Notre pédagogie

La pédagogie active et la transformation pédagogique à Sciences Po

Depuis la fondation de l’Ecole Libre des Sciences Politiques par Emile Boutmy en 1871, Sciences Po s’est développé suivant une volonté de renouvellement pédagogique qui s’appuie sur les pédagogies actives.

Enseigner et apprendre sous un angle volontairement actif et transversal garantit une compréhension aboutie des évolutions du monde moderne.

Faire travailler ensemble des étudiants aux parcours variés, les amener à trouver des méthodes de travail communes et des solutions créatives originales, est un parti-pris pédagogique dans lequel Sciences Po est engagé depuis longtemps.

Les rapports de la StraNES en 2015 et plus récemment celui de F. Taddei, C. Bechetti-Bizot et G. Houzel (avril 2017) soulignent que l’avenir du système éducatif passe en France – et dans le monde – par une transformation profonde du rapport au savoir ainsi que par une redécouverte des bénéfices de la pédagogie active. Le rythme rapide des changements mondiaux rend en effet indispensable de cultiver dès le plus jeune âge habiletés d’adaptation et compétences transversales : communication, collaboration, créativité et innovation, raisonnement critique, littéracies (de l’information et numérique), entre autres. Comme bien d’autres acteurs de l’enseignement supérieur, Sciences Po s’engage dans ce défi éducatif en mettant en place des modalités pédagogiques innovantes, et en déployant toute l’offre de formation selon ces principes.

La diversité du corps étudiant composé de plus de cent nationalités, celle du corps professoral, unissant les académiques aux praticiens, forment le socle tant des innovations dans le contenu que dans les méthodes d’enseignement.

Nous proposons donc de présenter dans les sections suivantes des exemples de la diversité d’initiatives pédagogiques.

Concevoir des travaux pour des étudiants aux parcours divers œuvrent ensemble, les amener à trouver des méthodes de travail communes et des solutions créatives originales est un parti-pris pédagogique dans lequel Sciences Po est engagé depuis longtemps. Outre les travaux en groupe inscrits dans les enseignements, Sciences Po propose dès le Collège Universitaire un éventail varié de projets collectifs pour que les étudiants bénéficient d’une initiation à la conception, au suivi et à l’évaluation de projet qu’ils mettent concrètement en œuvre dans un contexte professionnel.

Les ateliers de production journalistique de l’Ecole de Journalisme, le Policy Lab de l’École d’Affaires Publiques ou les Moot Courts et les Cliniques de l’École de Droit, sont des illustrations de ces méthodes de pédagogie active alliant théorie et action.

Le centre pour l’entreprenariat de Sciences Po et son incubateur, propose également aux étudiant.e.s de développer concrètement et collaborativement les savoir-faire et savoir-être (soft skills) indispensables à leur réussite professionnelle.

La pédagogie inversée consiste à basculer le lieu et le moment des activités proposées aux élèves dans le modèle traditionnel. Dans le modèle classique, le cours visant à l’acquisition des notions est donné en salle de classe, les exercices visant à la mise en pratique concrète sont effectués à la maison. Dans la pédagogie inversée, les étudiants travaillent les notions du cours avant la séance ; le temps de classe étant alors dévolu à la mise en œuvre active et pratique d’exercices concrets (débats, simulations, discussions entre autres). Les cours sur la géopolitique de l’Europe – proposé par S. Kahn et M. Gaillard – et celui sur le bien être et la soutenabilité – proposé par E. Laurent et J. Le Cacheux – sont des exemples du passage d’un cours “traditionnel” en mode classe inversée.

La pédagogie hors les murs consiste à accompagner les étudiants dans leur construction du savoir en dehors d’une salle de cours, à allier l’acquisition de la connaissance à une expérience de pratique in situ, permettant d’unir différents types d’apprentissage pour une transmission enrichie. Les étudiants sont invités dans plusieurs de ces initiatives à adopter la position de chercheurs et à confronter les méthodes de problématisations scientifiques à une observation d’une réalité. L’expérience des « exposés sur site » ou les voyages d’étude thématisés en sont un exemple, tout comme la co-construction d’espaces numériques.

Les images ont une forte influence sur la compréhension d’un message et sont donc un outil pédagogique efficace. Certains enseignements de Sciences Po partent de l’image pour rejoindre le sujet principal du cours, employant l’illustration comme base d’un questionnement qui mène, enfin, à l’acquisition de connaissances. L’image est également présente comme objet d’étude, afin de renforcer les capacités d’analyses des étudiants, ainsi que leur créativité.

