Workshop à Lampedusa

Workshop à Lampedusa

2 au 6 mai 2016 - Cycle d'urbanisme
  • Rendu du workshop du Cycle d’Urbanisme de l’École urbaine de Sciences Po ParisRendu du workshop du Cycle d’Urbanisme de l’École urbaine de Sciences Po Paris
  • Le workshop 3 jours de travail en mode projet. Le workshop 3 jours de travail en mode projet.
  • Prise de notes illustrées Prise de notes illustrées
  • Croquis d'un "damusi" maison traditionnelle de l'îleCroquis d'un "damusi" maison traditionnelle de l'île
  • Le cimetière de bateaux de migrantsLe cimetière de bateaux de migrants

LAMPEDUSA / FÉDERER L’ESPACE / CONNECTER LES ÉCHELLES / ACTIVER LES RESSOURCES

Rendu du workshop du Cycle d’Urbanisme de l’École urbaine de Sciences Po Paris Du 2 au 6 mai 2016

Ce workshop et la production de ce rapport sont nés de la rencontre entre la municipalité de Lampedusa et le Cycle d’urbanisme de l’École urbaine de Sciences Po.

LA « COMMANDE »

Elue Maire d’une petite île de 5 500 habitants où enjeux locaux et globaux s’entrechoquent, la Maire de Lampedusa souhaite donner un nouveau souffle à l’île. En février dernier, elle est venue présenter son projet politique aux étudiants du Cycle d’urbanisme de Sciences Po, qu’elle a souhaité missionner pour penser et spatialiser une stratégie cohérente et fédératrice pour l’île. 

La volonté première annoncée par la Maire est de renverser la logique de frontière de Lampedusa, aujourd’hui pensée comme la fin du continent européen : l’île doit devenir le seuil de l’Europe. La notion de frontière affirmée comme contrainte, doit devenir une véritable interface, devenant la réponse à un enjeu global ancré dans une réalité locale. La reconnexion entre les migrants de l’île et les habitants via la création d’espaces publics et de projet, viendra en résonnance avec une connexion globale entre l’Europe et l’Afrique. Si l’ambition de devenir une île exemplaire au regard de la problématique migratoire est au coeur des préoccupations de Madame Guisi Nicolini, la solution, à la fois spatiale et stratégique, doit articuler l’échelle locale et globale, et s’inscrire dans une problématique plus générale, celle de l’insularité.

LA METHODE DE TRAVAIL

L’annonce de la destination du voyage aux étudiants a suscité de nombreux questionnements à propos d’une île dont les échos au travers des média ne dévoilent qu’une partie de la complexité d’une situation locale sous l’influence de bouleversements globaux. En effet, la thématique des réfugiés est déjà au cœur des débats des étudiants de l’Ecole Urbaine, certains d’entre eux s’étant investis sur la question des migrants à Calais.

La visite de Madame Giusi Nicolini dans les locaux de Sciences Po a constitué le point de départ d’une série de recherches permettant une première projection sur le territoire de Lampedusa. Des recherches bibliographiques au travers de la presse, de la littérature scientifique et la lecture des documents communiqués par la mairie de Lampedusa ont permis de constituer un socle de données préalable au voyage.

Trois thèmes généraux ont été mis en avant : Développement économique - Espaces publics et migrants - Formes urbaines et habitat.

L’IMPRÉGNATION DU TERRITOIRE

Sur l’île, le travail a consisté à confronter et à mettre en commun régulièrement les informations collectées lors des visites et des rencontres formelles et informelles, en conjuguant une approche transversale et un approfondissement thématique.

L’imprégnation du territoire et de ses enjeux passe par un regard neuf et aiguisé, un étonnement, le recours aux cinq sens. La traduction des ressentis s’est exprimée par des mots, des dessins, des photographies. Les visites communes et les multiples rencontres ont ainsi constitué un support précieux pour l’apprentissage du territoire : le personnel du centre d’accueil des migrants, les acteurs associatifs, des migrants, les professionnels du tourisme et plus généralement les habitants de l’île. Les visites guidées ont permis une confrontation avec des lieux remarquables préalablement identifiés. Ces visites ont été complétées par des explorations personnelles et intuitives des lieux, des rencontres informelles, et des recherches thématiques

« Loin d’être dépourvue de ressources Lampedusa souffre d’un déficit de connexion et de mise en valeur de ces atouts potentiels. » (extrait du rapport)

POUR UNE ÎLE DE PROJETS

Les étudiants ont décidé d’affirmer leur démarche de travail par la valorisation des potentialités de l’île et l’augmentation de sa capacité à agir. Lampedusa, qu’lis considèrent comme fragile mais forte de ses ressources, doit s’adapter à des phénomènes globaux qui lui échappent. Ces phénomènes sont de différentes natures : l’insularité en elle-même, les flux des migrants, les conditions économiques difficiles du Sud de l’Italie, la concurrence de la pêche internationale, le réchauffement climatique… L’île de Lampedusa devrait être plus résiliente pour s’adapter à ces différents phénomènes.

L’enjeu de ce travail collectif était de tenter de concilier des axes stratégiques et spatiaux en répondant de manière transversale tant à la problématique des flux migratoires qui viennent bouleverser l’équilibre de l’île, qu’à celle de l’économie, et de l’aménagement. Le champ d’action se situe alors à l’interface de quatre populations : les habitants, les touristes, les migrants et les professionnels induits par ces derniers.

CONCLUSION

Les actions proposées par les étudiants ont vocation à définir et développer des sujets de réflexion qui leurs ont semblé prioritaires. Il s’agissait d’apporter un regard extérieur sur des problématiques locales et leurs externalités dans une démarche prospective mais réaliste. Ces trois jours passés sur l’île leurs ont permis de confronter leur connaissance théorique à la réalité du terrain. Cependant les étudiants sont conscients de la nature non exhaustive et nécessairement parcellaire de leur approche afin d’alimenter les réflexions stratégiques et territoriales des acteurs engagés dans ce processus.

Ces suggestions d’actions s’inscrivent dans une démarche volontairement prospective. Par conséquent, si le rapport produit apporte une réelle fraicheur, il doit être confronté à l’appropriation par les acteurs et à l’adaptation au contexte réel. Les axes présentés sont ainsi de vraies pistes de réflexion et l’idée de reproduire une étude sur le modèle du workshop pourrait être reprise. La succession de workshop relancerait alors des impulsions régulières au développement de l’île.

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