Arthur Binois, promotion 2015

Du Master Politiques publiques, spécialité Culture, parcours en apprentissage, au poste de responsable de programmation culturelle au Musée d'Orsay
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Découvrez le parcours d’Arthur Binois depuis l'obtention de son Master à l'École d'Affaires publiques jusqu'à son poste de responsable de la programmation pour les publics 18-25 ans au Musée d’Orsay.

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Je suis entré à Sciences-Po Paris en première année en 2010 et sur concours après une terminale littéraire. J’ai effectué mon parcours au sein de l’école de manière très classique : deux ans sur le campus de Paris, puis une année à l’étranger à Valparaiso (Chili) et de retour, deux années de Master Affaires publiques, filière Culture jusqu’à l’obtention du diplôme à l’été 2015. Une fois diplômé, j’ai eu la chance de trouver un emploi directement après mes études, voire même pendant car mon recrutement au musée d’Orsay a découlé de mon stage de master 2.

Bref, avec un peu d’humour, je pourrais dire que j’ai choisi la formule de base pour ma scolarité à Sciences-po : entrée sur concours, sans double diplôme ni année de césure et avec embauche en sortie de stage.

Quelles ont été les principales étapes de construction de votre projet professionnel ?

Je suis entré à Sciences Po sans projet professionnel précis. J’avais énormément de centres d’intérêts, et Sciences Po me permettait de continuer d’explorer des domaines et des disciplines très variés. En quelque sorte, Sciences Po m’offrait la possibilité de ne pas choisir tout en me donnant la garantie d’une formation reconnue et de qualité.

Comme beaucoup de mes camarades, mon année à l’étranger a été déterminante dans la maturation de mon projet professionnel. Le fait d’avoir un an pour réfléchir à mon choix de master m’a permis d’aborder cette réflexion avec sérénité et d’opter sans regrets pour la filière Culture du Master Affaires publiques.

De manière sans doute involontaire, ce master m’a ensuite convaincu de ne pas présenter les concours administratifs. Cependant, cet enseignement a confirmé mon désir de débuter ma carrière dans le monde culturel, les cours « professionnalisants » ayant de loin  ma préférence sur les approches « théoriques ». Enfin, mon stage de master a été déterminant dans mon orientation professionnelle car il m’a permis la rencontre d’un milieu et de personnes avec lesquelles le courant est tout de suite passé.

Comment s’est déroulé le processus de recrutement au Musée d’Orsay ?

Mon entrée au musée d’Orsay est le fruit d’un recrutement en plusieurs étapes. Je dois mon premier contact à un de mes professeurs de M1 qui y travaillait et qui nous a fait découvrir, à mes camarades et moi-même, la diversité des métiers représentés. Il est vrai qu’à l’époque, je ne soupçonnais pas qu’un « Sciences Po » puisse avoir sa place dans un musée. L’année suivante, j’ai posé un premier pied au musée d’Orsay grace à mon stage de Master 2, au service culturel et de l’auditorium. Ce stage qui m’a énormément plu m’a permis de découvrir en profondeur cette célèbre institution et de voir se conjuguer avec plaisir patrimoine et spectacle vivant.

A cette époque, le stage de M2 était au premier semestre, ce qui ne favorisait pas l’embauche des étudiants, ceux-ci devant retourner rue Saint Guillaume pour le second semestre. Heureusement pour moi, le musée m’ayant proposé une vacation à temps partiel, Sciences Po a accepté d’aménager mon emploi du temps afin de pouvoir mener simultanément mes études et mon insertion professionnelle. Une fois diplômé, j’ai postulé à un poste vacant au sein du service dans lequel j’effectuais mon stage et, grâce à ma connaissance de l’institution, j’ai eu la joie de voir ma candidature retenue malgré mon jeune âge.

A mon sens, ce parcours d’embauche illustre bien l’importance de tisser et de cultiver des liens entre monde universitaire et professionnel même avant la fin de son cursus.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre métier aujourd'hui ?

Depuis plus d’un an, je suis « Programmateur concepteur en charge du public 18-25 ans au musée d’Orsay ». Derrière cet intitulé obscur, se cache un métier fabuleux, celui de programmateur culturel. J’ai pour mission de soutenir la mesure de gratuité pour les moins de 26 ans instaurée depuis 2007 dans les musées nationaux en développant une offre culturelle attractive (spectacle vivant, musique, médiation, conférences). C’est un travail très polyvalent qui sollicite aussi bien des compétences administratives que celles requises pour être sur le terrain aux côtés du public. Globalement je dirais que ma formation à Sciences Po ne m’avait pas particulièrement préparé à ce métier dans le sens où il ne requiert aucune expertise particulière. En revanche, l’esprit de synthèse, la culture générale, le sens des rapports humains, de la communication et l’esprit d’initiative sont des qualités cultivées dans cette école et qui me servent au quotidien.

Si je devais résumer mon travail en quelques mots, je dirais qu’il repose en trois temps : la prospection artistique et la documentation préparatoire indispensable à toute programmation culturelle, la coordination des équipes en interne et enfin la présence physique sur le terrain. Ce travail m’enchante car il m’offre de multiples occasions de continuer d’apprendre et de voir beaucoup de belles choses tout en restant dans le concret et le contact direct avec le public.

Quels conseils donneriez-vous à un(e) étudiant(e) ou jeune diplômé(e) cherchant une première expérience dans le secteur culturel en France ?

Si je me fie à ma propre expérience ainsi que sur celle de mes camarades de promotion, je dirais qu’il ne faut pas hésiter, surtout dans le monde culturel, à pousser la porte des institutions même si en tant que Sciences Po on se sent parfois illégitime par rapport à des cursus plus « culturels ».  En effet, j’ai l’impression que l’on assiste peu à peu à un renouvellement des profils notamment en faveur des « Sciences Po »,  qui allient des compétences pratiques à leur bagage culturel. Par-delà des connaissances, c’est avant tout un état d’esprit, une méthode que les étudiants de Sciences Po ont à offrir aux institutions.

Enfin, je rajouterais une invitation sans réserve à garder contact aussi bien avec les professeurs qu’avec ses camarades de master après le diplôme, surtout dans un domaine comme celui-ci où les vacances de postes peuvent parfois rester relativement « confidentielles ».

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Coline Debayle, co-fondatrice d'Artips

Comment elle a créé sa start-up à la sortie de l'Ecole d'affaires publiques
  • Coline Debayle © ArtipsColine Debayle © Artips

Diplômée en 2013 du Double diplôme Corporate and Public Management, délivré par HEC et l'École d'affaires publiques, Coline Debayle a co-fondé Artips, une startup qui s'est donné pour mission d'apporter une dose de savoir et de culture au quotidien. Soucieuse de s'adresser à la fois aux "éternels curieux" et à ceux que la culture intimide, elle raconte son parcours.  

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer Artips alors que vous étiez encore étudiante à Sciences Po ? 

Lorsque je suis arrivée rue Saint Guillaume, j’étais très complexée par ce que je percevais comme mon absence de culture générale : je ne venais pas de Paris, j’avais peur d’avoir beaucoup de retard par rapport aux autres étudiants… Alors j’ai pris des cours dans des domaines très variés. Cette période d’exploration ne m’a pas seulement donné un sentiment de légitimité ; elle m’a aussi permis d’élargir mes horizons. 

Ensuite, dans le cadre de mon double-diplôme avec HEC, j’ai fait un stage dans le secteur de la finance qui m’a appris deux choses. La première, c’est qu’avec des journées “8h-minuit / sushi / taxi”, le secteur de la finance rassemble certes des gens brillants mais il ne favorise pas la créativité ! Et la deuxième, c’est que la vie active n’offre pas assez d’occasions de se cultiver.  

Alors, quand je suis revenue à Sciences Po pour ma deuxième année de master, je me suis dit : je vais suivre tous les cours que je n’aurai plus jamais l’occasion de suivre - même si ce n’est pas “utile” ou “cohérent”. C’est comme cela que je me suis inscrite dans le cours d’histoire de l’art de Gérard Marié. Ca a été une vraie découverte. Il avait une façon incroyable de dénicher et de raconter des anecdotes sur le monde de l’art. Sans avoir besoin de réviser, j’apprenais sans effort.

Un jour, j’ai entendu parler d’un startup weekend organisé par HEC. Comme il fallait venir avec une idée, j’ai réfléchi à ce qui comptait pour moi et j’ai eu cette envie : qu’à travers une newsletter, Gérard Marié puisse raconter ses histoires au plus grand nombre, au-delà des complexes des uns ou du manque de temps des autres. 

Avec un petit groupe de 8 personnes que je n’avais jamais rencontrées auparavant, nous avons travaillé tout le week-end sans dormir. À la fin du week-end, avec Jean Perret, ingénieur de profession, nous nous sommes promis de continuer l’aventure. Quelques mois plus tard, nous avons tous les deux mis un peu d’épargne dans l’aventure, et Gérard Marié a accepté de valider les contenus. Artips était né ! 

Portraits de musiciens

Portraits de musiciens © Artips

Quels ont été les premiers pas d’Artips ? 

Nous avons commencé par écrire cinq histoires, que nous avons envoyées à un fichier composé de façon assez artisanale - des amis, des connaissances rassemblées sur Facebook, des proches de proches… Et deux semaines après, sans publicité, nous avions 5000 abonnés et les premiers articles de presse ! 

