Natacha Valla, nouvelle doyenne de l'École

Rentrée 2020
  • Natacha Valla © Sciences PoNatacha Valla © Sciences Po

A la rentrée 2020, Natacha Valla, économiste, succèdera à Marie-Laure Salles-Djelic en tant que doyenne de l'École du management et de l'innovation de Sciences Po. Une nouvelle aventure pour cette femme talentueuse dont la carrière s’épanouit aux frontières des mondes scientifiques, économiques et politiques français et internationaux.

Économiste, administratrice et enseignante

Directrice générale adjointe pour la politique monétaire de la Banque centrale européenne (2018-2020), Natacha Valla a été auparavant directrice de la recherche économique internationale de Goldman Sachs, directrice adjointe du CEPII et chef de la division politique et stratégie de la Banque européenne d’investissement.

Titulaire d'un doctorat de l'Institut universitaire européen à Florence et d'un master d'économie des universités de Lyon 2 et de Georgetown, elle a enseigné à HEC, à Sciences Po et à New York University à Abu Dhabi. Elle a été fellow à la Paris School of Economics de Paris.

Sa connaissance du monde de l’entreprise a été enrichie par sa participation aux conseils d'administration de grandes sociétés comme LVMH, Accor, Tikehau Capital et ASF/Cofiroute.

Elle succède à Marie-Laure Salles-Djelic qui a été nommée directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève.

Frédéric Mion se réjouit de la nomination de Natacha Valla et salue le remarquable travail accompli par Marie-Laure Salles-Djelic lors de son mandat : "Première doyenne de l’Ecole du management et de l’innovation de sciences Po, Marie-Laure Salles-Djelic en a posé les fondations et l’a inscrite sur une trajectoire de très fort développement, grâce à une conviction puissante et durable : l’entreprise doit être un acteur-clé des mutations positives et nécessaires du monde contemporain” déclare t-il.

Former les entrepreneurs du changement

L'École du management et de l'innovation a en effet pour mission de “former les acteurs économiques de demain, capables par leur créativité et leur vision entrepreneuriale de transformer l’entreprise et de repenser son rôle dans la société”. Elle rassemble aujourd’hui plus de 1100 étudiants, donc 41% d’internationaux représentant 48 nationalités.

Pour former ces entrepreneurs du changement, l'école se donne un triple objectif :

  • Faire face à la complexité, en transmettant les clefs de compréhension de la mondialisation, de la révolution numérique, et de la complexité des enjeux et des transformations qui leur sont associés. 
  • Favoriser la créativité, en anticipant et en accompagnant le développement de l’économie créative et des nouveaux modèles d’affaires. 
  • Et poursuivre le bien commun, en mettant en exergue la responsabilité des acteurs économiques au regard des enjeux sociétaux. 

Pédagogie active et prospérité inclusive 

8 masters en deux ans, 1 master en un an, et 12 double-diplômes avec des institutions prestigieuses comme la Bocconi de Milan ou University of Pennsylvania : voilà l’essentiel des formations dispensées par l'École du management et de l'innovation, accessibles aussi bien aux étudiants en formation initiale qu'aux jeunes professionnels et aux responsables de haut niveau.

Pour contribuer à former les 70% de diplômés de Sciences Po qui rejoignent chaque année le secteur privé, le projet pédagogique de l'École du management et de l'innovation associe savoirs théoriques et mise en pratique : le corps enseignant (rassemblant plus de 680 personnes) se compose à 20% de chercheurs de premier plan et à 80% de praticiens de haut niveau. L’école accueille en outre plus de 80 événements et ateliers chaque année.

À travers des enseignements partagés en sciences humaines et sociales, une formation commune en management, des enseignements spécialisés par domaines professionnels, une sensibilisation aux humanités numériques, et une relation étroite avec le médialab et le Centre pour l'Entrepreneuriat, l'École du management et de l'innovation prépare les étudiants à rejoindre des domaines d’activité traditionnels (conseil, audit, finance, marketing, communication, ressources humaines...) mais aussi les métiers du digital, de l'entrepreneuriat, de l'investissement responsable, ou encore de l'environnement avec un mot d’ordre : la prospérité inclusive.

Pour Natacha Valla, "c’est un honneur de rejoindre l’aventure Sciences Po. L’école dispose de fondations solides et de valeurs précieuses. Je mettrai mon expérience et mon enthousiasme au service de son développement pour que les étudiants de demain portent un monde soutenable, innovant, performant et convivial."

Collectivement, nous sommes plus forts malgré la distanciation

Steven Kaci, un étudiant engagé
  • Portrait Steven Kaci © Steven KaciPortrait Steven Kaci © Steven Kaci

Alors que la diplomation approche à grands pas, l’actualité sanitaire a chamboulé les lignes tracées pour l’ensemble de nos étudiants.

Pour Steven Kaci, prochainement diplômé du Master finance et stratégie mention Stratégie et management, la nécessité de se mobiliser est apparue comme une évidence face cette crise sans précédent et il a choisi de s’engager pour sa commune, Carrières-sur-Seine.

UN ENGAGEMENT ÉVIDENT

Quand la crise du Covid-19 a commencé, Steven Kaci est confiné chez ses parents. Son stage de fin de master est maintenu, en télétravail. Néanmoins, il lui est apparu évident de devoir s’engager et d’utiliser sa formation, ses expériences et ses compétences au service du Bien Commun et de sa ville. Il met à profit sa formation pour poser un état des lieux.

D’une part, il perçoit un manque d’information et de visibilité sur les multiples initiatives organisées localement (mise en place des paniers solidaires, création de masques 3D, entraide…) et d’autre part que notre hyper connectivité ne nous empêche pas de sous-exploiter voire d’inexploiter les outils connectés et tous les services qu’ils peuvent nous rendre.

