S’engager contre les violences faites aux femmes

S’engager contre les violences faites aux femmes

Clotilde, étudiante en Master à l’École d’affaires publiques de Sciences Po, présente son stage de césure
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Clotilde est étudiante en Master politiques publiques à l’École d’affaires publiques de Sciences Po. Pendant son année de césure, elle effectue un stage à la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), placée sous l’autorité de la ministre en charge des droits des femmes. Elle nous présente ses missions et son parcours.

Pourquoi avez-vous choisi d'intégrer le Master politiques publiques de Sciences Po ?

J’ai choisi de suivre le Master politiques publiques, et plus précisément la spécialité Administration publique, parce que j’avais pour objectif de passer les concours de la fonction publique. Plus largement, c’est un master qui offre une formation complète en droit et en économie qui m’a apporté beaucoup de connaissances qui m’ont servi pendant mon année de césure.

Pendant ma première année de Master, j’avais aussi rejoint le Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques car c’est un sujet auquel je suis très attachée. J’avais passé ma troisième année dans une université aux États-Unis où les études de genre sont très développées; et j’en avais donc une connaissance très théorique. Cette formation était l’occasion d’appliquer cette théorie à mes enseignements de Master. Il me semblait aussi important, pour poursuivre dans la fonction publique, d’avoir conscience des biais de genre et des inégalités fondamentales qui persistent. C’est important de pouvoir évaluer les politiques publiques sous cet angle.

Quelles sont vos missions au sein de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains ?

La MIPROF a trois missions principales : la coordination de la politique de lutte contre la traite des êtres humains, la création d’outils de formation des professionnels sur les violences faites aux femmes et un rôle d’observatoire national des violences faites aux femmes. Bien qu’elle dépende du Secrétariat d’État à l’égalité chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, c’est une mission interministérielle : l’équipe travaille donc en permanence avec d’autres ministères, celui de l’Intérieur, de la Justice, de l’Éducation ou encore de la Santé. Mon rôle est d’assister la secrétaire générale de la MIPROF dans son travail quotidien, qui est aussi varié que les missions qui lui sont confiées.

Avant le confinement, je travaillais surtout sur la traite des êtres humains (proxénétisme mais aussi travail forcé, criminalité forcée, etc.). La MIPROF a engagé une réflexion sur la possibilité de mettre en place un mécanisme national de référence. C’est un dispositif qui est déjà mis en œuvre dans certains pays européens pour garantir le respect des droits fondamentaux des victimes de traite en coordonnant l’action des personnes chargés de leur identification et de leur accompagnement. C’est un sujet intéressant parce qu’on touche à plusieurs secteurs de politique publique : la justice, le travail, le social, le droit d’asile, etc.

Sur la partie violences faites aux femmes, mes missions étaient variées et dépendaient des interventions prévues ou des besoins de l’équipe. On a par exemple fait un gros travail de mise à jour pour intégrer dans les outils de formation la loi du 28 décembre 2019 contre les violences au sein de la famille.

J’ai aussi d’autres missions plus ponctuelles, pour préparer les auditions, discours ou interventions de la Secrétaire générale. Ce qui est passionnant à la MIPROF, c’est que même si chacune a ses opinions personnelles - parce que les sujets abordés sont forcément politiques - nous partageons toutes les mêmes convictions.

Le confinement a-t-il eu une incidence sur votre travail ?

Comme beaucoup, nous sommes toutes passées au télétravail. Il n’y a pas vraiment eu d’interruption de l’activité parce que la plupart de nos actions peuvent être faites à distance et que les projets en cours n’avaient pas lieu d’être interrompus. En revanche, en tant que stagiaire, on perd les déplacements pour des auditions ou des interventions à l’extérieur qui permettaient de rencontrer d’autres acteurs du milieu institutionnel.

Par contre, mes missions ont complètement changé puisque je participe désormais à la rédaction d’un rapport sur les violences conjugales pendant le confinement. Les violences conjugales sont devenues une priorité politique, du fait de la cohabitation forcée dans les familles entre les auteurs de violences et leurs victimes. Les femmes se sont retrouvées encore plus isolées, alors que les risques de violence étaient plus grands. Des dispositifs nouveaux ont été instaurés, avec plus ou moins succès : je pense au signalement dans les pharmacies, à la possibilité d’alerter par SMS ou encore à la ligne d’écoute pour les hommes violents.

La secrétaire générale de la MIPROF a donc été chargée de réaliser un rapport d’évaluation de la politique publique mise en place pour lutter contre les violences conjugales : il s’agit de quantifier l’augmentation ou l’aggravation des violences et d’évaluer leur prise en charge. C’était un sujet déjà bien étudié, depuis le Grenelle l’année dernière, mais le confinement été l’occasion de renforcer certaines idées : le fait que la protection des victimes ne dépend pas du dépôt de plainte, que l’auteur de violence doit être celui qui quitte le domicile, etc.

Quels sont vos projets pour la suite ?

J’espère continuer à travailler pour l’égalité femmes-hommes ! C’est de toute façon un sujet très transversal, ce que j’ai pu constater dans les stages que j’ai faits. Et on le voit encore aujourd’hui : c’est un sujet toujours extrêmement d’actualité ; il reste beaucoup à faire, en particulier pour la sensibilisation et la prévention sur le sujet des violences faites aux femmes. Je vais commencer la préparation aux concours administratifs l’année prochaine et je compte intégrer la fonction publique par la suite pour continuer sur cette voie.

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