Alexandre Fongaro, promotion 2017

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique, parcours en apprentissage, au poste de chargé d'affaires institutionnelles du Groupe Kering
  • Alexandre Fongaro © Emma LeblondAlexandre Fongaro © Emma Leblond

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après l’obtention de mon baccalauréat à Agen, dans le Lot-et-Garonne, j’ai participé à un programme d’échange culturel et linguistique d’un an au Brésil. J’y ai appris le portugais, découvert un pays immense, et surtout j’y ai rencontré des gens inoubliables !

A mon retour, j’ai intégré l’IEP de Bordeaux via lequel j’ai effectué une année de mobilité au Royaume-Uni, avant de rejoindre Sciences Po en Master politiques publiques. 

Dans le cadre de ce master, j’ai eu l’occasion de réaliser un stage puis une alternance au sein de la direction des Affaires institutionnelles de Kering, groupe mondial de luxe. Une période intense car j’assurais alors de front un engagement politique en Nouvelle-Aquitaine. 

Je suis désormais chargé d’Affaires institutionnelles chez Kering. Je participe notamment, pour le compte de Kering, aux travaux du B20/G20, qui se tiendra en octobre prochain en Italie. En parallèle, je dispense un cours au CELSA et je m’investis pour l’égalité des chances dans l’éducation avec l’Institut Télémaque.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Lorsque j’ai intégré Sciences Po, je venais de réaliser deux stages : l’un au consulat général de France à Los Angeles, l’autre auprès d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. Je voulais devenir diplomate, comme beaucoup de mes camarades, et je préparais dans ce but les concours de l’ENA et du Quai d’Orsay. 

Mon premier stage chez Kering a changé la donne, et m’a éloigné de cet objectif. J’ai en effet compris que l’on pouvait pleinement contribuer à l’influence française et européenne en travaillant dans le secteur privé, a fortiori au service de Maisons aussi emblématiques que celles qui composent le groupe Kering.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez Kering pour votre apprentissage ? Et avez-vous eu d'autres démarches particulières pour votre CDI avec le service des ressources humaines ?

Au moment de signer mon contrat d’apprentissage en alternance, j’avais déjà effectué un stage au sein du Groupe. L’occasion s’est donc présentée comme une évidence pour moi et ce nouveau statut a favorisé mon intégration parmi les collaborateurs de l’entreprise.  

Mon processus de recrutement en CDI a ensuite été très fluide. Je venais de passer presque deux ans dans le Groupe, j’avais la confiance de ma hiérarchie et j’ai donc pu bénéficier d’une création de poste au sein de la Direction dans un contexte de montée en puissance de nos missions. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

La direction des Affaires institutionnelles à laquelle j’appartiens assure l’interface entre, d’un côté, le Groupe et ses Maisons et, d’un autre côté, les acteurs publics au sens large, en France comme à l’étranger. 

Concrètement, il s’agit de participer aux travaux des organisations dont le Groupe est membre, d’assurer un suivi opérationnel des décisions publiques qui peuvent influer sur nos activités, de contribuer à la bonne information de la direction générale et, plus largement, de favoriser notre empreinte institutionnelle dans la durée.  

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

D’abord, je dois dire que la méthode Sciences Po a fait ses preuves. Elle forme à l’analyse, à la synthèse et permet in fine d’engager des recherches sur des thèmes pour lesquels on ne dispose pas nécessairement d’une expertise initiale. 

Au-delà de la méthode, les enseignements m’ont apporté des connaissances de fond que je mobilise au quotidien. Je pense notamment aux questions européennes, aux questions internationales, ou encore aux finances publiques.   

Enfin, je dirais que la formation a contribué, grâce aux nombreux exposés et interventions qui jalonnent nos cours, à faciliter mes prises de parole en public. 

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Témoignage de Thibault Courgeon, lauréat du concours de directeur d'hôpital

De la PrépaConcours à l'école de Rennes
  • Thibault Courgeon ©Simon HervéThibault Courgeon ©Simon Hervé

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire ainsi que votre projet professionnel à court, moyen ou long terme ? 

Mon parcours à Sciences Po a débuté par deux années sur le campus de Poitiers, axées sur l’étude de l’Amérique latine. J’y ai beaucoup appris aux côtés d’un grand nombre d’étudiantes et d’étudiants issus de cette région, dans un environnement polyglotte et très riche. J’ai aussi eu l’occasion de m’engager dans différents projets collectifs, associations et équipes sportives, avec un esprit de promotion très fort qui incite à participer activement à la vie du campus. Ce premier cycle s’est ponctué par une année d’échange universitaire à Santiago du Chili. J’y ai découvert un pays magnifique, tant pour ses légendaires completos (hot-dogs à la crème d’avocat vendus à tous les coins de rue) que pour l’incroyable diversité de ses paysages, sans oublier sa très grande richesse culturelle, merveilleusement contée par Pablo Neruda et Gabriela Mistral. J’ai aussi aperçu un pays traversé par de fortes inégalités, notamment dans l’accès aux soins, ce qui m’a frappé et m’a fait ouvrir les yeux sur l’impérieuse nécessité de préserver les piliers du système de santé français, tant admiré et tant envié à l’étranger. 

De retour en France, j’ai intégré le Master politiques publiques, avec la spécialité Global Health. J’ai choisi de prendre une année de césure entre mes deux années de master pour effectuer différents stages : au cabinet de la ministre des solidarités et de la santé, à l’ARS Ile-de-France et à la Fédération Hospitalière de France. Ces expériences m’ont permis de voir le rôle de différents acteurs de la politique de santé et de faire des rencontres qui ont été marquantes dans mon parcours. Je suis revenu en Master 2 avec l’idée de passer le concours de directeur d’hôpital, m’inscrivant à la PrépaConcours de Sciences Po en parallèle du M2. Mon stage de fin de master au CHU de Bordeaux, au moment où la crise sanitaire a commencé à bouleverser le quotidien des hôpitaux, m’a vraiment renforcé dans mon choix, quelques mois avant de passer les écrits du concours. Après des mois de labeur, j’ai eu le plaisir d’être admis au concours et de commencer, début janvier, la formation de deux ans à l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP). 

Mon projet professionnel est plutôt linéaire : je souhaite m’engager sur le long terme à l’hôpital public, par les différents postes que je serai amené à occuper. Le métier de directeur d’hôpital offre la chance de pouvoir évoluer rapidement et assez régulièrement, qu’il s’agisse de changer d’établissement ou de changer de direction fonctionnelle au sein d’un même établissement. Cela n’exclut pas de pouvoir occuper d’autres responsabilités en dehors de l’hôpital pour quelques années, mais ce sera pour m’imprégner d’autres environnements afin, je pense, de revenir ensuite à l’hôpital, avec un regard nouveau. In fine, j’espère pouvoir contribuer à mon échelle à faire de l’hôpital un lieu de soin et d’accueil pour tous, dans une dynamique performante, innovante et respectueuse de toutes celles et tous ceux qui y travaillent. 

COMMENT SE SONT DÉROULÉS LA PRÉPARATION ET LE CONCOURS DE L’EHESP ET QUELLES SONT LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DE VOTRE SCOLARITÉ AUJOURD’HUI ? 

L’année de préparation au concours a été très exigeante mais elle s’est très bien passée. J’ai suivi un certain nombre de conférences de la PrépaConcours mais une partie importante du travail est aussi plus personnelle, sur la base des ouvrages de référence dans chaque matière. J’ai eu la chance de pouvoir former un binôme avec un fidèle ami qui passait d’autres concours, ce qui nous a permis de nous entraîner régulièrement sur différents sujets. Le contexte sanitaire a obligé à se réadapter mais la prépa a su être très réactive, en proposant rapidement un format de cours à distance ainsi que des possibilités de composer le week-end à distance, ce qui a été très précieux. L’année est longue, demande quelques sacrifices mais c’est aussi une période vraiment intéressante, j’en garderai un bon souvenir ! 

La scolarité à l’EHESP est une formation de deux ans, qui alterne entre périodes de cours et périodes de stages. Un premier stage d’observation de deux mois nous permet de découvrir très vite l’hôpital dans toute la richesse de ses métiers et de ses activités par une immersion au cœur de ses services de soins, avant d’y revenir pour un stage long de direction, cette fois d’une durée de huit mois. Les cours sont axés sur le management ainsi que sur les différentes thématiques de gestion hospitalière : ressources humaines, finances, stratégie, coopérations, achats, logistique, patrimoine, communication, gestion de crise… Le cursus se ponctue par une période de spécialisation avant la première prise de poste, à la fin des 24 mois.

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant préparationnaire de ce concours ? 

Mon premier conseil s’appliquerait à tous les concours : je pense qu’il est vraiment indispensable de trouver un bon équilibre entre temps de travail et temps pour soi dans cette période si exigeante. Il s’agit d’un travail de longue durée, une sorte de marathon pour lequel il faut savoir se préserver et s’aérer l’esprit le plus possible : faites du sport, allez voir vos amis, ressourcez-vous en famille, prenez le temps de partir un long week-end ou de prendre une semaine de vacances… Ce ne sera jamais du temps de perdu, bien au contraire ! On peut même allier l’utile à l’agréable : je recommande fortement la série Hippocrate de Thomas Lilti par exemple, pour tout étudiante ou tout étudiant qui s’intéresse à l’hôpital. 

Plus spécifiquement sur le concours de directeur d’hôpital, je conseillerais aux préparationnaires de faire un stage en hôpital, même s’il est court, avant de se lancer dans les épreuves du concours. La connaissance préalable de l’hôpital est très appréciée et se remarque assez rapidement, tant à l’écrit (pour la note sur dossier) qu’à l’oral (c’est de plus en plus un prérequis pour le grand oral), d’autant que c’est aussi ce qui permet de conforter ou non son choix de parcours, car l’hôpital est un lieu d’exercice professionnel très singulier. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l’École d’Affaires Publiques envers le parcours que vous suivez aujourd’hui ? 

Grâce à la spécialisation en santé proposée par l’École d’Affaires Publiques, j’ai pu me concentrer très tôt sur le système de santé et découvrir progressivement son fonctionnement, ses acteurs et ses enjeux, avec des cours donnés par des professionnelles et professionnels du secteur, notamment hospitalier. Nous sommes également encouragés à prendre une année de césure pour gagner en expérience et intégrer différentes organisations, cela a été pour moi extrêmement formateur, m’a permis de gagner en connaissances pratiques et en compétences professionnelles. Au final, le cursus proposé est très complet et permet à chacun de trouver sa voie, grâce à des cours aux thématiques très variées, allant de la sociologie des organisations au management des ressources humaines dans la fonction publique par exemple. Nous avons aussi une marge de choix dans les enseignements, ce qui permet de personnaliser en partie sa formation tout en respectant un tronc commun. 

Quant à la PrépaConcours, elle propose une préparation qui prend en compte la spécificité d’un certain nombre de concours, notamment de celui de directeur d’hôpital, ce qui a été très précieux. Elle permet de s’entraîner tout au long de l’année grâce à de nombreux galops et plusieurs concours blancs. Que ce soit à l’écrit ou à l’oral, lancez-vous le plus souvent possible sans avoir peur de la mauvaise note, c’est un passage obligé et incontournable au cours de cette année !

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Qu'est-ce que le SDG Certificate ?

Présentation du certificat en un coup d'oeil
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Créé en 2017, le Sustainable Development Goals (SDG) Certificate est un programme international offrant une formation innovante permettant aux étudiants de saisir le cadre et les enjeux des Objectifs de Développement Durables (SDGs) définis par l’ONU, et de contribuer à leur mise en place. Il débouche sur la délivrance d’un certificat professionnel.

Il a été élaboré conjointement par 5 des 7 universités du prestigieux Global Public Policy Network (GPPN). Il constitue l’une des actions phares du réseau GPPN, à côté de sa conférence annuelle et de son offre de double diplômes.

Universités participantes :

  • Sciences Po, Ecole d’affaires publiques (Paris)
  • Columbia SIPA (New York)
  • Graduate School of Public Policy, University of Tokyo (Tokyo)
  • Hertie School (Berlin)
  • LKY School of Public Policy at the National University of Singapore (Singapore)

A qui s’adresse le SDG Certificate ?

A Sciences Po, le certificat est ouvert à tout étudiant de 1ère année de Master à l’Ecole d’affaires publiques, à l’aise avec la langue anglaise. Chaque année, 2 groupes d’étudiants sont sélectionnés à l’EAP pour participer au programme. Les autres universités partie prenante sélectionnent également 2 groupes d’étudiants parmi leurs cohortes.

Qu’y apprend-on ?

Dans le cadre de l'agenda 2030 des Nations Unies, les connaissances spécialisées et l'expérience pratique sur la manière de réaliser les objectifs de développement durable sont très recherchées par les agences gouvernementales, les organisations internationales, les entreprises privées et le secteur social à toutes les échelles. Le SDG Certificate répond à ce besoin : les étudiants travaillent sur un sujet qu’ils ont choisi (avec des critères imposés), bénéficient de l’expérience d’experts, développent des compétences entrepreneuriales, travaillent en collaboration avec d’autres étudiants du monde entier.

Comment se déroule l’année ?

Les étudiants sont sélectionnés en octobre-novembre de leur année de Master 1. Les apports pédagogiques ont ensuite lieu pendant leur semestre de printemps :

  • Janvier : Leadership Seminar, regroupant les étudiants des 5 universités pendant 4 jours, organisé par l’EAP.
  • Janvier à mai : 4 heures de workshop par semaine (entre étudiants de l’EAP) + 4 séminaires mensuels organisés par les universités partenaires (regroupant les étudiants de toutes les universités)
  • Mai : rendu des projets et présentations finales.

Le curriculum est organisé de manière à être compatible avec les engagements de scolarité des étudiants de Master 1. 

La prochaine cohorte sera sélectionnée en octobre 2021. 

témoignages

Découvrez ci-dessous les témoignages des deux groupes d’étudiants de l’EAP sélectionnés pour l'année universitaire 2020-2021, suite à leur participation au Leadership Seminar de janvier 2021 :

 

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L'accompagnement carrières de l'École d'affaires publiques, un dispositif unique et exceptionnel

  • © Africa Studio/Shutterstock© Africa Studio/Shutterstock

L'École d'affaires publiques a mis en place depuis sa création un dispositif dédié à l'insertion professionnelle de ses étudiants, dont l’objectif est de les accompagner dans la construction et la mise en œuvre de leur projet professionnel.

Pendant toute la durée de la scolarité, et jusqu'à deux ans après l'obtention du  diplôme, l'École propose à ses étudiants et jeunes diplômés un suivi individualisé et des événements spécifiques à chaque programme. Sont ainsi organisés toute l’année des petits déjeuners recrutement, des tables rondes métiers, des rencontres professionnelles mais aussi des immersions carrières, des sessions d'échanges avec d'anciens étudiants ou encore des forums. Ces actions complètent celles proposées par Sciences Po carrières avec qui l’EAP travaille étroitement. 

Depuis le début de la crise sanitaire, l’accompagnement des étudiants a été renforcé, en collaboration avec les employeurs, afin de répondre aux interrogations et besoins spécifiques des étudiants. 

Un réseau des référents carrières

L’École d’affaires publiques a créé un réseau unique à Sciences Po de référents carrières. Ces référents sont choisis au sein d’un vivier de professionnels expérimentés du secteur public et du secteur privé et accompagnent chacun un groupe d'étudiants durant leur année de M2. Véritables mentors, ils partagent avec eux leur expertise de leur secteur, les accompagnent dans leur réflexion sur leur trajectoire et leurs perspectives professionnelles à l'occasion de rencontres régulières.

L’École d'affaires publiques, porteuse de réflexion sur les métiers de demain et les nouvelles compétences recherchées

Forte de son engagement dans l’accompagnement des étudiants, l'École a lancé une réflexion auprès des employeurs, sur les métiers de demain et les nouvelles compétences recherchées dans les affaires publiques, en collaboration avec Sciences Po Carrières, la Direction Stratégie et Développement et l'Institut des compétences et de l'Innovation de Sciences Po. 

L'objectif est de réunir une dizaine d'organisations "grands témoins", publiques et privées, pour échanger ensemble sur les enjeux de demain : métiers d'avenir, nouvelles compétences et innovation dans les processus de recrutement. Le fruit de cette réflexion permettra d’enrichir la formation proposée aux étudiants au sein de l'École d’affaires publiques et leur permettre de se préparer au mieux à leurs futures fonctions.

