Le service social en action à Paris dans l'entre-deux-guerres

Le service social en action à Paris dans l'entre-deux-guerres

Lola Zappi soutient sa thèse le 8 novembre 2019
  • Madeleine Delbrêl, assistante sociale, est accroupie face à un enfant. Madeleine Delbrêl, assistante sociale, est accroupie face à un enfant.

Lola Zappi, doctorante au Centre d'histoire de Sciences Po, soutiendra sa thèse intitulée “Le service social en action : assistantes sociales et familles assistées dans le cadre de la protection de la jeunesse à Paris dans l’entre-deux-guerres” vendredi 8 novembre 2019.

Les années d’entre-deux-guerres voient l’émergence des services sociaux et du travail social professionnalisés. Les acteurs des services sociaux estiment que la réponse à la "question sociale" doit passer par un accompagnement individuel visant à responsabiliser les familles populaires en difficulté. Ce travail entend expliquer quelles ont été les conditions de mise en œuvre d’une telle ambition, en interrogeant les formes de la relation d’assistance liant travailleuses sociales et personnes assistées.  Pour ce faire, il se centre sur l’étude du Service Social de l’Enfance (SSE), un service privé d’assistantes sociales rattaché au tribunal pour enfants de la Seine, à partir d’un corpus de dossiers individuels d’enquêtes et de suivi. L’analyse de la formation professionnelle des assistantes, du fonctionnement des services sociaux à l’échelle parisienne et de l’intervention de l’État dans le processus de structuration du service social complètent ce tableau sur l’émergence d’un nouveau champ d’action. La thèse montre ainsi que même face à un organisme aussi coercitif que le SSE, le service social dans l’entre-deux-guerres ne peut se résumer à la mise en œuvre d’un contrôle social. Si la visée de moralisation des classes populaires est au cœur du projet des services sociaux, la pratique se caractérise avant tout par un hiatus entre les attentes des travailleuses sociales et les stratégies propres des assistés. La relation de care souhaitée par les assistantes est imbriquée à des rapports de pouvoir, dessinant une prise en charge balançant entre bienveillance et surveillance. Mais la relation d’assistance se déploie surtout par des négociations constantes entre des assistantes privées de moyens juridiques et financiers pour faire appliquer leurs décisions et la capacité d’agir de leurs "protégés". A travers l’analyse du service social en action, ce travail expose ainsi les ambitions et les limites de l’État social en devenir.

La soutenance publique aura lieu à 14h00 dans la salle François Goguel, 56 rue des Saints-Pères, Paris.

Jury : Claire Andrieu (Directrice de recherche), Christophe Capuano (Directeur de recherche), Marie-Emmanuelle Chessel, Mathias Gardet, Laura Lee Downs, Xavier Vigna.

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