Caroline Devaux,

Caroline Devaux,

jeune docteure en droit, nommée Maître de conférences des universités à l’Université l’Université de Nantes
  • Caroline Devaux, jeune docteure en droitCaroline Devaux, jeune docteure en droit

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Caroline Devaux a soutenu sa thèse en Droit le 30 novembre 2016 « La fabrique du droit du commerce international : réguler les risques de capture », sous la direction de Horatia Muir Watt, Professeur des universités à Sciences Po.

Retrouvez son interview parue dans le numéro 1 de la Newsletter de l’École de droit.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours et nous en dire plus sur votre thèse ?

Après avoir suivi des études de droit à l’Université Paris I, j’ai décidé de partir en Angleterre où j’ai obtenu le Magister Juris à l’Université d’Oxford. C’est lors de ce premier séjour à l’étranger que j’ai eu envie d’approfondir certaines problématiques juridiques qui me taraudaient depuis quelques temps déjà, notamment sur la manière dont la règle de droit est créée, les acteurs qui interviennent dans ce processus, et la prise en compte des besoins pratiques venant la justifier.

Ma thèse vient en quelque sorte répondre à ces questionnements initiaux même si elle s’inscrit dans une perspective bien plus spécifique. Je me suis en effet interrogée sur le rôle et l’influence des opérateurs économiques dans les processus normatifs de deux institutions internationales spécialisées en droit du commerce international : la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI) et l’Institut international pour l’unification du droit privé (UNIDROIT). Les méthodes de travail de ces deux institutions présentent en effet une grande singularité en raison de la place réservée aux opérateurs économiques dans leurs activités normatives, une singularité qui pourtant fait peu l’objet d’attention de la part des juristes. Ma thèse vise donc à mettre en lumière et à mieux maîtriser la double dynamique que j’ai observée dans ces deux institutions, entre d’une part une participation nécessaire des opérateurs économiques pour assurer la qualité et l’acceptabilité commerciale de leurs normes juridiques, et d’autre part le risque de capture que cette participation génère, c’est-à-dire le risque de détournement du processus normatif au profit de certains opérateurs économiques. Je me suis beaucoup appuyée sur des travaux issus des sciences politiques et économiques pour parvenir à mieux cerner ce phénomène de la capture et tenter ensuite de le prévenir en mobilisant divers outils juridiques.

Vous êtes nommée Maître de conférences en droit privé et enseignez le droit maritime et le droit du commerce international à l’Université de Nantes. En quoi consistent vos fonctions et vos travaux ?

Effectivement, j’ai été recrutée par l’Université de Nantes et je suis désormais rattachée au Centre de Droit Maritime et Océanique, un laboratoire de recherche très dynamique consacré aux questions juridiques relatives à la mer. Mon travail consiste principalement en deux activités :  l’enseignement tout d’abord, je suis responsable de cours magistraux en Master 1 et en Master 2, essentiellement en droit maritime et en droit du commerce international. Dans le cadre de ces cours, j’essaie de développer de nouvelles méthodes pédagogiques, centrées sur l’interaction avec les étudiants, l’utilisation de supports de nature très diverse (textes législatifs et décisions bien sûr mais aussi articles de doctrine, coupures de presse, vidéos, extraits audio, images etc.) et l’interdisciplinarité. Je suis aussi amenée à superviser des mémoires de recherche réalisés par des étudiants nantais sur des thèmes en rapport avec ces deux disciplines. La recherche occupe ensuite le reste de mon temps. Mes axes de recherche s’inscrivent à l’intersection du droit maritime et du droit du commerce international, avec une forte dimension européenne. Mon travail implique aussi de nombreux échanges avec des chercheurs étrangers. J’écris en ce moment un article sur le projet de Cour multilatérale en matière d’investissements étrangers proposé par l’Union européenne et je le présenterai bientôt aux États-Unis lors d’une conférence internationale.

Quels sont vos projets dans les années à venir ?

Dans un avenir proche, j’aimerais tout d’abord développer mes activités de recherche en publiant les articles sur lesquels je travaille actuellement et pourquoi pas en organisant une conférence sur un thème qui s’inscrirait à la fois dans la perspective du droit maritime et du droit du commerce international. J’envisage aussi de tenter le concours d’agrégation pour devenir professeur des universités.

À plus long terme, j’espère pouvoir un jour être l’auteure d’un manuel de droit, en optant pour un format innovant qui permettrait de retranscrire au mieux la richesse de cette discipline. J’espère aussi progressivement acquérir des responsabilités administratives au sein de mon université afin de concevoir de nouvelles formations juridiques, avec une approche du droit et des méthodes de travail renouvelées, qui offriraient aux étudiants le meilleur de la recherche juridique actuelle, tout en gardant un solide ancrage dans la pratique. L’École de droit de Sciences Po demeurera toujours à cet égard un beau modèle pour mes futurs projets !

Interview parue dans le numéro 1 de la Newsletter de l’École de droit.

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