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Madeleine Osorovitz, Promotion 2018

Du Master politiques publiques, spécialité Cultural Policy & Management, au poste de secrétaire des affaires étrangères du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Madeleine Osorovitz © Jade VergnesMadeleine Osorovitz © Jade Vergnes

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ? 

Je suis entrée à Sciences Po après mon baccalauréat, et j’ai également effectué des études de lettres à la Sorbonne. En troisième année, j’ai eu la chance d’étudier aux Etats-Unis à Smith College, un women’s college. Après mon master en Politiques publiques, spécialité « Cultural Policy and Management » (promotion 2018), je suis partie au Pérou en Volontariat international en administration (VIA). A la suite de ce contrat, j’ai « transformé l’essai » puisque j’ai intégré définitivement le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en mars 2020 en tant que secrétaire des affaires étrangères.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

On plaisante souvent en disant qu’à l’entrée à Sciences Po, 50% des étudiants veulent devenir journalistes, et 50% diplomates. Ironiquement, ce n’était pas du tout mon cas.

Ayant pratiqué la musique classique depuis mon plus jeune âge, je suis rentrée à Sciences Po assez déterminée sur mon orientation professionnelle, et ma volonté de travailler dans le secteur de la culture. J’ai donc effectué mon stage de première année en tant qu’assistante régisseur au Festival Mois Molière, organisé par la ville de Versailles. Je m’y suis beaucoup plu, au point de retourner y travailler trois étés de suite. Pendant ma première année de master, j’ai effectué un stage à mi-temps aux côtés de l’administratrice du Conservatoire à Rayonnement Régional de Versailles. Ces premières expériences professionnelles dans le domaine de la culture m’ont menée vers le parcours en apprentissage en M2, en administration toujours, au sein du chœur accentus et de l’orchestre Insula orchestra, en résidence à La Seine Musicale. Après cet apprentissage, j’ai souhaité découvrir d’autres facettes de la culture, et j’ai donc sauté sur l’occasion de partir en VIA à l’Ambassade de France à Lima, où j’étais chargée de coopération pour le livre et le débat d’idées.

J’ai été incroyablement stimulée par la diversité des tâches liées à mon poste, l’univers multiculturel et l’autonomie d’action d’une ambassade, toujours en lien avec la stratégie d’influence définie par Paris. Dans le cadre de mes activités j’ai supervisé la venue aux Pérou de chercheurs, d’écrivains (Alice Zeniter, Leïla Slimani), d’acteurs de la société civile (Xavier Emmanuelli). J’ai pu monter un appel à projet et obtenir des fonds pour organiser la restauration d’églises datant du XVIIIe siècle dans une vallée affectée par les conflits armés des années 1980. 

A Lima, j’ai découvert les différentes facettes du métier de diplomate, d’autant plus que dans une ambassade de taille moyenne il y a beaucoup de contacts entre les secteurs politiques, consulaires, et la coopération. Cette diversité des parcours, associée à mon expérience très positive en VIA ont été les déclics qui m’ont décidée à passer le concours. Le VIA est un atout intéressant pour découvrir la coopération internationale, être responsabilisé et se professionnaliser en sortie de diplôme, ainsi que pour découvrir la culture du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Comment s'est déroulé le concours et le process de recrutement pour le Ministère de l'Europe et des affaires étrangères et quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

J’étais en poste au Pérou pendant les concours, aussi je me suis préparée par moi-même, et j’ai fait des allers-retours entre Paris et Lima pour passer les épreuves – mon bilan carbone 2019-2020 est absolument désastreux. Ce n’était pas toujours évident de réviser tout en étant en poste à temps (très) plein, mais cela m’a forcée à être efficace et stratégique, et à prioriser mes points forts. Par ailleurs, mes deux expériences à l’étranger m’ont permis de m’assurer d’un solide niveau en langue ce qui est très appréciable car ces épreuves sont éliminatoires aux écrits comme aux oraux.

Une fois arrivée à l’oral, j’ai senti que mon expérience de VIA était valorisée, notamment en termes de savoir-être face au jury. Il m’a fallu évidemment acquérir un certain nombre de connaissances en un très court laps de temps pour l’épreuve de questions européennes, et je me suis raccrochée au cadre théorique acquis au cours de mes études à Sciences Po. Mes souvenirs des cours d’Institutions politiques suivis en 1A m’ont par exemple été particulièrement utiles.

Je travaille actuellement au sein de la sous-direction pour l’enseignement supérieur et la recherche. Je pilote nos coopérations scientifiques et universitaires avec les pays anglo-saxons, en lien avec nos services scientifiques en ambassade. La dimension interministérielle de mon poste est très présente puisque nous travaillons de concert avec le MESRI. Etant donné la période de crise sanitaire, le défi est de préserver et réinventer les coopérations scientifiques et universitaires, dans un contexte où les mobilités sont contraintes.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Ma formation m’a dotée d’un socle théorique solide concernant le service public et l’action de l’Etat, même si j’ai regretté ne pas avoir eu l’opportunité de suivre les cours « emblématiques » de droit public et de finances publiques, qui m’auraient été très utiles pour la suite de mon parcours. Ma spécialité m’a permis de m’ouvrir à la riche palette des métiers de la culture, grâce aux professeurs issus du monde professionnel et aux nombreux intervenants : je me souviens par exemple d’avoir présenté un exposé sur la diplomatie culturelle française face à l’ambassadeur chargé de piloter l’ouverture du Louvres Abu Dhabi ! Ma seconde année en apprentissage m’a ensuite permis de consolider mes acquis tout en préparant en douceur la transition vers le monde professionnel. De façon très concrète, l’Ecole d’affaires publique m’a confirmée dans ma volonté de travailler au service de la France.

Enfin, mes cinq années à Sciences Po m’ont beaucoup apporté en dehors des salles de classe, et notamment au sein de l’équipe féminine de rugby de Sciences Po. Au-delà des bénéfices liés à une pratique sportive durant mes études, et du plaisir de gagner le Crit, le rugby m’a permis de rencontrer des femmes déterminées et inspirantes, venues de tous horizons, menant des carrières variées et dont certaines me précèdent au Quai. Durant nos études, et maintenant encore, ce réseau m’a portée, donné confiance en moi, encouragé à être ambitieuse : je leur en suis infiniment reconnaissante.

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers les métiers de la coopération et de la diplomatie aujourd'hui ?

Je vous conseillerais d’accumuler le plus tôt possible de l’expérience professionnelle, afin de vous faire une idée de la diversité des métiers qui existent, ainsi que d’acquérir un savoir-être professionnel, qui vous permettra ensuite d’être adaptable à de nouvelles expériences. 

Je vous conseillerais aussi de ne pas douter de vos intuitions : si un secteur en particulier vous intéresse, lancez-vous à fond. Peut-être que ce sera le coup de cœur, si ça ne l’est pas vous pourrez toujours vous réorienter grâce au bagage acquis en master, et vous n’aurez pas de regret.

Concernant en particulier la décision de passer les concours de la fonction publique, je vous relaie enfin le conseil de ma supérieure hiérarchique à Lima, qui m’a servi de mantra : « tous les gagnants ont tenté leur chance » - j’ai ensuite découvert que c’était un ancien slogan du loto, mais je vous rassure sur le fait que la réussite à un concours ne relève pas de l’aléatoire. 

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S'engager auprès des femmes, avec Diariata N'Diaye

  • Diariata N'Diaye © Catherine CabrolDiariata N'Diaye © Catherine Cabrol

À l’initiative des élèves du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques de Sciences Po, une rencontre avec Diariata N’Diaye, artiste slameuse, engagée depuis de nombreuses années contre les violences faites aux femmes. Elle s'exprime sur son parcours et son engagement et évoque notamment Resonantes, une association nantaise de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et la création d’App-Elles, la première application mobile destinée aux filles et aux femmes victimes de violences.

Introduction par Najat Vallaud-Belkacem, directrice du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques de Sciences Po, ancienne ministre.

Animation des échanges par Lucie Chataigner, Diane Chefdor, Morgane Iofrida et Carla Peretti, toutes quatre étudiantes dans le cadre du Certificat.

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La formation par l’apprentissage à l'École d’affaires publiques

  • © Gorodenkoff/Shutterstock© Gorodenkoff/Shutterstock

La formation par l’apprentissage est possible à l’EAP depuis 2016. Si une cinquantaine d’étudiants a été séduite par cette modalité lors du lancement du dispositif, ce sont plus de 130 étudiants (près de 20% des étudiants de M2) qui ont choisi d’effectuer leur seconde année de master en alternance cette année. 

A qui s’adresse la formation par l’apprentissage à l’EAP ?

La possibilité d’effectuer sa seconde année de master en apprentissage est ouverte à tout étudiant de l’EAP de moins de 30 ans ayant une maîtrise suffisante de la langue française (niveau B2 a minima), quel que soit son master et sa spécialité.

Pourquoi effectuer sa seconde année de master en apprentissage ?

L'apprentissage offre plusieurs avantages : d’une part, il permet aux étudiants d'acquérir une solide expérience professionnelle et de mettre en application sans attendre leurs connaissances théoriques et les compétences professionnelles développées au sein de leur formation en bénéficiant de l'accompagnement d’un maître d’apprentissage (au sein de la structure d'accueil) et d’un tuteur d’apprentissage (qui fait le lien entre Sciences Po et la structure d’accueil). D’autre part, il présente un intérêt financier : les droits de scolarité sont pris en charge par la structure d’accueil et l’étudiant perçoit un salaire. Enfin, une fois diplômés, les apprentis s’insèrent très rapidement sur le marché du travail. 

Les étudiants de l’EAP sont recrutés en alternance tant au sein de structures privées que de structures publiques. Ils sont actuellement accueillis chez Canal +, Ariane Groupe, Microsoft, Chanel, à la Fondation Hermès, chez Edf ou Engie… mais aussi au Sénat, à la Mairie de Paris, au sein du Ministère de la santé et des solidarités, du Ministère de la culture ou au Musée d’Orsay. L’apprentissage s’adresse donc autant à des étudiants qui souhaitent rejoindre le secteur privé une fois diplômés qu’à ceux qui envisagent de préparer les concours administratifs ; l’expérience acquise permet à ces derniers d’avoir une connaissance fine des modes de fonctionnement de l'administration, de ses forces et de ses contraintes, qu'ils peuvent valoriser lors des épreuves des concours.

Comment se déroule l’année de M2 en apprentissage ?

L’étudiant(e) en apprentissage effectue 3 jours en entreprise (lundi-mardi-mercredi) suivis de 2 jours en cours à Sciences Po (jeudi-vendredi), pour un total de 35 heures par semaine, durant un année complète. L’étudiant ne bénéficie pas des vacances universitaires, pendant lesquelles il est dans sa structure d’accueil, mais son statut lui confère 2,5 jours de congés payés par mois (voire davantage selon la convention collective) et 5 jours de révisions par an.

A quoi ressemble la maquette pédagogique d’un étudiant en apprentissage ? 

Les étudiants en apprentissage bénéficient d’une maquette pédagogique adaptée à leur parcours particulier. En plus des cours liés à leur spécialité, ils ont une offre de cours pratiques renforcée : ils suivent ainsi des ateliers d’outils informatiques et d’outils de gestion durant le semestre d’automne ; au semestre de printemps, ils suivent des ateliers de management qui leur permettent de prendre du recul par rapport à cette expérience professionnelle longue qu’ils vivent et à les outiller pour leurs futures fonctions. Ils doivent également rédiger un mémoire d’apprentissage qu'ils soutiennent en fin d’année. 

Comment trouver un contrat d’apprentissage ?

L’étudiant est acteur de sa recherche d’apprentissage mais dispose de nombreuses ressources. Des offres sont régulièrement diffusées sur la newsletter “Infos carrières” de l’EAP, sur le site web de Sciences Po Carrières et les plateformes dédiées. L’apprentissage ne doit pas nécessairement être en lien avec la spécialité suivie au sein de l’EAP, tant que les missions sont en lien avec le projet professionnel de l’étudiant. 

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Découvrez le parcours d’étudiants qui ont choisi cette voie : 

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ENA et concours administratifs 2020 : un palmarès remarquable

Encore une belle année pour la PrépaConcours de l'Ecole d'affaires publiques
  • Ministère de l'Europe et des affaires étrangères © Petr Kovalenkov/ShutterstockMinistère de l'Europe et des affaires étrangères © Petr Kovalenkov/Shutterstock

Les derniers résultats viennent de tomber : avec des lauréats dans tous les concours administratifs et 60 % des admis à l’ENA, la PrépaConcours de Sciences Po affiche un palmarès remarquable pour l’année 2020.

60 % des admis à l’ENA issus de Sciences Po

Les résultats d’admission au concours externe d’entrée à l’École Nationale d’Administration (ENA) ont été publiés fin 2020 : 23 étudiants de Sciences Po figurent parmi les 40 admis, soit 60% des lauréats. Ces résultats viennent couronner une année très satisfaisante pour la PrépaConcours de Sciences Po. Au cours des douze derniers mois, les étudiants issus de Sciences Po ont réussi des concours dans tous les domaines de la haute fonction publique : 

  • Directeur d’hôpital : 29% des admis
  • Cadre de direction de la Banque de France : 56% des admis
  • Administrateur du Sénat : 50% des admis
  • Conseiller au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères : 100% des admis
  • Administrateur territorial : 45% des admis à l’INET - Institut national des études territoriales 
  • Cadre dirigeant de la protection sociale : 17% des admis à l’EN3S - École nationale supérieure de la sécurité sociale 

Pour Yann Algan, doyen de l’École d’affaires publiques, “les lauréats de l'édition 2020 des concours méritent d'être doublement félicités : d'une part, parce qu'ils ont réussi des concours particulièrement exigeants, d'autre part, parce qu'ils sont parvenus à maintenir intacte leur motivation et leur implication dans un contexte de crise sanitaire très difficile auquel ils sont su s'adapter sans cesse. Nous sommes très heureux et très fiers d'eux !”. Le doyen n’oublie pas ceux qui n’ont pas réussi les concours cette année : “qu’ils aient décidé de suivre d'autres voies ou de retenter leur chance, ils méritent toute notre admiration et nos félicitations”, et salue l’engagement des enseignants, qui ont eux aussi su adapter leurs enseignements à une situation inédite : “nous leur exprimons toute notre gratitude : ces beaux résultats sont aussi les leurs”. 

Une préparation de référence ouverte à tous

Depuis la rentrée 2018, la PrépaConcours dispense une formation adaptée à la préparation à quinze concours administratifs et délivre un Certificat avancé de préparation aux métiers de la haute fonction publique : 164 étudiants ont obtenu ce certificat en 2020. Elle constitue aujourd’hui une référence en France pour intégrer la haute fonction publique.

La PrépaConcours de l’École d’affaires publiques de Sciences Po accueille des diplômés de Sciences Po mais aussi des étudiants en master 2 et des candidats aux parcours académiques excellents issus d'autres établissements : Instituts d’études politiques, écoles normales supérieures, universités, écoles de commerce et d’ingénieur.  

Article initialement publié par l'équipe éditoriale de Sciences Po


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Portrait de Raphaëlle Sananes, diplômée 2018

Du Master Politiques publiques, spécialité Administration publique, au poste de Conseillère des affaires étrangères au Ministère de l'Europe et des affaires étrangères
  • Raphaëlle SananesRaphaëlle Sananes

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Pour être parfaitement honnête, il a débuté par un échec aux épreuves d'admission de Sciences Po après le bac, avec deux notes catastrophiques aux épreuves d’anglais et d’économie : un comble quand on travaille aujourd’hui  à la Direction de la diplomatie économique du Quai d’Orsay…

Comme je souhaitais à l’époque rejoindre Sciences Po pour devenir avocate, je me suis dirigée vers la fac de droit, à Assas où j’ai suivi un parcours en licence et au Collège de droit. Mon niveau d’anglais s’étant quelque peu amélioré depuis, j’ai eu l’opportunité d’effectuer une Maîtrise en double diplôme et de passer un an à l’Université d’Oxford, l’année de la campagne du Brexit.

Je suis finalement entrée à Sciences Po à mon retour du Royaume-Uni en 2016, pour en sortir diplômée en 2018. Et comme j’imagine que j’avais encore envie de pousser un peu les séances de révision à la bibliothèque, j’ai présenté le concours de l’ENA que j’ai intégré fin 2018.

S’en est suivi un an de stages : à la Direction des Nations unies et des organisations internationales du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, où j’ai eu la chance d’effectuer le suivi par intérim des sujets de protection des femmes dans les conflits armés ; à la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques ensuite, durant le sommet du G7 à Biarritz ; chez Microsoft France enfin sur des sujets de numérique et d’égalité des chances notamment.

