Résumé de la thèse de Aurore Flipo

Les nouvelles migrations Est-Ouest de l’espace européen. Jeunes Polonais et Roumains en Grande-Bretagne et en Espagne
Directeur : Alain Chenu

 

Ma thèse de sociologie porte sur les migrations contemporaines de l’Est à l’Ouest de l’Europe à partir de l’analyse comparée des migrations polonaises en Grande-Bretagne et roumaines en Espagne depuis l’élargissement de l’Union Européenne. L’objectif est de concourir à une meilleure compréhension des usages contemporains de la mobilité internationale d’une part, et des transformations sociétales visibles au prisme de ce fait social d’autre part (notamment l’impact de la transition économique post-socialiste sur les jeunes générations).



Mon étude se focalise sur la libre-circulation et ses conséquences sur les jeunes et leurs trajectoires, aussi bien professionnelles que personnelles, constitutives d’une instance de socialisation secondaire particulièrement marquante (l’entrée dans la vie adulte). Dans le contexte de la libre circulation, la possibilité d’aller et de venir peut être à la fois une chance et un piège, une opportunité et un risque, et c’est ce que nous tentons alors de comprendre.



D’une part, la mobilité pose la question de l’intégration sur le marché du travail, à la fois dans le pays « émetteur » et dans le pays « receveur », et soulève l’enjeu de la qualification (ou de la déqualification) de ces populations mobiles. Jusqu’ici, toutes les données disponibles montrent que les Européens de l’Est occupent massivement des emplois non qualifiés et situés en bas de l’échelle des salaires, et ce quel que soit leur niveau d’éducation. Les raisons de ce déclassement massif ne sont pas élucidées, aussi bien du point de vue des marchés du travail locaux (secteurs et types d’emploi, répartition géographique) que de la connaissance des trajectoires des migrants eux-mêmes (compétences linguistiques, durée du séjour, origine sociale, réseaux, etc.).



D’autre part, la mobilité affecte les individus de manière plus intime, car elle déstabilise inévitablement leurs liens et leurs appartenances sociales. Bien que les migrants soient rarement seuls (qu’ils viennent accompagnés, rejoignent d’autres personnes ou soient rejoints par elles), et aient souvent des projets de vie qui justifient leur décision de partir, les données empiriques montrent que ces projets sont fortement susceptibles de changer, et que les familles doivent s’adapter à de multiples éléments perturbateurs. La question qui se pose alors est de savoir comment la mobilité, bien que facilitée par les moyens modernes de transport et de communication, impacte les trajectoires personnelles des individus et les familles.



Ma recherche se base sur un matériau empirique de type quantitatif (enquêtes sur les forces de travail, données démographiques, enquêtes sociales) et qualitatif (entretiens semi-directifs auprès de migrants en Grande-Bretagne et en Espagne et de certains membres de leur entourage en Pologne et en Roumanie).

 

Article updated on 05-12-2014
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