Evidemment, nous n’avions pas résolu la question cruciale : comment en vivre ? De mon côté, j’étais encore étudiante. J’y passais tout mon temps libre. J’ai même rédigé les statuts avec des amies, étudiantes de l’École de Droit, dans la cafétéria de Sciences Po… 

Ensuite, nous avons eu l'opportunité de rejoindre le Camping, un accélérateur de startups (devenu Numa aujourd'hui). Nous y avons tout reçu : aide, mentorat, soutien financier… C’est grâce à cet accompagnement que nous avons grandi jusqu’à recruter notre première employée - une ancienne de Sciences Po. 

Qu’est-ce que l’histoire de l’art peut apporter au quotidien ? 

J’ai deux réponses à cette question. La première est positive : l’histoire de l’art répond à un besoin d’évasion, à une nécessité d’apprendre, au plaisir de comprendre le monde tout en s’amusant. La deuxième est un constat plus froid : ce qu’on appelle la “culture générale” peut être un atout comme un handicap, selon l’endroit où on se trouve... Pour moi, c’est un plafond de verre qui ne dit pas son nom. Par exemple, dans le secteur de la finance, on peut tout à fait être recruté sur la foi des diplômes et des compétences ; mais pour progresser dans sa carrière, le capital culturel est indispensable. 

C’est d’ailleurs ce constat qui nous a amené à élargir notre activité par la suite : la gamme d’Artips s’est étendue de l’histoire de l’art à la science (avec Sciencetips) et à l’économie (Economitips). Pour moi, c’était une évidence. Les cours d’économie à Sciences Po m’ont permis de comprendre tant de choses. Pourquoi enseigne-t-on si peu cette discipline dans le secondaire ? Pourquoi laisser les jeunes grandir sans cette clé de compréhension du monde ? Pourquoi laisser tant de place aux “faits alternatifs” et aux visions fantaisistes de la science ? Et c’est ainsi que nous avons embarqué de nouveaux partenaires, comme le CNRS ou France Stratégie, dans notre démarche de démocratisation des savoirs.

A quoi ressemble Artips aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, Artips emploie quarante personnes, pour la plupart en CDI, et pour certaines en alternance ou en stage. La moyenne d’âge est assez jeune, et l’équipe compte beaucoup de diplômés de Sciences Po. Notre activité s’est diversifiée et se structure désormais autour de deux univers. L’univers média, d’une part, avec nos lettres d’information sur l’artla musiquela science, et l’économie, qui comptabilisent un million d’abonnés. Cet univers est financé par des partenariats prestigieux avec des institutions qui veulent participer à la démocratisation des savoirs, et dont nous valorisons le patrimoine. Et l’univers du micro-learning, d’autre part, qui connaît un très grand essor aujourd'hui. 

Qu’appelez-vous le “micro-learning” ? 

Le micro-learning part d’un constat ennuyeux mais indéniable : notre capacité d’attention a fortement diminué ces dernières années. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’en associant deux éléments, à savoir la narration et le format court, il est possible de s’insérer dans les nouvelles habitudes d’apprentissage. 

Artips conçoit donc des cours en ligne qui se décomposent en capsules de 8 minutes maximum. Chaque capsule commence pas une histoire qui tient lieu de “hameçon”, conduisant l’utilisateur à un contenu pédagogique riche, interactif et original. De cette façons, nous rendons accessible un large éventail de sujets - du plus populaire au plus ardu : diversité, design thinking, réchauffement climatique, histoire industrielle, pathologies rares…

Et l’aventure avec Sciences Po continue ! D’abord, nous mettons nos cours de culture générale à la disposition des membres de la communauté Sciences Po. Ensuite, il nous arrive de développer ensemble des initiatives, comme Econofides, une série de cours d’économie développée avec Yann Algan et désormais proposée à tous les élèves de Lycée en France. Nous en sommes très fiers, car c’est exactement le projet d’Artips : pousser l’échelle de diffusion, rentrer dans les quotidiens, transmettre du savoir…

En quoi l’épidémie de Covid-19 et la politique de confinement transforment-elles votre activité ?

Même si nous traversons cette période comme un défi, nous avons deux avantages : notre activité est largement compatible avec le télétravail, et nous accompagnons des clients fidèles, qui rivalisent d'inventivité pour rencontrer leurs publics malgré la fermeture de leurs portes. La Philharmonie, par exemple, a décidé de proposer gratuitement nos cours de musique pour le grand public

Il est difficile de savoir si ces démarches annoncent une tendance de fond dans le digital. Pour l’heure, la tendance est à la générosité, donc à la gratuité ; par conséquent, les pratiques digitales s’élargissent. Une fois cette crise passée, on découvrira certainement de nouveaux usages qu’on n’avait pas imaginés. Cela nous engagera peut-être, en tant que société, à repenser nos dispositifs d’enseignement... Mais nous ne pourrons remplacer tous nos professeurs par du numérique ! 

Les sollicitations digitales sont très nombreuses au quotidien. Que peut faire "l’homo numericus" pour s'en préserver ?  

Il est indéniable que nous sommes addicts au numérique. À titre individuel, nous pouvons essayer d’encadrer notre consommation. Par exemple, j’essaie de limiter les écrans et de ne m’abonner qu’à des contenus de qualité (parmi lesquels on trouve d'ailleurs la newsletter Une Semaine à Sciences Po). 

Sur le plan collectif, je pense que nous avons une action cruciale à mener, non dans le sens de la limitation mais dans celui de la compréhension de nos propres pratiques. Il faut veiller à ce que les jeunes développent une meilleure conscience des mécanismes du numérique (algorithmes, filtres de beauté, contenus sponsorisés, bulles de filtres, clickbaits, etc.) et de la cognition (like qui libère de la dopamine, listes numérotées qui titillent notre curiosité…). Or, bien souvent, ils ignorent ces mécanismes, et ce à leurs dépens. 

Ces questions sont essentielles pour Artips qui a pris des engagements forts dès sa création, comme ne jamais céder de données ou faire de la publicité personnalisée. On s’est beaucoup moqués de nous au départ. Mais aujourd’hui, cela nous singularise, et nous sommes fiers de servir nos publics en toute indépendance. 

Entretien initialement publié sur le site institutionnel de Sciences Po

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Marie Gervier, promotion 2018

Du Master Public Policy, spécialité Cultural Policy and Management, au poste de consultante communication et événementiel aux Nations Unies
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Marie Gervier est diplômée du Master Politiques publiques de l'École d’affaires publiques, spécialité Cultural Policy and Management. Elle travaille actuellement en tant que consultante en communication et événementiel pour l'Office des Nations Unies à Genève. Témoignage.

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Je viens d'un petit village de Normandie. Mon lycée n'était pas dans les meilleurs et j'ai rejoint Sciences Po par le biais des "Conventions Éducation Prioritaire" (CEP). Avant d'entrer à Sciences Po, je ne pensais même pas que cela pouvait être pour moi, mais mon professeur de français m'a parlé de la procédure CEP, un examen différent, basé sur des revues de presse, pour les élèves de lycées comme le mien.  J'ai réussi l'examen et j'ai rejoint le campus de Sciences Po Poitiers, où le tronc commun est le même qu'à Paris, avec une spécialisation régionale sur l'Amérique latine, l'Espagne et le Portugal. J'ai choisi ce campus parce qu'il proposait des cours en espagnol et en portugais. Comme je parlais déjà le français et l'anglais, c'était une bonne occasion de parler quatre langues à la fin de ma licence. 

Après deux ans à Poitiers, il était temps de faire la troisième année à l'étranger, qui est obligatoire à Sciences Po. À l'époque, nous pouvions soit partir en échange, soit travailler sur un projet personnel, soit faire un stage. L'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi d'étudier à Sciences Po était la possibilité de travailler à l'étranger pendant un an. Lorsqu'il a été temps de se décider, j'ai naturellement choisi le stage. 

À l'époque, je savais déjà que je voulais travailler dans la communication et la gestion d'événements dans les secteurs culturel, politique ou diplomatique. J'ai trouvé un poste très intéressant comme assistante personnelle de Faouzi Skali, conseiller en communication du Roi du Maroc. J'étais en charge de son agenda, de sa communication et de ses relations publiques, et j'ai également organisé de nombreux événements pour son agence. Je dirais que l'événement le plus formateur que j'ai organisé pour lui a été un symposium franco-marocain sur la "construction du radicalisme". C'était un tout petit projet au début, mais lorsque nous avons obtenu le soutien du président français et le patronage du roi, il est passé à un tout autre niveau. Deux orateurs figurant sur la liste noire de Daesh ont confirmé leur participation et j'ai dû travailler en étroite collaboration avec les services secrets français et marocains. Je n'avais que 20 ans et je m'en souviendrai toujours. C'était une occasion incroyable de contribuer aux aspects politiques, culturels et diplomatiques d'un événement et cela a confirmé que c'était ce que je voulais faire. Mon expérience au Maroc a été très enrichissante et a lancé ma carrière, car on m'a confié des missions de haut niveau et j'ai commencé à construire mon réseau. C'est au Maroc que j'ai rencontré mon patron actuel, Francesco Pisano, directeur à l'ONU en charge de la diplomatie culturelle à Genève. Il était conférencier lors d'un de nos événements. Il est venu me voir et nous avons commencé à discuter. C'est seulement après quelques minutes que j'ai réalisé que ses questions ressemblaient à un entretien. À la fin, il m'a dit que l'ONU Genève organisait des dizaines d'événements de diplomatie culturelle par an en partenariat avec les États membres (concerts, expositions, etc.). J'ai rejoint son équipe en tant que stagiaire et j'ai été promue consultante alors que je n'avais que 23 ans. Parfois, alors que je me précipite au Palais des Nations pour accueillir un artiste, pour monter des panneaux d'exposition ou pour rencontrer un diplomate, je souris bêtement et je me demande : est-ce bien réel ?