La deuxième année de l’ENA et son redouté classement de sortie m’ont finalement permis de faire un choix de cœur, celui du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères que j’ai rejoint en octobre dernier, comme chargée de mission auprès de la Directrice de la diplomatie économique.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Il est d’usage d’expliquer en entretien que nos parcours sont parfaitement linéaires et logiques ; si je crois sincèrement que c’est le cas de certains de mes camarades, c’est loin d’être le mien.

Je suis rentrée à l’Université persuadée de vouloir devenir avocate en droit pénal des affaires. A la découverte des cours de droit administratif en L2, c’était décidé, je serais avocate en droit public des affaires, comme je l’avais d’ailleurs affirmé à mon entretien d’admission à Sciences Po.

C’est finalement entourée de camarades souhaitant présenter les concours que je me suis dit pourquoi pas moi. Mon stage de M2 de Sciences Po à la Direction des affaires stratégiques et du désarmement du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères a complété de premiers stages en directions d’affaires juridiques orientés vers le droit européen et international, à Bercy et au siège d’EDF à Londres. Ce sont ces expériences qui m’ont permis de prendre conscience de mon attrait pour la régulation de l’économie et les affaires internationales.

Quelles sont les caractéristiques de votre poste de diplomate aujourd'hui ?  

La première tient au balancier constant entre la proximité et la distance, parce qu’il faut comprendre la stratégie diplomatique poursuivie par un partenaire, sans jamais complètement se mettre à sa place au risque de perdre la vision de nos propres intérêts diplomatiques. L’équilibre est loin d’être évident, plus encore au moment du départ en poste.

La deuxième caractéristique, qui découle forcément de la compréhension des stratégies diplomatiques, c’est la richesse intellectuelle du métier. Notre génération accorde une place essentielle au sens de sa profession et le monde de la diplomatie offre une réflexion de haut vol sur ce que doivent être nos positions dans toute une série de domaines, de la non-prolifération à la coopération culturelle. Et je dois dire que c’est impressionnant à deux égards : d’abord, parce qu’il faut essayer de se hisser au niveau d’expertise des collègues très vite après son entrée en poste ; ensuite parce que le travail ne s’arrête pas là et que le même niveau d’exigence est placé dans la mise en œuvre concrète des positions préconisées.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques (master et prépa) envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

J’aime le mot de formation car il dit bien que ce que propose l’EAP va bien au-delà de seules études, et c’est surtout ça que j’ai appris.

L’Université inculque la place essentielle des connaissances, de la réflexion et de l’apprentissage – et accessoirement la capacité à travailler sur des plages horaires assez hétérodoxes quand les amphis se succèdent de 8h à 22h.

L’EAP, c’est une école fantastique pour se familiariser à tout ce qui gravite autour du savoir brut : la capacité à pouvoir exprimer ses idées de façon claire et convaincante avec les fameux exposés de 10 minutes ; les échanges avec des maîtres de conférence qui sont aussi de jeunes professionnels en master mais surtout en prépa concours ; les codes et références de l’administration en somme, que Sciences Po rend accessibles à ses élèves qui n’ont pas tous dans leur entourage des fonctionnaires d’encadrement.

C'est soucieux de partager ces acquis précieux pour la préparation des concours que nous avons repris en 2019, avec Antoine Dumoret-Mentheour et Jean Baptiste Baudat, la page Prépa Concours A+, qui propose un accompagnement bénévole aux candidats aux concours administratifs, par des lauréats des concours et de jeunes professionnels.

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers la diplomatie ?

De viser large ! J’aurais aimé savoir, quand en préparant l’ENA je me disais que les postes de diplomates étaient finalement très peu nombreux – 3 ou 4 places sur 80 par an – que les postes de diplomates ne se trouvaient pas exclusivement au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, dont tous les agents ne sont d’ailleurs pas des diplomates. Si porter les positions de la France à l’international vous motive, tout un écosystème de directions internationales d’administrations publiques s’ouvre à vous.

La diplomatie est un champ d’activité d’une incroyable richesse où l’on se pose constamment la question « pour quoi faire » lorsque l’on interagit avec nos partenaires. Cette interrogation récurrente, c’est aussi celle qui doit irriguer la réflexion d’un étudiant attiré par les carrières internationales. Ce n’est pas seulement la question de la vision professionnelle qui se pose, mais plus généralement celle du choix de vie, en particulier quand on se destine à une carrière aussi intense et passionnante que la carrière diplomatique.

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Forum des Organisations Internationales (en ligne)

15, 17 & 19 Février 2021
  • © Alexandros Michailidis© Alexandros Michailidis

Les 15, 17 et 19 février 2021, Sciences Po réunira plus de 25 OIs pour le Forum des Organisations Internationales. 

Les étudiants pourront s'informer sur leurs missions et leurs débouchés, leurs processus de recrutement et leurs programmes de stages.

Tout au long de la journée, ils assisteront à des tables rondes, des présentations avec des représentants de différentes organisations et rencontrer des anciens qui travaillent ou ont travaillé dans des organisations internationales.  

Nous recommandons vivement aux étudiants de bien préparer ce forum à l'avance, de renseigner sur les organisations internationales grâce aux ressources mises à votre disposition sur le site de Sciences Po Carrières.

Chères étudiantes, chers étudiants, inscrivez-vous à chaque session qui vous intéresse et venez avec vos questions !

Informations et inscription obligatoire

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Regardez la vidéo de la première édition (25 janvier 2020)

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Explorer le "moteur franco-allemand" à Sciences Po et à la Freie Universität Berlin

Retour sur le joint seminar de janvier 2021
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Peut-on mesurer l'existence du "moteur franco-allemand" ? Quel sera l'impact du Brexit sur les choix politiques français et allemands ? Ce sont quelques-unes des questions que les étudiants du double master entre Sciences Po et la Freie Universität Berlin ont abordées lors du séminaire commun qui s'est tenu au format numérique les 21 et 22 janvier 2021 intitulé "Le moteur franco-allemand et l'Europe".

Animé par le Dr Anja Thomas, chercheur à l'Institut universitaire européen, le séminaire est l'une des pierres angulaires du double diplôme. D’une part, c'est l'occasion pour tous les étudiants de se rencontrer, chacun suivant un cursus sur mesure à Sciences Po et peu partageant les mêmes sujets. D’autre part, c'est une opportunité pour débattre de la dynamique actuelle des relations franco-allemandes. Esther Beaufils, étudiante franco-allemande, souligne : "En tant que double citoyenne franco-allemande, j'ai généralement un point de vue très critique sur l'un ou l'autre pays. Le séminaire m'a appris à voir les choses sous différents angles. Par exemple, comment les Allemands voient le système éducatif français".

Johannes Grimmelt, étudiant allemand en double diplôme, ajoute : "Dans les études européennes, on se concentre souvent uniquement sur le niveau européen. Ce séminaire a montré combien il est important d'examiner également les processus nationaux. Nous avons acquis des connaissances sur les politiques française et allemande et sur leur impact sur l'Europe".

Les étudiants du double diplôme passent leur première année à Sciences Po, où ils choisissent entre le Master en affaires européennes et l'un des sept masters en affaires internationales. La seconde année est passée à la Freie Universität de Berlin, où les étudiants suivent le master en sciences politiques. Esther Beaufils et Johannes Grimmelt sont tous deux en première année du Master affaires européennes de l'École d’affaires publiques. Esther Beaufils explique : "La France et l'Allemagne sont deux pays très différents. Le double diplôme nous donne l'opportunité d'être immergés dans deux systèmes académiques différents, deux manières d'enseigner et de mener des recherches, et bien sûr dans deux villes dynamiques, Paris et Berlin".

En 2021, le double diplôme entre Sciences Po et la Freie Universität Berlin fête ses 30 ans d'existence. Depuis 1991, les deux institutions ont pour objectif de combiner l'approche pratique de Sciences Po avec le style plus théorique de la Freie Universität afin de former les futurs dirigeants des deux pays dans un esprit de coopération européenne. M. Grimmelt conclut : "Ce que j'apprécie le plus dans le double diplôme, c'est la variété des compétences enseignées. On apprend notamment à s'adapter à différents systèmes universitaires et professionnels. J'apprécie également beaucoup l'échange entre les étudiants français et allemands. Cela m'a beaucoup appris, tant sur le plan académique que personnel".

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Retour sur le Leadership Seminar 2021 du SDG Certificate - 2/2

Témoignage d'un groupe d'étudiants travaillant sur l'éducation en Colombie rurale pendant la crise de la COVID-19
  • © Osman Jimenez/Shutterstock© Osman Jimenez/Shutterstock

Les étudiants du SDG Certificate de cette année ont débuté leur programme avec le Leadership Seminar des SDG (Sustainable Development Goals), qui a eu lieu du 19 au 22 janvier 2021. Des équipes d'étudiants du monde entier se sont retrouvées, en provenance de l'École d’affaires publiques de Sciences Po, de la Hertie School, de Columbia SIPA, de l'Université GraSPP de Tokyo et de la LKY School National University de Singapour. Tout au long de la semaine, ils ont participé au SDG Innovation Lab et ont rencontré des experts venant de différentes institutions, dont l'OCDE et l'Agence française de développement. L'un de nos groupes d'étudiants sélectionnés à l'École d’affaires publiques partage ci-dessous son expérience du Leadership Seminar et ses objectifs pour le SDG Certificate.

POURQUOI AVEZ-VOUS DÉCIDÉ DE POSTULER AU SDG CERTIFICATE ET QU'ESPÉREZ-VOUS RETIRER DU PROGRAMME ?

En intégrant un Master de l'Ecole d'affaires publiques, je cherchais un module qui pourrait me permettre d’acquérir des compétences professionnelles et pratiques. D’autre part, je voulais me consacrer à un projet qui soit bénéfique pour ma région d’origine, l’Amérique Latine, et qui puisse répondre aux problématiques structurelles auxquelles fait face la région comme les inégalités de richesse ou une éducation primaire de qualité qui n’est pas encore à la portée de tous. Ces deux raisons qui m'ont amenée à postuler au SDG Certificate, m’ont permis de rencontrer des camarades de mon école, même par visioconférence, et de travailler tout au long du premier semestre sur une première ébauche d’un projet d’innovation sociale. Le projet auquel nous avons abouti a pour objectif de soutenir l’éducation primaire par la radio dans les secteurs ruraux colombiens grâce à un système de tutorat via sms.

Au cours de ce deuxième semestre, mon équipe aura la chance de pouvoir approfondir et perfectionner notre projet grâce à des ateliers théoriques et pratiques sur les SDGs. De plus, cela sera pour nous l’opportunité de continuer l’expérience internationale entamée lors de notre troisième année à l’étranger, puisque nous pourrons assister à des conférences organisées par les autres écoles du Global Public Policy Network et collaborer parallèlement avec les équipes de ces écoles là qui travaillent aussi sur des projets d’innovation sociale.

Ana Sofia Torres, Ecole d'affaires publiques, spécialité Politics and Public Policy

QUELS ONT ÉTÉ LES POINTS FORTS DU LEADERSHIP SEMINAR DU SDG CERTIFICATE DE JANVIER ? LES POINTS CLÉS QUE VOUS AVEZ APPRIS ?

Je pense que pour l’ensemble de notre groupe, l’un des bénéfices du séminaire a vraiment été de pouvoir échanger avec d’autres étudiants qui travaillent aussi sur des questions d’éducation, mais surtout d’avoir un regard extérieur non seulement des différents experts qui nous ont accompagnés, mais aussi des groupes d’étudiants qui travaillent sur des problématiques parfois totalement différentes de la nôtre et qui ont pu nous apporter un regard critique très utile. 

D’un point de vue plus pratique, je pense que l’on a vraiment réalisé toute la complexité mais aussi l’importance de mettre en place notre projet dans les ateliers de conception, de réflexion et de “mapping” de notre problématique. C’est au cours de ces ateliers que nous avons vraiment pris le temps de réfléchir et de concevoir les bases solides de notre projet pour pouvoir le mener à terme dans les meilleures conditions. Les conseils des intervenants nous ont dans un même temps permis de mieux évaluer nos premières recherches, en relevant certains obstacles auxquels nous n’avions pas pensé auparavant, comme la capacité financière du gouvernement colombien à nous aider, et en soulignant certaines idées préconçues et préjugés qu’on pouvait avoir sur le sujet et ses acteurs. 

Globalement, nous avons quitté le séminaire en gardant à l’esprit que nous aurons toujours besoin de ce regard critique sur notre projet si nous voulons le mener à bien dans sa meilleure forme. Surtout, nous espérons créer de vrais liens d’amitié et de solidarité avec les autres étudiants du SDG Certificate avec qui nous sommes presque quotidiennement en contact pour échanger nos ressources et nos conseils sur nos différents sujets !

Alex Sinicki, Ecole d'affaires publiques, spécialité Sécurité et Défense

QU'EST-CE QUI VOUS A INSPIRÉ POUR TRAVAILLER SUR LE SUJET QUE VOUS AVEZ CHOISI ? ET POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE IDÉE DE PROJET INITIALE ?

Depuis le début, nous avions déjà l’idée de travailler dans le domaine de l’éducation. Dès nos premiers échanges avant la création du groupe, nous avons commencé à spécifier notre idée en l’axant sur l’Amérique Latine, l’une des raisons majeures étant que je suis moi-même Hondurienne, Sebastian et Ana Sofia Colombiens. Quand nous avons ensuite rencontré Thawben et Alex, nous leur avons exposé notre ébauche et ils ont tout de suite été très réceptifs à l’idée de travailler sur cette région, ce qui nous a permis de rapidement commencer à réfléchir à un projet plus précis. 

La pandémie que nous connaissons aujourd’hui a affaibli de nombreux pays dans de nombreux domaines, et a parfois aggravé la situation de pays déjà exposés à des difficultés, comme l’Amérique Latine où l’éducation a toujours été une problématique complexe. Selon moi, le fait que la situation sanitaire ait stoppé certaines opportunités d’éducation pour les plus jeunes de la région va probablement devenir le sujet le plus préoccupant sur le long terme. 

Notre idée initiale n’était pas très éloignée de celle que nous avons développée dans le rendu final de notre inscription au programme. Nous avions déjà à l’esprit dès le début l’utilité d’outils d’éducation à distance, et nous avions par exemple pensé à la télévision, ou une télévision améliorée pouvant dispenser les cours aux élèves. Mais après nous être concertés, nous avons réalisé qu’utiliser la radio en la couplant à un téléphone portable simplifié serait une bonne idée. Surtout, l’aspect principal de notre projet que nous voulons à tout prix conserver est l’accessibilité de ces outils et un coût budgétaire minimal pour permettre sa meilleure implémentation en Colombie. 

Ana Catalina Espinoza, Ecole d'affaires publiques, spécialité Politics and Public Policy

COMMENT VOS DIFFÉRENTS PARCOURS ONT-ILS APPORTÉ À L'ÉQUIPE ET VOUS ONT PERMIS D'ÉLABORER VOTRE PROPOSITION DE PROJET ? 

Notre équipe est composée de cinq étudiants de l'École d’affaires publiques. Trois d’entre nous sont originaires d’Amérique Latine, et deux de France, ce qui fait que nous avons une équipe vraiment très diverse. Deux étudiants sont eux-mêmes Colombiens et seront donc des atouts essentiels pour construire un véritable regard critique sur la réalité de la situation colombienne et pour agir localement dans le pays. L’un d’entre nous ayant même directement travaillé pour la Vice Présidence colombienne, cela nous assurera sans aucun doute une accroche solide dans le secteur public. L’autre étudiant colombien du groupe étudie dans la spécialité Social Policy and Social Innovation, avec un focus spécial sur l’éducation, nous permettant de peaufiner notre expertise dans le domaine en la liant au pays en question.

Une autre de nos membres est originaire du Honduras et a vécu au Brésil alors qu’elle étudiait sur le campus de Reims, spécialisé sur l’Amérique du Nord, de Sciences Po. Cela nous aidera sans aucun doute à avoir une perspective élargie sur l’Amérique Latine et à approcher la situation d’autres pays qui pourraient bénéficier du projet ! 

Enfin, notre quatrième membre a étudié sur le Campus de Menton, spécialisé sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, alors que notre cinquième membre a réalisé son année d’échange et poursuit son double diplôme avec des universités de Tokyo au Japon. Cela prouve à quel point notre équipe est multiculturelle, et le savoir de ces membres sur des pays non-occidentaux pourra considérablement nous aider dans notre projet en élargissant nos connaissances et notre perspective sur l’éducation en temps de crise. 