Fort de ce double constat, il décide de créer un site internet, https://carrieres-sur-seine-solidaire.fr, une page Facebook - COVID19 - Entraide Carrières-Sur-Seine - et un fil twitter. L’objectif étant de coordonner l’ensemble des initiatives locales, qu’elles soient personnelles ou venant du tissu associatif très développé, autour de moyens de communication capables de rassembler le plus grand nombre de public car « collectivement nous sommes plus forts malgré la distanciation ». Le succès est rapidement au rendez-vous.

Sa plateforme devient un point d’entrée pour relayer les initiatives locales, pour demander ou proposer son aide, qu’il apporte à titre personnel notamment aux commerçants souhaitant obtenir des conseils pour développer en temps de crise de nouveaux moyens de s’adapter tout en respectant les impératifs sanitaires.

L’objectif premier étant surtout de générer un cercle de solidarité totalement gratuit.

UN PARCOURS UNIVERSITAIRE MAIS AUSSI PROFESSIONNALISANT

Steven Kaci a rejoint Sciences Po à la faveur du partenariat entre Sciences Po et l’université Paris Descartes qui lui a ouvert de nouvelles perspectives.

Après sa licence en économie et gestion, il intègre le Master finance et stratégie en 2017 avec pour objectif d’acquérir une formation complémentaire et approfondie. Son année de césure (un stage en mode strat-up et un autre en banque), lui a permis d’affiner son choix de mention et plus largement de réfléchir sur son projet professionnel. Cette année a été une expérience positive dans son parcours et lui a permis de son confronter au monde du travail où efficacité et rapidité sont les maitres mots.

Quant au milieu associatif, il reste un véritable pilier et notamment son engagement au sein de l’association Sciences Po Finance, pour laquelle il a contribué à créer et développer une identité de marque (avec l’aide de l’Assocom, association du Master communication, médias et industries créatives). Les valeurs du travail en équipe et la gestion en mode projet l’ont enrichi et lui ont donné des clés nécessaires lorsqu’il a décidé de s’engager.

Au-delà de sa formation au sein de son master, il souligne que les plus grandes richesses restent les rencontres humaines et d’avoir eu l’occasion de pouvoir se nourrir de la diversité des visions et des contenus qui ouvrent le champ des possible au sein de Sciences Po

ET APRES ?

Professionnellement, cette période inédite l’a poussé à se recentrer sur ses objectifs et ses priorités. Clairement, être en adéquation avec le projet de son futur employeur et de travailler avec une équipe soudée deviennent prioritaires.

Concernant son engagement, il espère que la plateforme d’entraide continuera de perdurer et qu’elle apportera une véritable valeur-ajoutée dans le quotidien des habitants de Carrières-Sur-Seine.

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Forum des métiers de la Transition Écologique

Du 20 au 29 mai 2020
  • Affiche du forum de la Transition Écologique ©Sciences PoAffiche du forum de la Transition Écologique ©Sciences Po

Face à l'urgence climatique et aux bouleversements planétaires, vous souhaitez vous engager dans des carrières liées à la transition écologique et ne savez pas toujours quels métiers et fonctions vous pourriez exercer ?

Vous souhaitez rejoindre en stage ou emploi des organisations dont les activités et / ou la raison d'être ont du sens ?

Afin de vous éclairer dans vos choix d'orientation et votre recherche de stage, nous vous invitons à participer au premier Forum thématique dédié aux métiers de la transition écologique qui aura lieu du 20 au 29 mai sur Seekube.

Tout au long des mois d'avril, mai et juin nous vous invitons également à participer à des présentations, tables rondes métiers réunissant des diplômés, des responsables RH et collaborateurs d'organisations qui s'engagent en faveur de la transition écologique.

 

En savoir plus

Le forum des métiers de la transition écologique sur le site de Sciences Po Carrières.

La Newsletter Carrières du 29 avril 2020.

Notre communauté en parle

La crise du Covid-19
  • Vie quotidienne des étudiants sur le campus de Paris ©M. Nascimento/Sciences PoVie quotidienne des étudiants sur le campus de Paris ©M. Nascimento/Sciences Po

Dans l’univers du management, la sagesse a toujours été un peu suspecte

Par Olivier Guillet, publié le 14 mai, ADN Innovation 

Quel impact aura la crise du Covid-19 sur l’organisation des entreprises ? Entretien avec Olivier Guillet, directeur exécutif de l’École de Management et de l’Innovation de Sciences Po – avec l’aimable contribution de Sénèque et Marc Aurèle. Lire la suite

Olivier Guillet, Directeur exécutif de l'École du management et de l'Innovation, anime l'enseignement Leadership: from Power to Empowerment 

 

Tous les commerçants sans exception ont vu leur rôle social revalorisé pendant la crise

Par Vincent Chabault, publié le 14 mai - L'Obs

Après huit semaines de confinement, marquées entre autres par les déboires judiciaires d’Amazon, il est temps pour les commerces physiques, de faire valoir leur « rôle social » Lire la suite

 Au sein de l'École du management est de l'innovation, Vincent Chabault anime l'enseignement transerve Mutations contemporaines de la consommation : des big data à l’économie collaborative

 

Notre ennemi n'est pas le virus, mais nous-mêmes

Par Gilles Boeuf, publié le 12 mai - La Tribune

LE MONDE D’APRÈS. Nous ne sommes pas en guerre contre un virus, mais contre nos propres manquements, nos propres agissements, notre propre irresponsabilité à l'égard de la planète. Nous sommes, en définitive, notre propre ennemi, assène Gilles Boeuf. En cause, notre servilité coupable à des dogmes - croissance, consommation, propriété, hâte, et bien sûr profit - au noms desquels l'humanité, aveuglée par son arrogance anthropocentrique, se croit autorisée et même stimulée à surexploiter le capital "nature" jusqu'à son anéantissement. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Gilles Boeuf anime l'enseignement transverse Des sciences de la nature aux sciences politiques. Il a également prononcé la leçon inaugurale de l'École sur le thème de La résilience lors la rentrée universitaire.


