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LORSQUE DROIT ET PHILOSOPHIE SE RENCONTRENT…

©Duncan & Mikhaïl / HLS - Sciences Po - 2015

©Duncan & Mikhaïl / HLS - Sciences Po - 2015

Entretien de 60 minutes avec Duncan KENNEDY et Mikhaïl XIFARAS, qui co-enseignent à Sciences Po le cours de formation commune intitulé « Philosophie politique du droit ».

Dans cet entretien, Duncan Kennedy, Professeur à la faculté de droit de l’Université de Harvard (professeur émérite, titulaire de la chaire Carter de general jurisprudence), et Mikhaïl Xifaras, Professeur des Université à Sciences Po, nous expliquent le processus qui a mené à la création de leur cours de formation commune de Master à Sciences Po, les principes de leur collaboration, ainsi que leurs méthodes pédagogiques. L’entretien a été réalisé par Vasudha Rajkumar et Britta Gade, étudiantes à Sciences Po, sous la direction d’Esther Rogan, responsable pédagogique à la Direction des études et de l’innovation pédagogique.

Vasudha RAJKUMAR est étudiante en politique et politiques publiques à l’École d’Affaires Publiques. Déjà titulaire d’une formation en sciences politiques et philosophie, elle est spécialisée en politique de l’Asie méridionale. Elle a donc choisi ce cours pour se familiariser avec la philosophie occidentale.

Britta GADE étudie la Sécurité Internationale à l’École des Affaires Internationales, avec pour dominantes les Droits de l’homme et l’Étude du Moyen-Orient. Ses travaux sur certaines questions, notamment le contre-terrorisme et le crime organisé, lui ont fait prendre conscience de l’effet distorsif des discours rationalisés sur les pratiques politiques, notamment dans le domaine de la sécurité. Elle estime que le contenu de ce cours permet une vraie remise en question des vérités établies et l’élaboration de nouvelles approches pour la paix, la sécurité et la justice.   

1ère partie. Co-construire le cours : de Harvard à Sciences Po

  • Britta GADE : Merci d’avoir accepté de participer à cet entretien. Peut-être pouvez-vous commencer par nous expliquer comment vous avez eu l’idée de ce cours, et si vous l’avez conçu spécialement pour Sciences Po ?

Mikhaïl XIFARAS : Au départ, ce cours n’était pas destiné à Sciences Po. Tout a commencé en 2011, à l’école de droit de Harvard, lorsque Duncan m’a proposé d’y donner un séminaire.

Duncan KENNEDY : Nous nous connaissons depuis plus de vingt ans. Partant du constat que nous avions énormément d’idées en commun et que nous étions tous les deux désireux de réfléchir aux moyens d’associer la philosophie et le droit, j’ai eu envie de lui faire cette proposition. Initialement, elle était motivée par le fait que nos idées étaient aussi radicalement différentes. Bien qu’il s’agisse de co-enseignement, l’idée n’est pas d’avoir deux enseignants avec le même profil, qui enseigneraient ensemble la même chose. L’idée (de mon point de vue du moins) était que Mikhaïl soit juste un philosophe, et que je sois juste un juriste. Ce cours se voulait donc une rencontre entre un philosophe et un juriste. Dès le départ, il a été conçu à la fois comme une introduction à la philosophie occidentale et une tentative de contribution à la théorie critique par le biais des conversations que nous engagerions en donnant le cours. Ce serait un « work in progress », évoluant au fil des années.

Mikhaïl XIFARAS : J’aimerais ajouter qu’il fallait que chacun de nous soit bilingue, en droit et en philosophie. Le fait est que nous parlons tous les deux le langage de l’autre, ce qui est un prérequis absolu pour relier ces deux domaines habituellement distincts. D’ordinaire, dans l’histoire de la pensée juridique, les juristes parlent des juristes. Nous évoquons donc Savigny et Kelsen, en passant par Jhering, et l’idée que Kant, Hegel ou Kierkegaard puissent leur être associés est parfaitement étrange ; tout comme le fait d’avoir Savigny et Kierkegaard sur la même liste. Il en va de même pour les philosophes. Marx en est la parfaite illustration. Il existe pléthore de travaux sur la relation entre Hegel et Marx, mais quasiment rien sur celle de Marx et Savigny. Il existe entre ces deux disciplines un fossé difficile à combler, ce que nous ne nions pas. Duncan se place du côté du juriste qui procède à une critique de la pensée juridique contemporaine ; j’interviens en qualité d’historien des idées et de philosophe qui présente une critique de l’histoire traditionnelle de la philosophie. Nous avons donc réfléchi à la manière de fusionner nos deux projets.

