinet, je suis aujourd’hui associée au capital. 

Je gère donc aujourd’hui des missions de conseil en stratégie de A à Z pour des établissements de santé : projets de développement, projets d’investissement, refonte de la gouvernance, etc. Dans ce cadre, j’encadre plusieurs juniors pour la production des livrables, je suis responsable de la qualité et je gère la relation client.

Mais mon statut d’associée me permet également de participer activement à la stratégie de la boîte : business développement, stratégie RH, fonctionnement interne, … et tant d’autres ! Aujourd’hui, je vis grâce à Nordmann l’expérience entrepreneuriale dans laquelle je n’aurais pas osé m’engager seule en sortie d’école.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'Ecole d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

Ma formation à Sciences Po m’a beaucoup apporté : ma connaissance de la santé publique a tout d’abord été un réel atout pour m’immerger rapidement. Mais au-delà des connaissances théoriques, mon parcours à Sciences Po m’a permis de me familiariser avec la culture et le mode de fonctionnement du secteur public.

Sur le plan des compétences, ma formation m’a également donné des méthodes pour réfléchir et creuser un sujet, le mettre en perspective, gérer une charge de travail qui peut être variable, autant de compétences que j’ai pu enrichir et développer durant mon début de carrière.

Mais surtout, je dirais que Sciences Po a contribué à me forger en tant que personne : même si je ne suis pas au bout du chemin, mon école m’a appris à être proactive, à prendre des risques et surtout à rester toujours critique et en éveil intellectuel sur le monde qui m’entoure. C’est ce dont je lui suis le plus reconnaissante.

En savoir plus

Tags :

Julien Rouvreau, promotion 2018

Du Double diplôme Sciences Po et LSE, Master European Affairs, au poste de consultant chez YCE Partners
  • Julien Rouvreau © Pierre-Luc DELAGE, 2019Julien Rouvreau © Pierre-Luc DELAGE, 2019

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai tout d’abord effectué la Licence de Lettres Parcours renforcé Sciences Po dispensée à l’Université de Poitiers - une formation pluridisciplinaire riche d’enseignements reposant sur les sciences sociales, la littérature, et les langues - qui m’a permis de me préparer à Sciences Po dans les meilleures conditions. Dans ce cadre, j’ai notamment eu la chance de réaliser un semestre d’études au King’s College London et deux stages dans le domaine des affaires européennes, à Bruxelles. J’ai ensuite choisi d’intégrer le double-diplôme en affaires européennes proposé par Sciences Po et la London School of Economics and political science (LSE) : ceci m’a permis d’être diplômé de l’école d’affaires publiques Sciences Po et du Msc in Political Economy of Europe de la LSE. Il m’était important de développer mes connaissances des affaires publiques nationales et européennes, tout en développant mes connaissances en termes de politiques économiques, pour lesquelles j’avais un intérêt grandissant.

Après l’obtention de mes diplômes en 2018, je suis retourné au Parlement européen à Bruxelles, en tant qu’assistant parlementaire accrédité. J’ai ainsi pu mettre en pratique les deux facettes que j’avais eu à cœur de développer pendant mes études : les affaires publiques et européennes et les questions de politique économique, en suivant la commission de l’emploi et des affaires sociales.

A la fin de la précédente mandature, je suis retourné à Paris pour découvrir un secteur qui attirait ma curiosité, que je ne connaissais que peu jusqu’alors : le domaine du conseil. Je me suis tout naturellement tourné vers YCE Partners, cabinet de conseil spécialisé en protection sociale qui avait déjà retenu mon attention lors d’un évènement conseil pendant mes études rue Saint-Guillaume.

Consultant chez YCE Partners depuis septembre 2019, je continue donc à m’inscrire dans cette double perspective qui m’est chère depuis maintenant plusieurs années : celle des affaires publiques en travaillant au plus près de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques et celle des sujets de politique économique, notamment ceux liés à l’emploi et aux affaires sociales.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Je dirais qu’il s’agit de chaque expérience m’ayant permis de me confronter concrètement au monde professionnel : j’entends par là les expériences de stages, associatives ou professionnelles. Étudiant, j’avais un intérêt très prononcé pour certaines questions, mais il m’était difficile de savoir si ces appétences pouvaient également s’établir dans le monde professionnel. C’est véritablement la mise en pratique de mes compétences et connaissances dans un environnement donné qui m’ont permis de construire durablement mon projet professionnel.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez YCE Partners ?

Chez YCE Partners, le processus de recrutement se déroule en plusieurs temps : un premier entretien RH, un second entretien avec l’un de nos consultants ou managers, puis deux entretiens avec les associés. Le processus de recrutement est donc bienveillant mais exigeant, puisque chacune des étapes peut disqualifier les candidats.

