Mathieu Ichou

Les trajectoires scolaires des enfants d’immigrés en France et en Grande- Bretagne

La scolarité des enfants d’immigrés, et plus généralement leur « intégration » à la société française, est devenue un sujet d’interrogation médiatique et politique quasiment permanent.

On se souvient, par exemple, d’un récent ministre de l’Intérieur qui, fondé sur des chiffres imaginaires, expliquait en mai 2011 que « les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés ». C’est la répétition de ces contre-vérités qui a participé à mon envie d’étudier la question de plus près. C’est aussi parce que le rôle de l’origine migratoire dans la formation des inégalités scolaires constitue encore un point aveugle pour la sociologie française.

Anciennes métropoles coloniales, la France et la Grande-Bretagne accueillent une importante population d’immigrés. Des deux côtés de la Manche, leurs enfants ont, en général, des trajectoires scolaires et universitaires moins favorables que les enfants de natifs. En me fondant sur des analyses statistiques et des entretiens, je chercherai à décrire la variété de ces trajectoires et d’en comprendre les mécanismes. Parler d’« enfants d’immigrés » en général n’est pas très pertinent tant la diversité de leurs situations sociales et scolaires est grande. En outre, leurs trajectoires scolaires, moins favorables que celles des enfants de natifs, s’expliquent d’abord par leurs origines sociales plus modestes. Néanmoins, la situation sociale dans le pays d’accueil n’explique pas tout, c’est pourquoi une part importante de mon travail consiste à étudier l’influence des expériences prémigratoires des immigrés sur la scolarité de leurs enfants.

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