Il y a une vraie créativité dans la mobilisation de notre génération

Par Hugo Travers, publié le 7 mai - Le Figaro

LA FRANCE D'APRÈS - Chaque jour, Le Figaro interroge une personnalité sur la façon dont elle envisage la France de l'après-crise. Le youtubeur dénonce «la politique politicienne qui prend le dessus sur l'importance de sauver des vies». Lire la suite

Hugo Travers, youtubeur et étudiant dans le Communication, médias et industries créatives

 

La rhétorique peut-elle sauver le débat ?

Par Clément Viktorovitch, publié le 6 mai - ADN Innovation

Tous les soirs sur Clique TV, il met « Les points sur les i » dans sa chronique qui décrypte la rhétorique de celles et ceux qui occupent l’espace médiatique. Et ça cartonne. La rhétorique peut-elle sauver le débat ? Entretien avec Clément Viktorovitch. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Clément Viktorovitch co-anime les enseignements Réthorique du master Communication, médias et industries créatives.

 

Quand l'Idéologie Avance Masquée: Immunité Collective, Néolibéralisme et Darwinisme Social

Par Marie-Laure Salles-Djelic, publié le 4 mai - LinkedIn

L’une des réponses possibles face à la pandémie de coronavirus est celle qualifiée de ”l’immunité collective”. Telle que nous l’avons vue proposée ces dernières semaines, l’idée est simple. Il s’agit de laisser l’épidémie suivre son cours naturel. La contamination rapide d’une partie de la population devrait créer à terme un ”mur d’immunité” - ralentissant la propagation du virus, protégeant les individus non contaminés et endiguant finalement l’épidémie. Lire la suite

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.

StopCovid: «Il est contre-productif de proposer une solution techniciste à un problème qui ne l’est pas»

Par Pierre-Antoine Chardel, Valérie Charolles, Mireille Delmas-Marty et Asma Mhalla, publié le 27 avril - Le FigaroVox

L’efficacité de l'application StopCovid est extrêmement discutable, alors même que la généralisation d’un tel dispositif pourrait aboutir à des atteintes irrémédiables aux libertés. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Asma Mhalla anime les enseignements Customer Centricity, au cœur des nouvelles stratégies de transformation de l’entreprise et Les plateformes numériques, nouveau modèle de rupture : enjeux économiques et éthiques du master Marketing


Traçage : "Ce n'est pas le numérique qui pose question, mais notre capacité à penser le bien commun"

Par Stéphane Grumbach, publié le 27 avril - France Culture

Entretien | À travers le monde, les différentes solutions technologiques imaginées pour répondre à la pandémie via les applications de traçage "StopCovid" dessinent une carte assez précise de la façon dont le politique se saisit - ou pas - des questions numériques. Analyse avec Stéphane Grumbach, de l'INRIA. Lire la suite 

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Stéphane Grumbach anime l'enseignement Economies des données au sein du Master innovation & transformation numérique.

 

Pas de « monde d'après » sans l'union de nos forces

Par membres de la Coalition 10 %, publié le 23 avril - Les Echos

La pandémie de Covid-19 interroge de manière impérieuse nos modèles économiques, sociaux et environnementaux. Ce n'est qu'ensemble, à travers des coalitions innovantes entre toutes les parties prenantes, que nous pourrons envisager un avenir partagé et renouveler les solidarités. Lire la suite

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.


Gestion de crise  : comment tirer les leçons du coronavirus ?

Par Henri Bergeron, Olivier Borraz, Patrick Castel et François Dedieu, publié le 22 avril - AOC

La crise que nous traversons est unique à maints égards, mais pas singulière. Tout laisse à penser qu’elle pourrait être suivie par des crises plus graves encore, notamment dues au réchauffement climatique. Il faut donc en tirer des leçons, tant sur cette crise et la manière dont elle est gérée, que sur les outils à mettre en place pour organiser un retour d’expérience qui pourra ensuite être appliqué à d’autres crises. Ce travail doit être pluriel pour que de la controverse scientifique émergent des résultats plus robustes encore. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Henri Bergeron occupe la fonction de Directeur du Master Organisations et management des ressources humaines. Il co-enseigne au sein de ce même master les enseignements Enquête sociologique et Le Prix du livre RH avec Patrick Castel.

 

The Pandemic in the Age of Anxiety

By Olivier Bouin, Marie-Laure Djelic, Marc Fleurbaey, Ravi Kanbur and Elisa Reis, published on April 21 - The International Science Council (ISC)

Even before COVID-19, there was a growing feeling that the trajectory of global social progress was under threat. This sense of foreboding was paradoxical. The previous seven decades since the second world war had seen unprecedented progress across the globe in key economic and social indicators—per capita income, income poverty, life expectancy, infant mortality, maternal mortality, school enrolment, girls’ school enrolment, end of colonial rule, fall of non-democratic regimes, and so on. Of course, there were regional variations, and there had been setbacks, but the overall story was surely one of global social progress. Read more

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.

 

Le Temps.... Aux Temps du Coronavirus

Par Marie-Laure Salles-Djelic, publié le 20 avril - Thinkers & Doers

En ces temps troubles et troublés, j'engage une réflexion sur la manière dont les dimensions structurantes de nos vies sont ou seront transformées. Je mélange mon regard de sociologue avec une exploration à la fois personnelle mais aussi plus philosophique. Lire la suite

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.

