Comprendre les actions des jeunes féministes en Afrique de l’Ouest

Comprendre les actions des jeunes féministes en Afrique de l’Ouest

Carolin, Inaïssa et Sofietou nous racontent leur projet collectif
  • Carolin, Inaissa et Sofietou nous racontent © Sciences PoCarolin, Inaissa et Sofietou nous racontent © Sciences Po

Pendant l’année universitaire 2019-2020, cinq étudiantes de Master 1 réalisent un projet de recherche-action pour l’ONG Équilibres et Populations. Carolin, Chloé, Hannah, Inaïssa et Sofietou sont chargées de rédiger un rapport sur les actions collectives portées par des jeunes activistes féministes dans trois pays d'Afrique de l'Ouest : la Guinée, la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Elles racontent.

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans ce projet collectif ?

Carolin : Je trouvais que les projets collectifs étaient une belle opportunité de pouvoir allier théorie et expérience pratique. C’est aussi l’occasion de se mélanger avec des étudiants d’autres promotions et avec des acteurs professionnels. J’ai choisi ce projet sur les jeunes activistes d’Afrique de l’Ouest car il rentrait dans mes domaines d’intérêt : l’économie du développement, l’éducation, l’empowerment des femmes. C’est ce qui m’a attirée.

Inaïssa : Moi je suis en Master de recherche en science politique à l’École doctorale, j’ai donc beaucoup d’enseignements théoriques, mais je ne touche pas forcément à l’aspect pratique, aux études de terrain. Donc ce projet me permet de développer cela et me donne aussi des nouvelles compétences en gestion de projet.

Ce projet m’intéressait particulièrement parce qu’avant d’arriver à Sciences Po j’avais fait une licence en anthropologie où je m’étais beaucoup intéressée à la question de la migration des femmes ouest-africaines, donc au travers de ce projet collectif j’ai trouvé un moyen de poursuivre ces réflexions et d’y intégrer une perspective de genre.

Sofietou : Je vous rejoins toutes les deux. De mon côté j'ai fait ma licence à Sciences Po dans le programme Europe-Afrique. Donc j'ai reçu des enseignements assez théoriques sur l'Afrique en général et l'Afrique sub-saharienne en particulier. J’ai choisi ce projet justement pour avoir une approche pratique sur le sujet et expérimenter la gestion de projet. Et étant Sénégalaise j’ai tout de suite accroché avec le sujet de recherche. J’ai beaucoup été en contact avec des féministes au Sénégal et ça m’a paru intéressant de mener une recherche sur leurs actions collectives.

Vous allez rédiger un rapport sur les actions collectives menées par des jeunes féministes EN AFRIQUE FRANCOPHONE. Pourquoi mener des recherches sur ce sujet ?

Inaïssa : Je trouve que l’on voit beaucoup les actions de féministes à l’international, par exemple en Europe ou en Amérique, mais aussi ces dernières années les actions féministes de femmes d’Afrique anglophone. Mais j’ai l’impression que pour l’Afrique francophone c’est parfois plus compliqué, les actions sont moins visibles. Donc je trouve que c’est intéressant de travailler sur ce sujet pour le rendre visible et pour “amplifier” les dynamiques qui existent mais qui n’ont pas de visibilité au niveau international.

Carolin : Je pense aussi que l'aspect socio-économique est important. Il faut rendre visibles les actions de ces femmes pour qu’elles aient un impact. L’idée de ce rapport c’est d’informer Equipop sur comment ils peuvent mieux soutenir les activistes rencontrées sur-place. Nous allons les aider à identifier des leviers d’action.

Inaïssa : Et l’objectif est de faire un rapport qui puisse être aussi utile pour les féministes elles-mêmes sur le terrain. Lorsque l’on se mobilise sur le terrain, qu’on est dans l’action, on n’a pas forcément une vision d’ensemble. On espère que notre rapport leur sera utile dans leurs démarches de compréhension et de publicité.

Sofietou : Et notre travail sera aussi peut-être utile aussi à des potentiels groupes féministes qui voudraient se développer.

Carolin : Oui c’est ça, cela pourrait permettre de créer un réseau, créer des liens entre ces jeunes féministes.

Comment avance le projet depuis le mois de septembre ?

Carolin : Le projet a commencé petit à petit avec des réunions de rencontre, puis des réunions de travail. On vient de produire un draft de notre revue littéraire qui informe sur les contextes socio-économique et politique et sur les droits des féministes dans les trois pays : la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Inaïssa : Ensuite, on fera une revue documentaire et une cartographie des mouvements féministes au mois de décembre. On a déjà mis en place un questionnaire pour une première série d'entretiens dématérialisés et on commence à prendre contact avec des activistes.

Carolin : Ces premiers travaux sont cruciaux parce qu’ils nous permettent d’être bien informées avant de partir sur-place et de mener nos entretiens.

Que dit votre revue littéraire sur ces trois pays ?

Sofietou : Nous avons remarqué que malgré le fait que la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Sénégal soient des pays frontaliers ils ont des tendances assez différentes, voire opposées parfois.

Inaïssa : Oui parfois on fond tout dans le même ensemble : l'Afrique de l'Ouest. Et là c'est intéressant de voir comment les différents pays ont effectivement suivi des lignes assez différentes, même si on observe dans chacun des formes d’avant et d’après colonisation.

Carolin : Et connaître ces différences est très important pour les entretiens que nous mènerons sur le terrain en janvier parce qu’on va pouvoir préparer des questions vraiment spécifiques à chaque pays.

En savoir plus

Sur le projet collectif avec Equipop réalisé dans le cadre du programme Women Forward International

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