Hommage à Rob Lue

Hommage à Rob Lue

Rob était le directeur de la Summer School Biopolis
  • Robert Lue © Katherine Taylor / Harvard news officeRobert Lue © Katherine Taylor / Harvard news office

 

Le 11 novembre dernier, Robert Lue nous a tristement quittés.

Certains membres de notre communauté étudiante et académique ont eu l’immense plaisir de le rencontrer et de le côtoyer à Sciences Po. Chaque été depuis 2016, Rob envahissait Sciences Po de son sourire, de sa bienveillance et de son énergie, en tant que directeur de la Summer School for Social Innovation, un programme qu’il avait initié en partenariat entre Harvard, Sciences Po (Ecole d'affaires publiques) et le Centre de Recherche Interdisciplinaire. 

Rob était un être humain absolument unique et hors norme.

Né en Jamaïque, il se passionne jeune pour les sciences et pour la peinture, cultivant déjà une curiosité volontairement éclectique et jubilatoire. Sans jamais renoncer à son amour pour les arts, il décide de se lancer dans un doctorat en biologie cellulaire, qu’il obtient à l’Université de Harvard en 1995, intégrant le corps professoral dans la foulée.

Professeur au dévouement sans limite, pédagogue innovant, Rob communique sa passion pour la biologie à plusieurs générations d’étudiants à Harvard, en tant qu’enseignant de l’un des cours les plus populaires de l’université, l’introduction aux Life Sciences, puis en tant que Life Sciences education director. Cette passion, il la propage aussi bien au-delà des murs de l’université, en tant que faculty director de HarvardX puis du Harvard Ed Portal, influençant durablement la politique d’enseignement en ligne de Harvard, et en concevant, avec son mari, le biologiste Alain Viel, qu’il a rencontré dans les laboratoires bostoniens, le film « The Inner Life of the Cell », l’un des mini-films d’animation pédagogique les plus vus à travers le monde.

Avec Alain, co-fondateur de la Summer School, Rob a construit à Sciences Po un programme à son image : pluridisciplinaire et engagé, ancré dans la recherche mais orienté vers le terrain, tourné vers l’impact social. « The Biopolis » est un point de rencontre entre des étudiants d’horizons différents, accompagnés par des enseignants aux champs d’étude tout aussi variés, afin d’identifier des problèmes sociaux réels des parisiens, en lien avec la Ville de Paris, et à proposer des solutions concrètes, s’inscrivant dans le cadre des objectifs de développement durable de l’ONU.

Rob s’efforçait aussi à ce que The Biopolis soit une célébration de la vie. Jamais à court de traits d’esprit ni d’idées de sortie, Rob partageait avec ses étudiants une joie de vivre rayonnante et contagieuse. Que ce soit dans une salle de classe ou de cinéma, après une présentation officielle à l’Hôtel de Ville ou au détour d’une conversation enjouée sur le biomimétisme, autour d’un tableau blanc en pleine effervescence ou d’un pique-nique festif qui se finira bien après la tombée de la nuit, Rob propageait son amour pour le savoir, pour l’art, pour les gens, pour la vie, la sienne et celle des autres, la vie qui mérite et méritera toujours un engagement individuel et collectif pour être embellie par de nouvelles idées et de nouveaux projets, au service de l’éducation, de l’environnement, du développement durable, des autres tout simplement.

Il n’y avait donc que la mort pour arrêter un homme comme Rob dans ses indénombrables engagements aux États-Unis, en France, en Afrique du Sud, dans les camps de réfugiés en Jordanie, auprès de l’équipe de LabXchange, son dernier projet de plateforme d’éducation aux sciences en ligne, qui furent récemment couronnés par sa nomination en tant que Richard L. Menschel Faculty Director du Derek Bok Center for Teaching and Learning et en tant que titulaire de la Chaire de l’UNESCO pour les Sciences de la Vie et l’Innovation Sociale. Et si l’annonce de son décès provoque une profonde tristesse chez tous ceux qui ont eu le privilège de l’avoir connu, si nous avons perdu, la semaine dernière, un modèle, un mentor et un ami, la passion et le dévouement que cet infatigable passeur de connaissances et d’inspirations a propagés comme un vecteur plasmidique, sans jamais ménager ses efforts, persisteront en nous tous.

Merci Rob.

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