 

LES ENTRETIENS CONFINÉS “RETROUVER L'IDÉE DU BIEN-ÊTRE COLLECTIF"

Par Éloi Laurent, publié le 16 avril - France Inter

Confinement oblige, Camille Crosnier s'entretient à distance avec des personnalités scientifiques pour nourrir notre réflexion et construire le fameux "monde d'après". Aujourd’hui, l’économiste Eloi LaurentLire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Éloi Laurent co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition,ainsi que l'enseignement transverse Political Economy of the Environment: Managing our Ecological Crises

 

NOUS SOMMES PASSÉS À UN MOMENT PLUS POLITIQUE

Par Henri Bergeron, publié le 15 avril 2020 - Le Monde

Propos recueillis par Paul Benkimoun et Chloé Hecketsweiler 

Selon le sociologue, l’allocution d’Emmnanuel Macron le 13 avril montre que la crise due au coronavirus est désormais abordée dans toutes ses dimensions, y compris économiques et sociales, après une première étape marquée par la prédominance des enjeux médicaux. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Henri Bergeron occupe la fonction de Directeur du Master organisations et management des ressources humaines. Il co-enseigne au sein de ce même master les enseignements Enquête sociologique et Le Prix du livre RH

 

L'ETAT PROVIDENCE, NOTRE ATOUT LE PLUS PRÉCIEUX DANS LE SIÈCLE DES CRISES ÉCOLOGIQUES

Par Éloi Laurent, publié le 15 avril -  Les Inrockuptibles

Tous les jours, un entretien pour nous projeter dans le monde que l'on retrouvera au sortir de cette crise sanitaire. Aujourd'hui, l'économiste Eloi Laurent défend l'idée d'un “changement radical de cap” qui revaloriserait l'Etat providence. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Éloi Laurent co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition,ainsi que l'enseignement transverse Political Economy of the Environment: Managing our Ecological Crises


CORONOPTIQUES

Par Antoine Courmont, publié le 10 avril 2020 - Laboratoire d’Innovations Numériques (LINC), CNIL

La gestion de l’épidémie du Covid-19 mobilise de multiples dispositifs de surveillance, portés par des acteurs variés, qui contribuent à rendre visible le virus, sa propagation et les déplacements de la population. Quels sont ces coronoptiques ? Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Antoine Courmont co-anime l'enseignement transversal Enjeux socio-politiques des données : Dynamiques et controverses.

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La nécessité de faire évoluer notre monde devient un enjeu majeur

  • 9, rue de la Chaise © Sandrine Gaudin / Sciences Po9, rue de la Chaise © Sandrine Gaudin / Sciences Po

 

Dans ce contexte de crise majeure, le projet et les valeurs de l'École du management et l'innovation, portés par sa Doyenne, Marie-Laure Salles-Djelic, s'incrivent pleinement dans les grands défis contemporains que nous devrons relever.

Que ces défis soient économiques, sociaux, environnementaux ou politiques nous avons à coeur de former des futurs leaders capables d'initier et d'accompagner une transformation responsable et durable pour prospérité inclusive.

"Il est nécessaire que notre système se transforme de manière assez radicale [...]. Cette convinction personnelle a rencontré un ADN qui est celui de Sciences Po, qui porte des préoccupations pour l'intérêt général et le bien commun" (M.-L. Salles-Djelic)

La nécessité de faire évoluer notre monde devient un enjeu majeur. C'est sur cette conviction que le projet et les valeurs de notre école se fonde depuis sa création.

 

La raison d'ëtre de l'École du management et de l'innovation

Interview menée par Adrien de Tricornot.

 

 Visionner la vidéo complète sur Xerfi Canal

 

 

 

Transformer l’entreprise dans la responsabilité et le progrès social

Interview menée par Adrien de Tricornot.

 

 Visionner la vidéo complète sur Xerfi Canal

  

 

Les étudiants de l’École du management et de l’innovation de Sciences Po apportent une indéniable valeur ajoutée

Interview menée par Olivier Rollot

 

En quatre ans l’École du management et de l’innovation de Sciences Po s’est installée comme l’une de ses composantes principales tout en devenant une alternative crédible aux meilleures business schools. Sa directrice, Marie-Laure Salles Djelic, dresse avec nous le portrait d’une école particulièrement impliquée dans les évolutions de la société. (Photo : Emerson Kailey)

L'intégralité de l'échange est disponible sur le site HEADway

 

Témoignage d'Anaïs Alle

Étudiante de 1ère année du master joint Droit et Finance
  • Portrait Anaïs Alle ©Anaïs AllePortrait Anaïs Alle ©Anaïs Alle

J’ai intégré Sciences Po avec l’objectif de devenir avocate. Le collège universitaire a élargi mes horizons et mes possibilités, tout en me permettant de préciser mon projet.

L’annonce de l’ouverture du master joint droit et finance, pendant ma troisième année en école de commerce à Madrid, faisait écho à mon parcours pluridisciplinaire, à mon intérêt pour les problématiques tant juridiques que commerciales et financières ainsi qu’à ma conviction qu’elles devaient s’appréhender ensemble.

Cela fait maintenant quelques semaines que j’ai fait ma rentrée avec la première promotion du master droit et finance. Jusque-là, l’École de droit et l’École du management et de l’innovation ont tenu leurs promesses sur l’exigence, la qualité et la richesse de cette double formation. Au cours de ces quelques semaines, j’ai découvert les langages techniques des deux matières et j’ai pu percevoir les bénéfices pratiques de cet apprentissage.

Les enseignements des deux masters s’articulent bien entre eux et offrent un double éclairage précieux sur certains sujets d’actualité, ou sur certaines transactions. La diversité des parcours, des profils et des projets des étudiants de notre première promotion est également un atout du master au sein duquel on sent une énergie, une motivation et un potentiel stimulants.

