Auteur(s): 

Bayram Balci, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes – Istanbul

Date de publication: 
Décembre 2017

LES ETATS DU CAUCASE DU SUDLes Etats du Caucase du Sud

Source: Atelier de cartographie de Sciences Po  

Auteur(s): 

Anastasia Colosimo, doctorante – CEVIPOF, Sciences Po

Date de publication: 
Novembre 2017
Illustration

A l’occasion des fêtes de Noël, d’étonnants concours de crèche sont organisés chaque année au sein de la Légion étrangère. Alors que beaucoup d’institutions publiques sont travaillées par la question de la conformité, ou pas, à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, il semble que ces débats n’aient pas lieu dans cette instance de l’Armée. La chercheuse Anastasia Colosimo nous explique pourquoi. 

Auteur(s): 

Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS & directeur du CERI

Date de publication: 
Novembre 2017

En 2017, l’Allemagne célèbre les 500 ans de la Réforme protestante. Cette année a donc été ponctuée de festivités et d’événements relatifs à cet anniversaire. L’un des points d’orgue a été le discours prononcé à cette occasion par Angela Merkel le 31 octobre dernier. Alain Dieckhoff revient sur les enjeux toujours très actuels de cette révolution protestante.

Auteur(s): 

Jérôme Doyon, docteur associé au CERI

Date de publication: 
Avril 2017
Illustration

En avril 2016, Xi Jinping a présidé une Conférence sur la gestion des affaires religieuses par l’Etat-Parti. Longtemps attendue, cette conférence marque une étape dans la politique religieuse de l’Etat-Parti chinois : cela faisait 15 ans qu’un secrétaire général du Parti n’avait pas participé à une telle réunion[fn]Jessica Batke, « PRC Religious Policy: Serving the Gods of the CCP », China Leadership Monitor, 14 Février 2017.[/fn].

Résumé 

La Chine contemporaine est le lieu d’un important mouvement de renouveau religieux dont l’Etat est, à tous les niveaux, un acteur essentiel. Pour comprendre son rôle, ce chapitre suit les évolutions de la politique religieuse de l’ère post-maoïste. Il distingue trois moments essentiels : le Document 19 de 1982, qui vient encadrer et contraindre le mouvement de renaissance qui a immédiatement suivi la révolution culturelle ; la politique d’instrumentalisation formulée en 1993 et enfin, après 1999, le resserrement du contrôle du religieux, qui a été encore renforcé, en 2016.

Bibliographie 

Al-Sudairi Mohammed, Changing Sate-Religion Dynamics in Xi Jinping’s China and Its Consequences for Sino-Saudi Relations, Riyad, King Faisal Center for Research and Islamic Studies, 2017.

Batke Jessica, « PRC Religious Policy : Serving the Gods of the CCP », China Leadership Monitor, 52, hiver 2017.

Billioud Sébastien et Thoraval Joël, Le Sage et le Peuple. Le renouveau confucéen en Chine, Paris, CNRS Éditions, 2014.

Chau Adam Yuet (ed.), Religion in Contemporary China: Revitalization and Innovation, Londres, Routledge, 2011.

Fällman Fredrik, « Useful Opium ? “Adapted Religion” and “Harmony” in Contemporary China », Journal of Contemporary China, 19 (67), 2010, p. 949-969.

Goossaert Vincent et Palmer David A., La Question religieuse en Chine, Paris, CNRS Éditions, 2012.

Information Office of the State Council of the PRC, White Paper: Freedom of Religious Belief in China, Beijing, 1997.

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Johnson Ian, The Souls of China. The Return of Religion after Mao, Londres, Penguin, 2017.

Lai Hongyi, « Religions and Chinese Socialism: China’s Religious Policies since the 1990s », dans Yang Lijun et Shan Wei (eds), Governing Society in Contemporary China, Londres, Routledge, 2016, p. 181-197.

Luo Yufan, « Ningxin juli gongxiang shengshi weiye : dang de shibada yilai quanguo zongjiao gongzuo zongshu », 2016.

Palmer David A., La Fièvre du qigong : guérison, religion et politique en Chine, 1949-1999, Paris, Éditions de l’EHESS, 2005.

Potter Pitman B., « Belief in Control: Regulation of Religion in China », The China Quarterly, 174, 2003, p. 317-337.

