Focus : Ariane, prendre le Taurillon par les cornes

Focus : Ariane, prendre le Taurillon par les cornes

Archives de l'École de la communication

Diplômée de l'École Estienne en Design et Stratégies de Communication, Ariane est étudiante en première année de Master Communication. Nous l’avons rencontré lors de la soirée de lancement du numéro 2 du Taurillon en Seine, version papier du site internet Le Taurillon. Ce projet, dont Ariane est la responsable communication et graphiste, a pour but de jeter un oeil sur l’actualité de l’Europe sous un angle nouveau : présenter la vie des européens, et ainsi rapprocher les cultures qui composent l’Union. L’équipe est composée d’étudiants présents à Sciences Po mais aussi à la Sorbonne. Ils sont à ce jour 4 à porter la version écrite.

Peux-tu nous présenter ton projet ?

Le Taurillon est le journal des Jeunes Européens, une association loi 1901 qui regroupe aujourd’hui de nombreuses universités en France et a l’étranger. Elle a été créé en 2005 lors du référendum sur la Constitution Européenne, à un moment où un important désamour de l’Europe persistait. C’est une association apolitique et indépendante qui défend l’idée européenne.
Des étudiants gèrent le site en en ligne avec des articles de très bonne qualité mais qui manquent malheureusement de visibilité. Une version print du Taurillon existait déjà depuis quelques années : une sorte de fanzine en noir et blanc, imprimé sur une feuille A4. Alors avec Hadrien, étudiant en Master Affaires Européennes, et Élodie et Laëtitia, en Master de Droit à la Sorbonne, on a décidé de reprendre le journal pour le développer. Les filles gèrent plus la gestion financière du journal : les partenariats par exemple ; Hadrien, lui, est Rédacteur en Chef ; quant à moi, je m’occupe de la direction artistique et de la mise en page.

Il n’y a aucun journal qui parle de l’Europe comme nous le faisons : l’idée n’est pas de rapporter ce qui se passe au Parlement ou à la Commission Européenne mais bien de s’axer sur la vie des Européens, la culture, l’architecture, l’art… C’est très intéressant d’appréhender ce territoire à l’échelle de ses habitants et de s’intéresser à toutes ces questions, notamment avec la crise des migrants qu’on peut connaître en ce moment. Les gens ne se sentent pas vraiment Européens… En Amérique du Sud, les habitants ont une identité assez forte, mais c’est plus difficile à voir en Europe. Pour nous, l’Union fait la force et c’est ce qu’on cherche à montrer !

L’idée est de se concentrer sur des valeurs européennes communes qui peuvent parfois être un peu discréditées ?

Ce qu’il se passe à Athènes peut très bien se passer à Paris : dans le dernier numéro, on avait réalisé un article sur les boîtes de nuit à Riga, c’est un peu l’esprit. On est dans une zone géographique étendue mais avec une communauté de personnes qui vivent entre eux et qui finalement se ressemblent. C’est hyper intéressant d’en parler et ça serait bien qu’on arrive à renouer les liens avec nos voisins !

Pourquoi avoir décidé de t’impliquer dans ce projet ?

Je suis arrivée à Sciences Po et il y avait énormément d’associations. Le Taurillon m’a interpellée car ils recherchaient quelqu’un mais aussi parce que c’est une thématique qui m’intéressait. C’était une belle opportunité : faire de la communication sur des sujets qui me passionnent !

On est un journal que personne ne fait, et je pense qu’on a un énorme potentiel ; on espère peut-être se monter en start-up. L’ambition, c’est encore très flou mais on s’est dit qu’une fois qu’on aurait terminé nos Masters respectifs, on aimerait s’organiser, avoir un statut et devenir plus qu’une association étudiante qui fait un journal ; pourquoi pas faire ça à plein temps, recruter du monde.

