Prolifération et désarmement nucléaire, 2018

Prolifération et désarmement nucléaire, 2018

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Commentaire de Benoît Pélopidas

Cette carte illustre l’état du monde nucléaire sous l’angle de deux instruments juridiques : le traité de non-prolifération des armes nucléaires, entré en vigueur en 1970 pour 25 ans et étendu indéfiniment en 1995, et les traités créant des zones exemptes d’armes nucléaires. Elle laisse de côté les traités concernant la limitation des armements et des essais nucléaires, qu’ils soient multilatéraux ou bilatéraux ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, de son Assemblée générale et de la Cour internationale de justice. La carte occulte aussi le traité d’interdiction des armes nucléaires ouvert à la signature en septembre 2017 et pas encore entré en vigueur (il lui faut cinquante ratifications ; cf. figure 19 du volume et de ce compagnon).

Sur cette carte, on peut observer que l’hémisphère Sud dans son entier est une zone exempte d’armes nucléaires, que le traité de non-prolifération est celui qui compte le plus d’Etats parties et que pour le moment seule la Corée du Nord l’a quitté.

La recherche a établi qu’Israël dispose d’un arsenal nucléaire même si elle ne le reconnaît pas et que sa Constitution affirme qu’il ne sera pas le premier Etat à introduire l’arme nucléaire au Moyen-Orient. Sur le plan conceptuel, il est aussi essentiel d’introduire la catégorie du renoncement aux systèmes d’armes nucléaires qui permet d’observer que la grande majorité des Etats n’a jamais essayé de se doter de tels systèmes. Une telle stratégie non-nucléaire de sécurité échappe aux deux catégories de prolifération et désarmement, qui donnent son titre à la carte et postulent toutes deux un désir a priori d’armes nucléaires.

Pour en savoir plus : www.sciencespo.fr/nk