Duncan KENNEDY : Sur le plan purement juridique (il se trouve que nous sommes aussi tous les deux juristes), ce cours met en scène un juriste de droit civil (Mikhaïl) et un juriste de common law (moi), profondément enracinés dans leurs traditions respectives. C’est un aspect fascinant de ce cours. Nous avons effectivement constaté que la discussion nous amène à dépasser l’idée selon laquelle le droit civil et la common law seraient radicalement différents, tout comme les manières de raconter l’histoire de la philosophie et du droit. Cette tension reste palpable pendant le cours. Nous ne sommes pas parvenus à l’intégration parfaite, mais nous avons atteint un niveau de « compréhension mutuelle ».

  • Vasudha RAJKUMAR : Il n’a pas dû être facile d’élaborer un contenu pédagogique condensé sur une période de trois mois, qui couvre tous ces penseurs et tous ces ouvrages. Comment avez-vous procédé ?

Mikhaïl XIFARAS : Nous avons passé des heures à réfléchir aux lectures à donner aux étudiants, à la manière de rendre ce contenu « lisible », d’en choisir des extraits, de l’éditer… Au fil des ans, une méthode nous a paru évidente ; elle était purement esthétique. L’idée était que si nous parvenions à un auteur par session et un livre par auteur, dans un ordre chronologique, nous serions satisfaits. Nous n’y sommes pas totalement parvenus, car il est impossible de donner aux étudiants un ouvrage entier de Bentham, Kant ou Jhering, mais nous nous sommes efforcés, autant que possible, de respecter cette trame. Nous tenons à ce que les étudiants aient un accès direct au contenu, aussi accordons-nous peu d’intérêt aux sources de lecture annexes. Nous voulons une lecture directe de ces ouvrages.

Duncan KENNEDY : Je pense qu’il y a beaucoup d’autres choses encore à dire sur la relation entre l’esthétique et le contenu. L’esthétique, c’est la narration. Vous êtes face à un roman dans lequel des personnages apparaissent les uns après les autres. Ils se connaissent, évoluent dans une progression généalogique, et vous, le lecteur, vous êtes supposé vous impliquer dans cette histoire.

Mikhaïl XIFARAS : Cette narration comporte aussi une composante ironique très marquée, qui se présente sous la forme d’une « galerie de portraits ». C’est l’expression utilisée par Hegel lorsqu’il se moque de ceux qui font l’histoire de la philosophie, parce qu’ils procèdent de la manière la plus simpliste qui soit. Et c’est précisément ce que nous faisons dans ce cours. Bien évidemment nous allons plus loin… Nous nous intéressons aussi au développement conceptuel et au lien entre les auteurs, ainsi qu’à la généalogie de leurs positions. D’un point de vue esthétique, cette composante ironique reste toutefois un élément clé de la structure du cours.

Britta GADE : Merci de nous avoir expliqué les principes de votre collaboration, l’ambition de votre cours et son évolution au fil des ans.

2ÈME PARTIE. STYLES D’ENSEIGNEMENT ET OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES

  • Vasudha Rajkuma : Pourriez-vous, à présent, nous expliquer plus concrètement comment vous procédez en classe pour faire vivre aux étudiants cette « rencontre » unique entre le droit et la philosophie ?

Mikhaïl XIFARAS : Je viens d’un monde où tout repose sur le cours magistral. Le professeur énonce des vérités et les étudiants prennent des notes. Duncan vient d’un univers où la vérité vient de l’ecclesia, autrement dit de la communauté des étudiants. Nous sommes tous les deux arrivés dans ce cours en portant un œil très critique sur nos approches pédagogiques respectives. J’étais très opposé à l’idée d’enseigner selon le modèle du cours magistral. Pour sa part, Duncan avait rédigé un article majeur sur la pédagogie en classe qui serait assimilable à un instrument de domination (2004). Nous nous sommes donc posé la question suivante : comment fusionner nos approches respectives ? Comment s’affranchir à la fois du cours magistral et de la méthode socratique ? Je ne décrirais pas notre mode d’enseignement dans ce cours comme une méthode socratique, notamment parce que nous avons éliminé les principaux éléments de la discipline, comme le « cold call ». Le cold call consiste pour le professeur à demander à un étudiant de lui donner la bonne réponse. La méthode socratique revient surtout à classer les étudiants en catégories, en fonction de leur capacité à fournir la réponse attendue par le professeur. En cela, elle n’est pas moins dogmatique que le cours magistral. La seule différence est que l’esclave est invité à contribuer à sa propre domination. Dans un cas, c’est une aliénation active, dans l’autre, un ennui sans fin. Nous essayons de naviguer entre ces deux tendances, ce qui donne un résultat éclectique. Cela ne veut pas dire que nous « n’enseignons » pas. Parfois nous enseignons de façon magistrale, parfois la session se déroule de manière plus participative. Nous nous efforçons aussi de créer une ambiance suffisamment décontractée pour que chacun se sente à l’aise.