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?   

J'avais un objectif - travailler dans la communication et la gestion d'événements dans les secteurs culturel, politique et diplomatique, mais je n'ai jamais eu de plan de carrière pour l'atteindre. Je crois sincèrement que nous devons être conscients des différentes opportunités qui se présentent à nous et qu'il n'y a pas de plan unique pour atteindre un objectif. C'est du moins ce qui a fonctionné pour moi jusqu'à présent. Je ne me suis jamais dit qu'il fallait que je travaille pour un conseiller du roi, le Parlement français ou les Nations unies pour réussir, et je crois que c'est précisément ce qui m'a amenée là où je suis aujourd'hui. Je ne l'ai pas planifié, j'ai saisi les opportunités. 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui s'engagerait, comme vous l'avez fait, dans les Nations Unies ?  

Tout d'abord, vous devez être conscient qu'avoir un solide bagage universitaire est une bonne chose, mais pas suffisante. Travailler pour l'ONU est très compétitif. Il y a beaucoup de candidats pour les stages et seuls quelques-uns d'entre eux restent et obtiennent un emploi par la suite. 

Mon premier conseil serait donc : soyez humble et partagez avec nous ce qui vous rend intéressant, en dehors de vos diplômes. Il n'est pas nécessaire que ce soit des expériences professionnelles, même si cela peut aider. Pour un stage d’assistant événementiel, je serais intéressée par quelqu'un qui partagerait avec moi la façon dont il ou elle a contribué à l'organisation d'un mariage, d'une fête surprise ou de tout autre événement. Si vous avez fait du bénévolat, si vous avez vécu loin de chez vous, partagez avec nous ce que vous en avez tiré. C'est aussi quelque chose que nous apprécions dans une organisation internationale comme l'ONU. 

Deuxièmement, si vous voulez travailler pour l'ONU, vous devez vous demander : pour faire quoi ? Je rencontre beaucoup d'étudiants qui me disent que travailler pour les Nations Unies est leur rêve, mais quand je leur demande ce qu'ils aimeraient faire, ils me répondent "n'importe quoi". C'est certainement la mauvaise réponse. L'ONU est si diverse, nous avons des infirmières, des bibliothécaires, des experts en armes chimiques et tant d'autres profils. Trouvez votre domaine d'expertise et indiquez un intérêt spécifique. C'est ce qui vous rendra compétitif. 

Mon dernier conseil s'applique à tout étudiant ayant une première expérience professionnelle : soyez proactif. De nombreux managers sont très occupés et ne prennent pas toujours le temps de réfléchir aux tâches personnalisées qui pourraient être confiées à leurs stagiaires. Montrez-leur que vous pouvez faire les tâches générales qu'ils vous confient et, une fois que c'est fait, proposez-leur de faire autre chose. C'est une bonne occasion de montrer vos compétences, votre motivation et vos idées. Si vous vous restez en retrait, il y a peu de chances qu'ils vous gardent par la suite. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre travail aujourd'hui ? 

Mon travail consiste à organiser des événements de diplomatie culturelle pour les Missions permanentes basées à Genève. Ces événements peuvent être des expositions, des projections de films, des concerts ou même des défilés de mode. C'est très diversifié. Tous nos événements se déroulent à Genève en partenariat avec les États membres. Il s'agit d'entretenir des relations personnalisées avec les ambassadeurs, les diplomates et les membres du personnel de l'ONU et de travailler sur tous les aspects des événements de diplomatie culturelle : de la politique, de la diplomatie et du protocole au marketing et à la communication, en passant par les tâches administratives, financières et techniques.

Quels ont été les apports de votre formation à la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

Sciences Po est une école internationale. Vous avez des étudiants de partout dans le monde. L'immersion dans un environnement aussi multiculturel pendant mes études a été très enrichissante et utile pour mon travail aux Nations Unies. Sciences Po fournit également des compétences pour analyser et comprendre les défis contemporains de l'humanité et trouver des solutions innovantes dans la poursuite du bien commun, tout comme le font les membres du personnel des Nations Unies. 

Les cours de la spécialité Cultural Policy and management du Master Politiques publiques sont très utiles pour les personnes qui souhaitent travailler dans le secteur culturel. L'École d’affaires publiques m'a donné l'occasion d'étudier les industries créatives, le droit de la propriété, l'économie de la culture et de l'art, mais aussi la collecte de fonds et le marketing dans le secteur culturel. Ces cours ont également été très enrichissants car les enseignants de l'École d’affaires publiques sont des experts dans leur domaine. Jean-Paul Cluzel, ancien directeur de l'Opéra de Paris, Aurélie Filippetti, ancienne ministre française de la culture, et tant d'autres professionnels du milieu culturel enseignent à Sciences Po. Le fait d'être entouré de professionnels aussi talentueux a été très inspirant pour construire ma propre carrière.

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Initiatives étudiantes : découvrez le travail de Sina Sobooti, étudiant du Master Politiques Publiques

  • Actualité Sciences Po © Lucas NakamuraActualité Sciences Po © Lucas Nakamura

Sina Sobooti, étudiant à l'Ecole d'affaires publiques de Sciences Po et ancien danseur classique à l'Opéra de Paris, a réalisé pendant ses études à Sciences Po un documentaire intitulé "La danse domestiquée". Il poursuit aujourd'hui son travail avec une orientation autant pédagogique qu'artistique.

Emile Magazine est revenu sur son engagement à Sciences Po et sur son obstination à rendre le médium de la danse plus accessible au sein de notre institution, mais aussi au-delà des frontières de notre établissement. Découvrir l'article d'Emile Magazine.

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Benoît Mortgat, promotion 2019

Du Master Politiques publiques, spécialité Sécurité et Défense au poste d'analyste sûreté chez Unibal Rodamco
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Benoît Mortgat, diplômé 2019 du Master Politiques Publiques, revient sur son parcours

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après un baccalauréat et une prépa scientifique en trois ans, j’ai intégré l’École Centrale Paris en 2013. Après un semestre et demi sur le campus de Châtenay-Malabry, j’ai réalisé un semestre d’échange en école de commerce à l’ESCP à Berlin. Ensuite, une année de césure m’a amené à faire un stage en finance à la Société Générale (Paris puis Hong Kong) en tant qu’assistant trader, puis un autre stage de 4 mois dans une StartUp dans le domaine du tourisme. Ma dernière année à l’École Centrale Paris a été l’occasion de me spécialiser en informatique. J’ai ensuite intégré Sciences Po en septembre 2017, faisant alors partie de la première promotion de la spécialité Sécurité et Défense du master Politiques Publiques. Ma deuxième année de master en apprentissage m’a permis de rejoindre la direction sûreté d’une entreprise du CAC40, Unibail-Rodamco-Westfield, dans laquelle je suis aujourd’hui en CDI !

Quelles ont été les principales étapes de construction de votre projet professionnel ?

A mon arrivée en école d’ingénieur, je n’avais, comme beaucoup d’étudiants, que peu d’idée de ce que je voulais faire comme métier, ni même dans quel domaine je voulais me spécialiser. J’ai alors eu la chance, pendant mon parcours centralien, de pouvoir « essayer » des domaines très variés : un semestre d’échange en école de commerce, un stage en finance, un stage en startup pour finalement me spécialiser en informatique en dernière année d’école d’ingénieur ! Progressivement au cours de mon cursus centralien, mon intérêt pour les questions de sécurité et de défense a grandi et mûri. En juin 2017, j’ai participé au cycle « grandes écoles » de l’IHEDN (Institut des Hautes Études de Défense Nationale) qui a confirmé mon appétence pour ce domaine. J’ai ensuite rejoint Sciences Po en spécialité Sécurité et Défense où j’ai beaucoup appris sur ce domaine de façon large.

Aujourd’hui, j’ai l’ambition d’une belle carrière dans ce domaine, conjuguant mes compétences techniques d’ingénieur centralien et mon parcours à Sciences Po !

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez Unibail-Rodamco-Westfield ?

J’avais à l’esprit en intégrant Sciences Po de réaliser ma deuxième année de master en apprentissage (alternance de 3 jours en entreprise et 2 jours à Sciences Po). Je me suis donc rendu à un Forum étudiants-entreprises en novembre 2017 dans l’idée de commencer à me renseigner sur les entreprises et organisations publiques qui recrutaient en alternance. J’étais alors plus attiré par les grandes industries de défense mais la rencontre d’un ami sur le stand d’Unibail-Rodamco (le rachat de Westfield n’ayant eu lieu qu’en juin 2018) m’a permis de mieux connaître cette entreprise et d’apprendre qu’un poste d’alternant en sûreté était en cours de création ! Les RH m’ont alors donné les coordonnées du Directeur sûreté France, avec qui j’ai passé un entretien. Puis quelques échanges supplémentaires avec les ressources humaines m’ont permis de décrocher ce poste d’alternant sûreté.

Le processus de recrutement a donc été bien singulier mais montre qu’il ne faut pas se mettre des barrières lors d’une recherche d’emploi et élargir les champs de recherche au maximum car notre place n’est pas toujours là où l’on pense !