Mon objectif est toujours de devenir avocate, et de me spécialiser en financement de projets dans le secteur de l’énergie. Ce domaine, comme tant d’autres, nécessite la capacité de comprendre et traduire des contraintes légales pour les juristes en implications financières pour les entreprises et inversement. En ce sens, le master nous ouvre de nombreuses opportunités et nous prépare concrètement aux réalités des marchés de la finance et du droit. La rentrée est encore récente mais je me sens déjà pleinement intégrée et optimiste pour la suite.

Anaïs Alle, étudiante de 1ère année du master joint Droit et Finance

Hackathon Covid - 19

Sortir sainement de la crise
  • Affiche Hackathon Covid - 19Affiche Hackathon Covid - 19

Hackathon Covid-19

 

Vous souhaitez participer à l’effort collectif de recherche de solutions à la crise du Covid-19 ?

Rejoignez-nous pour un Hackathon online, organisé du 10 au 12 avril avec le soutien de Sciences Po, HEC et Polytechnique.

L’objectif est de trouver des solutions efficaces à certaines problématiques soulevées par la crise sanitaire actuelle en mettant en commun durant 48 heures un maximum de « cerveaux » pour réfléchir aux défis sanitaires, économiques et sociaux soulevés par la crise.

Ensemble, essayons de faciliter la vie, le travail et le lien social de l'ensemble des communautés faisant face à la crise actuelle. Voici les quatre thématiques de réflexion qui vous seront proposées :

  1. SANTE : Aider nos professionnels de santé à faire face au manque de ressources et au nombre croissant de patients. 
  2. GOUVERNANCE : Aider notre gouvernement à gérer la crise à travers une meilleure communication, une meilleure visibilité sur les différents scénarios et l'impact de leurs mesures. 
  3. ENTREPRISES : Aider nos entreprises à s'adapter à de nouveaux besoins de temps de crise et à surmonter la crise sanitaire ainsi que la crise économique à moyen terme. 
  4. COMMUNAUTES : Aider notre population, notre communauté à se protéger et à surmonter le confinement en restant solidaires et en créant de nouveaux liens. 

Des mentors, spécialistes de leur secteur ou en innovation rapide, seront à votre disposition pour vous accompagner et vous aider à mener à bien votre projet. Votre aide sera précieuse !

Inscriptions et informations : https://hackingcovid19.fr/

Forum de l'apprentissage

Du 22 avril au 1er mai 2020
  • Affiche Forum apprentissage ©Sciences PoAffiche Forum apprentissage ©Sciences Po

Votre master est éligible à l'apprentissage ?

Réalisé en deuxième année, l'apprentissage vous permet d'accéder à des missions sur le long terme en entreprise et peut se révéler une passerelle vers un premier emploi à l'issue de Sciences Po.

En raison du COVID-19, le Forum initialement prévu Jeudi 26 mars aura lieu du 22 avril au 1er mai en ligne sur Seekube !

Venez rencontrer les équipes RH et collaborateurs d'une quizaine d'entreprises qui vous recrutent en apprentissage !

 

Comment procéder ?

Du 13 au 22 avril, découvre les offres à pourvoir et postule en ligne sur Seekube

Du 22 avril au 1er mai, les recruteurs te proposent des rendez-vous de recrutement

 

Accéder au Forum sur Seekube

Retrouver les informations complémentaires et la liste des participants sur le site Carrières de Sciences Po

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Portrait Alumnus : Khalid El Guitti

Khalid El Guitti - Du talent à revendre !
  • Khalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic © Maïna MarjanyKhalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic © Maïna Marjany

Khalid El Guitti - Du talent à revendre !

Portrait paru dans le numéro 18 (Hiver 2019-2020) du magazine Émile - trimestriel édité par Sciences Po Alumni, l'association des diplômés de Sciences Po Paris.

 

Khalid El Guitti (promo 13, Master finance et stratégie) incarne le profil type d’une success-story « made in Sciences Po ». Originaire de La Courneuve, entré rue Saint-Guillaume via la voie CEP, il crée sa première start-up en 2012, au sein de l’incubateur de l’école. Trois ans plus tard, à l’aube d’une levée de fonds de 10 millions d’euros, elle est rachetée par Booking.com. Toujours à l’affût de nouveaux projets, le jeune entrepreneur a lancé, en janvier 2019, une deuxième start-up, Paramedic, qui met en relation les ambulanciers et les établissements de santé. Il raconte à Émile son parcours.

Propos recueillis par Sandra Elouarghi, Yasmine Laaroussi et Maïna Marjany (promo 14, journaliste)

 

Du 93 à Sciences Po

Khalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic. (Crédits : Maïna Marjany)

Khalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic. (Crédits : Maïna Marjany)

Je préparais un bac ES et je n’avais jamais pensé faire Sciences Po jusqu’à la toute fin de ma classe de première, tout simplement parce que je ne savais pas ce que c’était. Je venais de faire une croix sur mon projet de devenir chirurgien – les 12 à 15 ans d’études me semblaient interminables – lorsque mon professeur de français m’a inscrit à un atelier pour préparer le concours de Sciences Po. Il avait lui-même étudié rue Saint-Guillaume et venait de créer l’atelier au sein de mon lycée. Je ne sais pas pourquoi il m’a choisi, il pensait certainement que j’avais le profil… Et il ne s’est pas trompé car ça m’a beaucoup plu ! Après mon bac ES, j’ai donc passé le concours via la voie CEP et je suis rentré sur le campus de Paris.

Je faisais partie de la toute première promotion du lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers à avoir préparé le concours de Sciences Po. Nous étions quatre à l’avoir réussi, dont deux qui sont partis sur le campus de Menton. Mes amis du collège et du lycée ont, quant à eux, suivi des routes complètement différentes, mais je n’ai pas eu le temps de me sentir seul à Sciences Po. Dès la semaine d’intégration, j’ai sympathisé avec plusieurs étudiants – deux venaient de la région parisienne et un autre de Metz – et nous sommes restés amis tout au long de nos études. Ce qui est drôle, c’est qu’ils venaient eux aussi de la procédure CEP, pourtant, on ne le savait pas quand on s’est rencontrés.