Qu Hong, « Religious Policy in the People’s Republic of China: An Alternative Perspective », Journal of Contemporary China, 20 (70), 2011, p. 433-448.

Vermander Benoît, « Réveil religieux et sortie de la religion en Chine contemporaine », Perspectives chinoises, 4, 2009, p. 4-17.

Yang Fenggang et Tamney Joseph B. (eds), State, Market, and Religions in Chinese Societies, Leyde, Brill, 2005.

Zhou Xueguang, « Reply : Beyond the Debate and toward Substantive Institutional Analysis », American Journal of Sociology, 105, 2000, p. 1189-1195.

Résumé 

La défense de la liberté de religion et de conviction paraît être – depuis 1948 – l’un des piliers incontournables de l’édifice international des droits humains construit depuis la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Soixante-huit ans plus tard, cette liberté est encore largement contestée et respectée de manière encore très partielle dans un certain nombre d’Etats. Outre le fait que les personnes athées sont rarement protégées en tant que telles, les Etats et les organismes spécialisés semblent maintenant vouloir orienter leur action vers une défense de plus en plus ciblée, en fonction de leurs traditions religieuses ou de leurs intérêts propres. Les polarisations à l’œuvre dans les nouvelles formes de défense de la liberté de religion et de conviction nuisent en définitive à l’universalité originellement proclamée de cette dernière. 

Bibliographie 

Al-Midani Mohammed Amin, Introduction à l’Islam et les droits de l’homme, Sarrebruck, Éditions universitaires européennes, 2017.

Andriantsimbazovina Joseph, Gaudin Hélène, Marguénaud Jean-Pierre, Rials Stéphane et Sudre Frédéric (dir.), Dictionnaire des droits de l’homme, Paris, PUF, 2008, p. 636-639.

Arminjon Hachem Constance, Les Droits de l’homme dans l’islam shi’ite. Confluences et lignes de partage, Paris, Cerf, 2017.

Asad Talal, Brown Wendy, Butler Judith et Mahmood Saba, La Critique est-elle laïque ? Blasphème, offense et liberté d’expression, préface de Mathieu Potte-Bonneville, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2016.

Decaux Emmanuel et Bienvenu Noémie (dir.), Les Grands Textes internationaux des droits de l’homme, Paris, La Documentation française, 2016.

Diamantopoulou Élisabeth et Christians Louis-Léon (eds), Orthodox Christianity and Human Rights in Europe. Theology, Law and religion in interaction, Bruxelles, Peter Lang, 2014.

Dierkens Alain et Schreiber Jean-Philippe (dir.), Le Blasphème : du péché au crime, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, coll. « Problèmes d’histoire des religions », 21, 2012.

Filibeck Giorgio (dir.), Les Droits de l’homme dans l’enseignement de l’Église. De Jean XXIII à Jean-Paul II. Recueil de textes du magistère de l’Église catholique, Cité du Vatican, Libreria editrice vaticana, 1992.

Fukuyama Francis, La Fin de l’histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion, coll. « Histoire », 1992.

Ghanea Nazilea, Stephens Alan et Walden Raphaël (eds), Does God Believe in Human Rights ? Essays on Religion and Human Rights, Leyde, Brill, 2007.

Grandjean Michel, « Droits de l’homme et religion », dans Maya Hertig Randall et Michel Hottelier (dir.), Introduction aux droits de l’homme, Zurich, Schulthess, 2014, p. 675-688.

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Zuber Valentine, « Droits humains et religions : la liberté religieuse est-elle un droit comme les autres ? », colloque international : Les Mutations des sciences sociales des religions et des laïcités. Autour des vingt ans du GSRL, Paris, 27 novembre 2015, à paraître.

Zuber Valentine, L’Origine religieuse des droits de l’homme. Le christianisme face aux libertés modernes, Genève, Labor et Fides, 2017.

Zuber Valentine, Le Culte des droits de l’homme, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », 2014.

Zuber Valentine (dir.), La Liberté religieuse, Paris, Van Dieren éditions, 2017.