Grâce au cours de Cartographie de Controverses, j’étudie beaucoup les médias et ce qu’ils font. Je me rends compte qu’il y a énormément de choses à faire. Se lancer d’emblée dans le print aujourd’hui, c’est un parti pris assez fort au regard du déclin de la presse papier. On se situe un peu dans la lignée des magazines type XXI : un projet éditorial de qualité avec des illustrateurs, des articles fouillés, quitte à ce que ça sorte moins souvent ; pour le moment on ne sort le journal que tous les 3 mois. Mais c’est un projet passionnant, les gens ont envie de le lire, de le garder. On se différencie d’un contenu numérique où tu scrolles et tu passes sur les images rapidement.

Est-ce que le print n’est justement pas trop risqué ?

Évidemment, c’est le grand débat en ce moment, il y a de l’ambition, on se pose la question du nombre de tirages. On se dit bien aujourd’hui qu’à 1000 exemplaires, ce ne sera pas suffisant pour gagner en visibilité et qu’il faudra forcément se tourner vers Internet. Ça serait génial que plus de personnes nous lisent. On laisse beaucoup de place à la photo, à l’illustration et il est vrai qu’Internet permet aussi de laisser une grande place au multimédia : aux reportages photos, aux diaporamas, aux vidéos, aux sons etc…

On va forcément finir par aller sur le web ; on travaille d’ores et déjà avec les Jeunes Européens, c’est un site qui à ses défauts mais qui continue à être alimenté car il connaît un petit succès. Au Parlement Européen, les députés ont une liste de médias qu’on leur propose et le Taurillon en fait partie ! De fait, on bénéficie d’une certaine légitimité : lorsqu’on veut interviewer le patron de Frontex, il sait qui nous sommes.

Qu’est-ce qu’a pu t’apprendre le projet ?

J’ai appris plein de choses et je sais maintenant que je suis capable de travailler dans les médias. On travaille avec des subventions, mais aussi avec des imprimeurs, des rédacteurs… J’ai du apprendre à travailler comme une semi-pro ! Maintenant, on se présente comme des journalistes et plus forcément comme des étudiants. Ça m’a aussi apporté une certaine ouverture d’esprit : on rencontre plein de gens, des personnes qui nous racontent leur quotidien ; c’est très enrichissant ! Avant ça, je ne m’intéressais pas forcément aux médias mais je m’orientais plutôt vers la pub ; je pense me tourner vers les médias désormais. C’est un projet qui prend beaucoup de temps, on est 4. On ne se rend pas compte de l’investissement que ça demande quand on l’a entre les mains : il nous faut par exemple une semaine entière uniquement pour la relecture !

Concernant les illustrations et les photos, comme cela fonctionne ?

Globalement, la plupart des illustrations sont des réalisations que nous créons nous-mêmes. Sinon ce sont des illustrateurs que je suis depuis longtemps et que j’aime bien. Je leur écris pour leur demander la permission ; la plupart du temps, les réponses sont positives. Une amie de l'École Estienne nous donne également un petit coup de pouce. Venant d’une école d’art, j’ai la chance de connaître des gens dans le milieu des Arts et des Arts Appliqués.

C’est le numéro 2 du journal, est-ce qu’on peut dire que c’est le numéro de la maturité ?

(Rires) Il y a quelques différences avec le numéro 1, on a fait des progrès sur plein de détails. Le premier numéro était rempli de coquilles parce qu’on était un peu juste sur les timings. Je suis contente parce que je vois, du moins j’espère, que ça a une forme professionnelle. Le résultat final est assez abouti pour un projet étudiant qu’on fait à mi-temps et en tant qu’amateurs. On est contents !

Des numéros gratuits du Taurillon en Seine sont disponibles dans les étagères presse de SciencesPo et dans de nombreuses facultés parisiennes.

La série Focus a pour but de mettre en avant les étudiants qui font l'École de Communication de SciencesPo. Impliqués dans divers projets d’entreprenariat, associatifs à SciencesPo ou ailleurs, ils en présentent les objectifs et ce qu’ils ont pu en apprendre.

  • Texte : Baptiste Goursaud
  • Photo/Relecture : Théo Depoix-Tuikalepa
  • Suivre Ariane sur Twitter: @rocket_ariane
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