Eichmann, Adolf

Date: 
4 Novembre, 2009
Auteur: 
Bovy Daniel

Membre du parti nazi autrichien en 1932, Eichmann (1906-1962) émigra en Bavière en juillet 1933. En septembre 1934, il rejoignit le SD (service de renseignements). En 1935 il devint le responsable du Bureau des affaires juives à Berlin. En septembre 1937, Eichmann partit vers la Palestine avec Hagen pour y négocier l’émigration juive. Peu après, on lui confia les affaires juives au sein du département IV de la Sipo-SD (police de sécurité et service de renseignements) à Vienne. En moins de 18 mois, il devint expert dans l’émigration forcée des Juifs.

L’année 1938 fut cruciale pour Eichmann : elle marque le début de l’émigration des Juifs. L’Anschluss accéléra ce mouvement. En 1939, Eichmann remplaça Müller à la direction centrale du Bureau de l’émigration des Juifs du IV b 4 à Berlin. Le 26 juillet 1939, il ouvrit un Bureau d’émigration à Prague. En décembre 1939, il prit la tête du bureau d’émigration des Juifs à l’est en tant que « référent spécial ». Le 13 février 1940, il organise une émigration forcée des Juifs de Settin. Cette marche forcée fait 230 victimes. En 1941, alors que la Solution finale n’est pas encore mise en œuvre, Eichmann recommande l’usage du Zyklon B à Auschwitz. Le 13 septembre 1941, il contacte Franz Rademacher aux Affaires étrangères au sujet de 8 000 Juifs de Serbie. Ne sachant où les envoyer, Eichmann recommande de les tuer par fusillade.

Le 10 octobre 1941, Heydrich et Eichmann se rencontrent à Prague en vue de discuter de la Solution finale. Après la Conférence de Wannsee le 20 janvier 1942 dont il fut le secrétaire, Eichmann coordonna la solution finale avec l’aide de ses représentants Alois Brunner, Theodor Dannecker, Rolf Günther et Dieter Wisliceny. Le 10 juillet 1942, Eichmann répondit à Dannecker (qui lui demanda ce qu’il fallait faire avec les 4 000 enfants du camp de Drancy) que dès que les convois ferroviaires étaient à même d’être organisés, il faudrait tous les déporter. Le 1er août 1942, il donna le signal aux représentants du SD à Bruxelles de déporter tous les Juifs apatrides. Même lorsque Himmler ordonna à la fin de la guerre qu’on cesse les gazages, Eichmann, fort de l’appui de Kaltenbrunner, exerça son zèle jusqu’au bout en jouant un rôle déterminant dans l’extermination des Juifs de Hongrie.

Après la guerre, il se cacha en Argentine sous un faux nom. Les services secrets israéliens le repérèrent et le ramenèrent en Israël pour y être jugé lors d’un procès retentissant dont Hannah Arendt a largement rendu compte. Eichmann apparut comme l’exemple type du « criminel de bureau ». Le procès eut un grand retentissement parce qu’il permit à de nombreux survivants de la Shoah de raconter leur histoire. L’acte d’accusation comportait quinze chefs d’accusation dont ceux de crimes contre le peuple juif (ce qui ne fut pas le cas à Nuremberg) et de crimes contre l’humanité. Il fut pendu le 1er juin 1962.

ARENDT, H., 1963, Eichmann à Jérusalem. Paris : Gallimard.

JOFFROY, P., KÖNIGSEDER K. (ed.), 1971, Eichmann par Eichmann, Paris: Grasset.

Citer cet article

Bovy Daniel, Eichmann, Adolf , Violence de masse et Résistance - Réseau de recherche, [en ligne], publié le : 4 Novembre, 2009, accéder le 21/11/2019, https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/eichmann-adolf, ISSN 1961-9898