Résumé 

La place donnée par la recherche à l’islam du « centre », qui correspond à l’islam des mosquées, des écoles coraniques et des tribunaux religieux, a fait oublier qu’un autre islam, celui des marges ou de la périphérie, n’est pas moins attractif pour une grande partie de la population musulmane du Maroc à la Chine. Cet islam fait du reste, depuis quelques décennies, l’objet d’un grand engouement dans des régions du monde longtemps privées de libertés religieuses (ex-URSS, Chine, Bulgarie, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, etc.). Cet islam, qui se résume en général au culte des saints et aux pèlerinages sur les tombeaux de ces derniers, possède un pouvoir de mobilisation sociale et même politique loin d’être négligeable. Les réactions des Etats de l’espace musulman à cet islam sont diverses et vont d’un désir d’éradication de ses pratiques, à l’instar des mouvements radicaux ou de l’Etat islamique qui dénoncent son caractère « hérétique », à une volonté de neutralisation, ou, plus généralement, de régulation, de manipulation ou de réforme, autant de stratégies mises en œuvre pour gagner le soutien des adeptes de ce culte et consolider le pouvoir du politique. 

Bibliographie 

Algar Hamid, Wahhabism : A Critical Essay, New York (N. Y.), Oneonta, 2002.

Basilov Vladimir Nikolaevich, Kul’t svjatyh v Islame (« Le culte des saints dans l’islam »), Moscou, Izdatel’stvo Mysl’, 1970.

Chambert-Loir Henry et Guillot Claude (dir.), Le Culte des saints dans le monde musulman, Paris, École française d’Extrême-Orient, 1995.

Chiffoleau Sylvia et Madoeuf Anna (dir.), Les Pèlerinages au Maghreb et au Moyen-Orient. Espaces publics, espaces du public, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient, 2005.

Cornell Vincent J., Realm of the Saint : Power and Authority in Moroccan Sufism, Austin (Tex.), University of Texas Press, 1998.

Grehan James, Twilight of the Saints. Everyday Religion in Ottoman Syria and Palestine, Oxford, Oxford University Press, 2014.

Khosronejad Pedram (ed.), Saints and their Pilgrims in Iran and Neighbouring Countries, Wantage, Sean Kingston Publishing, 2012.

Mayeur-Jaouen Catherine (dir.), Saints et héros du Moyen-Orient contemporain, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002.

MUCEM, Lieux saints partagés, exposition, Marseille, MUCEM, 2015.

Olesen Niels Henrik, Culte des saints et pèlerinages chez Ibn Taymiyya, Paris, Geuthner, 1991.

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Shinmen Yasushi, Sawada Minoru and Waite Edward (eds), Saint-Cult in Ferghana and in Xinjiang, Paris, Jean Maisonneuve, 2013.

Stauth Georg et Schielke Samuli (eds), Dimensions of Locality. Muslim Saints, their Place and Space, Londres, Transaction Publishers, 2008.

Sugarawa Jun et Dawut Rahile (eds), Mazar. Studies on Islamic Sacred Sites in Central Eurasia, Tokyo, Tokyo University of Foreign Studies Press, 2017.

Résumé 

Les revendications exprimées en termes d’objection de conscience se multiplient dans les démocraties contemporaines. Manifestant, au moins sous certaines de leurs formes, la remise en cause globale des normes communes au nom d’un droit naturel supérieur ou de valeurs civilisationnelles ou morales, elles traduisent une politisation de la conscience. Renouvelant ainsi la question des rapports entre religion, morale et politique, elles interrogent les démocraties dans leur capacité à répondre à certains défis de la postmodernité. 

Bibliographie 

Arendt Hannah, La Désobéissance civile, dans Du mensonge à la violence. Essais de politique contemporaine, Paris, Calmann-Lévy, 1972, p. 53-104.

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Habermas Jürgen, « Qu’est ce qu’une société “post-séculière” ? », Le Débat, 152, 2008, p. 4-15.

Lefort Claude, Essais sur le politique : XIXe et XXe siècles, Paris, Seuil, 1986.

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Portier Philippe et Théry Irène, « Du mariage civil au “mariage pour tous”. Sécularisation du droit et mobilisations catholiques », Sociologie , 6 (1), 2015, p. 81-104.