Notre équipe est véritablement le reflet d’une expérience culturelle, académique et professionnelle internationale et ce sont nos profils si particuliers qui nous permettront non seulement de traiter au mieux un sujet si complexe, mais aussi, je le crois, d'accroître les chances de réussite de notre projet d’éducation par la radio en Colombie. 

Sebastian Cortes Moreno, Ecole d'affaires publiques, spécialité Social Policy and Social Innovation

QU'ATTENDEZ-VOUS LE PLUS DE CE SEMESTRE POUR LE SGD CERTIFICATE ?

J’attends tout au long de ce semestre un réel étoffement de notre projet, jusqu’à aboutir à terme - pourquoi pas dès la rentrée prochaine - à une application empirique des idées qui nous ont permis d’être sélectionnés pour ce certificat. Les deux séances hebdomadaires seront à n’en point douter les vecteurs essentiels de la maturation de notre projet. En profitant tant de l’expérience de Laëtitia Atlani-Duault que du dévouement de Jennie Cottle, j’ose croire qu’il est possible que l’on développe nettement notre vision globale des objectifs de développement durable afin d’intégrer notre feuille de route dans ce cadre donné. Et ce, sans désavouer l’aspect éminemment local et pratique de notre projet, qui est essentiellement ancré dans le singulier environnement de la ruralité colombienne. Je crois ainsi qu’il sera possible, à travers ces deux types de sessions très complémentaires pendant le semestre,  d’enclencher une dynamique neutralisant la fausse distinction entre théorie et pratique.

Par ailleurs, j’ai hâte d’assister aux séminaires mensuels, qui, s’ils ne permettent pas un cadre de travail régulier et constant, seront des lieux d’échanges privilégiés avec l’ensemble des étudiants du Global Public Policy Network. Cela nous donnera certainement l’occasion de renouer avec de brillants étudiants à travers plusieurs continents, consolidant notre réseau, ce qui est une des forces de ce certificat. Je m’attends également à ce que ces séminaires soient bénéfiques pour le développement de notre projet, étant donné que la proximité des thèmes des différents projets tranche avec la diversité d’approches que chaque groupe a su développer. A l’instar du séminaire introductif, profiter des différents points de vue de nos pairs et partager les nôtres peut faire émerger de nouvelles perspectives dans notre cheminement en tant que groupe. Sans oublier l’expertise des intervenants expérimentés dans la mise en place de projets collectifs, dont les observations seront cruciales à des moments-clés, nous permettant de passer des paliers supplémentaires. Or c’est bien là notre attente principale pour ce semestre ; que notre projet intègre une dimension nouvelle.    

Thawben Berka, Ecole d'affaires publiques, spécialité Administration publique

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Retour sur le Leadership Seminar 2021 du SDG Certificate - 1/2

Témoignage d'un groupe d'étudiants travaillant sur l'intégration des migrants africains en Chine
  • © Bo1982/Shutterstock© Bo1982/Shutterstock

Les étudiants du SDG Certificate de cette année ont débuté leur programme avec le Leadership Seminar des SDG (Sustainable Development Goals), qui a eu lieu du 19 au 22 janvier 2021. Des équipes d'étudiants du monde entier se sont retrouvées, en provenance de l'École d’affaires publiques de Sciences Po, de la Hertie School, de Columbia SIPA, de l'Université GraSPP de Tokyo et de la LKY School National University de Singapour. Tout au long de la semaine, ils ont participé au SDG Innovation Lab et ont rencontré des experts venant de différentes institutions, dont l'OCDE et l'Agence française de développement. L'un de nos groupes d'étudiants sélectionnés à l'École d’affaires publiques partage ci-dessous son expérience du Leadership Seminar et ses objectifs pour le SDG Certificate.

POURQUOI AVEZ-VOUS DÉCIDÉ DE POSTULER AU SDG CERTIFICATE ET QU'ESPÉREZ-VOUS RETIRER DU PROGRAMME ?

Shuo : La principale raison pour laquelle je voulais postuler au SDG Certificate est que c'est une opportunité durement acquise pour nous de relier les théories que nous avons apprises avec des cas pratiques. Il nous donne la possibilité de donner vie aux théories, ce qui signifie que nous devons maximiser la valeur de la théorie. En outre, dans le contexte historique de la mondialisation, il est essentiel de prêter attention à certaines valeurs universelles, comme les SDG par exemple. Pour ces deux raisons, à savoir la volonté de mettre les théories en pratique et de comprendre pleinement les objectifs de développement durable, j'ai décidé de m'inscrire au SDG Certificate. En outre, ce programme est également composé d'étudiants exceptionnels du monde entier, ce sera donc une grande chance pour moi de rencontrer davantage d'amis et de partager ensemble nos différents points de vue. 

QUELS ONT ÉTÉ LES POINTS FORTS DU LEADERSHIP SEMINAR DU SDG CERTIFICATE DE JANVIER ? LES POINTS CLÉS QUE VOUS AVEZ APPRIS ?

Tian : Premièrement, ce qui m'a le plus frappé, c'est que nous avons pu parler directement aux experts du projet et qu'ils étaient prêts à partager leur expérience de terrain. En nous appuyant sur leurs conseils, nous avons pu modifier notre projet et l'envisager sous un angle plus pratique et plus détaillé. Deuxièmement, nous avons découvert certains aspects clés de la réflexion sur la conception, ce qui nous a permis d'inclure des outils spécifiques qui ont élargi nos horizons afin que nous puissions utiliser davantage les analyses des protagonistes, et d'autres éléments pour enrichir notre projet. Troisièmement, nous avons été inspirés par les projets d'autres équipes également. Bien qu'ils se soient concentrés sur des objectifs différents des SDG, nous avons partagé certaines similitudes que nous avons pu mettre en lumière. Par exemple, le groupe de Columbia SIPA nous a appris à tirer parti de la technologie pour atteindre les objectifs du SDG, ce qui nous a aidés à sortir des sentiers battus. Nous pensons que c'est une merveilleuse occasion d'apprendre de personnes qui viennent d'horizons différents et qui ont des connaissances et expériences distinctes des nôtres.  

QU'EST-CE QUI VOUS A INSPIRÉ POUR TRAVAILLER SUR LE SUJET QUE VOUS AVEZ CHOISI ? ET POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE IDÉE DE PROJET INITIALE ?

Zixin : En fait, après le confinement lié à la pandémie, nous avons beaucoup discuté à distance toutes les quatre et nous avons partagé nos opinions sur les inégalités sociales dans notre pays d'origine, qui ont été exacerbées pendant le COVID-19. C'est pourquoi, lorsqu'il s'est agi de développer notre projet, nous avons décidé à l'unanimité et avec conviction de travailler ensemble sur ce sujet. En ce qui concerne le thème de la communauté africaine, nous l'avons choisi parce que les problèmes des minorités tels que l'incompréhension, l'exclusion et la discrimination sont aggravés par cette urgence de santé publique, tandis que les preuves scientifiques démontrent l'effet désastreux du COVID-19 sur les minorités ethniques, en partie à cause de leur accès limité aux services de santé. C'est malheureusement le cas à Guangzhou, en Chine, en Asie, mais aussi dans tous les autres coins du monde où existent des communautés minoritaires. C'est pourquoi nous aimerions construire un modèle solide basé sur les caractéristiques territoriales, dans une perspective très microéconomique et, nous l'espérons, pouvoir appliquer la solution à des contextes plus généralisés. 

COMMENT VOS DIFFÉRENTS PARCOURS ONT-ILS APPORTÉ À L'ÉQUIPE ET VOUS ONT PERMIS D'ÉLABORER VOTRE PROPOSITION DE PROJET ? 

Groupe : Notre équipe est diversifiée, déterminée et collaborative. Nous avons eu plusieurs cycles de brainstorming intensif et nous avons planifié la répartition du travail. Issues de trois spécialités différentes de l’Ecole d’affaires publiques, chacune d'entre nous essaie de donner le meilleur d'elle-même au projet. Tian avait déjà une expérience en gestion de projet à la FAO en 2019 pour développer une solution de SDG, en accord avec sa spécialité, Social Policy and Social Innovation. Elle est attentive à l'inégalité d'accès à la protection sociale, ce qui lui sert de base pour sa participation au projet. Shuo a plusieurs expériences de stage dans le domaine des relations publiques et affaires européennes. Elle a également participé au concours d'analyse des affaires publiques de SDG et a une expérience de l'analyse quantitative. Elle se concentre sur l'analyse quantitative et les affaires gouvernementales dans le cadre du projet. Zixin vient d'un milieu de sciences humaines et s'intéresse particulièrement à la recherche sur divers facteurs historiques, sociétaux et culturels. Elle est passionnée par les projets de développement international, où elle peut appliquer ses compétences en communication multilingue et sa connaissance des politiques publiques. Yuhong s'est spécialisée dans les relations internationales pendant ses études de premier cycle et a effectué deux stages dans des ministères et des ONG, ce qui lui a permis d'acquérir des connaissances sur les méthodes d'analyse dans le domaine des sciences sociales. Elle connaît bien l'analyse, la conception et l'évaluation des politiques du point de vue des acteurs.

QU'ATTENDEZ-VOUS LE PLUS DE CE SEMESTRE POUR LE SGD CERTIFICATE ?

Yuhong : Le programme du SDG Certificate nous donne l'occasion de résoudre des cas pratiques qui existent dans notre société. Ce faisant, nous pouvons mettre en pratique les théories de l'analyse, de la conception et de la mise en œuvre des politiques apprises en cours, et acquérir une compréhension plus approfondie du sujet. En outre, la résolution d'un problème social nécessite la prise en compte de divers facteurs, notamment économiques, sociaux, environnementaux, les partenariats public-privé, etc. Par rapport à l'analyse d'un certain sujet sous l'angle purement économique comme dans ma spécialité par exemple, la participation au programme du SDG Certificate dans un groupe avec des coéquipiers issus de différents milieux de recherche (culture, relations internationales, politique sociale) peut nous aider à nous plonger plus profondément dans les politiques publiques et à avoir une meilleure compréhension des SDG et des défis actuels.

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Tony Brando, promotion 2019

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique, parcours en apprentissage, au poste de conseiller technique et collaborateur parlementaire
  • Tony Brando © Max BouteilleTony Brando © Max Bouteille

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Je crois faire partie du panel de « profils atypiques » à qui Sciences Po donne une chance chaque année. Après avoir exercé très jeune différents métiers - buraliste, homme de ménage, ouvrier manutentionnaire, serveur - en parallèle de ma scolarité, j’ai postulé à Sciences Po un an après mon baccalauréat et l’abandon d’études de droit qui, à bien des égards, ne me correspondaient pas lorsque j’avais 18 ans. Je suis arrivé à Paris en 2014 et le coût de la vie parisienne m’a poussé à réaliser différents stages en parallèle de mes études. J’ai commencé par un stage au sein de l’Association des Alumni de Sciences Po où j’ai pu apprendre des codes qui m’étaient étrangers et développer de premières compétences en animation de réseaux et en communication. J’ai ensuite eu la chance de pouvoir exercer dans des structures où l’innovation était au cœur des réflexions. En premier lieu, le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise (CJD) où nous suivions des expérimentations d’entrepreneurs inspirants et engagés. Par la suite, j’ai rejoint le Lab Pareto au sein duquel je pilotais une expérimentation qui visait à améliorer les relations entre grands groupes et TPE/PME dans une optique de créations d’emplois sur les territoires. Enfin, la start-up « Fempo », créée par deux anciennes élèves de l’école, qui a commercialisé les premières culottes menstruelles françaises. 

Après le collège universitaire de Sciences Po, j’ai choisi le Master politiques publiques parce que le secteur public m’apparaissait en recomposition et qu’il permettait d’avoir une position stratégique pour faire bouger les lignes. J’ai voulu réaliser ma deuxième année de Master en apprentissage et j’ai été recruté par la Direction Interministérielle de la Transformation Publique (DITP) en tant que chef de projet Innovation Publique. Pendant cette année ô combien fondatrice pour moi, j’ai pu avoir des responsabilités sur des projets qui visaient à « sortir des silos de l’Administration » et animer la communauté « Futurs Publics », la communauté des innovateurs publics.

À la suite de cette expérience, j’ai été admis au sein de la classe préparatoire « Egalité des chances » de l’ENA (la CP’ENA) où j’ai pu approfondir mes connaissances de l’Administration et obtenir un master « Administration Publique » de l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Pendant cette année, j’ai également mené des missions de conseil pour des opérateurs publics et j’ai été contacté pour intervenir lors de séminaires sur l’innovation publique à l’ENA et au sein de plusieurs Instituts Régionaux d’Administration (IRA).

Après avoir exploré le champ de l’Administration et étant animé par une réelle volonté de transformer la manière de concevoir les politiques publiques, j’ai voulu découvrir la politique de l’intérieur (car c’est toujours le politique qui décide en dernier ressort) et j’ai été recruté par le député et ancien secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi en tant que conseiller technique sur des sujets de démocratie participative. 

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Mes premières expériences professionnelles dans des métiers très éloignés de ce que je fais actuellement ont été structurantes pour moi. Être au bout de la chaîne de management m’a permis de saisir les comportements et les processus qui conduisent une équipe à tendre vers un même but…ou au contraire qui développent un sentiment de défiance et favorisent les stratégies de contournement. Ma scolarité à Sciences Po m’a ouvert sur le monde et sur des disciplines que je n’aurais jamais explorées. Elle m’a aidé à comprendre que mon projet professionnel s’inscrirait dans le secteur public et qu’il serait animé par une volonté d’innovation et de « faire autrement », notamment sur des sujets sur lesquels les politiques publiques achoppent depuis des décennies. Mon année d’apprentissage a également été très importante dans mon parcours car elle m’a permis de développer une expertise et de rencontrer des personnalités inspirantes et singulières avec lesquelles je collabore encore actuellement. 

Comment s'est déroulé le processus de recrutement auprès du député Mounir Mahjoubi et quelles sont les principales caractéristiques de votre poste de conseiller technique aujourd'hui ?  

Dans un premier temps, j’ai simplement envoyé une candidature simplifiée à la suite d’une annonce LinkedIn mais il y avait plus de 500 candidats, je ne me faisais pas trop d’espoir. Grâce à mon stage au sein de Sciences Po Alumni, j’avais pu échanger avec le député pour un article il y a quelques années et me suis permis de lui envoyer un petit mail pour lui exposer mes vives motivations à le rejoindre. J’ai ensuite réalisé une lettre de motivation plus formelle avant d’être recontacté. J’ai passé un premier entretien de personnalité de plus d’une heure avec le député puis un entretien technique avec son collaborateur. Enfin, j’ai passé un dernier entretien de mise en situation professionnelle avec mon employeur.

Le député m’a recruté pour créer des ponts entre notre action nationale et la réalité des habitants du 19ème arrondissement que nous essayons de représenter et d’accompagner au mieux dans leurs difficultés quotidiennes. J’ai l’impression de changer de travail toutes les semaines ! Certaines semaines sont pleinement consacrées à résoudre les difficultés de l’arrondissement comme cela fut le cas en décembre à la suite d’une panne internet de grande ampleur dans certains quartiers. Pendant le confinement de novembre, nous avons lancé une plateforme participative pour aider les habitants à mieux vivre le confinement en leur communiquant des informations du « dernier mètre », vérifiées par nos soins, concernant les procédures de tests Covid dans les laboratoires du 19e ou les librairies qui proposaient le clique et collecte. Nous réalisons également des notes parlementaires pour éclairer le débat sur des enjeux de transformation numérique et animons un collectif de députés qui recherchent des leviers pour diffuser le « Manger Durable » en France, c’est-à-dire une alimentation qui soit respectueuse de la planète, des agriculteurs et de la santé des individus. Mon travail est ainsi caractérisé par la polyvalence, il faut être touche-à-tout, pouvoir comprendre la réforme de la PAC tout en organisant une permanence parlementaire virtuelle toutes les semaines sur les réseaux sociaux. J’apprends énormément. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

L’École d’affaires publiques m’a permis d’acquérir des compétences théoriques et une approche transdisciplinaire qui sont essentielles à mon activité actuelle. Je mobilise tout autant mes cours de droit public, d’économie politique, de finances publiques que ceux de la spécialité « Apprentissage » au sein desquels j’ai appris à réaliser des supports de communication de qualité. Les cours sur les grandes transformations numériques (je pense à celui de Gilles Babinet ou à celui de Barbara Ubaldi sur l’Open Gov) me sont très utiles dans tous mes travaux sur ces sujets. 