Duncan KENNEDY : Je pense que je vois les choses sous un angle légèrement différent. Je crois en une version de la méthode socratique qui exclut le cold call et encourage une participation très libre. Cette version permet néanmoins un déroulement rigoureux du processus de questions-réponses. La première question consiste à demander à l’étudiant d’énoncer le droit de façon dogmatique. Au fur et à mesure des questions, la plausibilité de son énoncé dogmatique est ébranlée et l’étudiant est confronté à une liberté d’interprétation de la norme. C’est une méthode très efficace, que l’on peut appliquer de façon totalement humaniste. Je la pratique, avec plus ou moins de succès, depuis 40 ans. Cette expérience représente tout simplement pour moi un renoncement. J’ai toujours aimé les cours magistraux. J’ai passé une bonne partie de ma jeunesse, en bon étudiant, assis dans les amphithéâtres, à écouter les enseignants. Certains étaient très bons, d’autres très mauvais… Avec ce cours, je me suis efforcé de reproduire ce que faisaient mes collègues les plus brillants, ceux dont j’ai vraiment aimé les cours. Pour Mikhaïl, c’est totalement différent. Au début de cet échange à Harvard, Mikhaïl a découvert aussi bien la complexité technique que le plaisir procuré par un enseignement socratique. Pour moi, c’est précisément l’inverse. J’ai dû apprendre à me mettre en retrait tout en m’abandonnant au narcissisme de la magistralité.

Mikhaïl XIFARAS : À cela s’ajoutent nos interactions. Nous nous sommes posé la question suivante : jusqu’à quel point devons-nous exprimer nos différences ? Nous essayons de ne pas simplement les livrer à l’état brut, mais nous nous efforçons tout de même de les faire transparaitre. L’idée est que le cours ne soit pas totalement intégré, mais qu’il présente une certaine forme de cohérence.

  • Britta GADE : Parlez-nous un peu de votre approche pédagogique. Comme vous le savez, l’approche choisie par Sciences Po est celle d’un enseignement beaucoup plus pratique que théorique, et principalement axé sur les politiques. L’institution a pour ambition de former des jeunes qui se destinent à travailler pour leurs gouvernements respectifs ou pour les Nations Unies. Dans quelle mesure pensez-vous que lire les philosophes du 19ème siècle peut contribuer à cette ambition ? Comment imbriquer théorie et pratique ? Est-ce d’ailleurs une nécessité ?

Mikhaïl XIFARAS : C’est une question très difficile. Lorsque nous avons réfléchi à la création de l’École de droit de Sciences Po, nous étions très critiques à l’égard de ce qui se faisait dans les facultés de droit françaises. Nous estimions notamment que l’enseignement traditionnel du droit n’était ni assez pratique (au sens où le droit enseigné était celui « des professeurs de droit », et non pas « le droit dans la vie réelle »), ni assez théorique car il n’offrait aucune perspective au-delà des dogmes. Il faut vous poser la question suivante : si vous voulez devenir un praticien du droit spécialisé en politiques, votre ambition est-elle d’avoir une conception très disciplinaire, quasi-technique de votre sujet, ou bien d’être capable de voir plus loin ? Notre idée est d’aider les étudiants à élargir le cadre de pensée dans leur domaine, pour mieux le théoriser. C’est vrai, nous ne mettons pas réellement le droit en pratique dans le cours. Nous ne relions pas les théories aux questions pratiques, par exemple dans les domaines de la sécurité internationale ou de l’environnement. Mais nous sommes convaincus que les étudiants feront eux-mêmes ce travail. N’est-ce pas Duncan ?

Duncan KENNEDY : Je voudrais juste ajouter une chose. On dit que la connaissance technique permet d’être neutre et objectif, d’être purement factuel, ce qui est clairement faux. Je dirais que l’un des principaux objectifs du cours est justement de perturber, d’ébranler l’ethos de la technique, vers laquelle Sciences Po oriente les étudiants depuis sa création. Nous espérons que le premier effet de ce cours sur les étudiants sera de les désorienter, de les déstabiliser, de provoquer chez eux un sentiment de crise.

Mikhaïl XIFARAS : Oui, tout à fait. Nous pensons que les critiques émergeant de l’interaction entre le droit et la philosophie ont fortement ébranlé le fondement théorique de la technique. Cet aspect est en général oublié, ignoré ou nié dans les deux disciplines et, de manière plus surprenante, dans les différentes généalogies de la théorie critique.

  • Britta GADE et Vasudha RAJKUMAR : Mais, à force d’exercer cet esprit critique, ne risquez-vous pas, à un moment donné, de sombrer dans la désillusion au point de ne plus pouvoir travailler dans une organisation bureaucratique ? Ne risquez-vous pas de devenir cynique au point de ne plus pouvoir faire partie du système ?