L’intégration s’est donc très bien passée. Mais là où j’ai ressenti un vrai fossé, c’est au niveau du travail. En termes de quantité, mais aussi de méthode. J’ai eu l’impression de basculer dans un monde complètement différent ! J’ai dû apprendre à faire un exposé en 10 minutes – un format que je ne connaissais pas du tout –, à présenter un dossier, à faire des références à des auteurs… Sans parler des deux parties et deux sous-parties réglementaires  !

Do you speak english ?

La matière qui m’a donné le plus de fil à retordre, c’est l’anglais. Je suis arrivé à Sciences Po avec un niveau quasi inexistant. L’histoire est un peu particulière : je n’ai pas eu de cours d’anglais pendant presque toute ma scolarité au collège. La professeure avait été poignardée et jamais remplacée. C’est hallucinant que ça ait pu durer des années. Quand je suis arrivé au lycée, ils étaient au courant de mon problème et m’ont assuré qu’ils trouveraient une solution. Mais à la fin de ma première, ils n’avaient rien à me proposer. J’ai eu 3/20 en anglais au bac… Heureusement, les autres matières ont rattrapé le coup et j’ai quand même réussi à obtenir la mention « Bien ».

Après avoir été accepté à Sciences Po, j’ai passé un entretien d’anglais pour savoir quel était mon niveau. La dame m’a dit : « Vous n’êtes même pas au niveau 1, mais je ne peux pas créer une classe spécifique pour vous ! » Je suis donc allé en niveau 1. Les autres élèves avaient certes des difficultés, mais ils prenaient des cours depuis des années, ils savaient ce qu’était un verbe en « ing ». Pas moi ! Je savais que le seul moyen de m’améliorer vraiment était de passer ma troisième année dans un pays anglophone.

À nous deux, New York !

À l’époque, mes camarades branchés business et marketing aimaient bien une boîte qui s’appelait Euro RSCG, devenue Havas Worldwide. J’ai postulé à une annonce de stage trouvée à Sciences Po Avenir. Pour me préparer à l’entretien téléphonique, j’ai écrit en français toutes les questions potentielles qui pourraient m’être posées, du style : « Pourquoi choisir New York ? » ; « Pourquoi une agence de pub ? » ; « Qu’est-ce que vous vous voyez faire dans cinq ans ? »… Ensuite, avec des amis, j’ai traduit en anglais les réponses. Pendant l’entretien, je ne comprenais pas tout à fait la question, mais j’arrivais à la raccrocher à l’une de celles que j’avais préparées, puis je lisais ma réponse. C’était drôle parce que parfois la recruteuse me disait « oui, très bien », et moi je continuais de lire, je voulais finir ce que j’avais écrit !

Une fois arrivé à l’agence à New York, je me suis retrouvé dans une situation un peu loufoque. Ils se demandaient ce que je faisais là et comment j’avais réussi à décrocher le stage. Ils n’étaient même pas sûrs que c’était moi qui avais passé l’entretien ! Mais finalement, c’était génial, j’étais dans un environnement qui ne parlait pas du tout français, je n’ai pas eu le choix, j’ai appris énormément. Et comme je suis assez sociable, je me suis rapidement fait des potes à la salle de sport, au foot, etc. J’ai donc appris l’anglais sur le tas, avec eux, et l’avantage c’est que j’ai assimilé l’accent américain en même temps que j’apprenais la langue.

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Khalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic. (Crédits : Maïna Marjany)

“En revenant de New York, j’ai intégré le Master Finance et Stratégie. Mon projet à l’époque, c’était de bosser dans une banque d’affaires, mais après six mois de stage à La Défense, j’étais vacciné !”

Tout quitter pour entreprendre

En revenant de New York, j’ai intégré le Master Finance et Stratégie, dans la section International Business. Mon projet à l’époque, c’était de bosser dans une banque d’affaires, mais après six mois de stage à La Défense, j’étais vacciné ! Entre mon M1 et mon M2, j’ai fait une année de césure pour réaliser des stages. Le premier s’est passé au siège de la Société Générale. L’ambiance de l’esplanade de La Défense est très particulière. À huit heures du matin, des milliers de salariés sortent tous en même temps des transports. Les bruits de talons, les costumes… C’était la déprime. Je comprends que ce soit intéressant pour certains, mais ce n’est pas mon cas.

Je devais enchaîner avec un deuxième stage chez J.P. Morgan, à New York. Et là, un de mes amis, Arthur, qui était également en césure et faisait un stage chez Goldman Sachs, me dit qu’il veut démissionner, que ce n’est pas fait pour lui et qu’il veut se lancer dans l’entrepreneuriat. Il me propose de me lancer avec lui. Nous avons cette discussion un soir, après le boulot, dans un café de La Défense. Je me dis que c’est le bon moment, qu’on n’a pas grand-chose à perdre. Je refuse donc mon stage chez J.P. Morgan et j’appelle Maxime Marzin, le directeur de l’incubateur de Sciences Po, pour lui parler de notre projet.

PriceMatch, la naissance d’une pépite

Nous avons pensé à appliquer le système du revenue management au domaine hôtelier. Pour faire simple, le revenue management c’est, par exemple, ce que font les compagnies aériennes lorsqu’elles changent le prix du billet en fonction de la demande. Cela devient vraiment intéressant quand on est capable d’anticiper la demande et non pas de réagir sur le coup.

