Siam Spencer gagne les "Talents de l'info" de RMC

Elle gagne 6 mois de CDD
  • Crédit photo: RMCCrédit photo: RMC

Siam Spencer, future diplômée 2022 du Master Journalisme, remporte la 13ème édition des "Talents de l’Info". Elle remporte un CDD de 6 mois au sein de la rédaction de RMC.

Avant elle, trois étudiantes de l'École de journalisme de Sciences Po avaient déjà remporté le concours organisé par RMC : Camille Schmitt en 2019, Mahauld Granier en 2017 et Charlotte Peyronnet en 2015.

Toutes nos félicitations !

Retrouvez le palmarès des prix et concours remportés par les étudiantes et étudiants de l'École de journalisme de Sciences Po.

Tags :

Entretien avec Alice Antheaume, directrice exécutive de l’École de journalisme

  • Étudiants dans le studio TV de l'École de journalisme de Sciences PoÉtudiants dans le studio TV de l'École de journalisme de Sciences Po

Créé en 2004, l’École de journalisme est une communauté de 180 enseignants et 160 élèves de 26 nationalités. L’école accueille 35% de boursiers et 30% des diplômés travaillent à l’étranger. Les étudiants sont aux prises avec la réflexion intellectuelle sur l’ensemble des questions politiques, économiques, sociales et environnementales qui sont au fondement de l’actualité mondiale.

L’École de journalisme leur offre les moyens de connaître leur environnement professionnel avec la méthode de l'immersion : réalisation de reportages en temps réel ou une enquête fouillée, contrat d'apprentissage, ateliers de production…

Cette année 2022 est spéciale : un déménagement au 1 Saint-Thomas avec de nouveaux locaux pédagogiques et une actualité forte, entre élection présidentielle et guerre en Ukraine.

Alice Antheaume, Directrice exécutive, nous en dit plus.

Pouvez-vous nous décrire comment sont les nouveaux locaux de l’École au 1 Saint-Thomas et comment ils vont vous permettre de réaliser encore plus d’innovations pédagogiques ?

Ils sont magnifiques ! Le déménagement de l’École de journalisme s’est déroulé en mars 2022, et c’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Notre objectif était la création d’un lieu où la fabrique de l’information et où la dimension pédagogique et technique se rejoignent. Dans nos locaux précédents, les étudiants en journalisme produisaient des tranches d’information dans des studios ; puis ils retiraient leurs micros, posaient leurs caméras et se rendaient dans une autre salle, pour recevoir les conseils de leurs enseignants avant de… retourner en studio pour la tranche d’information suivante. Cela signifie que, pour un même groupe d’étudiants et pour le même enseignement, vous occupiez deux espaces : le studio pour produire les contenus, et une autre salle pour visionner les reportages et améliorer les prises d’antenne réalisées. Autant dire que ce n’était pas optimal.

Au 1 Saint-Thomas, notre rêve se réalise : les étudiants animent des éditions spéciales dans des studios dotés de gradins accueillant enseignants et invités pour que le débriefing de leur production puisse avoir lieu directement au sein du studio. Nous avons un seul espace occupé pour une unité d’enseignement. Aux côtés des studios, une grande newsroom, conforme à celles des rédactions professionnelles, pour permettre aux étudiants de monter et de mixer les sujets de reportage qu’ils effectuent sur le terrain à toute heure de la semaine. Cette nouvelle installation est une vraie prouesse, car même si ce modèle est répandu dans les écoles de journalisme de Missouri et de Chapel Hill, aux États-Unis, sur des campus en pleine campagne, je n’en ai jamais vu dans une école de journalisme en France, et encore moins à Paris, en centre ville.

Qu’attendez-vous du rapprochement des écoles et des centres de recherche, maintenant concentrés en un bloc (13 rue de l'Université et 1 Saint-Thomas) ?

À chaque rentrée de l’École de journalisme, nous insistons sur un point : le journalisme est un sport collectif, non une activité individuelle. Le rapprochement des écoles et des centres de recherche au sein d’un même campus est le prolongement de cette idée : nous formons un corps collectif au service d’informations fiables et de qualité. Les étudiants en journalisme ont besoin de l’expertise de spécialistes pour mieux éclairer telle ou telle actualité, les chercheurs ont besoin des journalistes pour rendre visibles leurs travaux. Au 1 St Thomas, nous proposons, pour les doctorants et chercheurs qui le souhaiteraient, ainsi que pour les étudiants des autres écoles, des sessions individualisées animées par des journalistes professionnels, pour réussir à être à l’aise sur une antenne, en direct sur un plateau.

Pourriez-vous nous dire comment l’école s’est investie dans cette année électorale ? Et quelles actions ont été mises en place ?