Ma scolarité à Sciences Po a surtout stimulé ma curiosité, ce qui me permet aujourd’hui de trouver des ressources dans une myriade de disciplines. Mon année d’apprentissage m’a également conduit à développer un savoir-être et une capacité d’adaptation qui font le jeune professionnel que je suis. Par ailleurs, je tiens également à mentionner le séminaire de Sociologie des Organisations dispensé par Henri Bergeron qui fut une véritable révélation pour moi. Il m’aide aujourd’hui énormément à mieux comprendre les jeux de pouvoir et les stratégies au sein des organisations. Je mobilise ces connaissances dans toutes mes interventions au sein des IRA afin de donner des leviers pour la conduite du changement aux futurs cadres de l’Etat. 

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers les institutions publiques françaises ?

Surtout, ne te limite pas à un savoir théorique car il ne sera pas suffisant dans tes futures fonctions. La fonction publique se réinvente et recrute de plus en plus de profils capables de transformer des concepts et des idées en réalités opérationnelles. Sois curieux et n’hésite pas à découvrir des secteurs ou des métiers qui t’apparaissent à première vue éloignés de ton projet professionnel. Ensuite, ne considère jamais tes connaissances comme étant acquises et définitives. Les usagers des dispositifs que tu créeras ont souvent des clés pour les améliorer et leur permettre d’atteindre leurs buts dans une société en perpétuelle mutation. Enfin, lis quelques articles du sociologue des organisations Michel Crozier ! Tout y est ! À la fois les raisons des maux de nos institutions et leurs remèdes. 

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Lucile Collin, promotion 2018

Du Master affaires européennes, spécialité Markets and Regulation, au poste de chargée de communication aux services financiers de la Commission européenne
  • Lucile Collin © Dominik Stroncer, European CommissionLucile Collin © Dominik Stroncer, European Commission

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après un baccalauréat ES, je suis partie vivre à Londres pour suivre un Bachelor en European Social and Political Studies à l’University College London (UCL). Pendant deux ans, j’ai suivi des cours de sciences politiques, histoire, philosophie, droit, relations internationales, économie politique, espagnol et italien, en compagnie d’autres étudiants venus de toute l’Europe – et du monde entier. Après une année Erasmus passée entre l’Italie (Bologne) et l’Espagne (Madrid) pour parfaire mes langues, je suis revenue terminer mon Bachelor avec un mémoire en droit européen.

Ces années passées à découvrir l’Europe m’ont convaincue que je souhaitais poursuivre dans la voie des affaires européennes. Je me suis donc lancée dans un Master affaires européennes à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po. Je me suis spécialisée en régulation de marchés*, avec des cours plus avancés en droit et économie, notamment en matière de concurrence et de services financiers.

Après mon stage de fin d’études à la Direction Générale (DG) de la Concurrence à la Commission européenne, j’ai travaillé pendant un an dans un cabinet d’affaires publiques à Bruxelles. En parallèle, j’ai passé les concours européens et ai ensuite rejoint la Commission européenne en tant que fonctionnaire stagiaire à la DG Stabilité financière, Services financiers et Union des marchés de capitaux (DG FISMA). J’ai d’abord travaillé comme chargée de politiques publiques en finance durable et fintech, avant de rejoindre l’équipe communication.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Au lycée, je savais déjà que je voulais travailler en organisation internationale ! J’étais passionnée par les langues et j’avais soif d’expériences internationales. C’est pour cette raison que je suis partie effectuer la première partie de mes études à Londres, en pleine immersion multiculturelle. En 2016, je suis devenue Ambassadrice EPSO à UCL, un rôle consistant à promouvoir les carrières européennes sur mon campus, que j’ai continué lors de ma première année en Master à Sciences Po. Cette expérience m’a convaincue que je voulais moi-même poursuivre dans cette voie.

J’ai donc effectué des stages en affaires européennes – et j’ai adoré ! J’ai passé quelques semaines à la Représentation de la Commission européenne à Londres en 2016, pendant le référendum du Brexit – un vrai choc pour toute l’équipe. J’ai ensuite travaillé sur les sujets économiques et financiers au Secrétariat général des affaires européennes (SGAE) à Paris l’année suivante. Enfin, j’ai effectué mon stage de fin d’études à la DG Concurrence de la Commission à Bruxelles, où j’ai travaillé sur des cas d’antitrust dans le secteur numérique et high tech – les fameux « Big Tech », sous la direction de la célèbre Commissaire Margrethe Vestager. Cette expérience m’a montré à quel point ce que nous faisions pouvait changer la vie quotidienne des Européens.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement aux services financiers à la Commission européenne et quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Pour obtenir un poste permanent de fonctionnaire au sein des institutions européennes, il faut passer un des concours organisés par EPSO (pour European Personnel Selection Office ou Office européen de sélection du personnel). Je suis rentrée par un concours généraliste au grade d’AD5, c’est-à-dire le grade accessible aux jeunes diplômés. Il m’a d’abord fallu passer des tests de raisonnement verbal, numérique et abstrait sur ordinateur, puis une épreuve dite du « bac à courrier », et enfin une série d’épreuves en centre d’évaluation (entretiens de compétences et de motivation, étude de cas, présentation orale et exercice de groupe). J’ai enfin été inscrite sur une « liste de réserve » valable un an. Les lauréats doivent ensuite postuler aux postes disponibles pour être enfin recrutés. 

En tant que chargée de communication à la DG FISMA, mes tâches sont très variées et couvrent de nombreux sujets. Je m’occupe notamment de préparer une revue de presse matinale une fois par semaine, ainsi qu’une revue de presse hebdomadaire plus analytique, circulée à l’ensemble de la DG ainsi qu’à la Commissaire et son équipe. Je m’occupe plus particulièrement des sujets de finance digitale (fintech, crypto-actifs, cyber), ainsi que des services financiers de détail (paiements, crédits, investissement): je suis amenée à préparer des communiqués de presse, des discours, des « line to take » sur des sujets sensibles, ou encore des réponses aux questions de journalistes, en lien étroit avec les unités politiques et le service du porte-parolat. J’ai aussi un rôle de coordination de nos actions de communication extérieure à travers la gestion d’un planning presse et médias.

Je suis également devenue la correspondante « communication interne » dans ma DG, un rôle qui a pris en importance avec la crise du coronavirus et le télétravail généralisé : il s’agit d’assurer une bonne circulation de l’information au sein de la DG, d’organiser les réunions de l’ensemble du personnel, de maintenir notre Intranet à jour, de lancer des initiatives pour garder les équipes soudées et motivées… Bref, je ne m’ennuie jamais !

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

L’Ecole d’affaires publiques et en particulier le Master Affaires européennes m’ont permis d’acquérir une très bonne compréhension du secteur public, des institutions européennes et de leur fonctionnement. J’ai également assimilé de solides fondamentaux en droit et en économie qui m’ont permis de mieux appréhender un poste au sein de l’une des DG les plus techniques de la Commission.

Au-delà des connaissances techniques, mes études à Sciences Po m’ont appris une compétence essentielle à la fonction que j’occupe aujourd’hui : la communication, ou comment rédiger de manière synthétique ou expliquer des sujets complexes avec des mots simples. Il s’agit d’un vrai défi à l’heure où expliquer les politiques européennes est devenu un véritable enjeu sociétal.

Enfin, j’ai suivi la prépa CPCE de Sciences Po pour me préparer au concours EPSO… avec succès !

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers des carrières européennes aujourd'hui ?

Ne pas se décourager devant les concours EPSO ! Les statistiques de réussite peuvent être déconcertantes – voire effrayantes – mais une bonne préparation et un entraînement régulier permettent à terme de réussir.

Il est également possible de rejoindre les institutions en tant qu’agent temporaire ou contractuel. Les profils de juristes ou d’économistes sont très appréciés à la Commission. Les stages Blue Book sont aussi une très bonne manière de découvrir la Commission – et peuvent désormais déboucher sur une sélection au programme des Jeunes Professionnels, qui permet de découvrir différents services de la Commission pendant deux ans.

Enfin, les carrières hors des institutions peuvent être tout aussi intéressantes : la « bulle européenne » regorge d’opportunités au sein des cabinets d’affaires publiques ou d’avocats, des associations professionnelles, des ONG… qui peuvent aussi amener à travailler sur des sujets européens passionnants.

* La spécialité Markets and regulation n'existe plus mais les questions et sujets traités dans cette spécialité ont été conservés et sont proposés dans les autres spécialités de l'Ecole d'affaires publiques et/ ou sous forme de cours électifs.

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Jean-Baptiste Baudat, promotion 2017

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique au poste de magistrat au Tribunal Administratif de Paris
  • Jean-Baptiste Baudat © Marie CirotteauJean-Baptiste Baudat © Marie Cirotteau

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Originaire de Romorantin-Lanthenay, en Sologne, où j’ai grandi et passé mon baccalauréat scientifique, je me destinais mécaniquement vers la formation d’ingénieur, qui, au fond, ne m’enchantait que peu. Et il y a eu un de ces moments rares qui bouleversent tout : trainant des pieds pour accompagner un ami à une « journée portes ouvertes » qui se tenait le même jour que la fin des vœux post-BAC, j’ai découvert par hasard l’existence d’une classe préparatoire à la fois littéraire, économique et mathématique : la B/L. C’était pour moi un rêve : un enseignement éclectique, complet, à la mode des Antiques ou des Lumières. Je suis donc rentré chez moi séance tenante pour changer mes vœux sur le site Admission Post-Bac (APB) à 30 minutes de l’échéance finale. « Sauvé » par un bon débit internet.

Après deux années d’effervescence intellectuelle dans l’hypokhâgne-khâgne B/L du Lycée Pothier à Orléans, dans le Val de Loire, j’ai rejoint l’Université Panthéon-Sorbonne en double licence de Philosophie et de Science Politique à Paris ; hésitant entre préparer l’agrégation de philosophie ou les concours administratifs. Préférant « agir en homme de pensée » plutôt que de « penser en homme d’action », je choisis la fonction publique et entrepris une licence de Droit à Assas et une maîtrise de Science Politique à la Sorbonne sur le « fait majoritaire de la Vème République » avant de rejoindre Sciences Po, dans le Master Politiques Publiques.

Entrer à Sciences Po m’offrit une grande liberté (on peut y choisir ses propres cours, opter pour ses propres stages) et l’opportunité d’y faire des rencontres déterminantes (professionnels, professeurs, étudiants français ou étrangers, personnalités invitées). La dimension professionnalisante du Master Politiques publiques m’a aussi permis de multiplier les stages en parallèle des cours : à la Fondation Jean Jaurès, au Ministère de l’Environnement, au Sénat, dans une maison d’édition et au Conseil d’État. Ces expériences ont été d’indispensables boussoles pour questionner, tester puis affermir mes choix d’orientation. 

Enfin, rejoindre l’ENA me lança dans une fabuleuse odyssée administrative en instance internationale où je représentais le Quai d’Orsay comme rédacteur spatial, en outre-mer auprès du Préfet de la Réunion dans l’Océan Indien ou sur les planches (ou plutôt les coulisses) de la Comédie-Française à Paris. Le premier confinement de mars 2020 a été l’occasion pour une partie de la promotion de se porter volontaire dans les administrations en besoin, pour ma part à la « cellule masque » du Ministère de l’Economie qui visait à coordonner la production et l’importation de masques pour les Français. 

Passionné par la chose juridique, j’ai choisi le métier de magistrat au tribunal administratif de Paris à la sortie de l’ENA, fonction que j’exerce depuis le 15 octobre 2020.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Contrairement à ce que l’on peut croire, j’ai construit mon projet professionnel par à-coups, sans plan prédéterminé. J’ai choisi de m’orienter vers les concours administratifs à un mois de l’inscription à Sciences Po. Ma volonté de passer l’ENA s’est précipitée, au sens chimique du terme, à 6 mois du concours de l’ENA lorsque j’étais en fin de stage au Conseil d’Etat – soit très tardivement (vous remarquerez que je suis coutumier du fait) ! Je répète souvent que ne pas avoir de parcours juridiquement pur et parfait ne m’a pas empêché de devenir magistrat. Je connais beaucoup de profils brillants qui n’ont cessé d’évoluer dans leurs études supérieures. 

Je pense donc que construire un projet professionnel ne nécessite pas toujours de plan de construction, ni de permis de construire ! Il faut surtout s’ouvrir aux opportunités, ne pas hésiter à multiplier les expériences et rester curieux. 

Quelles sont les caractéristiques de votre poste de magistrat administratif aujourd'hui ?  

La première caractéristique de ce métier est peut-être sa capacité à concilier les contraires. Déjà parce que son ADN consiste à trancher entre des positions opposées, mais aussi jusque dans l’exercice de ces fonctions. Il est à la fois collégial (en formation de jugement ou délibéré) et individuel (instruction d’un dossier), oral (en audience et délibéré) et écrit (rédaction des jugements), profondément intellectuel (recherche juridique) et au cœur de l’action (nécessité de juger, urgence des référés). 

Ensuite, être magistrat administratif signifie être investi de garanties et exigences particulières permettant de trancher un litige, dire le droit et poser le juste équilibre entre les libertés publiques des personnes et l’intérêt général en toute impartialité. Nous jugeons « au nom du peuple français », ce qui nous astreint à une déontologie stricte, exigeante et conforme à notre triptyque de valeur : intégrité, impartialité, indépendance.

La troisième caractéristique de ce métier est peut-être le haut niveau de responsabilité qui découle de la liberté de jugement. Pour paraphraser Victor Hugo qui écrivait que « tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité », cette liberté de juger est une responsabilité forte de décider du sort de situations individuelles, parfois rudes. Chaque mot d’un jugement compte et doit donc être pesé et soupesé – ce n’est pas pour rien que la balance est symbole de justice. C’est donc la recherche passionnante d’un équilibre entre la clarté du droit et la complexité du fait qui permet de dessiner ce jugement « à visage humain ». D’ailleurs, cette responsabilité n’a fait que s’accroître aujourd’hui avec le triple contexte sécuritaire, environnemental et sanitaire actuel marqué par un « interventionnisme » accru du juge administratif qui est de plus en plus amené à se prononcer sur l’éloignement de la légalité ordinaire par la puissance publique au nom de la nécessité. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques (master et prépa) envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Pour résumer à gros traits, il me semble qu’il y a une forme de partage des eaux dans le supérieur : là où les classes préparatoires généralisent leur enseignement, les Universités les spécialisent et les Grandes Écoles les professionnalisent. Les premières éveillent la curiosité, les deuxièmes la nourrissent et les troisièmes la servent.

C’était en tous cas ce qui s’est passé pour moi. Après une formation générale en khâgne, j’ai pu approfondir l’étude de la philosophie, de la science politique et du droit à l’Université, que SciencesPo m’a aidé à convertir en vœux professionnels. La dimension pratique des enseignements de l’Ecole d’Affaires publiques (EAP), dispensés par des fonctionnaires ou praticiens du droit, offre une connaissance concrète des politiques publiques, indispensable pour se projeter dans un environnement professionnel et nourrir une culture administrative générale utile pour la réussite aux concours. Le choix de favoriser les expériences de stage est également un choix pédagogique très puissant pour définir son projet professionnel, surtout pour des profils généralistes et hésitants comme c’était le cas pour moi !

Plus largement, le fourmillement d’idées et d’envies, le brassage de profils très divers et le souci de l’action que ce soit pour l’EAP ou Sciences Po Paris plus largement m’ont familiarisé avec la vie associative. Avec Raphaëlle Sananes et Antoine Dumoret-Mentheour, tous deux également anciens de l’EAP, nous nous sommes inspirés de cet élan pour reprendre depuis l’été 2020 l’association Prépa Concours A+ qui vise à lutter contre le manque d’information sur les métiers, voies d’accès et épreuves des concours administratifs. 

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers les institutions publiques françaises ?

S’il fallait n’en retenir qu’un seul : ne vous auto-censurez jamais ! Quel que soit votre profil, votre origine sociale ou géographique, que vous soyez une femme ou un homme, rien ne doit vous brider. Il n’y a rien de pire que l’auto-censure, puisqu’elle est auto-réalisatrice : ne pas croire en soi, c’est déjà aller sur la voie de l’échec. Il faut, me semble-t-il, accepter de prendre des risques : l’échec n’est alors plus un tabou, il est constructif.

