Auteur(s): 

Xavier Guignard, doctorant au CESSP —Paris 1

Camille Lévy, étudiante à PSIA—Sciences Po Paris

Date de publication: 
Décembre 2017
Illustration

La cérémonie de l’illumination du sapin de Noël à Bethléem, ville de la Nativité, est un véritable événement politique palestinien. Les élus locaux et nationaux viennent marquer leur attachement à la minorité chrétienne de plus en plus restreinte, et sujette à une émigration continue depuis les années 1940. Cette année, cette cérémonie fut également l’occasion de dénoncer la décision étatsunienne de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Auteur(s): 

Sébastien Fath, chercheur au GSRL

Date de publication: 
Janvier 2017


Une des caractéristiques singulières du protestantisme évangélique subsaharien est sa judéophilie, qui se repère en particulier au travers du terrain de la musique Gospel/chrétienne. La proximité analogique entre la théodicée du peuple hébreu, esclave puis libéré de Pharaon, et celle des anciens esclaves noirs d'Afrique, nourrit une sensibilité commune et une sympathie.

Auteur(s): 

Eran Tzidkiyahu*, Doctorant au CERI

Date de publication: 
Décembre 2016
Illustration

En Israël, la dernière version du projet de loi qui vise à contrôler l'utilisation de puissants haut-parleurs extérieurs par les mosquées (connue en Israël comme "la loi muezzin") sera discutée au Comité Ministériel Législatif. Ce projet a été proposé par le député à la Knesset Moti Yogev du parti de droite national-religieux HaBayiot HaYehud (Foyer juif) et le député David Bitan du parti du Likoud, qui est le parti au pouvoir (Bitan est également président de la coalition et du groupe parlementaire du Likoud).

Intervention de Alain Dieckhoff (CERI) lors du colloque annuel de l’Association française de sciences sociales des religions (AFSR), "Partis Politiques et Religions (XXe-XXIe siècles)", organisé par Myriam Aït-Aoudia (Centre Émile Durkheim – Sciences Po Bordeaux), Philippe Portier (GSRL – EPHE), Yann Raison du Cleuziou (Centre Émile Durkheim – Université de Bordeaux) - 6 février 2017

Résumé 

Durant la phase de jeunesse d'Israël (1948-1967), l'Etat, alors dominé par la gauche sioniste, mit en œuvre une politique d'intégration vigoureuse des nouveaux immigrants qui venaient pour l'essentiel d'Europe orientale et des pays d'islam. L'Etat fut l'agent central de construction de la nation juive reterritorialisée, mais sous les auspices d'un patriotisme séculier. La guerre des Six jours (juin 1967) constitua un tournant : en permettant un contact renouvelé avec certains hauts lieux du judaïsme (Jérusalem, Cisjordanie), elle fait émerger un nationalisme religieux qui voit dans le développement de la présence juive un impératif religieux indiscutable. Ce nationalisme religieux n'a pas épargné certains cercles ultra-orthodoxes et, surtout, les milieux traditionnalistes sépharades. Cette valorisation forte de la judéité de l’Etat ouvre la voie à une relativisation de la démocratie, la loi religieuse étant censée être supérieure à la loi civile.

Bibliographie 

Dieckhoff Alain, « Nationalisme d’État et intégrisme nationaliste : le cas d’Israël », dans Pierre Birnbaum (dir.), Sociologie des nationalismes, Paris, PUF, 1997, p. 145-162.

Dieckhoff Alain, Le Conflit israélo-arabe, Paris, Armand Colin, 2017.

Efron Noah, Real Jews : Secular versus Ultra-orthodox and the Struggle for Jewish Identity in Israel, New York (N. Y.), Basic Books, 2003.

Elizur Yuval et Malkin Lawrence, The War within : Israel’s Ultra-orthodox Threat to Democracy and the Nation, New York (N. Y.), Overlook Duckworth, 2013.

Feige Michael, Settling in the Hearts : Jewish Fundamentalism in the Occupied Territories, Detroit (Ill.), Wayne State University Press, 2009.

Friedman Robert, Zealots for Zion. Inside Israel’s West Bank Settlement Movement, New York (N. Y.), Random House, 1992.

Heilman Samuel, Defenders of the Faith : Inside Ultra-orthodox Jewry, New York (N. Y.), Schocken Books, 1992.

Inbari Motti, Jewish Fundamentalism and the Temple Mount, Albany (N. Y.), Suny Press, 2009.

Juergensmeyer Mark, The New Cold War ? Religious Nationalism Confronts the Secular State, Berkeley (Calif.), University of California Press, 1993.

Kriegel Maurice, « Nation et religion : aux origines des “néo-messianismes” dans l’Israël d’aujourd’hui », Annales. Histoire, sciences sociales, 54 (1), 1999, p. 3-28.

Kriegel Maurice, « Religieux et laïques : entre confrontation et transaction », dans Alain Dieckhoff (dir.), L’État d’Israël, Paris, Fayard, 2008, p. 175-188.

Lehmann David et Siebzehner Batia, Remaking Israeli Judaism : The Challenge of the Shas, Londres, Hurst, 2006.

Leon Nissim, « The Haredi-Secular Debate and the Shas Approach », dans Eliezer Ben-Rafael et al., Handbook of Israel : Major Debates, vol. 1, Berlin et Boston, De Gruyter Oldenbourg, 2016, p. 131-145.

Snegaroff Claire et Blum Michaël, Qui sont les colons ? Une enquête de Gaza à la Cisjordanie, Paris, Flammarion, 2005.

Tzidkiyahu Eran, « “God Cannot Keep Silent”. Strong Religious-Nationalism – Theory and Practice », Questions de recherche, 47, octobre 2015.

2 graphiques : Israël : un État juif ou démocratique ?

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Commentaire de Alain Dieckhoff

Il existe une forte corrélation entre le degré de religiosité et l'importance attachée à la dimension démocratique et juive de l'Etat d'Israël. Les Israéliens défendant une version intégraliste du judaïsme sont les moins attachés à la démocratie, les Israéliens les plus laïcisés sont les moins portés à préserver la judéité de l'Etat. Sur le temps long, le clivage relatif à la vision du devenir d'Israël a tendance à se renforcer. Le nombre de ceux qui promeuvent l'identité duale d'Israël comme Etat juif et démocratique diminue au profit d’une part de ceux, laïcs, qui entendent affirmer son caractère démocratique et d’autre part, de ceux, religieux, qui veulent au contraire renforcer la judéité de l'Etat.