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Après mon apprentissage, j’ai été recruté en CDI chez Unibail-Rodamco-Westfield où j’occupe actuellement le poste d’Analyste Sûreté Europe. J’ai la chance de pouvoir participer activement au développement d’une direction sûreté dans une entreprise du CAC40. En effet, la prise de conscience de la nécessité de mettre l’accent sur les enjeux de sûreté dans les centres commerciaux est assez récente et beaucoup de processus restent à définir et à mettre en place. Mon rôle est d’accompagner les équipes des centres commerciaux européens (une cinquantaine de centres) afin de mieux gérer leurs problématiques de sûreté. Les sujets dont je m’occupe au quotidien sont très variés : préparation et suivi d’un audit sur la sûreté des centres, gestion des données de sûreté pour permettre le pilotage et la prise de décision, systèmes d’alerte en cas de crise, communication, partage de retour d’expérience d’incidents, rédaction de documents de politique groupe, et plus encore !

Unibail-Rodamco-Westfield est une grande entreprise en capitalisation boursière mais est relativement petite en terme de nombre d’employés (seulement 3700 collaborateurs dans le monde !). Cela permet d’être très agile et rapide dans les prises de décisions, de pouvoir prendre des initiatives et d’être rapidement en contact avec le top management, ce qui est vraiment appréciable au quotidien !

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant de Master 2 ou jeune diplômé cherchant une première expérience professionnelle ?

Mon premier conseil serait de discuter avec des jeunes (ou moins jeunes) professionnels de domaines et de métiers variés ! Qu’on sache parfaitement quel métier on aimerait exercer ou qu’on soit complètement perdu, il ne faut surtout pas hésiter à rencontrer des personnes de notre réseau personnel ou éducatif (le réseau des anciens de Sciences Po est très pratique pour ça !) et leur poser des questions précises sur leur quotidien. Ensuite, il me semble essentiel de postuler à plusieurs offres d’emploi et d’identifier pour chacune d’entre elles toutes les caractéristiques qui y sont liées ! En effet, un emploi n’est pas juste un métier mais c’est aussi une organisation, des valeurs, un lieu, des collègues, des horaires, une rémunération, etc... Il faut apprendre à toujours peser tout cela dans la balance !

Les étudiants de Sciences Po ont une grande valeur sur le marché du travail car ils ont de fortes capacités d’analyse et peuvent rapidement comprendre les multiples enjeux d’une situation donnée. C’est très précieux pour une entreprise dans un monde qui change vite et qui nécessite de toujours s’adapter !

Ne vous mettez pas de barrière !

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Alice Etienne, promotion 2015

Du Master Politiques publiques, spécialité Énergie au poste de chargée de développement chez ADP Groupe
  • Alice Etienne © JP Gaborit (ADP)Alice Etienne © JP Gaborit (ADP)

Au sein du Groupe ADP, Alice Etienne, définit et anime la stratégie environnementale du Groupe sur les sujets de gestion des déchets, de biodiversité et de l'eau.

Quel a été son parcours après Sciences Po et quelles sont ses missions au quotidien ? Témoignage. 

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Retour sur le Forum des Organisations Internationales

Grand succès pour cette première édition !
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Le 1er Forum des Organisations Internationales de Sciences Po s’est tenu Samedi 25 janvier 2020 de 9h30 à 18h au 13, rue de l’Université.

Une trentaine de représentants issus de 14 organisations internationales a fait le déplacement depuis New York, Genève, les Philippines... pour rencontrer et échanger avec plus de 800 étudiants et diplômés de Sciences Po.

La journée a été rythmée par des tables rondes et présentations des organisations. Des entretiens d’information et de recrutement étaient également proposés aux étudiants tout au long de la journée.

Retrouvez l'intégralité des présentations et tables rondes de la journée sur vimeo.carrieres

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Une étudiante de l'EAP remporte le Prix Erignac

Naelle Verniest a conquis le jury avec son projet
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Jeudi 6 février, Naelle Verniest a reçu le Prix Claude Erignac récompensant son projet de lutte contre l'exclusion numérique des personnes âgées dans leur accès aux services publics. Ce prix permettra à l'équipe du SDG certificate de L'École d'affaires publiques de mettre en place, grâce également au soutien du Policy Lab, des ateliers de familiarisation au numérique dans cinq restaurants Emeraude à Paris. La première série d'ateliers a commencé ce mois-ci dans un de ces restaurants publics pour seniors et participe à la lutte contre la fracture numérique, facteur exacerbant de l'exclusion sociale et économique.

Le SDG Certificate est un programme lancé par l'École d'affaires Publiques de Sciences Po en collaboration avec trois universités partenaires internationales dans le cadre du Global Public Policy Network. Le SDG Certificate permet aux étudiants de développer leur capacité d'entreprendre tout en travaillant avec les étudiants des universités partenaires. Il leur donne aussi l'opportunité de formuler des projets opérationnels, ancrés dans leur environnement local et évalués à chaque étape par un écosystème international d'universitaires, de professionnels et de décideurs publics et privés spécialistes des SDGs.

Le SDG Certificate est dirigé par Professeur Laëtitia Atlani-Duault, Conseillère Scientifique du programme. Pour plus d'informations sur le SDG Certificate, visitez la page web du SDG Certificate, ou contactez Jennie Cottle, responsable pédagogique du SDG Certificate.

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Rencontre avec Nathan Cazeneuve, étudiant à l'EAP, Master Politiques Publiques, spécialité Administration publique

  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Nathan Cazeneuve, actuellement étudiant en Master Politiques Publiques, spécialité Administration publique à l'École d'affaires publiques (EAP), nous parle de son parcours avant et pendant ses études à Sciences Po.

Pour quelles raisons avez vous décidé de rejoindre la spécialité Administration publique du Master Politiques Publiques ?

J’ai eu la chance de pouvoir suivre trois années de classes préparatoires littéraires et d’étudier la philosophie à l’École Normale Supérieure avant d’intégrer l’École d’affaires publiques de Sciences Po. Mon choix d’y présenter ma candidature a été motivé par un vif intérêt pour les questions de politiques publiques et le désir de les aborder dans une perspective technique dont je pensais qu’elle serait un complément utile et nécessaire à l’approche que j’avais pu en avoir au travers de l’histoire et de la philosophie.   

Quel est votre projet professionnel ? En quoi l'EAP vous aide-t-il à le réaliser ?

Je me destine à l’issue du master Politiques publiques à la préparation d’une thèse de philosophie politique sur les liens entre l’État social et les théories de la justice. Le master Politiques publiques de Sciences Po a nettement contribué à préciser mon désir de m’engager dans la voie de la recherche et m’a permis d’acquérir des connaissances en droit et en économie qui ont largement nourri mon approche des questions de politiques publiques et dont je ne doute pas qu’elles me serviront à l’avenir.

Quel est le cours qui vous a le plus marqué en M1/M2 ?

Le cours qui m’a le plus marqué durant ma scolarité de master a été celui de « Questions sociales » qui détaillait, en mêlant des éléments de droit du travail, d’économie et de science administrative, l’organisation de l’ensemble des politiques sociales mises en œuvre en France, des politiques de l’emploi à la sécurité sociale. L’approche précise, technique et opérationnelle de ces questions dans le cadre de ce cours permet de prendre la mesure tant des enjeux que des évolutions concrètes auxquels les politiques sociales sont aujourd’hui confrontées.

Ce cours constitue avec ceux de Droit public, d’Économie et de Finances publiques le fondement de l’enseignement du master Politiques publiques et, à mes yeux, sa part la plus enrichissante, tant d’un point de vue intellectuel que professionnel. 

Pourquoi avoir choisi d'effectuer une année de césure ? 

J’ai choisi d’effectuer une année de césure afin de préparer l’agrégation de philosophie, ayant eu l’opportunité d’effectuer auparavant un stage particulièrement enrichissant au sein de la chancellerie politique de l’Ambassade de France en Chine.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'EAP ?

Si je devais adresser un conseil à ceux qui souhaitent rejoindre l’École d’affaires publiques, celui-ci serait de se concentrer pendant leur scolarité sur les fondamentaux du parcours que sont le droit et l’économie et de profiter de la liberté et de la diversité de cours qu’offre Sciences Po pour en approfondir leur connaissance mais aussi tâcher de les mettre en perspective - tant avec d’autres disciplines qu’avec leurs expériences professionnelles ou l’état du débat public - en ne cessant jamais de s’interroger et d’ouvrir leur horizon. 

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Khadija Ben Romdhane (2ème année de Master Politiques Publiques) représentera la France au G7 des jeunes

  • Actualité Sciences Po © TupungatoActualité Sciences Po © Tupungato

Khadija Ben Romdhane, étudiante en 2ème année de Master Politiques Publiques, spécialité Social Policy and Social Innovation, s'envolera en juin prochain pour Washington, après une formation assurée par l'Institut Open Diplomacy pour représenter la France.

Depuis 2011, pour le compte du Ministère des Affaires étrangères, l'Institut Open Diplomacy recrute, forme et finance les délégués qui représentent la France aux sommets du G20 et du G7 des jeunes ("Y20" et "Y7"). 

Pour l’édition 2020, l’Institut a dû analyser 276 candidatures. « Nous avons reçu de très nombreux profils, 35 % de jeunes professionnels et 65 % d’étudiants. La diversité des parcours était impressionnante et j’ai remarqué une présence très forte des ingénieurs » explique Thomas Friang, Directeur général de l’Institut Open Diplomacy.

