Marie-Hélène Schwoob

Politiques de modernisation de l’agriculture : construction de l’État chinois et structuration des relations État-société

Les crises alimentaires de 2006-2008 ont replacé l’agriculture au coeur des agendas politiques nationaux, régionaux et internationaux.

Les pays en développement comme les pays développés tentent aujourd’hui de répondre à l’enjeu devenu stratégique de la sécurité d’approvisionnement alimentaire. La Chine, à elle seule, doit nourrir une population qui représente presque 20 % de la population mondiale.

Le pays, grand exportateur de denrées agricoles, est aussi devenu en 2004 un importateur majeur qui influence la structuration des marchés mondiaux. L’analyse du cas chinois donne une bonne illustration de la complexité des questions qui peuvent aujourd’hui se poser aux pays émergents, et plus particulièrement aux « pays en mutation », pour lesquels l’alimentation représente encore une dépense importante des ménages, alors que la contribution de l’agriculture dans l’économie est en constante diminution, et que les revenus d’une part encore significative de la population active restent liés à ce secteur.

Au cours des dernières années, le développement rural et la sécurité alimentaire sont revenus au coeur de l’agenda politique chinois – la Chine rurale est pourtant aujourd’hui relativement délaissée par la recherche en science politique. Les mutations de l’environnement et des enjeux – évolution des habitudes de consommation, problèmes de sécurité sanitaire, dégradation des ressources, etc. – appellent à la conduite d’une nouvelle modernisation de l’agriculture. La thèse se concentre sur les politiques cherchant à mettre en oeuvre cette modernisation, et plus particulièrement sur celles qui nécessitent une déclinaison depuis l’acteur central de l’État jusque vers les échelons les plus locaux de la société rurale. L’étude de ces politiques révèle d’importants mouvements des jeux d’acteurs et des rapports entretenus entre les cercles imbriqués de l’État et de la société rurale. Le travail de thèse analyse également les chemins de dépendance qui ont mené aux structures de décision institutionnelles, aux paradigmes politiques et aux structures de pouvoir. Celles-ci impactent considérablement la capacité de la Chine à conduire la nouvelle modernisation de son agriculture, rendue pourtant nécessaire par les évolutions du contexte et des enjeux portées par la libéralisation, la globalisation et les problématiques environnementales.

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