Les foulées littéraires de Chloé Schmitt

Les foulées littéraires de Chloé Schmitt

Archives École de la communication

Chloé Schmitt revenait d'une heure de foot en salle, sans les baskets mais avec l'énergie. -On est entre filles, on rigole bien- me glisse-t-elle. Son premier roman, Les Affreux, a été mis aux presses d'Albin Michel pendant les Jeux Olympiques de Londres. J'ai toujours vu l'écriture comme un tournoi: pour y arriver, il faut beaucoup de talent, s'entrainer dur, il y a des compétitions, des records et des supporters. J'ai donc demandé à Chloé de nous accompagner pour une petite visite des vestiaires de ce sport qu'elle pratique en individuel, catégorie jeunes auteurs: la littérature.

Comment t'es tu entrainée?

J'ai toujours lu énormément, mes parents essayant toujours de me donner un nouveau livre à lire. Mais quand c'est une obligation, j'y prends moins de plaisir. Pour l'écriture, je griffonnais avant, mais ce livre est vraiment une première construction littéraire aboutie, que j'ai réalisé quand j'ai pris mon indépendance, en quelque sorte.

Où ton entrainement a-t-il eu lieu pour Les Affreux?

Ça s'est passé à Milan, pendant ma troisième année. Isolée pour écrire, loin de l'agitation parisienne, j'avais du temps pour travailler et de la tranquillité d'esprit. Je suis partie avec l'intrigue dans mes bagages, je connaissais l'histoire, j'avais une idée nette de ce qui aller se passer, des personnages. Ce qu'il me manquait, c'était les neuf mois de travail!

Décris-nous ta relation avec tes supporters.

C'est toujours un peu délicat de dire aux gens "je dois y aller parce que je dois écrire". J'ai plutôt tendance à couper court et à éviter la conversation "jeune écrivain". Je pensais que ça changerait un peu avec ce premier roman, que je pourrais mieux assumer, mais ça n'a pas vraiment eu d'effet. Je trouve toujours une bonne excuse.

Comment as-tu choisi ton club, Albin Michel chez qui tu joues maintenant?

Le hasard et la chance. Il faut tout de même y croire un peu pour envoyer un manuscrit, mais ça s'est passé comme dans un conte de fée et c'est encore difficile à croire. J'ai la preuve que les maisons d'éditions lisent vraiment les manuscrits et qu'il n'est pas nécessaire d'y connaitre quelqu'un pour être publié. Je dois un peu cette publication à la personne qui a lu le livre et qui m'a soutenue en comité de lecture et jusqu'au feu vert aux plus hauts niveaux de la maison.

C'est quoi ton équipement pour écrire?

L'ordinateur, en général, même si je prends des tas de petites notes sur ce que je vois, j'entends et surtout sur ce que je lis. Je recopie des passages entiers de livres que j'aime, pour décrypter le texte, la manière dont les phrases sont façonnées et sans le vouloir, j'ai énormément appris sur le style en faisant ce simple exercice. Pour le prochain projet, comme l'intrigue est plus complexe, implique plus de personnages et de fils dramatiques, j'ai recouvert un mur entier avec des petites fiches pour me souvenir de la trame et des rebondissement et organiser tout cela sur le papier.

Tes athlètes favoris?

Ceux qui revendiquent le droit de disparaître ou de se contredire, ceux "qui mettent la peau sur la table". Je pense à Jean-Pierre Martinet avec un livre comme Jerôme ou La conjuration des Imbéciles de John Toole. Je crois que lorsqu'on écrit un roman, il faut vraiment chercher la spécificité, ce qu'il y a d'unique dans ce type à d'écriture et ce sont des auteurs qui sont au cœur de cette spécificité là, inadaptables au cinéma par exemple.

Ton dopage pour franchir les cols?

Jules Renard disait: "La littérature ne nourrit pas son homme, heureusement, je n'ai pas très faim". Et bien moi non plus! Les Affreux, de Chloé Schmitt, publiés chez Albin Michel sont disponibles à l'Écume des Pages, à la Hune, à la librairie Compagnie, bref, dans toutes ces merveilleuses librairieS qui entourent Sciences Po.

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