Shoshana Fine

La Turquie, terre d'accueil des réfugiés. Quelle politique migratoire ?

Shoshana Fine J'effectue une thèse sur la fabrication de la gouvernance de la migration en Turquie. Aujourd'hui, la Turquie est le pays qui accueille le plus de réfugiés dans le monde, avec presque deux millions de refugiés syriens, mais aussi de nombreux réfugiés d'Afghanistan, d'Iraq, d'Iran et d'autres nationalités. La question migratoire en Turquie est donc un enjeu politique crucial dans les relations internationales pour la Turquie, l'Europe et au-delà.

Dans cette thèse, j'interroge la gouvernance de la migration, de la sécurité et des frontières. J'examine l'émergence du paradigme de la « gestion migratoire » depuis les années 2000, et comment ce discours génère du pouvoir et de l'autorité dans les pays non-européens, comme la Turquie. J'étudie la manière dont cela a influencé le régime migratoire de la Turquie et son positionnement à la fois vers l'Europe et vers l'Est. Je souligne le rôle crucial d'organisations internationales dans ce processus, mais aussi celui d'acteurs moins évidents, tels que les acteurs privés, les ONG et même les missionnaires. Je montre comment les catégorisations et les représentations des migrants dans ce paradigme de la « gestion migratoire » construisent certains migrants comme désirables et d'autres indésirables. Je mets en évidence comment ces divisions sont parfois infléchies par un préjugé orientaliste, qui influence la gouvernance de migration sur les plans national et international.

Pour mener à bien cette recherche, j'ai effectué plusieurs séjours en Turquie entre 2011 et 2014, notamment à Istanbul et à Ankara, où j'ai conduit plus de cinquante entretiens avec des représentants du gouvernement turc, des organisations internationales, de la société civile, des migrants et des réfugiés.

Shoshana Fine est titulaire d’un master en Etudes européennes de University of Bath (Royaume-Uni) et Sciences Po Paris et d'une Licence en Sociologie de University of Sussex (Royaume-Uni). Elle est doctorante en relations internationales à Sciences Po Paris, rattachée au CERI, sous la direction de Catherine Wihtol de Wenden.

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