La sélection a eu lieu lors du Forum Devenir Délégué qui était organisé pour la troisième année consécutive sur le campus d’HEIP avec le soutien de l’Ambassade du Canada. Les étudiants et jeunes actifs qui ont postulé pour le Y20 et le Y7 ont confronté leurs idées, défendu leur profil lors des entretiens individuels, et assisté à de nombreuses conférences.

7 profils ont été retenus pour composer une équipe de France paritaire. La sélection était arbitrée par les co-présidents du jury Georges Dib et Gloria Fataki qui ont recueilli les évaluations des entretiens individuels et des simulations de négociations.

Ont ainsi été sélectionnés :

  • Pour le Y7 de Washington 
    • Théo Bernini, étudiant à Sciences Po Lille
    • Audrey Fontaine , psychiatre, docteur en médecine
    • Thomas Gosselin , étudiant à l’EM Lyon
    • Khadija Ben Romdhane, étudiante à Sciences Po
  •  Pour le Y20 de Riyad :
    • Benoît Piveteau, Data scientist, diplômé de l’ENSAM
    • Constance Courtalon, Consultante en stratégie, diplômée de l’ESCP
    • Rose Vennin, diplômée d’Oxford, étudiante à Sciences Po

Durant le mois de février, les délégués débuteront leur formation avec l’Institut Open Diplomacy : préparation aux techniques de négociation, approfondissement de leur culture géopolitique, mise à jour de leurs connaissances diplomatiques, etc.

Au printemps, les délégués feront le tour de France annuel de l’Institut pour consulter les Français sur les idées qu’ils auront à défendre au Y20 et au Y7.

Ils retrouveront leurs homologues étrangers à Washington en juin et à Riyad en octobre prochain grâce au soutien financier de l’Institut Open Diplomacy.

 

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Forum des stages européens à Bruxelles

RDV le 28 février 2020
  • Actualité Sciences Po © ArtjazzActualité Sciences Po © Artjazz

Organisé en partenariat avec London School of Economics et le Collège d'Europe, le Forum des stages européens a pour objectif d'informer les étudiants et jeunes diplômés de Sciences Po sur les carrières au sein d'organisations et acteurs de l'Europe, et de leur permettre de trouver un stage et/ou des perspectives d'emploi.  

Rendez-vous le vendredi 28 février entre 9h et 13h à l'Hôtel Sofitel, Place Jourdan 1140 Bruxelles.

 

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Informations et Inscription obligatoire

Master affaires européennes

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Témoignage d'une étudiante en spécialité Administration publique

Camille revient sur son parcours
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Camille de Bellescize, actuellement étudiante en Master Politiques Publiques, spécialité Administration publique à l'École d'affaires publiques, nous parle de son parcours avant et pendant ses études à Sciences Po.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer l'École d'affaires publiques ?

En 2015, j'ai intégré le département Droit - économie - management de l'École Normale Supérieure de Rennes (ENS), après une prépa D1. L'ENS fonctionnant avec l'université, j'ai eu la chance de partir en Erasmus en Allemagne (Viadrina Universität) durant mon Master 1 en Droit européen. J'ai rejoint la spécialité Administration publique du Master Politiques publiques après une année de césure. Durant celle-ci, j'ai travaillé six mois au service de presse et de communication de l'Ambassade de France en Suisse et au Liechtenstein puis cinq mois dans une association, l’Observatoire de la RSE (Orse), qui accompagne les stratégies RSE (responsabilité sociétale des entreprises) dans les organisations.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de rejoindre la spécialité Administration publique du Master Politiques publiques ?

Ces deux stages ont été déterminants dans mon parcours. En effet, ils ont confirmé mon souhait de devenir diplomate et d'occuper des fonctions de direction et d'encadrement dans la fonction publique. À la suite de ma scolarité à l'ENS, la spécialité Administration Publique du Master Politiques publiques m'apparaissait comme la formation idéale pour m'y préparer : une large palette de cours dispensés par des professionnels, d'ores et déjà tournée vers la préparation des concours administratifs.

Quel est le cours qui vous a le plus marqué en M1 ?

Le cours de Philosophie des relations internationales de Frédéric Ramel. Exigeant, précis, ce cours m'a permis de découvrir des auteurs de manière très contextualisée, avec une réflexion de fond qui m'a vraiment intéressée. J'ai apprécié que les modalités d'examen diffèrent de la traditionnelle dissertation, puisqu'il s'agissait d'un écrit d'invention, plus adapté à l'esprit du cours.

Pourquoi avoir choisi d'effectuer une année de césure ? Comment avez-vous choisi vos stages ? Qu'en retenez-vous ?

J'ai la chance d'avoir suivi une formation pluridisciplinaire offrant de nombreux débouchés. Mes différents stages et jobs étudiants ont été indispensables à mon développement personnel et à la définition de mon projet professionnel. J'ai toujours saisi les opportunités qui s'offraient à moi afin de découvrir divers métiers et acteurs (TGI, cabinet d'avocats, Affaires publiques d'un groupe français, conseil en sûreté-sécurité).

Mes stages en Ambassade et à l'Observatoire de la RSE répondaient à deux objectifs, qui ont été plus que remplis. D'une part, je souhaitais découvrir le milieu professionnel que je désirais rejoindre par la suite (Ambassade et diplomatie). D'autre part, je désirais me familiariser avec les grands enjeux des ressources humaines impliqués par toute fonction d'encadrement (égalité homme/femme, diversité, engagement des collaborateurs, appropriation du numérique).

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Réunion d'information pour la préparation aux concours européens

  • Actualité Sciences Po © Javi IndyActualité Sciences Po © Javi Indy

Une réunion d'information relative à la préparation aux concours européens organisée par EPSO se tiendra le vendredi 10 janvier 2020 à 17h00 en amphithéâtre Jacques Chapsal (27, rue Saint-Guillaume, 75007 Paris): s'inscrire à la réunion d'information

Les inscriptions pour le CPCE seront ouvertes jusqu'au mercredi 29 janvier 2020. Merci de remplir la fiche d'inscription et de l’adresser à information.cpce@sciencespo.fr.

Pour rappel, les étudiants de Sciences Po ont accès gratuitement à cette formation, qui permet de s'entraîner durant huit samedis dans l'année aux épreuves du concours AD 5 généraliste.

 

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Centre de Préparation aux Concours Européens (CPCE)

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Portrait d'une étudiante qui lutte contre la précarité menstruelle

Rita Sekkat nous présente son association
  • Actualité Sciences Po © HAPPIHActualité Sciences Po © HAPPIH

Rita Sekkat est étudiante à l’École d’affaires publiques de Sciences Po. Avec quatre étudiants de Sciences Po et d’autres venus de différents horizons, elle s’engage contre la précarité menstruelle en Europe et en Afrique dans le cadre de son association : HAPPIH, Humanitarian Action for Protection and Preservation of Intimate Hygiene.

Entretien initialement publié sur le site du Programme PRESAGE

 

POURQUOI VOUS ÊTES-VOUS ENGAGÉE CONTRE LA PRÉCARITÉ MENSTRUELLE ?

La précarité menstruelle est le manque d'accès, par manque de moyens matériels, à des protections hygiéniques en nombre suffisant pour avoir une hygiène décente. Le projet HAPPIH est né en 2016 : j’étais étudiante au Collège Universitaire de Sciences Po sur le campus de Menton et avec quatre amis, Charles Culioli, Walid Ben Hamadi, Moez Rais et Denizalp Goktas, nous avons décidé de participer au Challenge Solidaire organisé par la Coopération internationale de Monaco.

Après avoir vu une campagne similaire en Tunisie et en parlant avec des acteurs locaux, nous nous sommes rendu compte que dans les ruralités marocaines les jeunes femmes n’avaient pas accès à des serviettes hygiéniques et que c’était un facteur de déscolarisation et d’absentéisme à l’école. L’idée est partie de là. On a monté un projet et obtenu le deuxième prix : nous sommes donc partis sur place en décembre 2017. On a organisé des ateliers de sensibilisation dans deux internats différents, pour 150 filles âgées de 10 à 18 ans. Nous étions avec des infirmières qui expliquaient le côté médical de l’hygiène menstruelle. Les jeunes filles avaient beaucoup d’idées reçues, donc on a essayé de déconstruire le tabou qui entourait les règles et toutes les idées fausses - certaines pensaient par exemple que si elles se lavaient durant leurs règles elles ne pourraient pas avoir d’enfant. On leur a aussi distribué des serviettes lavables et biodégradables que nous avions fait produire dans une petite entreprise marocaine avec du coton bio : chaque jeune fille a reçu un kit de 6 serviettes.

QUELLES ONT ÉTÉ LES RÉACTIONS DE CES JEUNES FILLES ?

Après le projet nous avons organisé un groupe de suivi pour avoir leurs retours, pour savoir si nos interventions les avaient vraiment intéressées, et si ça leur avaient vraiment servi. Et le retour a été très positif !

Comme nous les avions conçues nous-mêmes, les serviettes hygiéniques distribuées avaient quelques défauts de fabrication mais globalement les jeunes filles ont beaucoup utilisé notre produit. Elles nous ont dit que c’était une alternative viable parce qu’elles utilisaient en général des torchons ou aucune protection ; et du coup elles n’allaient pas à l’école à cause de la stigmatisation et des moqueries liées aux tâches de sang. Le problème c’est qu’elles ne peuvent pas loger à l’internat si elles ne vont pas en cours ; donc elles retournent chez elles, loin - souvent elles habitent dans les montagnes, dans des endroits très reculés - et parfois au lieu de s’absenter une semaine, elles s’absentent plusieurs mois. C’était une cause majeure de décrochage scolaire. Avec nos serviettes elles rataient moins les cours voire plus du tout ! Elles nous ont aussi dit qu’elles avaient une meilleure connaissance du sujet, et qu’elles en avaient parlé à leurs proches, leurs copines, leurs familles, etc.

