Focus : Louis, l'As de coeur

Focus : Louis, l'As de coeur

Archives de l'École de la communication

©Théo Depoix-Tuikalepa

Louis est étudiant en Master 1 Communication à l’Ecole de la Communication. Après sa 3ème année à Hanoï au Viêt-Nam, il est rentré à Paris où il est devenu le président de l’Association Sportive de SciencesPo ; une “petite entreprise” de 28 personnes, comme il l’appelle, qui gère un budget relativement important (500 000€). De par sa fonction, Louis est amené à toucher à différents pôles du monde associatif : gestion, communication et management des équipes. Il nous parle de son expérience en tant que président, des projets de l’AS et de la victoire de SciencesPo Paris au Crit 2016 qui s’est tenu à Toulouse le week-end dernier.

Qu’est-ce qui t’as amené à être président de l’AS ?

L’AS a un fonctionnement assez établi : on y trouve des 2ème et 4ème années, on y rentre en fin de 1ère année ; très souvent, les gens qui étaient à l’AS en 2ème année réintègrent l’association à leur retour de 3A mais sur des postes à responsabilité. Le poste de président m’intéressait beaucoup car je m’étais investi de manière importante en 2ème année au pôle communication. Contrairement au Bureau des Élèves, il n’y a pas de bataille de listes au sein de l’AS : on décide entre nous de qui aura quel poste, ça se passe dans la simplicité.

Être président de l’AS, c’est s’employer à faire bouger cette grosse association qui se distingue sur 3 axes : les cours de sports en lien avec l’administration ; le sport en compétition : toutes les équipes, les championnats universitaires, inter-écoles, le Crit ; et enfin, les compétitions sportives ouvertes à tous les étudiants : les triplétades pour les premières années, les journées d’accueil sportif pour les internationaux, le Cross pour tous les étudiants. Mon rôle veut que je m’assure que la trésorerie puisse suivre, que le pôle évènement organise, que le pôle communication transmette aux étudiants et que le pôle supporter soutienne l’action. On est une grosse équipe, 28 au total, pour 1800 à 2000 adhérents chaque semestre. C’est beaucoup.

Comment fonctionnent ces évènements comme le Crit qui sont très particuliers dans le milieu Sciences Po et IEP ?

Le Crit est un week-end sportif qui a lieu à chaque année et qui réunit SciencesPo et toutes les  IEP de province. Avec l’arrivée de l’IEP Saint-Germain-en-Laye, on est donc 10 à participer cette année. On s’amuse bien, on fait pas mal de sport et souvent, c’est Paris gagne... C’est bien d’aller voir les autres IEP car il y a vraiment une émulation, une compétition sportive, mais il y a peu d’évènements de ce type là car ils sont assez difficiles à mettre en place. Au sein de SciencesPo, on trouve aussi l’inter-campus entre les différents campus délocalisés.

Cette année, 258 personnes sont allées au Crit et environ 2000 personnes étaient présentes à Toulouse ce week-end. Nous sommes partis le jeudi soir pour arriver le vendredi matin. L’arrivée des délégations est toujours un grand moment pour le Crit. Puis le début des matchs est arrivé assez rapidement... Tout comme la victoire de Paris. On y est allé avec prétention, mais ça fait aussi partie du jeu ; ça fait plaisir de partir avec l’amphore et de revenir avec.

J’ai fait le Crit en 1ère année mais pas en 2ème parce qu’il a été annulé à Rennes. On était très déçu car on était la génération sans Crit. J’étais du coup très content de retourner aux affaires.

Concernant les autres évènements que vous organisez : les soirées donnent un peu le rythme de Sciences Po...

On organise peu de soirées mais elles sont souvent assez importantes. Ce n’est pas du tout le corps de notre métier mais on en organise 3 à 4 par an : la Cash and Trash notamment, qui est la grosse soirée de l’année, mais aussi la soirée de rentrée (AS Boat) et la soirée de sortie (Isla Bonita). C’est certes beaucoup de travail, mais ça ne représente que 15% de ce qu’on fait.