Ce que nous avons proposé avec PriceMatch, c’est un algorithme capable de proposer aux hôteliers le meilleur prix pour tous leurs types de chambres sur les 365 nuits à venir. Pour parvenir à ce résultat, nous avons récupéré énormément de données : l’algorithme prenait en compte l’historique des quatre dernières années concernant notamment la météo, la concurrence, tous les évènements ponctuels ou récurrents aux alentours. L’idée était de s’inspirer de ce que font déjà les hôteliers pour calculer le prix de leurs chambres, mais avec une démarche scientifique. On pitche notre projet à l’incubateur de Sciences Po en 2012. À ce moment-là, nous sommes quatre, dont un qui a fait Polytechnique.

Dès le début, le projet démarre sur les chapeaux de roue. Déjà parce que l’entrée à l’incubateur nous donne des moyens supplémentaires : des bureaux rue de Grenelle, un comptable et un avocat que nous pouvons consulter gratuitement. On reçoit également une subvention de 30 000 euros. Et nous avons accès au vivier Sciences Po, ce qui nous permet de recruter des stagiaires. Le premier été, beaucoup vont faire du porte-à-porte dans tous les hôtels parisiens pour présenter notre projet. Petit à petit, on se développe, puis un fonds d’investissement vient nous voir. On réalise alors notre première levée de fonds, qui s’établit à un million et demi.

En parallèle, on s’agrandit, on recrute et on ouvre des bureaux à l’étranger : Rome, San Francisco, Amsterdam, Barcelone puis le Brésil. Dans chacun d’entre eux, on a plusieurs commerciaux qui démarchent les acteurs de l’hôtellerie sur place. Mon job à ce moment-là est d’entrer en contact avec nos salariés partout dans le monde pour que le cycle de vente soit en constante progression.

De la start-up au grand groupe

En 2015, on prépare notre deuxième levée de fonds d’un montant de 10 millions d’euros et on recrute pas mal, on n’est pas loin de 90 personnes au sein de PriceMatch. Au moment de signer les papiers de la levée de fonds, Booking.com débarque. On leur présente notre projet, une discussion s’entame et ils proposent de nous racheter. Deux mois plus tard, la vente est finalisée [le montant est tenu secret, NDLR]. C’est hyper rapide.

Après le rachat, on se retrouve à travailler dans les locaux de Booking.com situés à Amsterdam. Cela s’appelle un vesting : lorsqu’une entreprise rachète une start-up, elle acquiert les fondateurs avec. Contractuellement, on était liés pour trois ans. Mon boulot est alors de former les équipes de Booking.com à vendre notre produit. Au final, j’ai bien aimé passer du statut de patron à celui d’employé, j’avais enfin des horaires ! J’ai beaucoup voyagé parce que j’étais responsable de la partie Europe, Moyen-Orient, Afrique. Le point négatif d’une grosse entreprise, ce sont les process. Nous avions beaucoup trop de réunions. Avec mon manager, par exemple, on se forçait à faire des points hebdomadaires même quand ce n’était pas indispensable. Trois ans, c’était vraiment suffisant.

Start-up un jour, start-up toujours 

Khalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic. (Crédits : Maïna Marjany)

Khalid El Guitti dans les locaux de sa start-up Paramedic. (© Maïna Marjany)

Je n’ai pas pensé immédiatement à un nouveau projet de start-up, mais forcément ça m’a travaillé ! À partir de 2018, je rentre plus régulièrement à Paris le week-end et j’en profite pour passer du temps avec mes proches. Un de mes amis d’enfance a créé une société d’ambulance et quand je suis avec lui, son téléphone sonne en permanence : les hôpitaux et les cliniques l’appellent pour savoir s’il peut transporter tel ou tel patient. À chaque fois, il regarde son carnet, les engagements déjà pris et calcule si c’est rentable ou non de prendre la course.

J’en parle alors à Sameh, un ami ingénieur diplômé de Polytechnique, qui travaillait avant dans la cybersécurité pour le gouvernement singapourien et vient de rentrer en France. Je lui dis qu’il devrait développer une application pour les ambulanciers afin de les aider à organiser leurs trajets. À l’été 2018, on rencontre des établissements de santé et on constate que le problème se situe aussi à leur niveau. Sameh commence ensuite à développer l’application, qui se veut une plateforme de mise en relation entre les ambulanciers et les établissements de santé.

Coup de chance, cela coïncide avec l’entrée en vigueur, le 1er octobre 2018, d’une nouvelle loi sur le financement de la Sécurité sociale. Son article 80 vient redistribuer les cartes dans le secteur. Avant, la Sécurité sociale payait 100 % des transports de patients inter et intra hospitaliers, mais désormais, une partie des frais sera à la charge des établissements de santé. Ils doivent donc mieux gérer leurs flux pour limiter les coûts, ce qui est une aubaine pour nous. À ce moment-là, on voit apparaître des concurrents, c’est le signe que l’on ne s’est pas trompé. En novembre 2018, je démissionne de mon poste à Amsterdam, ça faisait trois ans. Je rentre à Paris, on lance le projet Paramedic en janvier 2019 et l’entreprise est légalement créée en mai. Aujourd’hui, plus de 350 transporteurs sanitaires (ambulanciers, taxis conventionnés, véhicules sanitaires légers et transports de personnes à mobilité réduite) sont présents sur la plateforme et une soixantaine d’établissements de santé en Île-de-France (hôpitaux, cliniques et Ehpad). Nous venons également de réaliser notre première levée de fonds, d’un montant de trois millions d’euros. Notre projet est ensuite de continuer à nous développer et d’envisager une nouvelle levée de fonds, dans un an et demi, d’un montant encore plus élevé, 10 millions d’euros par exemple, pour s’internationaliser.

La consécration au Gala de sciences Po ?