VOUS ÊTES ACTUELLEMENT EN MASTER À L’ÉCOLE D’AFFAIRES PUBLIQUES. POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI DE REJOINDRE LE CERTIFICAT ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES ET POLITIQUES PUBLIQUES ?

Ce qui m’avait frappée lors de ce projet au Maroc c’était que les jeunes femmes que l’on rencontrait étaient vraiment pleines d’ambition : elles voulaient toutes devenir médecin, professeure ou avocate, et certaines avaient un niveau de français et d’anglais incroyables. Mais en réalité la plupart finissaient mariées à 18 ans ou femmes de ménage.

Elles nous expliquaient que dans leur société, lorsqu’une femme a ses règles pour la première fois, cela veut dire qu’elle est pubère, prête à avoir des enfants. Et il y avait aussi ce souci de décrochage scolaire lié aux règles. Le tout faisait qu’elles abandonnaient leurs rêves à cause de leurs règles. Un phénomène biologique et naturel les conditionnait socialement, les empêchait de faire porter leur voix.

C’est à ce moment là que je me suis dit que j’avais envie d’agir pour la défense des droits des femmes, mais je sentais qu’il me manquait quelque chose : je n’avais pas d’arguments d’autorité. Le Certificat m’a apporté une certaine maturité. De nos jours tout le monde se dit un peu féministe sans avoir un discours vraiment construit et appuyé. Il m’est arrivé de ne pas savoir répondre à certains arguments ; et le Certificat m’a justement apporté du répondant. On a eu la chance de rencontrer des personnes avec des backgrounds très différents, parfois contradictoires, mais ça n’a fait qu’enrichir la réflexion. Le Certificat m’a permis de me construire dans cette lutte féministe, de m’y retrouver et d’établir un discours cohérent.

Je ne m’identifiais pas forcément en tant que féministe avant d’intégrer le Certificat Égalité, et puis je me suis rendue compte tout au long de la formation qu’il n’y avait pas qu’un seul type de féminisme mais plusieurs. Et que quand on lutte pour les droits des femmes et pour leur émancipation, chacun peut y donner le sens qu’il veut. Donc maintenant je n’ai aucun problème à m’identifier comme féministe parce que j’en ai trouvé ma propre définition.

QUEL EST VOTRE FÉMINISME ?

Pour moi être féministe c'est porter la femme dans la société, lui permettre d'avoir les mêmes chances qu'un homme de faire porter sa voix, de réussir et de s'émanciper. De faire en sorte qu’aucune force, quelle qu’elle soit, ne puisse l’opprimer dans sa condition et dans son corps : parce que finalement on ne dit jamais aux hommes ce qui est tabou, on ne leur dit jamais comment s’habiller, on ne leur dit jamais ce qu’ils doivent faire. En rencontrant toutes ces jeunes filles je me suis rendue compte qu’elles avaient plein d’ambition mais qu’elles n’avaient quasiment aucune chance de les réaliser - juste parce qu’elles étaient nées femmes.

QUELS SONT VOS PROJETS POUR LE FUTUR ?

HAPPIH est un projet qui me tient énormément à cœur, donc je vais continuer à m’investir dans l’association aux côtés de Mariyem, Maha, Cassandra et des autres fondateurs. Nous avons l’ambition de devenir la première association de lutte contre la précarité menstruelle en Europe et en Afrique. L’été prochain on s’établira au Gabon et au Sénégal, et en 2021 au Kenya. On va continuer dans cette dynamique. D’ailleurs en ce moment nous organisons un appel aux dons via une campagne de fundraising sur les réseaux sociaux.

Et côté professionnel je pense commencer par travailler dans le conseil dans un premier temps, mais à terme je souhaiterais faire de la politique et m’engager pour les droits des femmes. Contribuer à établir des politiques publiques en faveur de l'égalité femmes-hommes est quelque chose qui me tient énormément à coeur.

 

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ENA et concours administratifs : palmarès record en 2019

La PrépaConcours réalise encore une année exceptionnelle
  • Lauréats 2019 de Sciences Po ©Sciences PoLauréats 2019 de Sciences Po ©Sciences Po

Avec 158 lauréats aux concours administratifs ces 12 derniers mois et 80 % des admis à l’ENA, la PrépaConcours de Sciences Po affiche un palmarès record pour cette année 2019.

80% des admis à l’ENA issus de Sciences Po

Les résultats d’admission au concours externe d’entrée à l’École Nationale d’Administration (ENA) viennent d’être publiés et 32 étudiants de Sciences Po figurent parmi les 40 admis, soit 80 % des lauréats. Un résultat en hausse de 20 % par rapport à 2018.

Ces résultats viennent couronner une année exceptionnelle pour la PrépaConcours de Sciences Po. Le nombre d’étudiants lauréats de concours a progressé de 40 %. Au cours des douze derniers mois, 158 étudiants  (+ 38 % en un an) issus de Sciences Po ont réussi des concours aussi variés que directeur d’hôpital (42 % des admis), cadre de direction de la Banque de France (68 % des admis), Conseiller au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères (67 % des admis) ou administrateur territorial (63 % des admis).

Une préparation de référence ouverte à tous

Depuis la rentrée 2018, la PrépaConcours dispense une formation adaptée à la préparation à quinze concours administratifs et délivre un Certificat avancé de préparation aux métiers de la haute fonction publique : 183 étudiants ont obtenu ce certificat cette année. Elle constitue aujourd’hui la référence en France pour intégrer la haute fonction publique.

La PrépaConcours de l’École d’affaires publiques de Sciences Po accueille des diplômés de Sciences Po mais aussi des étudiants en master 2 et des candidats aux parcours académiques excellents issus d'autres établissements : instituts d’études politiques, écoles normales supérieures, universités, écoles de commerce et d’ingénieur.  La moitié de ces candidats issus de la voie d’admission dite « externe » ont déjà réussi des concours en 2019 (ENA, Inet, etc.). .

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Nouveau partenariat avec Sopra Steria

Sopra Steria devient mécène principal de la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté
  • Actualité Sciences Po © DSDActualité Sciences Po © DSD

La Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté, hébergée par l’École d’affaires publiques de Sciences Po, tenait mercredi 20 novembre sa conférence annuelle dédiée aux enjeux de souveraineté numérique et de sécurisation des données.

Plusieurs intervenants prestigieux, acteurs du public et du privé, ont ainsi croisé leurs regards et échangé sur les questions de souveraineté nées avec la transformation numérique :

  • Joffrey Célestin-Urbain, chef du Service de l’Information Stratégique et de la Sécurité Économiques (SISSE), Ministère de l’Économie et des Finances ;
  • Raphaël Gauvain, député de Saône-et-Loire (5ème circonscription), auteur du rapport remis au Premier ministre Edouard Philippe visant à « rétablir la souveraineté de la France et de l’Europe et protéger nos entreprises des lois et mesures extra-territoriales » ; 
  • Laurent Giovachini, directeur général adjoint, Sopra Steria, président du comité souveraineté et sécurité, MEDEF ; 
  • Enrico Letta, doyen de la Paris School of International Affairs, Sciences Po, ancien président du Conseil des ministres italien ; 
  • Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur la souveraineté numérique ; 
  • Franck Montaugé, sénateur du Gers, président de la commission d’enquête du Sénat sur la souveraineté numérique ; 
  • Amélie Oudéa-Castera, directrice exécutive E-commerce, data et transformation digitale, Groupe Carrefour.

L’événement fut l’occasion d’accueillir un nouveau partenaire, aux côtés de Carrefour et de la Caisse des Dépôts et Consignations : Sopra Steria, un des leaders européens du conseil, des services numériques et de l’édition de logiciels, devient le mécène principal de la Chaire.

A la suite de la conférence, Vincent Paris, Directeur général de Sopra Steria et Frédéric Mion, Directeur de Sciences Po, ont officiellement signé la convention de mécénat qui lie Sopra Steria et Sciences Po pour une durée de cinq ans.

« Nous sommes fiers de soutenir l’enseignement et la recherche autour de l’évolution du concept de souveraineté à l’aune des nouveaux enjeux éthiques, économiques et politiques qui bouleversent notre société. En effet, en tant qu’acteur majeur de la transformation digitale, nous nous engageons aux côtés de nos clients pour penser les nouvelles modalités de la souveraineté en accord avec nos valeurs et notre volonté de favoriser l’émergence d’une éthique numérique. » Vincent Paris, Directeur général de Sopra Steria

Créée en 2017, la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté s’intéresse aux questions suscitées par la transformation numérique, qui affecte aujourd’hui en profondeur tant l’économie, les politiques publiques que nos modes de vie quotidiens. Elle concentre son activité sur les principaux enjeux suscités par la transition numérique : enjeux de souveraineté, enjeux de régulation, enjeux démocratiques. Son approche interdisciplinaire bénéficie de l’apport de l’ensemble des centres de recherche de Sciences Po, tout en étant coordonnée par le Laboratoire Interdisciplinaire d’Evaluation des Politiques Publiques (LIEPP). La Chaire a également pour rôle d’animer un écosystème d’acteurs publics et privés pour alimenter la réflexion et l’action sur les sujets de la transformation numérique.

