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20 janvier 2026
5 recettes pour des boards/conseils légitimes ET performants
À l’heure où les règles du jeu se recomposent sous l’effet du tumulte géopolitique, des mutations technologiques et de la pression réglementaire, les conseils français doivent redéfinir leurs contours pour répondre aux défis d'une économie mondialisée et digitalisée.
Dans cet épisode qui compose la newsletter Eclairages, Nathalie Kestener, experte en gouvernance, membre du Cercle des Administrateurs Sciences Po et intervenante au sein du Certificat Administrateur de Sociétés Sciences Po Executive Education x IFA, nous livre 5 recettes pour dessiner l'avenir d'une gouvernance française diverse dans ses profils, exigeante dans ses compétences, rigoureuse dans ses méthodes et responsable dans ses choix technologiques.


Misez sur des castings hybrides
Critères ESG, concurrence exacerbée, évolutions technologiques… Ces nouveaux enjeux sonnent le glas des recrutements hasardeux ou de complaisance au sein des conseils. Leur composition doit plus que jamais s’aligner sur la feuille de route stratégique. Air France l’a parfaitement illustré en intégrant un expert du luxe pour challenger son offre premium. Faire dialoguer des univers hétérogènes, accueillir des profils indépendants, libres de toute “petite musique” d'actionnaire et garants de l'intérêt social, crée une intelligence collective féconde. Mais cette richesse ne vaut que si le président sait la canaliser. La maîtrise de la maïeutique devient centrale pour éviter la cacophonie et tirer pleinement parti de la diversité des opinions.

Dissociez les fonctions pour clarifier les rôles
Cette diversification des profils appelle à repenser l’organisation même du pouvoir. Si la France reste encore l’un des rares pays attachés à la figure tutélaire du PDG, le modèle montre ses limites face à la complexité croissante des conseils. Car, utile en temps de crise pour gagner en agilité, le cumul des rôles peut rapidement enliser le conseil dans l’opérationnel, au détriment de la prise de hauteur. La dissociation des pouvoirs, à “l’anglo-saxonne”, adossée à des chartes et à une forte culture méthodologique, clarifie le paysage décisionnel : au board et au Président, la vision stratégique et la surveillance des risques ; au Comex et au Directeur général, la mise en œuvre. C’est l’assurance d’une gouvernance plus lisible et plus réactive.

Suivez les femmes !
Impulsée par la loi Copé-Zimmermann, la féminisation des boards n’appelle plus à commentaires. A ceci près que son impact dépasse largement le respect des quotas. Guettées par le syndrome de l'imposteur dans des conseils historiquement masculins, les administratrices pionnières se sont formées, ont progressivement conquis des présidences de comités et incité leurs pairs à se professionnaliser. La féminisation des conseils a ainsi ouvert la voie à une gouvernance où la compétence l’emporte sur l’entre-soi.

Professionnalisez sans relâche
Exercer un mandat d’administrateur ne s’improvise pas. Pourtant, aucune formation n’est aujourd’hui obligatoire, à l’exception du secteur de la banque-assurance réglementé. L’ouverture aux bonnes pratiques et les certifications reconnues, développant à parts égales posture et compétences techniques, sont pourtant les garantes les plus sûres d’une gouvernance efficace. L’auto-évaluation annuelle des conseils et les audits triennaux encouragés par le code de gouvernance AFEP-MEDEF constituent de bons moyens d’identifier les lacunes et d’encourager la montée en compétences du collectif.

Placez la gouvernance augmentée sous contrôle éthique
Cartographie des compétences, analyse des contributions, vérification de conformité, benchmark instantané… L'intelligence artificielle est en passe de libérer les conseils/boards de la logistique pour leur permettre de se recentrer sur la décision. Mais cette gouvernance augmentée exige des garde-fous rigoureux. Orange a montré la voie en faisant remonter la question d’un usage éthique de l’IA des comités jusqu'au boards, donnant lieu à l’adoption d’une charte dédiée. Parce que, plus que jamais, le conseil se doit d’être garant de la transparence et de la confiance envers l’entreprise.
Cet article s’inscrit dans le cadre de la newsletter Éclairages publiée sur LinkedIn. Les autres articles de la série sont à découvrir ci-dessous.
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