Visant une synthèse entre pensée analytique et intuitive, les méthodes du design thinking se sont développées dans les années 80 dans une volonté de co-création de produits avec les utilisateurs finaux. Sciences Po accorde une place importante à ces méthodes dans ses maquettes pédagogiques. Le master Innovation et transformation numérique de l’école du management et de l’innovation s’appuie par exemple sur le potentiel créatif et réflexif de deux filières d’étudiants (ceux d’une école d’ingénieurs et d’une école de design), en mêlant humanités numériques, méthodologies design, culture technologique et approches managériales de l’innovation. Sciences Po fait également la part belle à la créativité. Le master arts and politics de l’école d’affaires publiques a, quant à lui, pour enjeu majeur de parvenir à des nouvelles formes de représentations des questions politiques, économiques, écologiques et/ou scientifiques actuellement controversées. Le centre pour l’entreprenariat qui accueille chaque année une quinzaine de start-up apparaît comme une autre déclinaison importante du design thinking, en encourageant les étudiants à trouver des solutions originales à des problèmes complexes, et à mettre en œuvre les solutions.

La méthode des cas est une méthode de pédagogie active visant à immerger les étudiants au cœur d’une situation complexe. En croisant les approches disciplinaires, l’enjeu consiste à appréhender de l’intérieur les différentes étapes et facettes d’un cas relevant de différentes sphères, d’appréhender les problèmes qui se posent à toute création ou mise en œuvre d’une politique, et de suggérer des solutions de réforme ou transformation. L’École d’Affaires Publiques a intégré la méthode des cas à sa maquette pédagogique. La mise en place de ce module a répondu à un désir, en même temps qu’à un besoin : celui de proposer des modules innovants et professionnalisants, visant à compléter les connaissances académiques (hard skills) de nos étudiants par une véritable connaissance du terrain et par l’acquisition de compétences professionnelles (soft skills). Ce faisant, il s’agit d’amener les étudiants à incarner, aujourd’hui de manière fictive, demain de manière réelle, les acteurs d’une action publique responsable : une action mouvante et protéiforme, résolument tournée vers le bien commun.  

La cartographie des controverses est une méthode qui propose de retrouver des prises en situation d’incertitude. Elle consiste en une enquête collective réalisée par des groupes d’étudiants selon des méthodes qualitatives et numériques. Elle permet non seulement de décrire toutes les parties prenantes et leurs relations, mais aussi les enjeux qui font problème pour chacun des acteurs impliqués. Le programme de formation innovante FORCCAST accompagne la diffusion de ces enseignements. Forccast propose en outre de développer l’environnement complet nécessaire au déploiement de ces expériences : méthodes, ressources pédagogiques, outils numériques, tutoriels, formations de formateurs, salles de classe, etc.

Les simulations de débats et négociations portées par le programme FORCCAST s’inspirent du modèle des Nations Unies. L’étudiant acquiert des connaissances à partir d’un rôle qu’il incarne, en interaction avec ses pairs. L’originalité de ces initiatives réside dans la diversité des arènes jouées, et leur complémentarité avec la méthode de cartographie de controverses : les fiches de rôles sont produites selon les standards de la recherche en sciences sociales, pour agir en situation d’incertitude. Cette expérience engage les étudiants à apprendre à se repérer, à s’exprimer, à décider en situation d’incertitude.

Les simulations de débats sont également au cœur des ateliers de production proposés par l’école de journalisme de Sciences Po. De même que dans les ateliers d’art oratoire dispensés au Collège universitaire et en Master.

Le Service Carrières de Sciences Po soutient les étudiants dans leur préparation à l’insertion professionnelle, dès la première année au Collège universitaire jusqu’à deux ans après la sortie de Sciences Po. Ce service propose entre autres : des ateliers de mise en confiance des jeunes femmes, une plateforme d’autoformation en ligne à l’insertion professionnelle pour que chaque étudiant(e) puisse suivre sa progression et établisse son parcours d’orientation et d’apprentissage.

Depuis 2015, Sciences Po mène des expérimentations autour d’une adaptation pédagogique aux handicaps dits « invisibles » que sont les troubles cognitifs et psychiques. À partir de travaux de recherche menés in situ, l’institution développe des ressources pédagogiques et expérimente des dispositifs éducatifs pour initier des pratiques innovantes et adaptées à ces types de handicap dans une visée inclusive d’égalité des chances.  

De plus, le Pôle Santé propose également des ateliers mettant à disposition des étudiants des outils de développement personnel : la gestion du stress, la connaissance de soi, la méditation et la créativité.

Dans le cadre d’une coopération avec l’Université de McGill, le Pôle handicap de Sciences Po propose aux étudiants de première année un atelier de méthodologie des apprentissages qui leur permet de confronter leurs stratégies de travail et de leur transmettre les outils nécessaires au traitement, à l’élaboration et à la communication des idées en vue de favoriser leur autonomie, leur engagement et leur réussite dans les études. Une conseillère scientifique du Laboratoire de Pédagogie Active de Sciences Po évalue l’impact de ce dispositif afin de l’adapter au mieux aux besoins des étudiants.