"Demain, plus de la moitié de la population habitera dans les villes”

"Demain, plus de la moitié de la population habitera dans les villes”

  • Meenakshi Raina. Credit Sciences PoMeenakshi Raina. Credit Sciences Po

Étudiante indienne à Sciences Po, Meenakshi Raina est inscrite en Master in International Energy à l’École des Affaires internationales (PSIA). Passionnée par les enjeux du développement durable et les questions liées au changement climatique, elle s’est engagée dans l’initiative “Paris Climat 2015 : Make It Work” et participera le 6 octobre 2015 à une conférence à Sciences Po sur les solutions pour la COP21. Interview.

Meenakshi, vous êtes née en Inde et vous y avez effectué une partie de vos études avant de venir étudier à Sciences Po en Master in International Energy. Pourquoi ce choix ?

J’ai obtenu un diplôme de bachelor en science, avec une spécialisation en botanique,  à l’université de Pune, en Inde, que j’ai complété par des études en management et entrepreneuriat. J’ai travaillé pendant quelques temps dans le secteur des énergies renouvelables, avant de créer une association dédiée aux énergies vertes et au développement durable. C’est à ce moment là que j’ai pris conscience du problème de l’accès à l’énergie et de son importance pour le développement économique. Je sentais que j’avais besoin d’approfondir mes connaissances sur ce sujet et j’ai choisi Sciences Po parce que c’est l’une des rares écoles dans le monde qui propose un Master in International Energy. Pour moi, c’est le lieu idéal pour étudier, notamment grâce à son approche unique : certains experts de l’énergie mondialement connus enseignent ici et les méthodes d’enseignement, qui mêlent approches académiques et professionnelles, sont excellentes.

Au cours de vos études, vous vous êtes particulièrement intéressée aux questions environnementales, pourquoi ? Quel lien faites-vous entre votre spécialité,  l’énergie, et l’environnement ?

Dans un monde confronté au risque de changement climatique, il semble normal de prendre en compte l’impact que peut avoir un secteur sur l’environnement. Je crois qu’il y a là un défi qui nous mène à un nouveau paradigme, où les énergies de demain et l’environnement seront interconnectés. L’objectif de rester en dessous du seuil de 2 degrés de réchauffement aura un impact direct sur le secteur de l’énergie. C’est la compréhension de cette interconnection qui m’a poussée à m’intéresser à l’influence de l’environnement sur le système global de l’énergie. Une des questions qu’on peut se poser, par exemple, est quel impact auront les régulations environnementales sur les futurs investissements dans le secteur de l’énergie ?

À Sciences Po, vous vous êtes impliquée dans l’initiative étudiante « Paris Climat 2015 : Make It Work », pourquoi ? Pouvez-vous nous décrire cette expérience ?

« Paris Climat 2015 : Make It Work » m’a permis de faire l’expérience concrète de la manière dont les négociations sur le changement climatique vont sans doute se dérouler lors de la COP21. Pendant la simulation des négociations, je faisais partie de la délégation représentant la forêt. J’ai aussi joué le rôle d’un journaliste du National Geographic Channel, ce qui m’a permis d’interviewer des gens et d’observer les négociations de l’extérieur. Make It Work était vraiment innovant. Le rôle donné aux acteurs non-étatiques, notamment, a changé notre manière de considérer les négociations classiques des COP. Le rôle des différents acteurs a été redéfini, bousculant le système, et des solutions nouvelles, uniques, ont ainsi pu être trouvées à la fois dans l’accord, mais aussi en termes d’idées et de concepts. « Make It Work », c’est ce que nous souhaitions tous pour cette simulation ! J’ai le sentiment que cette expérience, qui n’était qu’étudiante au départ, s’est transformée en un véritable mouvement « Make It Work ». Et je suis heureuse de dire que j’en fais partie.

Le 6 octobre 2015, vous participez à une table ronde à Sciences Po sur la thématique des villes et du changement climatique, en quoi ce sujet vous touche-t-il ?

Les villes abritent plus de la moitié de la population mondiale et, d’ici 2030, 64% de la population sera urbaine. Les villes sont des acteurs économiques clés de nos sociétés modernes. Ce qui implique également que leur empreinte carbone est forte, tout comme leur impact sur l’environnement. Avec le changement climatique, les risques encourus par les villes sont devenus multiples et un nouveau modèle urbain doit être pensé. Pour cela, il faut une coopération trilatérale entre habitants, gouvernements et secteur économique afin de créer des zones sûres, dans lesquelles puisse se développer une croissance soutenable.

Conférence « Quelles solutions pour la COP21 ? Regards croisés étudiants-entreprises », le 6 octobre à Sciences Po. Information et inscription.

Tags :
Retour en haut de page