Sur ce sujet de l’auto-censure, pouvez-vous nous parler de l’initiative « Du Loir-et-Cher aux Grandes Ecoles » que vous venez de lancer ?

Issu d’un département rural, j’ai moi-même été confronté à un manque d’information et une autocensure dans mon parcours. C’est pourquoi j’avais à cœur de lancer l’association Du Loir-et-Cher aux Grandes Ecoles pour promouvoir l’égalité territoriale des chances. Pour cela nous venons de créer un dispositif de parrainage permettant à des diplômés originaires du Loir-et-Cher de conseiller et guider les collégiens et lycéens de notre beau département. D’ailleurs, si vous êtes du Loir-et-Cher et étudiant(e) ou diplômé(e) de Sciences Po, vous êtes bienvenus dans l’association !

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Intéressés par l’École d’affaires publiques ?

Revoir l'émission du 13 janvier 2021

Vous êtes titulaire d’un bac+3 et plus, ou jeune professionnel, et vous souhaitez vous porter candidat à l’École d'affaires publiques de Sciences Po ? Vous vous interrogez sur votre choix de master, sur les admissions et les différents débouchés professionnels ?

Yann Algan, doyen de l’École d'affaires publiques et une étudiante ont répondu à toutes vos questions. Les échanges se sont déroulés en anglais.

Revoir l'émission du 13 janvier 2021 (en anglais).

Et pour ceux qui veulent candidater cette année : trouvez la procédure d’admission qui correspond à votre situation et comment  présenter votre dossier de candidature en ligne.

Vous n’avez pas pu assister à notre Journée portes ouvertes 2020 ?

> Visionnez les replays de cette journée.

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Raphaëlle Sananes, promotion 2018

Du Master Politiques publiques, spécialité Administration publique, au poste de Conseillère des affaires étrangères au Ministère de l'Europe et des affaires étrangères
  • Raphaëlle SananesRaphaëlle Sananes

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Pour être parfaitement honnête, il a débuté par un échec aux épreuves d'admission de Sciences Po après le bac, avec deux notes catastrophiques aux épreuves d’anglais et d’économie : un comble quand on travaille aujourd’hui  à la Direction de la diplomatie économique du Quai d’Orsay…

Comme je souhaitais à l’époque rejoindre Sciences Po pour devenir avocate, je me suis dirigée vers la fac de droit, à Assas où j’ai suivi un parcours en licence et au Collège de droit. Mon niveau d’anglais s’étant quelque peu amélioré depuis, j’ai eu l’opportunité d’effectuer une Maîtrise en double diplôme et de passer un an à l’Université d’Oxford, l’année de la campagne du Brexit.

Je suis finalement entrée à Sciences Po à mon retour du Royaume-Uni en 2016, pour en sortir diplômée en 2018. Et comme j’imagine que j’avais encore envie de pousser un peu les séances de révision à la bibliothèque, j’ai présenté le concours de l’ENA que j’ai intégré fin 2018.

S’en est suivi un an de stages : à la Direction des Nations unies et des organisations internationales du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, où j’ai eu la chance d’effectuer le suivi par intérim des sujets de protection des femmes dans les conflits armés ; à la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques ensuite, durant le sommet du G7 à Biarritz ; chez Microsoft France enfin sur des sujets de numérique et d’égalité des chances notamment.

La deuxième année de l’ENA et son redouté classement de sortie m’ont finalement permis de faire un choix de cœur, celui du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères que j’ai rejoint en octobre dernier, comme chargée de mission auprès de la Directrice de la diplomatie économique.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Il est d’usage d’expliquer en entretien que nos parcours sont parfaitement linéaires et logiques ; si je crois sincèrement que c’est le cas de certains de mes camarades, c’est loin d’être le mien.

Je suis rentrée à l’Université persuadée de vouloir devenir avocate en droit pénal des affaires. A la découverte des cours de droit administratif en L2, c’était décidé, je serais avocate en droit public des affaires, comme je l’avais d’ailleurs affirmé à mon entretien d’admission à Sciences Po.

C’est finalement entourée de camarades souhaitant présenter les concours que je me suis dit pourquoi pas moi. Mon stage de M2 de Sciences Po à la Direction des affaires stratégiques et du désarmement du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères a complété de premiers stages en directions d’affaires juridiques orientés vers le droit européen et international, à Bercy et au siège d’EDF à Londres. Ce sont ces expériences qui m’ont permis de prendre conscience de mon attrait pour la régulation de l’économie et les affaires internationales.

Quelles sont les caractéristiques de votre poste de diplomate aujourd'hui ?  

La première tient au balancier constant entre la proximité et la distance, parce qu’il faut comprendre la stratégie diplomatique poursuivie par un partenaire, sans jamais complètement se mettre à sa place au risque de perdre la vision de nos propres intérêts diplomatiques. L’équilibre est loin d’être évident, plus encore au moment du départ en poste.

La deuxième caractéristique, qui découle forcément de la compréhension des stratégies diplomatiques, c’est la richesse intellectuelle du métier. Notre génération accorde une place essentielle au sens de sa profession et le monde de la diplomatie offre une réflexion de haut vol sur ce que doivent être nos positions dans toute une série de domaines, de la non-prolifération à la coopération culturelle. Et je dois dire que c’est impressionnant à deux égards : d’abord, parce qu’il faut essayer de se hisser au niveau d’expertise des collègues très vite après son entrée en poste ; ensuite parce que le travail ne s’arrête pas là et que le même niveau d’exigence est placé dans la mise en œuvre concrète des positions préconisées.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques (master et prépa) envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

J’aime le mot de formation car il dit bien que ce que propose l’EAP va bien au-delà de seules études, et c’est surtout ça que j’ai appris.

L’Université inculque la place essentielle des connaissances, de la réflexion et de l’apprentissage – et accessoirement la capacité à travailler sur des plages horaires assez hétérodoxes quand les amphis se succèdent de 8h à 22h.

L’EAP, c’est une école fantastique pour se familiariser à tout ce qui gravite autour du savoir brut : la capacité à pouvoir exprimer ses idées de façon claire et convaincante avec les fameux exposés de 10 minutes ; les échanges avec des maîtres de conférence qui sont aussi de jeunes professionnels en master mais surtout en prépa concours ; les codes et références de l’administration en somme, que Sciences Po rend accessibles à ses élèves qui n’ont pas tous dans leur entourage des fonctionnaires d’encadrement.

C'est soucieux de partager ces acquis précieux pour la préparation des concours que nous avons repris en 2019, avec Antoine Dumoret-Mentheour et Jean Baptiste Baudat, la page Prépa Concours A+, qui propose un accompagnement bénévole aux candidats aux concours administratifs, par des lauréats des concours et de jeunes professionnels.

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers la diplomatie ?

De viser large ! J’aurais aimé savoir, quand en préparant l’ENA je me disais que les postes de diplomates étaient finalement très peu nombreux – 3 ou 4 places sur 80 par an – que les postes de diplomates ne se trouvaient pas exclusivement au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, dont tous les agents ne sont d’ailleurs pas des diplomates. Si porter les positions de la France à l’international vous motive, tout un écosystème de directions internationales d’administrations publiques s’ouvre à vous.

La diplomatie est un champ d’activité d’une incroyable richesse où l’on se pose constamment la question « pour quoi faire » lorsque l’on interagit avec nos partenaires. Cette interrogation récurrente, c’est aussi celle qui doit irriguer la réflexion d’un étudiant attiré par les carrières internationales. Ce n’est pas seulement la question de la vision professionnelle qui se pose, mais plus généralement celle du choix de vie, en particulier quand on se destine à une carrière aussi intense et passionnante que la carrière diplomatique.

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Pierre Benassaya, Promotion 2019

Du Master Politiques publiques, spécialité Administration publique, parcours en apprentissage, à la Présidence de l’ONG Graines Populaires
  • Pierre Benassaya © Franck DunouauPierre Benassaya © Franck Dunouau

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ? 

En 2014, après avoir obtenu un baccalauréat scientifique, j’ai décidé de passer le concours de Sciences Po. Je me rappelle encore de la pression en entrant dans l’immense salle de concours de Villepinte comme si c’était hier. Je pense que cette salle a marqué toute une génération d’étudiants.

J’ai ensuite choisi le campus de Menton afin de mieux comprendre les problématiques du Moyen-Orient bousculé à cette époque par les conséquences du printemps arabe. Bon maintenant je peux l’avouer, la plage et le soleil ne sont pas non plus pour rien dans le choix de ce campus. Mes deux années de Bachelor furent très intenses. J’y ai rencontré des personnes formidables que je côtoie encore aujourd’hui quotidiennement et beaucoup ont d’ailleurs rejoint l’aventure « Graines Populaires ».

Lors de ma seconde année à Menton, j’ai décidé de passer l’examen d’entrée à l’Institut Français du Proche Orient (Ifpo). J’avais comme projet initial d’acquérir un niveau d’arabe suffisant pour passer les concours du Quai d’Orsay comme celui de Cadre d’Orient. Triste de quitter le calme de la ville de Menton mais excité à l’idée de découvrir un nouveau pays, je me suis envolé ainsi pour le Liban en octobre 2016.

Je me suis assez rapidement habitué à Beyrouth, à sa complexité et à sa beauté, mais j’ai aussi découvert un pays très inégalitaire où les services publics étaient inexistants. Les Libanais me semblaient révoltés de la manière dont le pays était géré. Ils critiquaient sans cesse la corruption mais semblaient résignés. Ils disaient n’avoir aucun poids, aucun pouvoir face au système politique communautaire. Au-delà de l’apport universitaire et linguistique, le pays du Cèdre m’a donc profondément politisé. J’ai pris conscience de notre responsabilité individuelle : l’absence d’engagement est finalement une forme d’engagement pour le statu quo. Ne rien faire, c’est cautionner un état de fait. Cette expérience m’a donc encouragé dans ma volonté de m’engager politiquement afin de changer les choses concrètement. 

De retour en France, c’est dans cet esprit que j’ai choisi  de rejoindre le Master politiques publiques de l’Ecole d’Affaires Publiques de Sciences Po. J’ai réalisé ma deuxième année de master en apprentissage dans un cabinet de communication et affaires publiques. Une fois diplômé, j’ai ensuite rejoint un cabinet de conseil, TNP Consultants, pour lequel je travaille actuellement. Mon travail consiste à accompagner le secteur public dans ses projets complexes de transformations digitales ou organisationnelles. Actuellement, je suis en mission à l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire obligatoire de retraite pour les salariés du secteur privé. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’initiative « Graines Populaires » ? 

J’ai toujours été assez surpris de voir qu’en France, l’écologie était considérée comme une préoccupation de riche, alors même que les premières victimes des dérèglements écologiques sont les plus démunis et les plus précaires. C’est dans l’objectif de répondre à ce paradoxe que nous avons décidé de lancer cette association. Graines populaires, c’est donc une jeune association que nous avons fondée en août 2020 pour répondre de manière très concrète aux problématiques sociales des citoyens par le biais de l’écologie. L’été dernier, nous étions seulement trois. A peine quatre mois plus tard, et malgré le contexte sanitaire, nous sommes déjà plus d’une centaine de bénévoles présents dans 60 communes en France et 7 pays dans le monde.

Nous avons construit une méthodologie d’atelier avec des spécialistes du Design Thinking qui se déroule en deux temps. Lors de la première partie de l’atelier, nous discutons avec les habitants des problématiques relatives au quartier dans lequel ils vivent. Lors de la seconde partie nous définissons, avec eux, des solutions durables à ces problématiques. Ces solutions deviennent la feuille de route de la section locale de l’association. Elles peuvent être très directes (comme des actions solidaires ou de sensibilisation) ou alors plus politiques et l’association se fait alors le porte-voix des habitants auprès des élus locaux. Cette manière singulière d’aborder l’écologie permet de la rendre plus accessible et plus concrète pour les milliers de citoyens qui la considèrent comme une notion encore trop abstraite. En somme, avec « Graines Populaires » nous semons l’écologie au quotidien.

L’association donne aussi énormément de liberté aux sections locales qui définissent elles-mêmes leur mode d’action. De cette manière nous rendons collectives des initiatives individuelles un peu partout dans le monde. Nous ne sommes pas là pour culpabiliser qui que ce soit, chacun doit réaliser sa transition à son rythme. Finalement, l’engagement chez Graines Populaires se fait à l’échelle de ce que nous pouvons faire au niveau associatif, mais pour changer d’échelle, il faut comprendre que le problème est systémique, qu’il nous dépasse, et que le dernier engagement est donc politique…

Vous êtes également engagé en politique.

Oui et je pense que c’est un engagement tout à fait complémentaire et nécessaire à l’engagement associatif. C’est par la politique que nous pourrions revoir totalement notre système de production qui déséquilibre les écosystèmes dans lesquels nous vivons ; que nous pourrions relocaliser notre économie et développer une véritable économie circulaire et durable ; que nous pourrions privilégier une économie de la fonctionnalité, où la création de valeur serait dans l’usage d’un bien plutôt que dans la possession de ce dernier. Je pense que c’est par l’engagement politique que nous pouvons le plus fortement influencer ces évolutions. 

Je suis donc adhérent d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). C’est le parti avec lequel je suis le plus en phase sur le fond et qui est, à mon sens, le plus à même d’incarner l’héritage de l’écologie politique en France. Je me suis beaucoup engagé dans la dernière campagne municipale à Paris dans le 19ème arrondissement et j’exerce désormais quelques responsabilités en interne. Je suis élu au Bureau Exécutif Départemental (BED) parisien, en charge des mobilisations et des relations extérieures. Je vais également dégager du temps pour prendre part à la campagne des régionales qui vient. Entre le travail, l’association et la politique, mon agenda est donc désormais bien chargé. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d’affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

Professionnellement, politiquement et au sein de Graines Populaires je suis amené à mener des activités radicalement différentes. L'EAP m'a aidé à être adaptable en toutes circonstances et à mener de front tous ces projets.

J'avoue ne pas avoir à utiliser tous les jours les arrêts du Conseil d'Etat ou les règles de finances publiques mais je pense que ces connaissances fondamentales structurent notre manière d'aborder la chose publique. L'organisation et la rigueur qu'exige Sciences Po sont également des habitudes bien utiles dans la gestion de projet. Au-delà de la formation en tant que telle, ce sont les liens que j'ai tissés avec mes camarades de classe qui ont construit ce que je suis aujourd'hui et qui m'ont tourné vers mes activités actuelles.

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Découvrez Public +, la start-up lancée par des étudiants de l'Incubateur de Politiques publiques de l'EAP

  • Co-fondateurs de Public +Co-fondateurs de Public +

Vous lancez tout juste votre start'up Public +, comment est né votre projet et pourriez-vous nous dire en quelques mots de quoi il s'agit ?

Notre projet est né d’un défi lancé par la préfecture d’Ille-et-Vilaine à l’Incubateur de Politiques Publiques de Sciences Po en Janvier 2020. Le projet consistait à mettre en forme et élaborer une France Services « innovante » pour la commune de Châtillon-en-Vendelais en Bretagne. La politique France Services permet de réunir au sein de structures hébergeantes (mairies, préfectures…) divers services publics, au travers de deux agents administratifs capables de répondre à la majorité des demandes des citoyens. C’est un dispositif décidé par le Président de la République après le Grand débat national révélant que seuls 52% des Français ont accès aux services publics dont ils ont besoin. 

C’est pour répondre à cette réalité qu’est né Public + , un amplificateur de politiques publiques qui porte l’ambition d’un service public + humain, + innovant et + efficace. Durant le projet, nous avons développé un portail à double-entrée afin d’amplifier les France Services. “Mon Espace France Services” permet un meilleur accès aux informations usagers et un appui au travail quotidien des agents. 

Concrètement, si je suis un usager du service public, que peut m'apporter la solution Public + ? Si je suis un agent de service public, que peut m'apporter la solution Public + ? 

Pour les usagers, la solution Public + permet de centraliser l’information, de personnaliser et moderniser le service public. Ainsi, grâce à un outil de géolocalisation j’accède aux informations de la France Services la plus proche. Un outil de prise de rendez-vous simple et un générateur automatique de documents à prévoir me permettent de préparer mon rendez-vous en amont. Enfin, la visioconférence et le formulaire d’évaluation de la France Services facilitent l’accès à la France Services depuis son salon et  l'amélioration continue des services publics.