Proeschel Claude, « L’objection de conscience pour motifs religieux : un impossible défi démocratique », dans Roxanne D. Marcotte, Rachel Chagnon et Jean-René Milot (dir.), « Religion, droit et l’État : interférence, intersection et interface », Religiologiques, 34, 2016.

Proeschel Claude, « La bataille judiciaire autour de l’éducation à la citoyenneté en Espagne », Annuaire Droit et Religions, vol. 7, Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2013-2014, p. 241-257.

Smith G. W. (ed), Liberalism: Critical Concepts in Political Theory, vol. 1 : Ideas of Freedom, Londres, Routledge, 2002.

Spranzi Marta, « Les deux faces de l’objection de conscience dans le domaine de la santé : les contraintes du libéralisme pluraliste », Paris, Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF).

Weinstock Daniel M., « L’actualité du bien commun », Éthique publique, 6 (1), 2004.

Résumé 

Parce qu'ils s'agencent autour du principe de liberté de conscience et du principe de neutralité de l'Etat, les pays européens peuvent tous être qualifiés de laïques. Ce régime partagé de la laïcité s'incarne dans des systèmes de droit variés, largement dépendants du contexte national. Ce chapitre propose une typologie de ces formules nationales de régulation des cultes, qui ont connu une dynamique de rapprochement au cours de ces dernières années sous l'effet de l'expansion de la « seconde modernité ».

Bibliographie 

Casanova José, « Religion, European Secular Identities, and European Integration », dans Timothy Byrnes et Peter Katzenstein (eds), Religion in an Expanding Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 2006, p. 65-92.

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Portier Philippe, « Les politiques religieuses dans les pays de tradition catholique majoritaire » (première partie), Revue théologique de Louvain, 42, 2011, p. 169-190.

Portier Philippe, « Les politiques religieuses dans les pays de tradition catholique majoritaire » (deuxième partie), Revue théologique de Louvain, 42, 2011, p. 236-254.

Portier Philippe, « State Regulation of Religion in Western European Countries », dans François Foret et Xabier Itcaina (eds), Religion and Politics in Europe, Londres, Routledge, 2011, p. 45-57.

Portier Philippe, L’État et les religions en France. Une sociologie historique de la laïcité, Rennes, PUR, 2016.

Willaime Jean-Paul, « La prédominance européenne d’une laïcité de reconnaissance des religions », dans Jean Baubérot, Micheline Milot et Portier Philippe (dir.), Laïcité, laïcités, reconfigurations et nouveaux défis, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015, p. 101-122.

Graphique : Politique religieuse de la Chine, 1949-2017

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Commentaire de Ji Zhe et Vincent Goossaert

L’Etat chinois est un acteur omniprésent du mouvement de renouveau religieux de l’ère post-maoïste. Depuis 1976, sa politique religieuse a connu trois moments essentiels. Tout d’abord en 1982, le PCC a publié le Document n° 19, qui jette les bases de la relation entre religion et politique dans la Chine contemporaine. Ce document abolit la politique maoïste vis-à-vis de la religion et souligne l’importance de la protection des croyances religieuses et de l’alliance nécessaire entre l’Etat-Parti et les religieux. Il restreint également considérablement la liberté religieuse et soumet les activités religieuses au jugement et au contrôle du Parti communiste. Après l'échec du mouvement démocratique de 1989, la politique du PCC en matière de religion a perdu son ancrage idéologique pour devenir de plus en plus pragmatique. Depuis la nouvelle politique de 1993, l’Etat se sert de la religion pour promouvoir ses intérêts économiques et politiques. Enfin, en 1999, peu après le lancement de la campagne anti-sectes lancée contre le Falungong, la politique religieuse du PCC s’est tournée vers un modèle plus sélectif. Le PCC a compris le besoin de religieux exprimé par la population et a commencé à soutenir les organisations religieuses officielles, notamment bouddhiste et taoïste, placées sous la stricte surveillance de l’Etat qui les utilise pour occuper le « marché religieux ». Cette politique différentielle s'est accélérée en 2016. Une « réunion de travail sur les affaires religieuses » s’est tenue à Pékin au cours de laquelle on a pu entendre des discours hostiles aux religions d’origine étrangère : le christianisme, l’islam ou encore le bouddhisme tibétain. Il reste à voir si cette réunion annonce un nouveau virage de la politique religieuse de l’Etat chinois.

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