Au jour le jour, les équipes de compétition, les cours de sport et les évènements étudiants et sportifs nous demandent beaucoup plus de temps. C’est par exemple le cas du Cross qui a lieu fin avril : les étudiants ont la possibilité de payer 3 euros, auxquels l’AS va rajouter 7 euros. Les étudiants peuvent ainsi choisir à qui donner ces 10 euros dans la liste d’associations humanitaires partenaires de l’évènement. Le Cross est ouvert à tous, même aux gens de l’administration, il a lieu au jardin du Luxembourg. C’est vraiment un évènement chouette !

Concernant la Cash and Trash, l’organisation a été pleine de rebondissement cette année...

On a eu quelques soucis. La soirée devait avoir lieu le vendredi 20 novembre, soit une semaine après les attentats du 13 novembre. Comme il semblait peu probable qu’on puisse la maintenir, on l’a donc déplacée en février. La salle qu’on avait loué, les Crayères de Montquartiers, était mythique, mais on a appris 48h avant la soirée qu’on avait plus la salle. C’est le moment où tu évalues l’efficacité de chacun dans l’urgence. On a fini par trouver une autre salle à temps, avec la même capacité et à l’intérieur Paris.

Dans ces cas-là, en tant que président de l’AS, tu es censé savoir ce qu’il se passe en comptabilité et en communication. Je suis devenu spécialiste de la nomenclature des salles selon leur capacité, les normes de sécurité selon les bâtiments qui reçoivent du public. Par exemple, on est partis au ski une semaine en février, on a eu de gros problèmes avec les bus qui n’arrivaient pas à repartir. Du coup, il te faut rapidement devenir un expert de l’administration en Haute-Savoie, à coup de discussions avec la Sous-Préfecture, le Lieutenant des Pompiers, savoir si tu peux avoir un hébergement pour la nuit... Tu rencontres pas mal d’obstacles mais tu apprends énormément finalement.

Qu’est-ce que tu as pu apprendre toi en particulier en étant président de l’AS ?

Tu apprends que ce qui te prends le plus de temps, c’est de gérer les gensIl faut arriver à déléguer, il faut que ça marche, il faut apprendre aux 2ème années ce qui nous semble évident en 4ème années, tout n’est pas inné. Tu apprends à rationaliser, à avoir un emploi du temps organisé, résumer les informations et à être clair dans ce que tu peux dire. Quand tu communiques avec 28 personnes ou avec 2000 personnes autour, il faut être extrêmement clair dans ce que tu dis, car dès que tu laisses un détail au hasard, c’est terminé.

À la suite de la Cash and Trash, il y a eu un incident avec du GHB. On a donc décidé de lancer une grande campagne sur la culture du consentement avec le BDA et le BDE relayé par toutes les associations qui voudront bien relayer le message qui est de dire : on peut s’éclater, mais le consentement est fondamental.

L’image de l’AS semble parfois être assez sulfureuse ?

Ce qui étrange en quelque sorte parce qu’on a l’image de l’Association Sportive un peu macho et sexiste, mais on est totalement mixte autant dans les équipes et les cours que dans l’association. On a effectivement des cellules plus ou moins polémiques mais on fait le maximum pour cette campagne est pour nous est très importante, car l’incident à la soirée Cash and Trash nous a beaucoup choqué. Il n’y a que des gens de Sciences Po, ce genre d’action ne peut pas rester sans réaction de notre part et de la part des associations de Sciences Po. Il nous semblait important de réagir.

La série Focus a pour but de mettre en avant les étudiants qui font l’Ecole de Communication de SciencesPo. Impliqués dans divers projets d’entreprenariat, associatifs à SciencesPo ou ailleurs, ils en présentent les objectifs et ce qu’ils ont pu en apprendre.

  • Texte : Baptiste Goursaud
  • Photo - Relecture : Théo Depoix-Tuikalepa
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