A travers une enquête menée auprès de 250+ France Services, les agents polyvalents nous ont dit leur volonté de disposer d’outils permettant de mieux accompagner, mieux s’organiser et mieux se former. Afin de leur donner les moyens de remplir efficacement leurs missions, nous mettons à leur disposition un outil de gestion des rendez-vous, un générateur de “bilans administratifs” (un document pré-rempli récapitulant les points-clés du rendez-vous, remis à l’usager). La formation des agents est au cœur de notre solution : afin de pallier un manque de formation ressenti par de nombreux agents, nous avons intégré un parcours de formation en continu à travers une centralisation de fiches techniques, des formations en ligne sur des sujets transversaux, et des quiz ludiques pour tester et rafraîchir leurs connaissances.

En quoi le coaching dont vous avez bénéficié lors des ateliers de l'Incubateur de Politiques Publiques vous a aidé à monter votre projet ?

Notre start-up repose sur l’innovation et c’est à l’Incubateur de Politiques Publiques que nous avons vraiment appris à innover. D’abord, les ateliers nous ont permis de découvrir les méthodes du design thinking afin d’élaborer des parcours usagers, créer des personas… Ces méthodes de réflexion nous ont sorti de notre cadre de travail habituel plus “scolaire” en conceptualisant nos idées de manière visuelle, anticipatrice et agile, afin de permettre la mise en forme d’un projet pertinent et fonctionnel. Partir du terrain, être à l’écoute et créer des synergies entre les acteurs sont la clé du succès de tous nos projets. En quelque sorte, à l’Incubateur de Politiques Publiques nous avons appris à devenir les ingénieurs des services publics de demain. 

Étudiants et entrepreneurs, ce n'est pas trop compliqué à gérer ?

Nous voyons plutôt cela comme une force. Les connaissances accumulées au cours de notre scolarité permettent d’intégrer des éléments théoriques à un cas pratique concret et l’enrichir de nos expériences. L’idée c’est de mettre la formation de Sciences Po au service du quotidien des Français. Par ailleurs, nos parcours sont différents mais se rejoignent dans la volonté de réfléchir et d’améliorer les services publics de demain. Public + est le projet de 5 jeunes qui veulent servir l’intérêt général. Mais on ne va pas vous mentir, cela aide d’être 5 cofondateurs lorsque plusieurs rendez-vous s’enchaînent et que l’un d’entre nous a une présentation de droit public à terminer ! 

A quel stade de développement en êtes-vous et que vous manque-t-il pour vous développer ?

Désormais constituée, Public + est en pourparlers avec divers acteurs institutionnels afin de lancer une première expérimentation de notre outil numérique “Mon Espace France Services”. A court et moyen terme, nous espérons déployer à l’échelle nationale notre portail numérique afin de permettre au dispositif France Services d’atteindre son plein potentiel. Aussi, nous initions une diversification de notre activité au-delà du champ des France Services afin d’amplifier d’autres politiques publiques. Notre portail numérique peut être utile pour d’autres politiques publiques et nous sommes prêts à travailler avec les acteurs de terrain pour amplifier les politiques publiques qu’ils portent. 

Nous ne voulons pas quitter la maison de sitôt et nous envisageons une intégration de Public + à l’incubateur de Sciences Po afin de nous aider à atteindre ces objectifs. 

Sur quelles valeurs repose votre projet ?  

Tout le projet repose sur l’ambition de rendre le service public + humain, + innovant et + efficace. Pour ce faire, nous nous sommes engagés sur 11 points dans un manifeste qui encadre toutes nos décisions et nous aident à garantir notre liberté d’innovation. Nous pensons qu’innover dans le secteur public passe par cet engagement qui a permis de toujours créer une relation de confiance avec tous nos interlocuteurs. Cette colonne vertébrale sera le gage de notre succès pour l’acteur à part que nous sommes dans l'écosystème de l’innovation publique.  

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Administration Publique : une spécialité historique et très moderne

  • Spécialité Administration publique © Matej Kastelic/ShutterstockSpécialité Administration publique © Matej Kastelic/Shutterstock

Qu’est-ce que la spécialité Administration Publique ?

La spécialité Administration publique est aujourd’hui la plus connue de celles proposées au sein de l'École d’affaires publiques. Sans doute parce qu’elle est la plus ancienne formation de Sciences Po. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle est aussi l’une des plus modernes !  

Chaque année, elle attire un grand nombre d’étudiants issus d’horizons très divers, désireux d’exercer des responsabilités variées dans le secteur public bien sûr mais aussi dans le secteur privé, ou qui sont intéressés par les relations institutionnelles ou encore les métiers du politique, à l’échelon local, national, européen ou international.

Elle leur permet d’acquérir des connaissances fondamentales et pluridisciplinaires en droit public français et européen, en finances publiques, en économie, en questions sociales et dans l’ensemble des affaires publiques, ainsi que des compétences professionnelles indispensables en management, négociation, conduite de projet, innovation publique et design thinking. 

Elle s’adresse aux étudiants qui souhaitent intégrer la haute fonction publique française et européenne par la voie des concours ou la voie contractuelle (une quinzaine de concours est préparée au sein de l’EAP), mais elle offre également une excellente formation à ceux qui souhaitent rejoindre les directions des affaires publiques d’entreprises françaises et internationales, les cabinets de conseil dans le secteur public ou les métiers du politique (communicant politique, assistant parlementaire, conseiller en cabinet ministériel ou en collectivité territoriale), et même la création de start-up : plus de la moitié des étudiants de cette spécialité rejoint le secteur privé !  


ÉCOLE, MASTERS, SPÉCIALITÉS… QUÉSACO ?

Lorsqu’ils rejoignent l’EAP, les étudiants choisissent l’un des deux masters proposés en formation initiale (le Master Politiques publiques et le Master Affaires européennes) et une spécialité parmi les 11 offertes, dont la spécialité Administration publique. Cette spécialité leur donne accès à des cours fondamentaux liés à la filière choisie. La structure et la richesse de l’offre pédagogique proposée au sein de l’EAP permet aux étudiants de personnaliser leur formation tout au long de leur cursus et de l’adapter à leur projet professionnel. Cette personnalisation s’intensifie à mesure qu’ils progressent dans leur formation.

Infogram EAP : personnalisation des masters FR

QU’APPREND-ON DANS LA SPÉCIALITÉ ADMINISTRATION PUBLIQUE ?

Tous les étudiants de la spécialité Administration publique suivent les 5 cours de tronc commun du master qu’ils ont choisi.Le tout illustré par des études de cas pratiques qui leur apportent des connaissances approfondies, comparatives et transverses dans le domaine des affaires publiques en croisant les approches économiques, juridiques, éthiques, historiques, politiques, managériales et numériques. Ils suivent également une étude de cas qui, en les immergeant dans une situation complexe, leur permet de comprendre et évaluer un processus de prise de décision ou de mise en œuvre dans différents secteurs (privé ou public). 

Ils suivent également 5 cours propres à leur spécialité : Droit public, Droit public européen, Finances publiques, Politiques économiques et enfin Questions sociales.

Le laboratoire d’innovations publiques permet aux étudiants de pratiquer des études de cas et des simulations, de travailler sur un défi de politiques publiques au sein de l’incubateur, de concevoir et de mettre en œuvre des projets de politiques publiques innovants. Ils développent ainsi les compétences pratiques dont ils auront besoin demain : travail en groupe, négociation, conduite du changement, management.

Chaque semestre, les étudiants choisissent en outre un cours électif parmi plus d'une centaine d'enseignements proposés par l'Ecole. Les étudiants de la spécialité Administration publique suivent également deux cours de la formation académique commune et des cours de langue. Chaque semestre, comme dans toutes les autres spécialités de l’EAP, les étudiants de la filière Administration publique ont accès aux cours optionnels proposés par l’EAP, enseignements orientés vers la préparation aux concours administratifs. Il s’agit de cours optionnels de Culture générale, de Questions internationales, de Questions européennes et d’Approfondissement aux questions économiques.

Ils consacrent leur 4è et dernier semestre à la réalisation d’un stage de fin d’études, d’un échange universitaire au sein d’une université partenaire d’un projet personnel ou à la rédaction d’un mémoire.

Ils peuvent aussi prendre une année de césure entre leurs deux années de master pour réaliser des stages et des échanges universitaires, effectuer leur 2è année de master en apprentissage, participer à l’incubateur de politiques publiques, participer à de très nombreux événements, ou encore accéder à une vie associative et étudiante foisonnante.

Les cours fondamentaux et électifs ouverts à tous permettent de comprendre les défis contemporains posés à l’administration et à tous les acteurs des affaires publiques – déontologie, transition numérique, politiques inclusives et soutenables, enjeux démocratiques – et d’y apporter des réponses avec d’excellentes compétences professionnelles.  

Et pour la suite ?

Les débouchés de la spécialité Administration publique, à l’image de ses enseignements, sont extrêmement variés. Les diplômés de la promotion 2018 sont 58% à exercer dans le secteur privé, 39% dans le public et 3% en organisations internationales.

Les trajectoires au sein du secteur public

Une part significative des étudiants qui aspirent à intégrer la haute fonction publique française et européenne choisissent de passer les concours administratifs, dont une quinzaine est préparée au sein de la PrépaConcours tel que les concours de l’ENA, de l'INET, du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, du Parlement, de la Banque de France, des juridictions administratives, etc. Une offre de préparation aux concours européens est également proposée au sein de la PrépaConcours.

Certain(e)s diplômé(e)s se tournent vers les métiers du politique : collaborateur parlementaire, conseiller en cabinet ministériel ou en collectivité territoriale, au sein de ministères, au sein du Parlement ou de la Commission européenne.

Les trajectoires au sein du secteur privé 

Une majorité des diplômé(e)s de la promotion 2018 travaille dans le secteur privé, au sein de directions d’affaires publiques d’entreprises françaises et internationales, au sein de grands cabinets de conseil, ou encore dans le milieu associatif ou dans des think tank et des start-up. 

Ressources additionnelles

Quelques chiffres clé des diplômés de la spécialité AP (source Enquête Jeunes Diplômés 2020 sur les étudiants diplômés en 2018) :

  • 88% sont en emploi 6 mois après l’obtention de leur diplôme
  • 58% dans le secteur privé, 39% dans le public et 3% en organisations internationales
  • Quelques métiers : responsable affaires publiques, chargé de relations institutionnelles, consultant, analyste, conseiller parlementaire, communicant politique, chef de projet innovation, project manager, attaché d'études européennes, strategic manager, attaché d'administration, responsable d'opérations internationales, etc. 
  • Enfin quelques employeurs phares : Ministères, Parlement, Commission européenne, cabinets de conseil (EY Consulting, Capgemini, Accenture, Mazars, BCG, KPMG, etc), Directions des affaires publiques des grandes entreprises, etc.

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Clara Langlois-Gey, promotion 2019

Du Master Politiques publiques spécialité Santé, parcours en apprentissage, au poste de consultante chez GovHe
  • Clara Langlois-Gey © CLGClara Langlois-Gey © CLG

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai passé deux belles années sur le campus universitaire de Poitiers dans le cadre du Bachelor, à découvrir l’histoire, la culture et les méandres politiques de l’Espagne, du Portugal et de l’Amérique Latine tout en découvrant des matières jusqu’ici inconnues : économie, droit, sociologie, etc. Puis je me suis envolée en 3A vers Santiago du Chili, où j’ai eu la chance de pouvoir étudier à la Pontificia Universidad Catolica de Chile (PUC), avant de commencer mon master à Paris à l’Ecole d’Affaires Publiques, sur les politiques publiques dans le monde de la santé. J’ai décidé de faire une césure entre mon M1 et mon M2, pour découvrir sur le terrain le monde de la santé, notamment hospitalier, jusque-là uniquement appréhendé au travers des cours magistraux, électifs, conférences de l’EAP. J’ai fait un premier stage chez GovHe, un cabinet de conseil spécialisé dans le monde de la santé, et un deuxième à la Direction Parcours Patient du Groupe Hospitalier Paris Saint Joseph. Au terme de cette année de stages, j’ai décidé de réaliser mon M2 en alternance, combinant mon envie de poursuivre mes études avec celle de ne pas quitter le monde professionnel. J’ai réalisé mon alternance chez GovHe, et j’y suis restée après l’obtention de mon diplôme.  

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Rétrospectivement, mon projet professionnel a beaucoup évolué au fil de mon cursus à Sciences Po. Initialement, je suis entrée à Sciences Po pour faire du journalisme, mais j’ai bien vite découvert lors de ma première année deux nouvelles matières qui m’ont beaucoup intéressée : le droit et l’économie. J’ai alors réfléchi : pourquoi pas du droit économique ? 

Puis le véritable tournant concernant mon projet professionnel fut ma 3A : à la PUC, comme à Sciences Po, nous avions la possibilité de choisir nos cours parmi un catalogue de matières variées : droit de la santé, diplomatie, sociologie des consommateurs, sciences politique, etc. J’ai réalisé combien était stimulant ce côté éclectique. J’ai donc cherché un master qui me permettait de conserver cette diversité des matières, tout en commençant à me spécialiser. En cela, le Master politiques publiques de l’EAP me semblait vraiment idéal, en continuant de faire de l’économie ou des politiques publiques, tout en commençant à acquérir des connaissances plus spécialisées dans le monde de la santé, monde que je connaissais un peu par le passé et qui me fascinait. 

Les deux années de cours ainsi que les stages ont renforcé ma conviction que le secteur de la santé, notamment le monde des établissements de santé, me passionnait. J’ai longtemps hésité à passer le concours de l’EHESP pour devenir directrice d’hôpital. Le conseil aux établissements de santé m’a offert une belle opportunité de m’impliquer dans ce secteur, mais je ne me ferme pas cette porte pour l’avenir.  

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez GovHe et quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

J’ai entendu parler de GovHe grâce au cours électif 10 healthcare challenges, dispensé par Antoine Georges-Picot, le fondateur de GovHe. Il avait pour habitude de faire intervenir des experts sur chaque sujet du cours. Pour illustrer la séance sur la performance hospitalière, Pierre Dagen, l’un des managers de GovHe, a abordé cette notion au travers de missions réalisées au sein du cabinet. J’ai été captivée par le type de travaux que réalisait le cabinet, à la fois opérationnels et stratégiques avec potentiellement un fort impact sur le quotidien du système de santé. Quand s’est présentée sur le site de Sciences Po une offre pour un stage, j’ai de suite postulé.

Le processus de recrutement, moins long que dans les autres cabinets, a reposé sur un unique entretien avec un manager, puis une étude de cas pour tester mon raisonnement, exercice qui peut être déstabilisant la première fois. Les échanges ont été bienveillants. 3 jours après, j’avais une réponse positive à ma candidature, et j’ai accepté sans hésiter !

J’ai beaucoup apprécié ce stage, où les managers m’ont permis de progresser en me confiant des responsabilités auxquelles je n’aurais pas imaginé prétendre en tant que stagiaire. J’ai découvert une équipe soudée partageant des valeurs similaires, et une entreprise en pleine expansion. Quand j’ai su que Sciences Po proposait des alternances, j’ai échangé sur le sujet avec mon manager référent, et avec son soutien, j’ai fait part à Antoine de mon souhait de continuer avec eux, ce qu’il a accepté. 

A l’issue de mon alternance, l’équipe s’était étoffée, et avait déménagé dans des bureaux beaucoup plus grands. J’avais vécu différentes missions au sein du cabinet, et pourtant il me semblait qu’il me restait encore beaucoup à apprendre. Malgré les encouragements d’Antoine à passer le concours de l’ENA, rester en CDI chez GovHe a été une évidence. 

Aujourd’hui, en tant que consultante confirmée, j’interviens principalement auprès d’établissements de santé publics (publics, ESPIC ou privés à but lucratif), mais aussi des Agences Régionales de Santé, le ministère de la santé, etc. Les missions sont variées allant de l’élaboration de projets médicaux, à la réorganisation du fonctionnement de services, la réalisation de diagnostics territoriaux, ou encore la conception et conduite de projets d’expérimentation.

Je participe à la production des analyses et des supports demandés par les clients, tout en étant sur le terrain à rencontrer les différents acteurs. Je commence maintenant à encadrer des consultants plus jeunes au cours des missions. J’ai de plus en plus d’autonomie pour la gestion des missions, concernant les méthodologies de travail, l’adaptation du calendrier, ou la relation avec les clients. 