Duncan KENNEDY et Mikhaïl XIFARAS : il s’agit moins de cynisme que de scepticisme. Et la question que l’on doit se poser est : le scepticisme vous prive-t-il de la possibilité d’agir ? Bien évidemment la réponse est non. Que faites-vous lorsque vous avez intégré tous ces arguments sceptiques ? Vous êtes libre de faire ce que bon vous semble…

Nous considérons aussi ce cours comme un moyen pour les étudiants de s’affranchir de la technique et de l’illusion qui consiste à justifier cette dernière par une « idole », quelle qu’elle soit (comme Dieu, le marché ou le bien commun…). Lorsque c’est chose faite, tout est possible. Nous pourrions alors vous répondre que nous formons les étudiants en sciences politiques bien mieux que n’importe qui.

3ÈME PARTIE. VERS UNE APPROCHE CRITIQUE DU COURS

  • Britta GADE et Vasudha RAJKUMAR : ce cours est exclusivement axé sur des penseurs occidentaux, allemands plus précisément. L’idée de travailler quasi-exclusivement sur des auteurs allemands s’inscrit-elle dans cet esthétisme évoqué précédemment ? Pourriez-vous envisager de sélectionner des penseurs d’autres régions du monde ?

Mikhaïl XIFARAS : Je note l’objection. Les penseurs que nous étudions sont des hommes de race blanche, morts. L’idée n’est pas de dire que la pensée juridique ou la théorie critique peuvent se résumer à une histoire allemande, masculine ou occidentale. Ce cours pourrait avoir un Volume 2 ou 3. Le cas échéant, nous pourrions bien entendu inclure des penseurs, hommes et femmes, non occidentaux. Peut-être le Volume 2 serait-il résolument français et le Volume 3 plus international.

Duncan KENNEDY : Je ne suis pas d’accord… Il serait intéressant de répondre plus franchement à la question d’inclure d’autres voix et d’autres tendances. Dans mon travail, je me suis beaucoup penché sur le(s) Sud(s). J’ai écrit sur le droit en Afrique, la mondialisation du droit occidental dans ses relations avec les ordres juridiques des Sud(s) (2006). Une grande partie de mes travaux concerne la théorie féministe dans sa relation avec le droit américain moderne (2008). Je ne ressens donc pas le besoin de m’excuser pour ce projet. Tous ces hommes de race blanche d’une autre époque m’intéressent énormément. Étant d’ailleurs moi-même un homme de race blanche, plus proche de la fin que du début de sa vie, j’éprouve une certaine tendresse pour les auteurs que nous étudions. Il n’en serait pas moins intéressant de proposer un cours parallèle axé sur des penseurs de notre époque, avec des auteurs incarnant d’autres courants philosophiques. On ne peut pas, par exemple, étudier l’histoire de l’art occidental sans s’intéresser à celle d’autres cultures. L’appropriation d’autres traditions artistiques culturelles est un aspect essentiel dans l’histoire de l’art occidental. Mais à l’ère du « tout connecté », nous cherchons nous aussi à créer une interconnexion entre le droit et la philosophie, deux disciplines justement réputées pour leur absence de lien. Lorsque nous explorons, par exemple, l’influence sur Hegel de la philosophie hindoue de l’essence spirituelle de l’univers, nous créons ces interconnexions.

Mikhaïl XIFARAS : Je partage l’avis de Duncan. Je ne vais pas non plus m’excuser pour ce choix. Dans le cadre de mes travaux sur la philosophie japonaise (1999), ma route a croisé celle de Kobayashi Hideo. En 1942, cet auteur s’est intéressé à la question de savoir « comment dépasser la modernité » et comment dépasser la pensée occidentale pour construire une pensée qui soit « réellement globale », sans se limiter à une extension de la pensée occidentale. Pour y parvenir, il ne s’agit pas, selon Kobayashi Hideo, de rejeter la modernité occidentale, mais de la « traverser ». Le dépassement passe d’abord par l’expérience. Pour en revenir à votre question, je dirais que même si vous êtes très intéressé par d’autres théories, vous devez aussi connaître celles-ci. C’est pourquoi il n’est pas inutile de consacrer 24 heures de votre vie à une introduction à ces auteurs de race blanche morts.

Références :

1- D. Kennedy, Legal education as Training for hierarchy, dans Legal education and the reproduction of hierarchy, New York-London, New York University Press, 2004.

2- D. Kennedy, Three Globalizations of Law and Legal Thought: 1850–2000, dans D. Trubek, A. Santos (ed.), The New Law and Economic Development, Cambridge, Cambridge University Press, 2006.

3- D. Kennedy, Sexy Dressing. Violences sexuelles et érotisation de la domination, Paris, Flammarion, 2008.

4- Mikhaïl Xifaras et Kenta Ohji, Éprouver l’universel, Paris, Kimé, 1999.