La chaire est placée sous la co-direction de Yann Algan, économiste, doyen de l’École d’affaires publiques, et de Florence G’sell, agrégée de droit privé, professeure des universités.

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Measuring what counts for Economic and Social Performance

Retour sur la conférence co-organisée avec l'OCDE
  • Actualité Sciences Po © Thomas ArrivéActualité Sciences Po © Thomas Arrivé

Le 4 novembre dernier, l'École d'affaires publiques organisait, conjointement avec l'OCDE, une conférence lors de laquelle a été présenté le rapport Beyond GDP, Measuring What Counts for Economic and Social Performance.

Joseph Stiglitz est venu le présenter devant un amphi Boutmy plein, aux côté de Martine Durand, Jean-Paul Fitoussi, François Bourguignon et Yann Algan, membres de la commission et co-rédacteurs du rapport.

 

Voir l'intégralité de la conférence

 

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Projection des Misérables de Ladj Ly

Masterclass Culture du 24 octobre
  • Master Class autour du film Les Misérables de Ladj LyMaster Class autour du film Les Misérables de Ladj Ly

Le 24 octobre dernier, dans le cadre d'une Masterclass de la spécialité Culture, les étudiants de l'École d'affaires publiques ont eu la chance d'assister à la projection du film Les Misérables de Ladj Ly, suivie d'un débat en présence du réalisateur du film, de ses producteurs et de l'association Cinéma Pour Tous, présidée par Isabelle Giordano. 

Le film Les Misérables, qui a reçu le prix du jury au festival de Cannes, a été diffusé en avant-première et a très bien été accueilli par le public. La projection fut suivie d'échanges avec Ladj Ly, le réalisateur, Toufik Ayadi et Christophe Barral, les producteurs du film, tous accueillis par une standing ovation. La modération était assurée par Isabelle Giordano, la Présidente de Cinéma Pour Tous. 

A l'occasion de cette Masterclass, l'École d'affaires publiques a reçu des étudiants des associations KOURTRAJMEYES AKADEMIA,Télémaque, Cinéma pour tous, en plus des 150 étudiants de Sciences Po présents. 

Le film Les Misérables sortira en salles le 20 Novembre 2019. 

"Les Misérables est un film sur l’enfance et la façon dont on grandit dans les quartiers. J’espère que ce film ouvrira le débat à nouveau et qu'on pourra trouver ensemble des solutions" Ladj Ly.

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Retour sur la rencontre avec Michelangelo Pistoletto

Masterclass Culture du 2 octobre
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Le 2 octobre dernier intervenait à Sciences Po un artiste contemporain majeur, Michelangelo Pistoletto. Représentant de l’arte povera, l’artiste était à Paris pour la Nuit Blanche pendant laquelle il intervenait à la Cité des sciences et de l’industrie, sur l’invitation de l’association Thanks for Nothing.

Dans le cadre des Masterclasses Culture de l’École d’affaires publiques de Sciences Po, il a réfléchi sur la place des questions sociales et environnementales dans l’art contemporain, avec Marine Van Schoonbeeck (présidente de Thanks for Nothing) et Laura Salas Redondo (commissaire d’exposition travaillant de près avec l’artiste). Au regard de son travail artistique et de son engagement pour la démo-praxie à la Cittadellearte, l’artiste a échangé avec les étudiant·es autour de son concept du Troisième Paradis. Cette rencontre avec un artiste impliqué depuis les années 1950 en faveur d’un art défiant les institutions culturelles marchandes et ayant développé une démarche active au service de l’humanité, a suscité une discussion fructueuse. Ce fut l’occasion pour les étudiant·es d’engager une réflexion sur leur rôle de futur·es professionnel·les de l’art, et les engagements sociaux qu’ils et elles sont appelé·es à avoir. 

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Des travaux d'étudiants publiés dans la célèbre revue scientifique The Lancet

Découvrez les travaux de santé publique sélectionnés
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Dans le cadre d’un travail de fin de semestre, des étudiants en 1ère année du Master Politiques Publiques et du Master Affaires Européennes ont été amenés à travailler sur la mise en place de politiques publiques dans 4 pays pour résoudre des enjeux de santé publique. 

Sous la houlette de Benoît Vallet, Conseiller maître à la Cour des comptes et conseiller scientifique pour la spécialité Santé/Global Health, les étudiants ont planché sur 4 thématiques : le diabète au Mexique, la sécurité routière au Soudan, la maladie d’Alzheimer en France et le VIH en Afrique du Sud. 

Ces travaux ont mené à 5 publications en août 2019 dans le célèbre média britannique The Lancet, qui figure parmi les revues de médecine les plus prestigieuses.

 

Consultez ci-dessous les articles parus dans la revue médicale (en anglais) : 

Preparing the next generation of global public health experts (introduction)Auteur : Benoît Vallet

Road safety in SudanAuteurs : Kristina Sokourenko, Michel Wakim, Michelle Bassil

Alzheimer’s Disease and neurodegenerative diseases in FranceAuteurs : Kenza Bakhta, Eléonore Cecillon, Emma Lacombe, Marie Lamy, Aziliz Leboucher, Jeanne Philippe

HIV in South AfricaAuteurs : Suzuka Satoh, Elisa Boyer

Ending diabetes in Mexico. Auteurs : Mathieu Levaillant, Gaëlle Lièvre, Gabriella Baert

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Ouverture des admissions pour la rentrée 2020

  • Étudiants devant l'entrée du 27 rue Saint Guillaume, Paris ©Martin ArgyrogloÉtudiants devant l'entrée du 27 rue Saint Guillaume, Paris ©Martin Argyroglo

Les admissions pour la rentrée 2020 sont ouvertes !

Pour en savoir plus sur les procédures d'admission, les dates limites et les prérequis linguistiques et pour ouvrir un dossier de candidature, rendez-vous sur le site des admissions de Sciences Po.

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Adrien Lauras, promotion 2018

Du Double diplôme Sciences Po et HEC, Master Politiques publiques, au poste de Business Developer chez Selectra
  • Adrien - Business developer chez SelectraAdrien - Business developer chez Selectra

Adrien Lauras a fait ses études de premier cycle sur le campus de Paris, au sein du programme d'approfondissement de droit, avant d'être admis au Master Corporate and Public Management, double diplôme Sciences Po HEC, au sein de l'École d'affaires publiques. Depuis l'obtention de son diplôme en 2018, Adrien travaille aujourd'hui en tant que Business Developer Finance & Bank chez Selectra.

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"Réinventer l'économie de marché"

Emmanuelle Wargon, invitée de rentrée de l'École d'affaires publiques
  • Emmanuelle Wargon à Sciences Po le 30 août 2019 ©Sciences PoEmmanuelle Wargon à Sciences Po le 30 août 2019 ©Sciences Po

Dans un programme de rentrée axé sur la crise climatique, Emmanuelle Wargon était l'invitée le 30 août de l'École d'affaires publiques de Sciences Po. La secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire a plaidé pour une "transformation très profonde" de nos modes de production et de consommation. Son interview en vidéo.

Emmanuelle Wargon, diplômée de HEC, Sciences Po (1994) et l'ENA, est secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire depuis octobre 2018.  Elle a auparavant occupé différents postes administratifs au ministère de la Santé, et a été Directrice de la communication et des affaires publiques au sein du groupe Danone.

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Colloque international "Legal Challenges of the Data Economy"

Retrouvez les interventions des chercheurs de Sciences Po
  • Intervention de Florence G’sellIntervention de Florence G’sell

Le 22 mars dernier a eu lieu le Colloque International « Legal Challenges of the Data Economy ». Ce colloque, organisé par la Chaire Numérique de Sciences Po, le Collège des Bernardins, l’Institut Montaigne et le Cercle Montesquieu a permis de développer des thématiques telles que le rôle des algorithmes pour gouverner, la protection des données des consommateurs, les défis de la concurrence et des politiques publiques de régulation, etc.

De la récente entrée en vigueur du RGPD aux investigations des autorités américaines et européennes relatives aux comportements anticoncurrentiels des plus grandes plateformes, les défis posés par « l’économie de la data » sont aujourd’hui majeurs. Quel est le rôle des algorithmes dans la régulation sociale ? Personnalisation des marchés et du droit, confidentialité et sécurité des données des consommateurs, politique de concurrence et droit antitrust, propriété des données… Quels sont les problèmes éthiques qu’ils soulèvent ?

Chaque panel a permis l’intervention de chercheurs et de praticiens spécialistes de ces questions, afin d’aborder ces problématiques sous différentes perspectives.

Retrouvez les interventions des chercheurs et enseignants de Sciences Po en ligne sur la chaîne YouTube de l’Université de Chicago.

Vous pouvez les visionner en cliquant sur le titre de chaque intervention :

  1. “Personalization of the Law: a French Perspective“, by Florence G’sell, Professor of Law, University of Lorraine/IHEJ, Co-Director of the Chair Technology, Governance and Institutional Innovations, Sciences Po
  2. “Algorithmic personalization: sociological and ethical issues“, by Dominique Cardon, Director of the Medialab, Sciences Po and member of the Institut Montaigne Media Working Group
  3. “Should we regulate the Data Economy?“, by Antoine Chapsal, Sciences Po / Analysis Group
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Comment nous avons développé un serious game avec la Caf de Paris

Retour sur une expérimentation menée par un groupe d'étudiants dans le cadre de l'Incubateur de politiques publiques, édition 2018
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Article initialement publié par Siegrid Henry sur son blog Médium (04/06/2019)

Avec SocialPing, nous accompagnons les entreprises et les institutions à délivrer leurs messages de manière ludique et “gamifiée”. Pendant près d’un an nous avons travaillé avec la Caisse d’Allocations Familiales (Caf) de Paris sur la lutte contre le non-recours aux droits.

