Paul-Loup Chatin, Pilote & étudiant

Paul-Loup Chatin, Pilote & étudiant

  • ©Paul-Loupe Chatin©Paul-Loupe Chatin

Récemment admis en Master Communication, Paul-Loup Chatin rejoindra l’École de la communication de Sciences Po à la rentrée. Ce futur étudiant est aussi l’un des plus jeunes pilotes automobile français. Nous l’avons interrogé sur son parcours hors-normes.

Quand avez-vous commencé à pratiquer le sport automobile ?

Paul-Loup Chatin :

C’est un peu un concours de circonstances. Je faisais du ski alpin, mais pour poursuivre ce sport je devais aller vivre à la montagne. Mes parents ont refusé que je déménage. Mais nous habitions près d’une piste de kart : j’ai donc commencé par le karting en 2004, et je suis passé à la course voiture six ans plus tard. J’étais loin d’être prédestiné pour ce sport : aucun membre ma famille ne le pratiquait. Au début, c’était pour moi un loisir, et pas forcément un sport dont je souhaitais faire mon métier.

Vous venez de suivre pendant deux ans le programme pour sportifs de haut niveau de Sciences Po. Qu’est-ce qui vous avait poussé à intégrer ce dispositif en 2013 ?

P-L C. :

J’avais un objectif de Formule 1 avant d’intégrer ce programme. C’est un sport très prenant, qui ne m’avait pas laissé la possibilité de continuer mes études après le Bac. En 2013, j’ai pris la trajectoire de l’endurance : c’est une discipline qui occupait aussi beaucoup de mon temps, mais me laissait la possibilité de mener un autre projet en parallèle, à condition de m’en donner les moyens. Dès que j’ai eu connaissance de l’existence du programme pour sportifs de haut niveau de Sciences Po, j’ai foncé. Les enseignements proposés m’avaient toujours attiré - j’avais fait un Bac ES - et je me suis dit que ça ne pouvait qu’être positif pour moi : cela me donnait l’opportunité d’améliorer mes connaissances personnelles pour plus tard.

Pourquoi avez-vous eu envie de poursuivre votre formation en rejoignant le Master en communication ?

P-L C. :

J’aurais été frustré de m’arrêter au certificat pour sportifs. Sciences Po me plaisait et j’ai vite compris que je voulais essayer d’y poursuivre mes études. Quand on est sportif de haut niveau, on doit prendre en charge sa propre communication : on est ambassadeurs pour nos sponsors et on représente tout une équipe. Par exemple de 2013 à 2015 j'étais pilote Alpine et donc lorsque je parlais, je devais savoir que je parlais aussi un peu pour Alpine, qui est une marque du groupe Renault. Et puis je dois aussi gérer ma présence sur les réseaux sociaux : ma page Facebook, mon Twitter, etc. J’avais donc une première approche pratique et concrète de la communication, sans en avoir approché la théorie. J’ai choisi le Master en communication de Sciences Po pour pouvoir approfondir mes connaissances à la fois théoriques et pratiques.

Actuellement en stage à Sportlab, une agence de conseil en communication et publicité spécialisée dans le sport, quels sont vos objectifs professionnels pour la suite ?

P-L C. :

Après avoir validé mon certificat à Sciences Po en 2015 je voulais mettre mon temps libre à profit pour préparer le concours d’entrée en master à Sciences Po. Entre les épreuves écrites et les oraux, j’ai décidé de faire un stage qui me donnerait une première expérience dans un cadre professionnel. C’était un plus pour mon CV et pouvait être un sujet de discussion lors de mon entretien d’admission en Master. Je suis l’un des seuls pilotes français à avoir la double casquette sportif - étudiant. Si mon objectif à court terme reste la course en endurance, sur le long terme j’aimerais travailler le monde de l’automobile.

Comment comptez-vous concilier la pratique de votre sport et vos études en master ?

P-L C. :

Bonne question ! [rires] L’an dernier j’étais en championnat du monde, avec beaucoup de déplacements, en Chine, au Japon, aux États-Unis, etc. Cette année j’ai choisi de repasser en championnat d’Europe. Je n’aurai pas besoin de partir une semaine avant la course pour récupérer du jet lag et le calendrier des compétitions est moins lourd. Ça colle mieux avec le calendrier universitaire de Sciences Po. Mais si je vois que sport et études ne sont pas compatibles, je saurai privilégier mes études.

Les sciences sociales et la Formule 1 semblent être deux mondes très éloignés ! Est-ce que vous avez envie de changer l’image de ce sport ?

P-L C. :

Je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire pour changer l’image de ce sport. Déjà, l’Endurance est un sport plus ouvert au public que la Formule 1 : les spectateurs peuvent aller dans les stands, voir les voitures de près et obtenir des autographes. La Formule 1 est un milieu particulièrement fermé, très inaccessible. C’est d’ailleurs en train d’éloigner les spectateurs de ce sport. Il faudrait vraiment le redynamiser en améliorant la communication et surtout la proximité entre acteurs et spectateurs. Dans le contexte de changement climatique, le sport auto est souvent mal vu à cause du bruit et de sa consommation d’essence mais on peut aussi voir le sport automobile comme un vrai laboratoire grâce auquel les voitures d’aujourd’hui, plus innovantes, consomment de moins en moins.

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