Les promotions qui vivent une présidentielle s’en souviennent longtemps. Et celle-là, qui a été assombrie par la guerre en Ukraine, un conflit sur lequel de nombreux alumni de notre école sont envoyés spéciaux, nous a marqué davantage. Nous avons modifié nos maquettes pédagogiques pour créer des enseignements académiques dédiés aux enjeux de cette élection, avec Martial Foucault et Jean Pisani-Ferry, et multiplié les ateliers de production de contenus sur la présidentielle, en anglais et en français, qui sont diffusés en ligne. Les dimanches des deux tours, sur notre campus au 1 St Thomas, les étudiants en journalisme ont animé des éditions spéciales et des fils d’informations en direct, de 15h à minuit, ouvertes au public. C’est potentiellement la plus grande rédaction de Paris que les spectateurs ont pu voir à l'œuvre.

Lors de l'élection présidentielle de 2017, vous aviez innové en exploitant le format mobile (twitter). Cette année la présidentielle rime-t-elle aussi avec réseaux sociaux ?

Tous les contenus produits par les étudiants sur la présidentielle sont pensés pour une consultation depuis un smartphone et une diffusion via les réseaux sociaux. Bref, si vous ne suivez pas encore les comptes de l’Ecole de journalisme sur Facebook, Instagram et Twitter, rejoignez-nous !

Comment les étudiants de l'École de journalisme abordent le passage à Sciences Po des candidats à l'élection présidentielle ?

Ils y voient l’occasion de vivre leur première élection présidentielle en tant que jeunes journalistes. Une expérience intense qu’ils vont revivre assez vite en dehors du cocon de leur école, une fois dans la vie active. Ils racontent ce qu’ils voient, questionnent ce qu’ils entendent, et poussent plus loin que leurs aînés les interviews sur la prépondérance de la technologie sur nos vies, la gestion des données personnelles, les changements environnementaux, les ressources énergétiques, les luttes contre les discriminations, l’égalité de traitement de toutes les conditions humaines. Des thématiques cruciales pour lesquelles l’apport de jeunes journalistes est déterminant.

Une anecdote sur la campagne présidentielle 2017 ou sur une autre élection ?

Plus qu’à la présidentielle française de 2017, je repense à l’élection de Joe Biden aux États-Unis en novembre 2020. D’habitude, pour les élections française et américaine, nous organisons toujours dans les locaux de l’École de journalisme, la couverture éditoriale de ces événements, en présentiel. Pour la première fois, en novembre 2020, à cause du deuxième confinement en France, nous avons dû renoncer à organiser une “nuit américaine” dans la newsroom. À la place et en urgence, nous avons créé un fil WhatsApp sur lequel les étudiants ont produit, à tour de rôle, toute la nuit, en distanciel depuis chez eux, les informations nécessaires pour suivre le déroulé de cette élection, comme sur l’application de Franceinfo. Je ne suis sans doute pas très objective, mais ce fil a été ma source d’informations préférée cette nuit-là.

Tags :

Première fois sur un terrain de guerre

Les diplômés racontent leur expérience en master class
  • Léopold Audebert, Valentin Boissais, et Anthony Lebbos, Clara MarchaudLéopold Audebert, Valentin Boissais, et Anthony Lebbos, Clara Marchaud

Ils ont couvert pour la première fois une guerre et sont venus partager leur expérience avec les étudiants de l'Ecole de journalisme de Sciences Po lors d'une master class le jeudi 7 avril 2022.

Diplômés 2019 ou 2020 de l'Ecole de journalisme de Sciences Po, Clara Marchaud, journaliste pigiste pour Le Figaro, résidant en Ukraine, Léopold Audebert, journaliste politique pour BFM TV, Anthony Lebbos, reporter pour BFM TV et Valentin Boissais, reporter pour RTL, se sont rendus, soit comme envoyés spéciaux, soit comme correspondants, en Ukraine et aux frontières de pays en conflit avec la Russie.

La préparation, la confrontation avec la mort, la vue des charniers, le traumatisme des témoins, la difficulté d'informer dans l'émotion, la nécessité d'avoir des femmes journalistes sur ces zones, la prise en compte de ses propres limites, la gestion du retour aussi...

Ils ont tous raconté la nécessité impérieuse de "se préparer", du point de vue logisitique et matériel, mais aussi psychologique.

Retrouvez l'intégralité de la master class en replay.

Et découvrez le résumé de leurs interventions en vidéo.

L'Ecole de journalisme de Sciences Po a déménagé

  • Les salles de rédaction donnant sur le patioLes salles de rédaction donnant sur le patio
  • Le studio TV / vidéoLe studio TV / vidéo
  • Vue de la régieVue de la régie
  • La cour de l'Ecole de journalisme de Sciences PoLa cour de l'Ecole de journalisme de Sciences Po
  • Le studio TV lors d'une édition spécialeLe studio TV lors d'une édition spéciale

Créée en 2004, l'Ecole de journalisme de Sciences Po a passé 18 ans dans le bâtiment surnommé "le 117", basé au 117 boulevard Saint Germain, avant de déménager en mars 2022. L'école de journalisme de Sciences Po bénéficie d'installations exceptionnelles au sein du campus de Sciences Po, situé en plein coeur du 7e arrondissement de Paris, près de la rue du Bac.