Qu’est-ce que le non-recours ? Il pourrait se définir comme toute personne qui ne reçoit pas — quelle qu’en soit la raison — une prestation ou un service auquel elle pourrait pourtant prétendre. Le non-recours aux droits revêt un caractère particulièrement important car il interroge à la fois l’effectivité et la pertinence de l’offre publique.

Après une année de travail conjoint, nous avons développé Cafouillages : le premier jeu mobile qui permet aux jeunes de découvrir leurs droits en s’amusant ! A l’occasion du lancement de notre jeu, le 6 juin prochain, je souhaitais revenir sur cette année de collaboration marquée sous le signe de l’innovation.

Sciences Po, 42 et la Caf de Paris réunis ou la concentration de profils divers aux appétences variées

C’est dans le cadre du partenariat entre l’Incubateur de Politiques Publiques de Sciences Po et le programme MATRICE que nous avons eu la chance de nous réunir autour de ce sujet commun. Il s’agit d’un programme de formation transdisciplinaire associant des étudiants de Sciences Po et de 42 : nous avions dès lors six mois pour proposer une réponse — un prototype fonctionnel — à ce défi majeur de politiques publiques.

Notre équipe est composée de quatre étudiants : d’un côté, Gildas et Mounir, deux étudiants en programmation informatique à 42, et de l’autre, Joanna et moi-même, étudiantes à l’École d’Affaires Publiques de Sciences Po.

Immersion en plein coeur de la Caf et “sprint” d’une semaine

Notre première semaine fût l’opportunité de découvrir l’organisation de la Caf et ses méthodes de travail, mais, surtout, de disposer d’un point de vue opérationnel sur les réalités des usagers et le quotidien des agents. Suite à cette immersion, nous disposions d’une seconde semaine - accompagnés par les équipes de Five by Five - afin d’imaginer une première solution, en mesure de répondre aux problèmes préalablement identifiés la semaine passée.

Ce que nous avions principalement observé, notamment à l’accueil de la Caf, était cette difficulté pour certains allocataires à effectuer leurs démarches en toute autonomie. S’informer, demander une prestation ou son renouvellement, rassembler les justificatifs requis… constituaient autant d’obstacles de l’accès aux droits.

partir à la rencontre de nos utilisateurs...

Après avoir remporté le “prix coup de coeur” du sprint, nous décidons — afin d’affiner notre idée et d’en comprendre plus profondément les enjeux — de multiplier les rencontres avec des acteurs clés de la sphère sociale, du monde de la recherche, de l’administration et de l’écosystème entrepreneurial.

Au gré des rencontres, nous avons découvert que le non-recours aux droits peut être le résultat de différentes causes. Néanmoins, celle qui nous semblait la plus importante était la non-connaissance ou pire, la méconnaissance des prestations.

Dans le même temps, nous avons rapidement constaté, notamment lors de nos échanges avec les usagers au sein de permanences d’écrivains publics numériques, que les populations potentiellement sujettes au non-recours étaient également majoritairement éloignées du numérique. Par exemple, lorsque nous avons testé notre solution “Indépendroits” au sein des centres sociaux, nous avons pris conscience du caractère cumulatif des difficultés (illettrisme, défiance envers les technologies, manque de compétences numériques, …) complexifiant de facto toute volonté de lutter contre le non-recours via un outil numérique.

Abandonner notre idée… Puis “pivoter” en changeant d’approche et de cible

Nous avons ainsi rapidement constaté que lutter contre le non-recours aux droits ne pouvait se mener de façon trop directe, étant donné la multiplicité des formes de non-recours et le caractère hétérogène de notre cible. En réponse aux problèmes spécifiques que sont la non-connaissance de la Caf, de ses prestations — qui constituent pourtant les problématiques fondamentales en ce qu’elles conditionnent l’accès aux droits — nous avons, après plusieurs mois de travail, privilégié une cible et une approche différente.

Une cible spécifique : les jeunes

Nous avons découvert (à notre grande surprise !) que les jeunes étaient particulièrement touchés par le non-recours. Or, ils constituent un public clé : futurs allocataires, ils agissent également au sein de leurs foyers comme de véritables prescripteurs. En effet, ils sont souvent amenés à faciliter l’accès aux droits des membres de leurs familles et particulièrement de leurs parents, qu’ils accompagnent parfois dans leurs démarches. Et, alors qu’ils utilisent quotidiennement Internet comme première source d’information, ils demeurent paradoxalement très peu informés sur leurs droits.

Une nouvelle approche : le jeu

Nous avons trouvé opportun d’utiliser une approche par le jeu afin de sensibiliser différemment les jeunes (12–25 ans), futurs porteurs de la nouvelle image du service public, dont la Caf pourrait être l’un des fers de lance. Pour ce faire, nous avons décidé de développer un jeu mobile qui emprunte les codes du social game (à savoir l’apprentissage, le partage, le goût du challenge, …) créant ainsi une expérience simple, amusante et engageante.

Une telle démarche nous semblait pertinente à différents égards :

  • Elle permettait de sensibiliser différemment à la Caf et à ses prestations en utilisant l’approche et les codes du jeu pour délivrer des messages clés ;
  • Aussi, elle permettait de cibler un nouveau public - jeune - difficilement atteint par la communication institutionnelle, malgré son appétence pour l’utilisation des outils numériques ;
  • Enfin, elle permettait de modifier l’image de l’institution et de son guichet en lui attribuant le crédit d’une démarche innovante, personnalisée et plus proche de ses usagers.

Le premier prototype : un jeu “social” et multi-joueurs

Nous avions alors imaginé un jeu, composé lui-même de différents mini-jeux permettant de gagner des « points de vie » et des « cartes d’informations » délivrant des messages sur la Caf, ses services et ses prestations. La notion de « challenge » était directement intégrée au jeu par le biais d’un classement des joueurs affichant les points de vie gagnés. Plus ils remportaient de mini-jeux, plus ils gagnaient de points de vie et de cartes d’informations sur les prestations ! C’est ce premier prototype du jeu que nous avons présenté à Sciences Po en juin dernier, lors de la restitution des projets de l’Incubateur de Politiques Publiques.

Septembre 2018, la Caf de Paris nous sollicite de nouveau : elle souhaite développer le jeu… pour de vrai ! Et nous en confier la réalisation ! Avec l’aide de Matrice nous reprenons notre premier prototype et procédons à des tests utilisateurs afin d’améliorer le jeu qui, était certes amusant, mais ne permettait pas de répondre à notre objectif premier : découvrir l’univers de la Caf de manière ludique. Pour ce faire, nous avons rencontré nos utilisateurs dans différents points d’accueil identifiés (centres sociaux, espaces numériques, etc.) mais également directement au sein de l’espace public (centres commerciaux, parcs, …).

Mobiliser des compétences que nous n’avions pas…(encore !) : l’apport du “game design” et la force des tests utilisateurs.

A l’issue de ces tests utilisateurs deux points se révèlent essentiels afin de perfectionner le jeu : le game design et l’univers de jeu. D’ailleurs, Florent, notre game designer, vous l’expliquera mieux que moi, il a effectué le bilan de nos tests utilisateurs et détaillé les orientations retenues afin d’améliorer le jeu dans une vidéo !

Grâce aux retours des jeunes que nous avons interrogé et l’expertise de Florent, nous avons décidé de faire évoluer le jeu selon les principes suivants :

  • Construire un design approprié à notre cible ;
  • Remplacer le principes des “vies” par un jeu narratif ;
  • Rédiger les messages clés sous forme de dialogues ;
  • Intégrer les messages dans le gameplay (avec humour) ;
  • Impliquer le joueur en lui assignant un objectif ;
  • Améliorer la rétention en proposant différents dénouements ;
  • Créer une identité de jeu (univers, personnages, …).

 

Dans ce sens, nous avons créé un univers de jeu complètement différent : le joueur se retrouve désormais dans la peau d’un personnage. Ce dernier se voit assigner une mission, celle d’accompagner les habitants de Verte-Ville en difficulté.

Chaque citoyen qu’il rencontrera illustre une situation de la vie réelle, en lien avec une prestation de la Caf. Son rôle est désormais de les aider à effectuer les meilleurs choix de vie. Ainsi l’expérience de jeu permet de retenir — inconsciemment — des prestations en les associant à des situations de vie quotidienne !

Créer une nouvelle perception des services publics

Par le choix du nom Cafouillages — en référence au sac de nœuds que représente le recours aux prestations pour les allocataires — et de son côté volontairement décalé, nous souhaitons montrer que les institutions peuvent également maîtriser les nouveaux codes de la communication et ainsi présenter une image innovante et rajeunie. L’autodérision est en effet intègre à l’humour de l’âge Internet, avec ses memes, son ironie et son langage informel. Loin d’enlever le sérieux qui doit animer leurs missions d’intérêt général, une telle approche témoigne, à mon sens, de leur capacité d’adaptation et d’écoute des préoccupations quotidiennes de leurs usagers.

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