Hugo Bertillot

La rationalisation en douceur et les indicateurs de qualité à l’hôpital

Hugo BertillotLa maîtrise des dépenses s’est imposée comme un leitmotiv des réformes de l’hôpital : au fil des années, les pouvoirs publics ont déployé tout un arsenal d’instruments de gestion et d’évaluation pour mieux connaître et contrôler l’activité des établissements. Dans l’ombre de cette entreprise de rationalisation économique, devenue un enjeu politique très visible, se déploie un autre mouvement, plus discret, qui s’attache à évaluer et améliorer la qualité des soins.

Ma recherche porte sur les indicateurs qui sont généralisés par l’État depuis 2005 pour mesurer la qualité,  comparer les établissements et afficher publiquement leurs résultats. Ces indicateurs sont variés : ils évaluent la lutte contre les infections nosocomiales, les pratiques de prescription d’antibiotiques ou la coordination des soins. Ma thèse de sociologie de l’action publique analyse la « carrière » de ces indicateurs. J’étudie d’abord comment l’État s’est retrouvé contraint de mesurer la qualité,  poussé par les mobilisations des usagers et le succès des palmarès hospitaliers.

J’étudie ensuite comment ces étranges instruments ont été construits et déployés par toute une nébuleuse d’acteurs intermédiaires entre l’État et les professionnels. J’étudie enfin les effets locaux de ces indicateurs sur les organisations et les pratiques médicales : pas à pas, « en douceur », ils mobilisent les professionnels et induisent des transformations profondes à l’hôpital.

Hugo Bertillot, doctorant en sociologie rattaché au CSO, prépare une thèse sur le thème "La rationalisation en douceur ». Sociologie des indicateurs de qualité à l’hôpital", sous la direction de  Christine Musselin et Daniel Benamouzig.

Retour en haut de page