Dans l'hôtel de l'Artillerie, qui a été successivement un noviciat dominicain, musée d'armes et site militaire, Sciences Po a choisi de dédier près de 382 m2 aux activités de production journalistique des étudiants.

Voir toutes les photos de l'installation

Des locaux dessinés sur mesure pour la pratique de futurs journalistes et adaptés aux exigences des rédactions professionnelles.

  • un studio TV / vidéo de 60 m2 doté de gradins pour 29 personnes, régie, plateau 5 places, 3 axes caméras, cabine speak, éclairages LED, fond vert, écrans de diffusion, accès PMR.
  • un studio radio / podcasts de 55 m2 doté de gradins pour 21 personnes, régie, plateau 5 places, système de diffusion sonore, accès PMR.
  • 5 salles de rédaction de 257 m2 équipées d'ordinateurs avec logiciels de montage, accès aux EVN, fil AFP, écrans de projection, système de caméras hybrides pour vidéoconférence.

"Journaliste est un métier qui nécessite rigueur et endurance"

Marie Monier, diplômée du Master en journalisme
  • Marie MonierMarie Monier

Pouvez-vous décrire votre parcours académique et professionnel?

Après une prépa littéraire puis une Licence en Droit à la Sorbonne, j’ai intégré l’Ecole de journalisme de Sciences Po en master en 2012. Parcours radio en deuxième année, le média qui m’a rapidement plu pour sa mobilité et l’intimité qu’il crée avec les auditrices/auditeurs. Assez rapidement aussi j’ai voulu devenir reporter. Lauréate de la Bourse Dumas en 2014, j’ai fait mes premières armes au service reportage de la rédaction de RTL. J’ai aussi pu faire de la production d’émissions et assister les présentateurs news dans l’élaboration de leurs journaux. En 2015/2016 j’ai quitté la rue Bayard pour RMC, une radio jeune, dynamique, qui développait à l’époque le bi-média (radio et TV). J’ai d’abord intégré l’équipe en piges, puis en CDD et CDI. RMC envoie sur le terrain et fait confiance à ses jeunes recrues. J’y ai couvert l’actualité nationale et internationale de la radio, en “bouffant” du reportage et  des kilomètres de route, d’avion, de train pour “aller vers”, “donner la parole”, enchaîner directs et plus longs formats de récits jusqu’à la fin de l’année 2020. Une expérience inoubliable qui a sans aucun doute forgé la journaliste que je suis aujourd’hui. Fin 2020, je suis partie m’installer à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane Française, en tant que journaliste indépendante. 

Quel poste occupez-vous aujourd'hui?

Je découvre depuis plusieurs mois le journalisme indépendant, avec ses challenges et ses opportunités mais également sa précarité. En Guyane j’ai essentiellement collaboré avec la matinale de France Inter, le magazine Interception, en podcast pour Défense de Filmer (Paradiso Podcast et Brut), la RTS et la Vie en presse écrite. C’est un département où il y a mille histoires à raconter, aux enjeux sociaux, économiques, politiques oh combien nombreux mais un terrain de reportage difficile (conditions d’accès, météo, manque d’infrastructures…) qui intéresse encore trop peu - selon moi -  les médias nationaux. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à la fonction que vous occupez aujourd’hui?

L'Ecole de journalisme de Sciences Po m’a permis d’être opérationnelle - et le mot compte -, et de me projeter comme “journaliste” et non plus seulement comme “étudiante” en journalisme. C’est une excellente préparation aux concours d’entrée post-école, dans les rédactions. 

Quels souvenirs gardez-vous de votre école, de votre promotion, de vos enseignants?

Je me souviens d’une promotion éclectique, avec des camarades aux expériences et aux envies diverses. On avait ce point commun d’être passionnés tout en étant très différents les uns des autres. Tous les temps de cours où nous étions une vraie rédaction en radio, en TV ont permis de nous immerger efficacement dans le monde qui allait être le nôtre à l’issue de la formation. 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaiterait devenir journaliste aujourd'hui?

Je lui conseille de se nourrir d’actualités - lire, regarder, écouter - multiplier ses sources d’informations avec l’approche d’un futur professionnel et non plus seulement du simple auditeur / téléspectateur / lecteur. Cela doit être un plaisir, pas une contrainte évidemment. Se nourrir des histoires qui sont partout autour de nous, avoir l’empathie et la curiosité de donner la parole. Si des sujets de reportages ou d’enquêtes vous intéressent, notez-les dans un carnet, vous pourrez y revenir plus tard. Etre à "l'affût" de l’info OUI mais profiter aussi de la vie, la vraie, de vos passions personnelles - tout cela profitera à votre travail de terrain et vous permettra plus tard de sortir la tête du guidon et d’avoir des “sas” de décompression. C’est un métier qui demande rigueur et endurance, surtout dans le news. 

N’hésitez pas non plus à développer une thématique, un ensemble de sujets qui vous tient particulièrement à cœur, c’est un bon moyen de se démarquer, notamment lorsqu’on devient journaliste indépendant. 

Tags :
Retour en haut de page