J’étais invité, le 7 octobre dernier, au gala de Sciences Po pour présenter mon parcours. C’était un super-moment, d’autant qu’il s’agissait aussi pour moi d’une sorte d’hommage à Richard Descoings, qui a été mon tuteur en première année [un système de mentorat est mis en place pour les étudiants issus des CEP, NDLR]. Après, je ne parlerai pas de consécration, parce que je n’ai pas l’impression d’être arrivé à un sommet et je pense qu’il reste encore beaucoup à faire avec Sciences Po.

Finalement, je me suis plutôt bien amusé au gala. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Ali Baddou ou encore Édouard Philippe, qui fait de la boxe, comme moi – même si j’ai préféré ne pas combattre avec lui, à côté de ses gardes du corps, c’était risqué ! Avec PriceMatch, j’ai eu l’occasion de m’exprimer en public de très nombreuses fois, devant des dizaines voire des centaines de personnes. Et puis j’ai vécu tout un tas de petites expériences, plus ou moins drôles, qui viennent relativiser les choses quand je m’exprime dans un gala en présence de personnalités. Vous savez quand vous faites une bourde face à la reine d’Angleterre, vous n’avez plus peur de rien ! [rires]

« J’ai pitché la reine d’Angleterre »

En 2014, le marché aux fleurs à Paris a été rebaptisé au nom de la reine Elizabeth II. Pour l’inauguration, des représentants de plusieurs professions ont été invités. On m’a proposé d’incarner les entrepreneurs. On nous a expliqué que la reine et le président français seraient présents. Une formation de deux heures pour apprendre à saluer la reine a été organisée, mais je n’ai pas pu m’y rendre. J’avais promis de regarder comment faire. Bien sûr, j’ai tout oublié sur le moment et j’ai fait la seule chose qu’il ne fallait pas : lui tendre la main ! C’était un réflexe pour moi… Et elle m’a quand même serré la main. Je me suis présenté et je lui ai dit que j’étais le fondateur de PriceMatch. Dans un français impeccable, elle m’a demandé de quoi il s’agissait, je lui ai expliqué notre concept. On a ainsi eu une discussion de 40 secondes et, autour de nous, tout le monde s’est demandé de quoi on parlait. Ensuite, j’ai échangé avec François Hollande qui me disait que notre concept était super et qu’il avait déjà entendu parler de la boîte, mais je pense que c’était faux [rires]. En y repensant, je me suis amusé de cet épisode en me disant que j’avais pitché la reine d’Angleterre !

Le 93 gravé dans le marbre de Boutmy

Avant la soirée de gala, je n’avais pas pensé à participer à l’opération de levée de fonds de Sciences Po « Gardez votre siège en Boutmy ». Quand le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a présenté le projet, je me suis dit qu’avec un parcours comme le mien, parti de La Courneuve, ce serait symboliquement stylé d’inscrire mon nom pendant 99 ans sur les chaises de Boutmy. Ça m’amuse d’imaginer que dans quelque temps, un étudiant viendra s’assoir sur le siège et se demandera « c’est qui ce gars-là ? ». Je ne suis pas sûr qu’il trouvera des informations sur moi, mais je veux juste qu’il se pose la question. Pour que la symbolique soit encore plus forte, j’ai choisi le siège 93. J’ai hésité avec le numéro 1 ou le numéro 10, mais ils étaient au premier rang, alors que je ne me suis jamais assis tout devant. Le 93, c’est mon département, là où j’ai grandi, où je me suis construit, c’est beaucoup plus parlant.

La première promotion du master Marketing: New Luxury & Art de Vivre à Milan

  • La promotion du master en voyage d’études à Milan ©Sciences PoLa promotion du master en voyage d’études à Milan ©Sciences Po

Nul doute que Milan, la capitale italienne de la mode et du design, était la ville idéale pour organiser le voyage d’études de la première promotion du master Marketing: New Luxury & Art de Vivre qui s’est déroulé du 19 au 22 janvier.

Retour sur quatre jours intenses venant ouvrir le deuxième semestre du master.

Au programme : des rencontres avec des professionnels et des universitaires passionnés par le luxe, le design mais aussi la gastronomie, des visites de magasins et de lieux de production. Ce voyage a aussi été une occasion supplémentaire de souder cette toute première promotion.

Se confronter au terrain

Après un premier semestre d'études consacré à l’acquisition des fondamentaux en marketing et à une première approche du luxe, la valeur ajoutée de ce voyage prend tout son sens. « Ça a été une formidable opportunité de découvrir en profondeur le monde du luxe italien à travers l'éclairage des professionnels de cette industrie. C'est un excellent complément à ce que nous avons appris durant le premier semestre de ce master : permettre à la promotion de pouvoir rencontrer des professionnels en confrontant leurs savoirs au terrain. » note Lucie. Pour Hy-Lim « Ce voyage à travers l'industrie italienne du luxe, a permis d'appliquer sur le terrain ce qui a été appris les derniers mois. Une véritable révélation ! »

Une analyse du secteur du luxe affinée

Ce voyage a été aussi l'occasion de rencontrer des spécialistes universitaires qui ont partagé leurs analyses du secteur au cours de deux masterclasses : « Analysing Luxury Brands » par le Professeur Luca M. Visconti qui a su transmettre sa passion et son analyse du luxe et du luxe italien en particulier et « Business, Product, and Cultural Innovation in Luxury » par la Professeure Paola Cillo ainsi qu'une présentation du Bain Altagamma Worldwide Luxury Monitor par Carlo Moltrasio. Une table ronde sur le thème de la temporalité dans le luxe animée par Luca Visconti a clôturé ce temps d’échanges.

 

Un immense merci à nos entreprises partenaires du master, Chanel LVMH et Richemont qui ont contribué au succès de cette première édition.

Grazie mille aussi au professeur Luca M. Visconti d'avoir conçu ce très beau programme de voyage

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