Denis Colombi

Une sociologie économique du global. Français à l’étranger et mondialisation

Mon sujet de thèse m’est venu lors d’un voyage à Mexico au cours duquel j’ai pris conscience de la forte présence des Français à l’étranger : depuis 2000, le ministère des Affaires étrangères enregistre un taux annuel de croissance de 4 % des personnes inscrites dans les registres des ambassades. C’est en partie lié aux nouvelles dispositions législatives qui poussent les gens à s’inscrire. Cela souligne que les “expatriés” ont de plus en plus de place et de visibilité en France. 

Ce qui m’intéresse, c’est la mobilité professionnelle : on a beaucoup étudié les migrations des plus précaires, ceux qui se déplacent du Sud vers le Nord ; on a un peu étudié la mobilité des plus favorisés, les « élites internationales », qui rassemblent un petit univers très intégré ; mais pour ce qui est des skilled migrants, beaucoup de choses restent à faire. Il s’agit de cadres ou d’ingénieurs dont les parcours sont assez variés : certains sont envoyés par leur entreprise pour plusieurs années, d’autres s’installent définitivement, le plus souvent pour des raisons conjugales. On les présente souvent comme fuyant la France pour les pays anglosaxons ou comme des nababs profitant des différentiels de niveau de vie, surtout avec les anciennes colonies. La réalité est plus complexe. La mobilité professionnelle internationale s’impose petit à petit comme un passage obligé pour l’accès à certains postes en France : s’il paraît souvent exagéré de parler de marchés du travail internationaux, il semble bien que les marchés du travail nationaux soient affectés par de nouvelles normes qui recomposent la concurrence en leur sein.

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