"European Conscience and Totalitarism"

"European Conscience and Totalitarism"

Focus sur la simulation du conseil européen au programme du master affaires européennes
  • Adrien Fauve durant la simulation Europe Climat en 2015 @FORCCASTAdrien Fauve durant la simulation Europe Climat en 2015 @FORCCAST

Cette simulation est proposée au printemps par Adrien Fauve, Docteur et Chercheur Associé, CERI et Philippe Perchoc, Policy Analyst, Service de Recherches du Parlement européen.

Le thème pour l'année 2016 était : European Conscience and Totalitarism

Adrien Fauve répond à nos questions.

Pourquoi réunir des étudiants de Sciences Po et de l'université Sorbonne Nouvelle ?

Le rapprochement est historique, Philippe Perchoc (co-enseignant de la simulation) enseignait à Paris III et moi à Sciences Po. Quand les deux universités se sont rapprochées dans la COMUE (Communauté d'universités et établissements), il nous a semblé intéressant de faire un cours commun sachant que les étudiants suivent un master affaires européennes dans leurs institutions respectives. En 2016, la parité était parfaite avec 34 étudiants de chaque côté.

En quoi consiste cette simulation ? Quelle innovation pédagogique cela représente-t'il ?

La préparation de la simulation se déroule en plusieurs étapes, que nous appelons les séquences pédagogiques :

  • Introduction et description du calendrier, des travaux à effectuer et du processus d'apprentissage
  • Composition des équipes. Lors de cette simulation du Conseil européen, nous avons composé plusieurs groupes permettant de représenter 15 équipes nationales, la présidence, et la Commission. Le travail en équipe se fait dans le même esprit que pour les projets collectifs de Sciences Po. Nous invitons les étudiants à se rencontrer en dehors des séances, à apprendre à se connaître et à travailler ensemble.
  • Rencontres avec les experts, qui permettent aux étudiants de réaliser la complexité du sujet abordé. Les acteurs et observateurs du thème que nous invitons n'ont pas le même point de vue.
  • Coaching. Nous proposons pour ce rôle des diplomates, des membres des ambassades, de la représentation permanente, ou des institutions qui vous aider les étudiants à incarner leur rôle.

À l’issue de ces séquences nous demandons aux étudiants de réaliser un travail écrit sur le sujet, leur pays, leur stratégie et leur projet pour le jour J.

Comment se déroule le jour J ?

Toutes les connaissances, les compétences et l'apprentissage des étudiants sont mis en pratique le jour de la simulation. Nous mobilisons des personnes externes pour jouer les journalistes (soit de vrais journalistes, soit des étudiants, soit des enseignants) et nous nous appuyons sur les réseaux sociaux pour créer des enjeux extérieurs et de l'opinion publique.

Le sujet de cette année, la mémoire, a fait surgir plusieurs enjeux : psychologiques (l'importance de la mémoire dans la famille), juridiques (comme la gestion des crimes de masse), historiques (comment étudier ces périodes sombres ? comment interpréter et débattre ces sujets ?), politiques (identité nationale), etc. Un sujet permet la connexion à de nombreux autres problèmes.

Le jour de la simulation les étudiants vivent le sujet et sont en immersion totale dans le débat de la Commission européenne. Nous ne faisons pas de modération. Nous sommes de discrets observateurs. En fin de séance, nous établissons un bilan collectif, un retour d'expérience et nous les accompagnons dans la sortie du rôle.

Nous demandons pour finir aux étudiants de faire un retour sur eux même à travers l'écriture d'un journal de bord qui leur donne l'occasion de prendre conscience de leur apprentissage, des compétences acquises, des difficultés vécues, de la complexité du sujet, etc.

Comment choisissez-vous les sujets ?

Cette simulation se fait pour la 3eme fois en lien avec FORCCAST (Formation par la Cartographie de Controverses à l'Analyse des Sciences et Techniques) de Sciences Po, et nous choisissons des sujets qui ont une dimension scientifique et technique.

Voici les sujets traités dans la simulation : Galileo en 2014, le climat en 2015 et la controverse des mémoires récurrentes en 2016.

Il s'agit de sujets fondamentaux qui permettront aux étudiants de voir quels sont les problèmes au cœur de l'intégration et/ou de la désintégration européenne.

Qu'est-ce que les réseaux sociaux apportent ?

Nous utilisons plusieurs outils qui sont à la fois une aide à la coordination et aussi à l’interactivité : une page Facebook, qui maintient le lien entre les étudiants de la simulation actuelle mais aussi avec ceux des années précédentes, un fil Twitter, qui permet de montrer que les négociateurs ne sont pas déconnectés de leur environnement.

Quels sont les difficultés pour les étudiants et que leur apporte cette simulation ?

L’apprentissage passe par des difficultés. Souvent les étudiants minimisent la dimension relationnelle de la politique. La formation des carrières d’affaires publiques passe par la connaissance de la sociologie de l’Union Européenne et des institutions à la base. C’est extraordinaire de voir que les enquêtes menées par les chercheurs permettent de donner du sens à ce que font les étudiants. Les institutions sont des espaces de lutte de pouvoir, de définition, ou de priorité.

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