Arthur Guillouzouic-Le Corff

Retombées technologiques et choix de localisation des firmes innovantes

Arthur Guillouzouic-Le Corff, doctorant en économieSi l’hypothèse de « l’abolition de la distance » s’est popularisée dans les années 1990 avec le développement des technologies de l’information et de la communication, la diffusion des idées et des contenus technologiques est encore largement influencée par la géographie. Un inventeur a ainsi plus de chances d’être informé d’idées développées par d’autres innovateurs s’ils sont situés dans des pays proches du sien.

Le premier volet de ma thèse (coécrit avec Pierre Cotterlaz) établit ce constat à partir de données sur les dépôts de brevets, et plus particulièrement sur les citations d’autres brevets sur lesquels leurs inventions s’appuient. Nous montrons que ce phénomène est lié à la nature des liens entre inventeurs : ceux-ci ont à la fois plus de chances de se rencontrer s’ils sont localisés dans des zones proches, et plus de chances d’être familiers des technologies développées par des pairs qu’ils connaissent. Le réseau d’inventeurs au sein duquel la connaissance se diffuse génère ainsi l’effet attribué à la distance géographique sur les flux de connaissance.

Le second volet de ma thèse étudie une conséquence directe de ce phénomène sur la répartition spatiale de l’activité de recherche et développement (R&D), à savoir sa concentration dans des bassins très denses comme la Silicon Valley en Californie. Puisqu’il faut être proche des autres firmes pour profiter pleinement des externalités générées par leurs innovations, les entreprises innovantes s’agglomèrent. Ma recherche explore la manière dont les firmes intègrent ces externalités de connaissance dans leurs choix de localisation, et notamment dans leurs décisions de relocaliser un établissement de R&D. J’utilise des données françaises d’emploi des ingénieurs au niveau des établissements pour montrer que les entreprises innovantes sont plus mobiles que la moyenne des firmes, et je montre que la densité des réseaux locaux d’inventeurs permet d’expliquer cette mobilité.

Arthur Guillouzouic-Le Corff est doctorant en économie sous la direction d'Emeric Henry.

Interview parue dans Emile Boutmy Magazine / n°11 / Automne 2017

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