J’ai particulièrement apprécié la possibilité d’échanger directement avec un consultant : ceci permet de poser des questions très concrètes sur le quotidien de notre métier et de ressentir une vraie authenticité dans les valeurs portées par le cabinet !

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Être consultant chez YCE Partners, c’est d’après moi être dans un environnement exigeant, engagé et convivial !

J’interviens actuellement auprès de la Direction Générale de Pôle emploi, que nous accompagnons dans le développement de nouvelles pratiques managériales. C’est un travail particulièrement intéressant, en prise avec les évolutions actuelles des modes de travail. Sur mission, nous sommes bien sûrs très mobilisés et disponibles pour nos clients !

Nous avons également un vrai terrain d’expression sur le plan de la vie interne du cabinet. Différents centres de compétences (CC) liés aux différents champs d’expertises d’YCE Partners nous sont accessibles. Je suis par exemple membre du CC Emploi et formation professionnelle, qui travaille notamment à faire monter en compétences l’ensemble du cabinet sur ces sujets capitaux. Je participe également avec plusieurs collègues au développement de nos relations avec différentes écoles. Ces différents travaux internes permettent d’avoir un fort esprit d’équipe et de partager de beaux moments tous ensemble !

Nous intervenons dans un secteur capital pour notre société : la protection sociale. Et ce, à la fois dans le privé et dans le public : cadre réglementaire, protection de base (publique), protection complémentaire (privée) et prévention. Ce travail me motive profondément, car il est véritablement utile : d’autant plus actuellement !

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

Elles ont été multiples ! Les connaissances acquises, notamment en termes de politiques publiques, me sont évidemment très utiles. Les multiples travaux de synthèse et de présentation effectuées au cours de ma scolarité me permettent également aujourd’hui d’être familier de ce type d’exercice très fréquents dans mes fonctions. Enfin, les nombreux travaux en équipe réalisés à Sciences Po contribuent aujourd’hui à mon travail : savoir travailler à plusieurs est une compétence capitale !

Je dois également souligner que les bénéfices de la formation reçue à l’École d’affaires publiques ont été considérablement renforcés par la Licence de Lettres parcours renforcé Sciences Po conventionnée avec Sciences Po ! C’est une très belle formation.

En savoir plus

Tags :

Tâm Nguyen, étudiant en spécialité Administration publique

Découvrez son témoignage
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Tâm Nguyen, actuellement étudiant en Master politiques publiques, spécialité Administration publique à l'École d'affaires publiques (EAP), nous parle de son parcours avant et pendant ses études à Sciences Po.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer l'EAP ?  

J’ai débuté mes études dans le supérieur par une classe préparatoire aux grandes écoles (voie économique et commerciale) au lycée Chateaubriand de Rennes, à la suite de laquelle j’ai intégré ESCP Europe en 2015. J’ai intégré l’EAP en 2017, en parallèle de mon Master 2 à l’ESCP. 

Pour quelles raisons avez-vous décidé de rejoindre la spécialité Administration publique du Master politiques publiques ?

Eu égard à ma volonté d’intégrer Sciences Po afin d’acquérir des compétences académiques supplémentaires et inhérentes au secteur public, le caractère généraliste de la spécialité Administration publique (AP) me convenait particulièrement. En matière de connaissances apprises, la spécialité AP peut effectivement s’apparenter au symétrique « secteur public » de ma formation à l’ESCP.

Quel est votre projet professionnel ? Pour quelles raisons ? En quoi l'EAP vous aide-t-il à le réaliser ?

Mon projet professionnel n’est pas précisément arrêté. Je suis toutefois certain de vouloir travailler dans le secteur public. L’EAP me permet ainsi de préciser mes appétences en la matière. En particulier, elle me permet de bien préparer ma décision de m’engager ou non dans la préparation des concours administratifs au sortir de ma scolarité à Sciences Po.  

Quel est le cours qui vous a le plus marqué à en M1/M2 ?

Je retiens particulièrement le cours de Finances publiques, dont j’ai beaucoup apprécié l’enseignement, du fait, notamment, de mon appétence globale pour les matières économiques et financières, mais également de l’écho que faisait ce cours à certaines de mes expériences professionnelles passées (en particulier l’une au Ministère de l’Action et des Comptes publics). Au-delà, j’ai beaucoup apprécié le caractère très spécifique de cette matière, dont j’ai, par exemple, pu constater toutes les différences avec les matières financières dispensées dans le cadre de mon master à l’ESCP.  

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'EAP ?

J'encourage les étudiants issus des filières externes à Sciences Po de ne pas hésiter à s'engager dans la diversification et l’enrichissement de leurs compétences académiques vers des domaines d’études dont les enjeux concernent tout un chacun en tant que citoyen : la mise en œuvre des politiques publiques, le fonctionnement de la puissance publique. 

En savoir plus

Tags :
Retour en haut de page