L'art des plasticiennes colombiennes dans une période de transition

L'art des plasticiennes colombiennes dans une période de transition

Adriana Peña Mejía soutient sa thèse
  • Feliza Bursztyn. Histérica, 1968. (CC BY-NC-SA 2.0) Feliza Bursztyn. Histérica, 1968. (CC BY-NC-SA 2.0)

Adriana Peña Mejía, doctorante au Centre d'histoire de Sciences Po, soutiendra sa thèse intitulée "Identités et circulations plurielles : l’art des plasticiennes colombiennes dans une période de transition (1958-1977)" le 10 décembre 2019.

La Colombie initie sa transition démocratique au cours de la période du Front national (1958-1974), qui voit le Parti libéral et le Parti conservateur sceller un accord de cogestion du pays. Cette alliance est avalisée par la mise en place du suffrage féminin et l’adoption d’un projet modernisateur visant à sortir le pays de la pauvreté. Ce contexte favorise l’internationalisation de l’art colombien, ainsi que la visibilité et la circulation des travaux de femmes artistes. La période 1958-1977 est un tournant : les femmes entrent alors massivement dans l’enseignement supérieur et sur le marché du travail, tandis qu’émergent des groupes guérilleros, et que s’abat la répression du gouvernement. Ainsi, si le statut des femmes s’améliore, il est toutefois également mis à mal par cette conjoncture politique. Comprendre la manière dont les processus de transition politique et de modernisation sociale ont stimulé l’intégration des femmes au monde de l’art colombien : tel est l’objectif de cette étude. En se fondant sur un travail d’archives et des entretiens inédits avec des actrices du monde de l’art, cette thèse veut prouver que les femmes ont contribué à la modernisation culturelle de la Colombie en innovant sur le plan artistique, en promouvant l’artisanat, en réinvestissant l’espace privé, et en se réappropriant le corps féminin. La quête de modernité artistique recouvre la quête identitaire des créatrices. Les voyages sont des moyens de nourrir leur recherche. Privilégiant une méthode interdisciplinaire et comparative, la thèse propose ainsi une analyse de la construction genrée de l’art colombien dans une période déterminante de transition politique et sociale du pays.

La soutenance publique aura lieu à 8h30 au 199 boulevard Saint‑Germain, Paris.

Jury : Laurence BERTRAND DORLEAC (Directrice de recherche), Edward SULLIVAN (Rapporteur), Elvan ZABUNYAN, Giovanna ZAPPERI (Rapporteur).

En savoir plus

Les thèses sur les questions de genre à Sciences Po

Retour en haut de page