Enfin, en interne, je contribue comme chaque consultant de Govhe au développement du cabinet. Je gère ainsi tant les temps partagés de formation hebdomadaire et les formations continues lors des passages de grade ou à destination des nouveaux arrivants. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'Affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Tout d’abord, c’est grâce à Sciences Po que j’ai connu le cabinet où je travaille aujourd’hui, ce qui est déjà beaucoup !

Les cours que j’ai suivis durant le master m’ont permis d’appréhender une vision globale du monde de la santé, dans ses différentes composantes et institutions, bien avant la mise en pratique. Ils ont entretenu ma curiosité pour ce secteur. Comprendre les principaux concepts (financement sanitaire, PLFSS, etc.), l’articulation entre les principaux acteurs (Directeur Général d’une ARS, Président de la Commission Médicale d’Etablissement, etc.) est un véritable avantage pour ne pas se sentir trop perdu à ses débuts dans le monde professionnel. Par exemple, rien que connaître les très (très) nombreux acronymes utilisés dans le secteur de la santé est une force à l’arrivée sur le terrain !

Au-delà des connaissances du monde de la santé, l’EAP nous a entraînés à l’expression orale, l’écriture de rapports et argumentaires, et la formation dispensée en alternance s’est révélée très professionnalisante, avec des cours de comptabilité-gestion, de management, etc. 

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui souhaite s'orienter vers le secteur de la santé aujourd'hui ?

Tout d’abord, être convaincu que faire des études de médecine n’est pas le prérequis pour contribuer à l’amélioration du système de santé. Donc, il ne faut surtout pas s’interdire de s’investir dans ce secteur. Grâce aux apprentissages, aux connaissances, méthodes de travail, et en prenant le temps d’écouter les différents acteurs, il est tout à fait possible d’acquérir une légitimité pour faire évoluer les choses, et apporter son aide à un monde en perpétuelle mutation. 

Enfin, l’investissement reposera aussi sur une qualité fondamentale pour travailler dans le secteur : une curiosité permanente. La santé est un monde passionnant, extrêmement varié, et parfois hautement complexe. Il faut s’intéresser à des sujets très différents, des finances d’un hôpital jusqu’au fonctionnement du bloc opératoire, d’un service de biologie médicale ou de la gestion des lits, de la recherche aux thérapies innovantes, des professionnels du soin aux droits du patient. Le monde de la santé est une dynamique, stimulante d’un point de vue intellectuel, et demande un investissement personnel pour être à jour des différentes réformes, projets d’expérimentations, des besoins qui émergent auprès des différents acteurs. 

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Retour sur la Masterclass Culture avec Aloïse Sauvage

  • Aloïse Sauvage © Shelby DuncanAloïse Sauvage © Shelby Duncan

En octobre dernier nous recevions Aloïse Sauvage, dans le cadre des Masterclasses de la spécialité Culture/Cultural Policy & Management. Les étudiants de cette spécialité mais plus largement de l'EAP ont eu l'occasion d'écouter le témoignage de l'artiste qui excelle dans de nombreux domaines. Quelques étudiants sélectionnés ont eu la possibilité d'interroger Aloïse Sauvage sur son travail d'artiste, chamboulé par la crise sanitaire, et ont rédigé l'article que vous pouvez découvrir ci-dessous. 

Le 14 octobre 2020, dans le cadre des Masterclasses de l’Ecole d’affaires publiques spécialité Culture et Cultural Policy & Management, nous avons eu l’opportunité de rencontrer l’artiste et chanteuse Aloïse Sauvage, accompagnée de l'une de ses deux manageuses, Elodie Filleul. L’occasion pour les élèves de la spécialité d’engager un dialogue direct avec les acteurs et créateurs de l’industrie musicale en 2020. 

Restrictions sanitaires obligent, c’est par Zoom, depuis sa cuisine, que Aloïse Sauvage nous fait part de son parcours et de sa riche expérience dans les milieux artistiques. En effet, à seulement 28 ans la chanteuse et danseuse de formation circassienne est déjà apparue sur le petit et le grand écran et a sorti un album, Dévorantes. Avec de multiples cordes à son arc, Aloïse Sauvage est une artiste complète qui fait toutefois preuve d’une grande humilité sur son succès. Elle nous parle avec enthousiasme de sa démarche artistique, de ses engagements, mais aussi d’une certaine difficulté d’émancipation artistique dans une machine telle que l’industrie musicale. Elodie Filleul, sa co-manageuse (avec Melissa Phulpin) se joint à nous dans cette table ronde pour éclairer l’aspect “management” du processus de création. Active depuis plus de vingt ans dans le milieu de la musique, elle a travaillé avec de grandes majors tout en gardant son indépendance, un point important pour Aloïse Sauvage. Son expérience nous permet aussi de parler des profondes transformations que l’industrie musicale a traversées, notamment à l’ère du numérique.

Nous découvrons alors une artiste dont la musique reflète une grande vulnérabilité et qui l'assume pleinement, même si cela implique un contrepied vis-à-vis des tendances au sein de l'industrie musicale. A une époque où les moyens de promotion, de distribution voire même de production se digitalisent, nos deux intervenantes expriment aussi le besoin de proximité avec les équipes entourant les artistes. Surtout pour une artiste pluridisciplinaire, qui dans sa pratique musicale s’affirme à la fois à travers le chant et le rap mais également le corps. Elle nous parle d'ailleurs de son fameux « micro magique » qui lui permet de mêler différentes disciplines sur scène, et plus particulièrement le cirque et la danse. 

L'album Dévorantes parle des codes, des normes, et des stéréotypes ainsi que des étiquettes que cette nouvelle génération de musicien.n.e.s, à laquelle appartient Aloïse Sauvage, détruit. Toutefois, Aloïse ne se présente pas comme militante quand elle fait de la musique, elle représente ce qu’elle est, sans se codifier ni se classifier. C’est en assumant et en affirmant cette liberté, qu’elle considère que son art devient un vecteur émancipateur en ayant un vrai impact sociétal.

Aloïse Sauvage, notamment lors de la carte blanche des élèves de l’EAP, se prête parfaitement à l’exercice de présentation du quotidien d’une artiste de musique actuelle. Elle débat aussi bien sur les nouvelles formes de processus créatif (toplines, définition du genre musical, écriture …), que sur les enjeux modernes pour un.e artiste dans l’industrie musicale. Avec franchise, elle évoque les difficultés qu’implique une signature en Major, mais aussi la complexe relation qu’elle entretient avec l’appareil promotionnel, en abordant la question de l’interprétation et de l’appropriation journalistique, parfois peu pertinente, de son œuvre. Avec simplicité et décontraction, Aloïse Sauvage et Elodie Filleul ont permis aux participants de la Masterclass de comprendre les problématiques contemporaines auxquelles sont confrontés les artistes de musique actuelle au loin du processus de création, de production et d’exploitation.

Article rédigé par Amor Belhiba, Chama Squalli & Anais Velle.

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Gesine weber, promotion 2019

Du double diplôme Sciences Po et Freie Universität, Master European Affairs, Europe in the World, au poste d'assistante de programme au German Marshall Fund of the United States
  • Gesine Weber © GWGesine Weber © GW

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai toujours été passionnée par les questions de politique internationale et par l’Europe. Après un séjour en Chine après mon baccalauréat,  une année d’études en droit allemand et français et une licence en sciences politiques dans le cadre d’un cursus franco-allemand entre l’Université de Fribourg (Allemagne) et l’IEP Aix-en-Provence, j’ai eu à coeur de placer la politique européenne et les relations internationales au centre de mes études sans devoir faire le choix entre les deux disciplines. Le Master affaires européennes à l’EAP constituait ainsi l’étape suivante presque naturelle pour moi : grâce à la spécialisation “Europe in the World” en partenariat avec PSIA, j’ai pu me spécialiser dans le domaine des relations extérieures et de politique de sécurité de l’UE tout en renforçant mon profil franco-allemand dans le cadre du double-diplôme avec la Freie Universität Berlin.

Tout au long de mes études, j’ai cherché à enrichir mon parcours académique par des expériences professionnelles. C’est pourquoi j’ai effectué un stage long au service politique de l’Ambassade d’Allemagne dans le cadre de ma licence, ainsi que plusieurs stages pendant mon master à la représentation permanente de l’Allemagne auprès les Nations Unies à Genève, au bureau fédéral allemand de l’information à Berlin, et la fondation Friedrich Ebert au Kosovo. Au moment où je rédigeais mon mémoire de master à la Freie Universität Berlin, j’ai travaillé en tant que conseillère parlementaire en sécurité et défense auprès d’une députée au parlement allemand. Même si j’avais la possibilité de continuer ce travail, j’ai décidé de quitter cette fonction au profit d’une bourse d’excellence visant à promouvoir l’expertise sur la Chine auprès des jeunes cadres allemands. Suite à dix mois de cours de chinois et d’un programme professionnalisant, je suis devenue consultante en géopolitique et politique intérieure chinoise pour la Fondation Friedrich Ebert à Berlin et Shanghai, avant de rejoindre le German Marshall Fund of the United States, un think tank transatlantique, à Paris en tant que Program Assistant. En parallèle, je viens de commencer une thèse doctorale portant sur la coopération européenne en sécurité et défense au King’s College London. 

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Ayant grandi dans une région très rurale en Allemagne, mais déjà Européenne convaincue au lycée, j’ai toujours rêvé d’une carrière internationale - et mon premier séjour en Chine, pendant lequel j’ai contribué à plusieurs projets sino-allemand, a confirmé cette aspiration. Une étape décisive fut surement l’idée d’intégrer un cursus franco-allemand dès ma licence puisque cela a ancré l’internationalité dans mon profil personnel. En outre, mes stages ont été des expériences très instructives dans la mesure où ils ont confirmé mon intérêt pour le travail dans le secteur public et m’ont démontré la diversité des opportunités dans ce secteur. Absolument convaincue de vouloir devenir diplomate au début de mes études, ceci reste une option très attractive sur le long-terme. Cependant, j’ai également réalisé que j’apprécie beaucoup le niveau de stimulation intellectuelle qu’offre le travail dans un think tank grâce à la combinaison d’une pensée entrepreneuriale dans la gestion des projets d’un côté et la recherche approfondie pour les publications de l’autre côté. C’est pourquoi je me suis décidée à débuter ma carrière dans ce secteur. 

Comment s'est déroulé le processus de recrutement au German Marshall Fund of the United States ?

Après avoir vu l’offre sur le site web de SciencesPo, j’ai envoyé mon CV et une lettre de motivation au bureau parisien pour ma candidature. Pendant le premier entretien via zoom d’environ trente minutes avec le chargé des projets et l’assistante administrative, les deux m’ont expliqué les axes thématiques du bureau et les méthodes de travail, ce qui a de nouveau augmenté ma motivation pour ce poste. Lors du deuxième entretien avec la directrice et le directeur adjoint, cette impression a été confirmée - et j’ai donc accepté l’offre d’emploi sans hésiter.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

Les deux axes de mon travail en tant que Program Assistant sont la gestion des projets et la recherche; c’est ainsi un travail très varié qui demande qu’on effectue plusieurs tâches au même moment et arrive à identifier les priorités. Comme j’ai rejoint le bureau en septembre et donc en période du Covid, mon travail quotidien dépend énormément de l’usage des logiciels numériques puisque les projets que nous gérons ont, évidemment, dû être numérisés: avec les autres membres du bureau, j’organise ainsi des réunions et séminaires virtuels, ce qui comprend toutes les étapes de la gestion des projets comme la planification, l’invitation des participants, la préparation de l’agenda et les questions logistiques. A ce travail, qui demande surtout des capacités organisationnelles, s’ajoutent les tâches liées à l’analyse des enjeux actuels et la recherche à profondeur, à l’instar de la réalisation des dossiers de recherche pour les autres membres du bureau ou les publications. Un autre aspect très important est la coopération avec les autres bureaux internationaux. En tant que think tank dont l’objectif consiste à renforcer la réalisation transatlantique en promouvant le savoir respectif en France et en Europe aussi qu’à Washington, le travail se caractérise également par le fait qu’il est complètement bilingue - ce dont je profite personnellement beaucoup. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Les atouts de la formation à l’EAP pour ma fonction actuelle sont sans aucun doute très nombreux. D’abord, les connaissances thématiques que j’ai acquises pendant mes études sont très importantes pour la qualité du travail dans la mesure où je dispose d’une très bonne compréhension du système politique de l’UE et des politiques européennes dans le domaine des relations extérieures, ce qui est indispensable pour l’analyse politique. Dans ce contexte, je profite énormément du fait d’avoir assisté au cours de Culture Générale; ce cours étant le plus exigeant pendant mon entière scolarité, il m’a apporté une meilleure compréhension des enjeux mondiaux, européens et notamment de la manière française d’approcher ses enjeux, ce qui s’avère très utile pour moi en tant qu’Allemande. Ensuite, la formation interdisciplinaire à l’EAP renforce la capacité de rapidement comprendre l’ampleur et les enjeux des thématiques dans lesquelles on n’est pas forcément spécialiste, ce qui facilite le travail quotidien énormément. Ceci s’applique également à la diversité des approches pédagogiques et des méthodes dont j’ai bénéficié pendant ma formation à l’EAP, puisque la rédaction de différents formats fait aujourd’hui partie de mon travail comme ceci était le cas à SciencesPo. Enfin, ayant assisté aux cours en français et en anglais, les deux sont devenus des langues naturelles de travail pour moi, et je me sens très à l’aise de travailler dans ce contexte bilingue.

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Portrait de Claire Chopin, récompensée au Cyber Woman Day 2020

  • Claire Chopin © CCClaire Chopin © CC

Pourriez-vous nous décrire votre parcours jusqu’ici ?

Je suis entrée à Sciences Po au Collège universitaire en 2015. Pendant trois ans, j’ai suivi le double cursus Scube, « Sciences et sciences sociales », entre Sciences Po et Sorbonne Université. J’ai ainsi suivi une licence de mathématiques en parallèle de mes cours à Sciences Po. Après ma troisième année effectuée à l’Université de Californie à San Diego, j’ai décidé de poursuivre cette double formation, d’un côté à Sciences Po avec le master de politiques publiques en spécialité sécurité et défense, et de l’autre à l’Université de Paris, avec un master de mathématiques, informatique et cryptologie. Ce double master n’était pas un double diplôme de l’École d’affaires publiques, je l’ai organisé de manière indépendante.

Je viens de terminer mon master à l’Université de Paris, qui était professionnalisant et permettait d’appliquer des connaissances mathématiques aux problèmes quotidiens et concrets rencontrés dans une structure professionnelle de cybersécurité. Cette année, je termine ma scolarité à Sciences Po, au sein de l’École d’affaires publiques. 

Pour quelles raisons avez-vous choisi la spécialité Sécurité-défense proposée au sein de l'École d'affaires publiques ?  

Après la Scube, il était très important pour moi de poursuivre mon double parcours de manière cohérente et complémentaire. J’étais intéressée par les enjeux de sécurité et défense, particulièrement ceux liés au numérique. La spécialité Sécurité-défense me permettait d’appréhender les enjeux liés à ce domaine, tout en conservant une approche globale des affaires publiques. En particulier, le cours « Révolution numérique et cybersécurité » me permettait de faire un lien direct entre mes deux formations.  

Que vous apporte votre double formation au quotidien ?

Grâce à cette double formation, j’ai acquis des connaissances très variées, allant de la programmation informatique aux finances publiques. Cette diversité m’aide à appréhender les sujets, particulièrement ceux liés à la cybersécurité, de manière globale. Mes connaissances techniques me permettent de comprendre l’impact d’une décision stratégique au niveau opérationnel, mais aussi de comprendre la façon dont le volet technique peut s’avérer déterminant au niveau stratégique.

En outre, je suis persuadée que le domaine cyber n’est pas réservé uniquement à des profils techniques. De plus en plus, des compétences transverses sont demandées, ce qui ouvre tout un domaine aux étudiants en sciences sociales.

Vous venez de recevoir le trophée de la Femme cyber-étudiante remis par le Cercle des Femmes de la Cybersécurité (CEFCYS). Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur cette distinction ?

Le CEFCYS est une association qui a pour objectif de promouvoir et de faire progresser la présence des femmes dans le milieu de la cybersécurité. Le CEFCYS conduit de nombreuses actions pour atteindre les objectifs cités : conférences, publications de rapports, sensibilisation, formation, etc. En marge du Cybermoi/s européen, l’association a organisé un trophée pour mettre en avant des profils et des carrières de femmes engagées dans le domaine. J’ai eu l’honneur de recevoir le prix dans la catégorie « Étudiante », ce qui m’encourage à poursuivre dans cette voie.

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