Marie Piganiol

Gouverner le marché immobilier entre valeur économique et valeur écologique. Le cas des écoquartiers

De Paris à Roubaix en passant par Nantes, Grenoble ou Nancy, un nombre croissant de villes ont développé des programmes de reconversion urbaine qui, jusque dans les années 2000, étaient essentiellement l’apanage des pays nordiques. Pensées comme des vitrines d’innovation en matière de construction et d’aménagement durables, ces opérations immobilières sont généralement implantées sur d’anciens terrains industriels, et bénéficient d’un environnement singulièrement fourni en infrastructures et en équipements “verts” comme des installations de production d’énergies renouvelables ou des systèmes de gestion des déchets et de récupération d’eaux de pluie. Ces projets contribuent à redonner de la valeur à des espaces urbains délaissés. À Roubaix, le quartier ouvrier des anciennes usines textiles et métallurgiques est censé devenir un centre d’expérimentations culturelle et écologique de Lille Métropole.

Le processus d’élaboration des écoquartiers suppose un ensemble de dispositifs : on s’intéresse ainsi aux instruments publics définis aux niveaux national et local pour développer et cadrer les projets d’écoquartiers, mais aussi aux échanges et enfin à la façon dont les architectes et promoteurs intègrent les innovations environnementales dans les projets immobiliers. L’objectif de la thèse consiste ainsi à comprendre la façon dont les normes environnementales se traduisent dans les stratégies des  acteurs qui interviennent dans les écoquartiers, et contribuent ainsi à modifier les standards d’évaluation et de valorisation des biens sur le marché du logement. 

Retour en haut de page